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14/03/2006

Mon nom est Rigide, Psycho Rigide

Voilà un qualificatif étrange qu'on m'a souvent attribué... c'est très péjoratif ; mais moi je ne peux m'empêcher d'y voir aussi la marque de certaines de mes qualités. Comme l'honnêteté, la constance, le refus de certains compromis, la fidélité à mes valeurs. La vie en société nous oblige à un minimum de souplesse, sous peine de finir atrocement seule, dévorée vivante chez soi par son berger allemand comme Bridget Jones ; sans en arriver là, je persiste à penser qu'il faut quand même garder à l'esprit ce que l'on est, ce que l'on veut ou qu'on ne veut pas, les conséquences que nos actes peuvent avoir sur les autres. Jusque là, tout va bien.

Là où ça commence sérieusement à déraper, c'est quand ce qui vous semble être une attitude franche, claire et responsable vous revient en pleine face (et ça fait mal, une attitude lancée à pleine vitesse dans la figure !), tout simplement parce que les gens ne se comportent pas de la même façon. Ce que vous considériez comme important est balayé, parce que tout à coup les gens qui étaient d'accord ne le sont plus. Pourquoi donc ? C'est simple : parce que ça les ARRANGE. Je hais ce mot. Je hais les arrangements. Comme je ne suis évidemment pas exempte de reproches, il m'arrive moi aussi d'y céder. Mais au moins je m'en rends compte. J'essaie de minimiser les dégâts. Je ne considère pas les sentiments négatifs que ça peut provoquer comme quantité négligeable. Si c'est arrivé, je m'en excuse, et je m'en voudrai jusqu'à ma mort...

Vous me trouvez.... naïve ? Candide ? Idéaliste ? Un peu pomme pour tout dire ?

Eh ben je vais vous dire : vous avez raison. Mais j'aime être comme ça. Je ne compte pas changer. Je sais depuis longtemps que ça me fera toujours souffrir. Mais je préfère encore ça à l'idée de faire souffrir les autres, qui, même si c'est inévitable, m'est décidément insupportable.

12/03/2006

Solitude, ma compagne

 

Récemment j'ai vu un film, dont j'ai oublié le titre, où un des personnages, joué par Mathilde Seigner, disait à peu près ceci : « Maintenant que je sais monter une étagère Ikéa toute seule, à quoi pourrait bien me servir un homme ? »

Loin de moi l'idée de reprendre à mon compte cette phrase lapidaire, et puis de toute façon je ne sais pas monter une étagère Ikéa toute seule (puisque les ingénieurs suédois doivent compter parmi les pires pervers que la Terre ait porté), mais j'avoue en partager l'esprit ; le problème là-dedans, c'est moins « les hommes » (entre guillemets puisque c'est un concept parfaitement abstrait, sans aucune réalité, en tout cas dépassant toute possibilité de généralisation) que le fait de vivre seule...

Quand je lis en couverture d'un magazine un titre du style « Ces gens qui ont choisi le célibat », ça me fait beaucoup rire ; comment peut-on oser affirmer qu'on a CHOISI d'être seul ? Je m'explique : on « devient célibataire » 

-soit après une rupture ; même si on est à l'origine de la séparation, on le décide rarement dans le but d'être célibataire, non ? On le décide parce qu'on n'aime plus, qu'on ne s'entend plus, parce qu'on en a marre de ramasser des chaussettes au milieu du salon ou de se faire engueuler parce qu'on rentre huit minutes en retard, mais pas parce qu'on se dit : « Tiens, si je choisissais d'être célibataire ? ». Bref, il ne faut pas confondre les causes et les conséquences.

-soit parce qu'on l'a TOUJOURS été, et là c'est probablement parce qu'on n'a rencontré personne qui ait trouvé grâce à nos yeux. Ce qui est parfaitement compréhensible, je vous l'accorde.

Quoiqu'il en soit, on ne choisit pas de tomber amoureux ou de ne plus l'être, donc on ne choisit pas d'être en couple ou d'être célibataire, épicétou.

Tout ça pour dire que vivre seul, c'est comme le reste, on s'habitue ; parfois même, et c'est mon cas, on y prend, au fur et à mesure, un plaisir immodéré, une liberté inouïe ; le quotidien morose devient une plage de possibilités infinies (enfin... presque) ; on a BESOIN d'être seul, de ne se concentrer que sur soi... personnellement la solitude m'a beaucoup construite.... et surtout, SURTOUT, il n'y a personne pour vous emmerder copieusement alors que vous avez bien mérité d'être tranquille. La solitude est une drogue dure...

Alors bien sûr, il y a accoutumance et il faut augmenter les doses.... jusqu'à refuser totalement d'envisager à nouveau la vie à deux dans un hypothétique futur ; même le plus pur des amours ne change quoi que ce soit à cet état de fait... je dirais même qu'il le renforce, puisque partager le meilleur avec l'être aimé dissuade encore plus de partager un appartement, un compte joint, des factures et des belles-familles. Pourquoi s'infliger tout ça alors qu'on peut entretenir une relation merveilleuse qui permet à chacun de préserver son indépendance, sa respiration propre ?

Et encore, là je ne parle que de l'éventualité d'une vie à deux ; mais avec le temps (va, qui s'en va...), j'en viens même à douter de pouvoir un jour remettre en cause le fragile équilibre, si chèrement acquis, qui repose autour de ma petite personne, pour « m'engager » (quel mot débile) à nouveau dans une relation durable avec un homme, cet animal étrange... Mais ce matin s'est produit une chose inhabituelle : au retour du marché, chargée d'appétissantes provisions, j'ai pensé un instant que pour une fois, j'aurais apprécié une compagnie tendre, complice et aussi gourmande que moi pour ce froid dimanche ; ça n'a duré que quelques secondes, le temps que je réalise que cette compagnie rêvée avait toujours le même visage... de ce visage aussi, il faut que je guérisse.

 

11/03/2006

Chassez le naturel

Comme tous les samedis soirs à la même heure, je suis prête à sortir ; comme à chaque fois je suis habillée, maquillée, parfumée, pomponnée à mort ; comme d'habitude je me demande : à quoi bon... qu'est-ce qui me pousse à continuer à me farder de la sorte... moi qui aime tellement être moi-même....

En écrivant ça, je réalise qu'il me serait impossible de sortir sans tous ces masques, j'aurais trop peur que les gens me jettent des pierres ! Quel est donc le mécanisme qui nous pousse à penser que les autres n'aiment pas notre nature profonde... pourquoi en suis-je arrivée à penser que mon visage, débarrassé de tous les fluides, toutes les poudres, tous les fards, ne peut être regardé avec bienveillance ?

Pour le savoir, il faudrait que je m'autorise à faire autrement.... 

10/03/2006

C'est fait de tout petits riens

Le monde est moche, mais parfois aussi il est beau.

Très beau.

Je ne vais vous faire le coup de le vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie, mais quand même si.

Il faut essayer d'y croire.

En pensant par exemple à ça :


  • les bisous dans le cou

  • les mains sur les hanches

  • les enfants qui rient

  • un ordinateur qui fonctionne

  • les melons, les pêches, les cerises, les framboises

  • une tasse de café fumant, un matin d'été sur une terrasse en plein soleil

  • du champagne bien frappé, les yeux dans les yeux, une nuit...

  • Nicolas Sarkozy fait 1m60 (j'ai pas vérifié mais il est impossible qu'il soit plus grand)

  • le chauffeur de bus vous a attendu à l'arrêt, au lieu de redémarrer dans des trombes d'eau, alors que votre poumon droit vient de rendre l'âme après le sprint que vous piqué

  • soudain, un inconnu vous offre des fleurs. Bon ok, ça n'arrive jamais.

  • dimanche, 16 h, il vous reste des cigarettes

  • votre boss vous félicite. Ah tiens, ça non plus ça n'arrive jamais ! Alors disons qu'il passe la journée sans vous lancer des regards furibards ou vous faire des remarques perfides

  • une interview télévisée de Noël Mamère à 8 heures du mat. Qu'on soit d'accord ou pas, ça booste pour la journée

  • un fou rire avec des gens qu'on aime

  • une discussion politique exaltée pendant un apéro qui dure jusqu'à 23 h

  • être réveillé par le chant des oiseaux (mais pas avant 11 h svp)

  • s'endormir sous les caresses de son(sa) chéri(e)

  • faire le marché. Mais un vrai marché, dans un bled à la campagne, avec des légumes biscornus encore tout pleins de terre, et des fruits qui ont goût à fruit, et des gens avec un accent qu'on comprend pas toujours très bien


  • aller à la plage en fin de journée, il n'y a plus grand monde, la mer est tiède, le soleil se couche, pour un peu on s'endormirait dans l'eau tellement on est bien


Voilà, on pourrait trouver bien d'autres choses, encore plus réconfortantes ; l'essentiel c'est qu'elles existent, et qu'elles nous fassent oublier, l'espace d'un instant précieux, les fâcheux, les méchants et les crétins, toutes les guerres qui embrasent ce sale monde, les enfants malheureux et les bénéfices records de la World Company...

06/03/2006

Capitale

Paris...

Paris, le vice et la vertu. Paris, Pigalle et Saint Sulpice. Paris, la gouaille et le chic, Ménilmontant et Saint Germain. Paris, le ringard et le branchouille, avenue des Champs-Elysées et rue de la Roquette. Paris, le passé et le présent, les Halles et Rungis.

Paris le fric, strass et paillettes, stars et starlettes, champagne à 10 000 et farine illicite. Paris boîtes de nuit, cantines hors de prix, apparences du luxe. Paris faux semblants.

Paris la misère, Paris les taudis, Paris les clandos. Paris vidage de squat à 7 heures du mat. Paris l'Afrique, Paris l'Asie, Paris le monde, Paris le tiers monde.

Paris les marchés, tonnes de bouffe dégueulant sur les trottoirs, marchands gueulant leur espoir, badauds ébaubis. Passent les bennes à ordures dans les éclaboussures.

Paris crève la faim, une armée d'affamés, au coin de la rue. Passent derrière les bennes à ordures, la meurtrissure. Paris l'impuissance.

Paris le métro, odeur de pneus chauds, chaleur si humaine, visages résignés. Paris chanteurs amateurs, emmerdeurs, puis soudain un clône de Miles Davis, entre La Courneuve et Villejuif.

Paris les Parigots, malpolis, mal dégrossis, mal embouchés et bouffis. Paris les touristes, do you speak english, no comprendo, pouvez-vous nous prendre en photo. Paris tellement de gens qu'il y en a même qui ressemblent à des provinciaux.

Paris la Goutte d'Or, la Butte aux Cailles, porte des Lilas, mais Paris la Défense, la Bastille, place Beauvau.

Paris la pluie, le crachin, la bruine mais Paris 15 août, le square des Batignolles début septembre et les petits matins vifs de printemps.

Paris, le début et la fin.

Paris, le paradis... perdu.

05/03/2006

In vino veritas ?

Dimanche.... jour du cafard, du mal à la gorge et de la gueule de bois...

Ce dimanche ne fait pas exception, mais à cette heure la gueule de bois est repartie en vacances jusqu'au week-end prochain ; le mal de gorge s'est estompé malgré les 450 clopes d'hier soir, et le déjà presque paquet d'aujourd'hui ; en revanche le cafard fait preuve d'une remarquable endurance, résistant vaillamment aux assauts de divers contacts humains réconfortants, de vidéos webesques rigolotes et de l'intégrale de Bénabar ; cela dit je garde bon espoir, je dois accuser réception d'ici peu de pâtisseries dégoulinantes...

Le dimanche je me demande souvent pourquoi on agit parfois aussi bizarrement lorsqu'on a abusé de la gnole... une idée réçue veut que ce soit notre nature profonde qui s'exprime dans ces moments, que nos sentiments réels transparaissent enfin. Moi-même j'ai longtemps cru que c'était vrai ; c'est d'autant plus facile d'adhérer à cette interprétation qu'elle est bienveillante : elle nous dédouane de la culpabilité d'avoir pris une murge digne du Guinness, et puis on a l'impression d'avoir évacué certaines choses enfouies.... mais maintenant j'y crois plus à tout ça ; le fait de ne pas contrôler ce que je dis ou fais quand je suis ivre (j'adore ce mot), moi ça me fait du mal, ça me fait sentir vaguement coupable d'avoir été hystérique, ou péremptoire, avec en plus le sentiment, sur le moment, d'avoir mis le doigt sur l'exacte vérité... avec le recul je me trouve toujours pathétique... et de toute façon je préfèrerai toujours dire ou faire des choses en pleine possession de mes moyens.

Tout ça au fond c'est pas très grave ; si on boit plus que de raison, c'est sûrement qu'on en a besoin, d'oublier, de voir la vie autrement pendant quelques heures, et heureusement l'état est passager... mais désormais j'en éprouve toujours un malaise. Si je fais pas gaffe je vais finir Mère Supérieure dans un couvent d'ursulines... mais comme je suis sûre que la cornette ne sied pas du tout à mon genre de beauté, je vais laisser toutes ces austères considérations de côté, et samedi prochain (ou avant, va savoir !) je me taperai gaiement ma dose hebdomadaire de gin tonic... j'essaierai juste de faire en sorte que l'alcool ne submerge pas totalement le sombre recoin où se cache ma peine.




03/03/2006

De l'étymologie du mot travail

Vous la connaissez certainement : du latin trepalium, instrument de torture... ça fait réfléchir non ?

Sans aller jusqu'à considérer cette activité comme une douleur insupportable, on peut légitimement se demander à quoi bon s'infliger autant de stress, d'efforts, de ravalages de fierté pour essayer de maintenir sa position dans une entreprise, ou pour accéder à une place plus enviée. Depuis quelques mois je doute beaucoup... je me dis que le travail, pour moi, n'est pas une valeur ; en tous cas pas une valeur collective. Il me semble de plus en plus vain de vouloir sacrifier des choses pour réussir matériellement ; j'ai toujours l'impression que le jeu n'en vaut pas la chandelle. La société ultra-économique dans laquelle nous vivons nous pousse, pour se perpétuer et prospérer, à travailler toujours plus, pour consommer toujours plus : en fait il faudrait produire de plus en plus de choses, de plus en plus inutiles et superflues, pour en acheter de plus en plus... le système nous fait croire qu'il est primordial de posséder, et nous effraie avec la perspective, agitée comme un épouvantail, que si on ne se soumet pas à ses exigences on risque de perdre le peu que l'on a ; moi je pense que la seule chose que l'on puisse vraiment perdre c'est soi-même, et ça justement personne ne peut nous l'enlever.... il ne faut pas se tromper de peur...

Donc le travail en tant que valeur économique m'horripile ; comme objet de réussite, il devient à mes yeux carrément pathétique, lorsque je vois comme certains gesticulent pour gagner une miette de considération, ou intriguent de façon si sophistiquée que les Borgia en seraient verts de jalousie, tout ça pour une misérable parcelle de pouvoir supplémentaire, ou juste pour emmerder leur voisin de bureau ; il y a aussi ceux qui délaissent ou renient tout ce qui fait leur personnalité, leur spécificité, pourvu de plaire ou d'être estimé.... et tout ça pour quoi ? Gagner 200 € de plus que son beau-frère ? Pouvoir se payer la dernier cri en matière de technologie télévisuelle plate ? Acheter à ses gamins des pompes à virgule que d'autres gamins se sont échinés à coudre pour 3 francs par mois ? Mourir avec plein de zéros sur son compte en banque ? Un peu vain non ? Le pire, au fond, c'est que tous ces jeux et ces manoeuvres grotesques ne débouchent pas du tout sur la reconnaissance des plus compétents ; non, ce sont les plus retors qui sont récompensés.... voilà qui semble bien antinomique avec la soi-disant méritocratie ! Finalement comment arriver à penser que la réussite matérielle est aussi une réussite pour soi-même, une victoire personnelle, quand on voit le nombre de gens méritants qui finissent au fond d'un placard parce qu'ils ont simplement voulu rester honnêtes....

Bien sûr toutes ces considérations s'appliquent principalement au secteur marchand, et aussi parce que j'ai découvert récemment les rouages d'une entreprise hyper hiérarchisée, dont la structure est fondée sur le copinage et le cirage de pompes ; il y a évidemment des métiers où ce genre de choses n'ont pas lieu, où elles ne sont pas monnaie courante en tout cas. Et surtout, il y a certains métiers qu'on ne peut s'empêcher de qualifier simplement d'"utiles", vu qu'entre infirmière et courtier en bourse y'a pas photo... c'est peut-être un peu simpliste, mais considérer les choses de façon schématique ça remet parfois les idées en place.

Personnellement, la seule valeur que j'arrive encore à accorder au travail, c'est sa fonction socialisatrice ; pour peu qu'on tombe sur des collègues plutôt sympa, avec un supérieur moyennement tyrannique, on peut encore éviter de partir bosser à reculons le matin. On sait qu'on va voir des gens, échanger avec eux des propos certes totalement insignifiants, mais qui nous rappelleront qu'après tout on est des êtres humains ; on va rire, parler de tout et de rien, boire du café dans des gobelets en plastique et aller fumer des clopes à l'extérieur du bâtiment, comme des parias, en attendant qu'on oblige les fumeurs à porter une clochette autour du cou pour se signaler de loin ; bref, c'est quand même la vie, et puis peut-être qu'on se sentirait désoeuvré à ne rien faire de la journée ; malgré tout, on apprend des choses, bien souvent totalement vaines, mais enfin c'est toujours ça de pris... avec un peu de bonne volonté, on parvient à se trouver plein de petites compensations ! Mais il ne faut pas trop penser, parce que sinon on en arrive à conclure que toutes ces compensations, c'est encore le système qui nous les souffle pour nous faire quitter notre lit le matin....

28/02/2006

Y'a des jours....

... comme ça, où dès qu'on ouvre un oeil on sait immédiatement qu'on ne devrait pas ouvrir l'autre....

Déjà, il est 7h45 alors que d'habitude il est 7h... que s'est-il passé ??? Eh ben c'est tout simple, on s'est lamentablement rendormi après la première sonnerie... mais en soi c'est déjà révoltant : cette saloperie de radio-réveil est censé resonner toutes les 9 minutes que je sache ! Alors ? Le syndicat des radio-réveils a lancé une grève générale ? Vous avez été subitement frappé de surdité totale après la première sonnerie ? Votre meilleur ennemi, planqué sous votre lit depuis la veille, a arrêté le foutu appareil en douce ? En bien désolée de vous décevoir, mais ça restera un mystère insondable.... en attendant, il est 7h45 et vous êtes censé arriver au bureau dans 45 minutes...

A la seconde où vous réalisez ce triste état de fait, une sorte de décharge électrique surpuissante parcourt votre pauvre corps : DEBOUUUUUUUUUT JE VAIS ETRE EN RETAAAAAAARD !!!!! La torture ne fait que commencer : non seulement une pression à peine supportable s'installe dès le réveil, mais en plus votre début de journée est foutu... non, vous n'aurez pas le temps d'écouter pendant quelques secondes le pépiement d'un oiseau en ouvrant la fenêtre ; non vous ne pourrez pas vous brosser les dents tranquillement, en vous contemplant dans le miroir, et en vous demandant si votre coupe de cheveux, à mi-chemin entre Vol au-dessus d'un nid de coucou et un défilé de John Galliano, pourrait éventuellement plaire à votre avenant(e) voisin(e) de bureau ; non, vous ne pourrez pas tirer langoureusement sur votre première clope en essayant de comprendre pourquoi William Leymergie présente toujours Télématin depuis toutes ces années... non, au lieu de ça, vous laisserez toutes les fenêtres fermées, vous vous brosserez les dents sous la douche, vous sauterez le petit déj, sous peine de frôler la mort de faim à 11 heures, vous vous habillerez avec ce qui vous tombe sous la main (à condition que ça ne laisse dépasser que la tête et les mains quand même) et vous fumerez votre première cigarette dans les embouteillages du matin, tendu comme une arbalète, en pestant contre tous ces empaffés qui devraient déjà être au bureau à l'heure qu'il est ! Et là, le pompon : lorsque vous arrivez enfin, bouffi, écarlate, écumant de rage, le bras gauche douloureux annonciateur d'une proche crise cardiaque.... un de vos collègues vous regarde tout sourire et vous dit : « Tiens ! Tu es déjà là? »

A ce stade, c'est très clair, c'est donc une journée de merde qui commence. Autant s'y faire tout de suite, toutes les heures qui vont suivre ne seront qu'une longue et triste succesion de brimades, de déceptions et de pannes informatiques en tout genre. Pour couronner le tout, votre chef est d'une humeur qui ne peut même plus être qualifiée, votre mère vous appelle pour vous dire que la date limite de déclaration de revenus c'était hier (10 % de 500 €, combien ça fait déjà ? Eh oui la journée de merde type inhibe les facultés intellectuelles de base) et il y a de la cervelle et des choux de Bruxelles en plat du jour au bistrot d'en bas. Que vous êtes obligé d'engloutir péniblement, puisque vous n'avez pas eu le temps de manger ce matin, il manquerait plus que la crise d'hypoglycémie.

Que faire ? A mon avis pas grand-chose... éventuellement imaginer, pour s'y préparer psychologiquement, les pires horreurs qui pourraient vous arriver d'ici la fin tant attendue de ce jour maudit... voyons : recevoir une convocation pour être juré d'assises... rentrer dans votre appartement pillé du sol au plafond car dans la précipitation, vous avez oublié de fermer à clé... que George Bush soit réélu à la présidence des Etats-Unis (ah non pardon ça c'est vraiment arrivé)... bref des tas de malheurs et catastrophes divers et variés sont encore possibles ! Le mieux c'est encore d'aller directement au pieu, comme ça au moins vous vous réveillerez à l'heure demain matin... et puis ce soir, à l'image de la journée toute entière, il y avait Delarue à la télé.... PAS DE REGRETS !!!!

24/02/2006

Moi, ma souffrance, ma douleur et ma tristesse

Aujourd'hui j'en ai marre de tous ces gens qui essaient d'accaparer mon attention, de me faire porter une part de leur peine (voire la totalité). Marre de tous ces gens qui croient que l'amour les affaiblit. Marre de tous ces gens qui croient que demander de l'amour, c'est se rabaisser. Marre de tous ces gens qui croient que respecter l'amour, c'est s'oublier.

Non seulement tous ces gens, d'après moi, se trompent, mais en plus ils me volent ma propre peine. Ils heurtent les convictions profondes qui font que moi aussi, je souffre. Vouloir se battre pour obtenir de l'amour, je ne suis pas d'accord. Penser que quelqu'un s'aveugle lui-même parce qu'il refuse d'entendre votre amour, je ne suis pas d'accord. Balayer des liens étroits et anciens d'un revers de main parce qu'on a besoin de prendre une grande bouffée d'air, je ne suis pas d'accord. Etre malhonnête, je ne suis pas d'accord. Et ensuite vous osez venir me dire, à moi, que vous souffrez ? Comme c'est mal me connaître, et méconnaître ce qui me fait souffrir…. Finalement je me rends compte que cette attitude me fait encore plus de mal que toutes les raisons que j'ai de souffrir. Ca peut paraître paradoxal… mais toutes ces raisons, avant de me faire du mal, étaient pour moi des sortes de "principes", de lignes directrices ; ne pas croire en elles aurait pu m'éviter de souffrir d'ailleurs ; toujours est-il que c'est comme ça, et que je ne peux comprendre que certains souffrent pour des motifs exactement inverses…

J'ai le sentiment que la souffrance que j'éprouve devient un repère, une balise ; ma vie s'arc- boute autour de cette douleur, puisqu'elle est née de choses auxquelles je crois profondément. Au fur et à mesure que j'essaie de dompter ma peine, elle prend une place de plus en plus grande, mais de moins en moins douloureuse ; elle devient une compagne… peut-être est-ce pour ça qu'au bout d'un moment, il est impossible d'y renoncer, d'envisager sa vie sans tristesse… parce que ça signifierait qu'on réduit à néant les raisons de cette tristesse….

Bon… étaler mon pathos ne me réussit plus de toute façon ; je ne crois plus que la compréhension ou l'empathie des gens à qui on le confie soit d'une quelconque utilité, j'ai même plutôt l'impression du contraire ; du coup j'ai perdu l'envie, la patience, la capacité d'écouter mes proches faire de même : d'abord je ne sais jamais quoi leur répondre, mis à part que les solutions sont en eux, et certainement pas dans la vodka-tonic, les œuvres intégrales de Tolstoï ou les jupes de leur mère ; ou alors, et c'est pire, que des solutions (ou même une seule), il n'y en a pas toujours. Et ensuite, je ne suis personne pour dire quoi que ce soit, sur qui que ce soit, et quelle que soit la situation ; les gens désemparés ont souvent envie (et croient avoir besoin) qu'on leur dise quoi faire, qu'on leur donne une sorte de marche à suivre ; et ça, il est CERTAIN que ça n'est jamais une solution… alors quand des gens viennent me confier leur malheur, leur ressentiment ou leur déception, égoïstement j'ai envie de leur dire : "laissez-moi avec ma propre peine… la vôtre me distrait de la mienne, et j'ai besoin d'en être consciente, de la surveiller, de la voir vivre… pour m'habituer à elle, ne plus avoir besoin de la déjouer, et faire en sorte qu'elle ne soit plus un fardeau…."

Je ne veux pas être inhumaine ; j'essaie d'écouter les gens, notamment quand je pense pouvoir réellement les aider, comme ça vient de m'arriver pas plus tard qu'hier ; mais la plupart du temps, ça ne fait que faire écho à ma souffrance, et parfois de façon dissonante en plus… pardon à tous les gens que j'aime de ne plus savoir faire ça… tout ce que je peux vous dire, mais comme d'habitude d'ailleurs, c'est que le meilleur (le seul ?) remède c'est encore d'essayer d'en rire… Forcez le trait, moquez-vous de vous, soyez pathétique une bonne fois pour toutes, et il y a de grandes chances pour qu'après ça aille un peu moins mal. Jusqu'à la prochaine fois, bien sûr…

21/02/2006

Sainte Routine, priez pour nous

Est-ce le temps qui passe ? Est-ce le fait de vivre seule ? Est-ce la folie pure et simple qui doucement gagne du terrain et s'installe ? Quoiqu'il en soit je me sens de plus en plus dépendante de mes habitudes, mes manies, ma façon de vivre. Je me déteste, mais c'est ainsi : si, après avoir passé l'après-midi dehors, je ne repasse pas chez moi pour fermer les volets avant de repartir pour la soirée, je psychote pendant des heures. Sans compter que comme je n'aurais pas non plus allumé le chauffage, en rentrant je risque une mort atroce par hypothermie fulgurante ; et pour couronner le tout, le lendemain j'arrive en retard au bureau puisque la veille je n'ai pas eu le temps de tout bien préparer les vêtements que j'ai envie de porter. Sur le moment, je ne fais pas attention à ce genre de réflexes débiles ; mais en y repensant, je me trouve folle… alors je lutte, j'essaie de me raisonner. Un truc quasi infaillible, c'est de regarder une émission de Delarue sur les gens affligés d'un TOC : là, tu as tellement peur de devenir comme eux que tu te calmes pendant au moins quelques jours, parce que la camisole ça fait pas vraiment envie quand même ! Ou alors il y a la thérapie préventive : tu te forces à ne pas respecter tes habitudes ou tes petites manies, pendant une journée par exemple (moi mon record doit avoisiner le quart d'heure). Allons, soyons fous, soyons désordonnés, soyons souillons ! et que le personnel s'amuse !!! Au choix :

 

  •  

  • ne pas vider les cendriers avant d'aller se coucher (au moins la poubelle ne prendra pas feu) ;
  •  

 

  •  

  • déplacer d'un micronième de millimètre les bibelots artistiquement disposés ça et là (au risque de descendre chez le quincailler dans la demi-heure, pour acheter un mètre afin de les repositionner à équidistance les uns des autres ; tant que tu y es, ramène-moi aussi un rapporteur, comme ça je les placerai tous selon l'angle formé par l'accoudoir gauche du canapé et la plus haute feuille de ma plante verte; là, vous notez les limites de la thérapie préventive, qui au lieu de guérir, aggrave tragiquement le mal) ;
  •  

 

  •  

  • partir le matin sans avoir fait le lit (si vous essayez, tenez-moi au courant des résultats, moi je n'y suis jamais arrivée) ; beaucoup plus dur : SE COUCHER dans un lit pas fait (préparez le Valium) ;
  •  

 

  •  

  • au bureau, chambouler l'ordre d'ouverture des fenêtres sur votre micro : ATTENTION, risque majeur !!!! Votre boss est derrière votre dos (on se demande bien pourquoi d'ailleurs), et là, à cause de ces saletés d'habitudes, vous ouvrez par erreur la fenêtre où vous êtes tranquillement en train de tchater avec votre sœur, à la place de la fenêtre où attend patiemment le tableau Excel sur lequel vous êtes censé bosser ;
  •  

 

  •  

  • etc etc…
  •  

 

Comme vous venez de le constater, vouloir lutter contre ses tics et ses tocs afin de ne pas sombrer dans le délire constant est une noble cause, mais non dépourvue d'innombrables dangers. C'est parfaitement logique, quand on y pense, parce qu'au fond la routine ça sert à ça : nous rassurer… alors bien sûr dès qu'on en sort, on a vraiment très peur ! reste à savoir de quoi…