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11/04/2006

Les médecins, ces chers abrutis

Cette semaine, je suis en vacances.

Habituellement soumise à des horaires de bureau immuables, j'en ai donc profité pour prendre rendez-vous chez le dentiste, ce matin à 9h30, et chez l'ophtalmo, à 11h40. Bilan de la matinée : une heure d'attente chez le fou de la roulette, pour m'attendre bien sûr dire qu'il fallait revenir quatre fois (à l'écouter j'ai quasiment eu peur que ma bouche tombe en morceaux dans l'heure, alors qu'en réalité j'ai une dentition de star), et 45 minutes chez le tortionnaire de la pupille qui m'a fait une thèse sur l'incompétence, la bêtise et l'arbitraire douste-blaziens (à laquelle je n'ai pu m'empêcher de souscrire, en ajoutant une remarque perfide sur ses cheveux. Ici, à Toulouse, on l'appelle Jamais sans ma mèche).

Alors moi je dis : POURQUOI ? Why, warum, porque ? Par quel mystère insondable les médecins sont-ils sempiternellement en retard sur leurs rendez-vous ???? Première hypothèse : ce sont en fait les clients (ah non pardon, les patients. Parfois on ne sait plus très bien) qui sont en retard, et qui décalent donc tout. Si on prend la peine d'y réfléchir, ça voudrait dire que TOUS les patients ayant rendez-vous à la première heure sont TOUJOURS en retard. Pas de bol quand même ! C'est toujours le premier à passer qui est un retardataire congénital ! Avouez que ça défie toutes les lois du hasard !

Admettons. Mais prenons quand même la peine d'examiner une autre possibilité. Ne serait-ce pas plutôt les médecins qui sont toujours en retard ? C'est vrai quoi, une Jaguar c'est super dur à garer, et puis tous ces abrutis d'étudiants qui bloquent les routes (entendu ce matin, vous vous en doutez), et puis tous ces travaux juste au mauvais moment, et puis, et puis... Et puis moâ Madame, j'ai fait dix ans d'études, alors je ne vais quand même pas risquer de caramboler ma Ferrari flambant neuve pour être ponctuel envers des bénéficiaires de la CMU, merde ! Vous voudriez pas que je les guérisse en plus ???

Que je sache, ils sont médecins parce qu'ils l'ont voulu, non ? Parce que si jamais on les oblige à se taper tous ces cours d'anatomie, ces dissections de cadavres et ces gardes de nuit, il faut appeler d'urgence Amnesty International ! La vérité, c'est qu'ils ont désiré ce métier. Normalement, c'est une vocation. D'accord, c'est difficile comme études, d'accord ils ont droit à une certaiane reconnaissance. Mais les gens qui souffrent aussi. Ils n'ont pas à subir des heures d'attente dans une salle (d'attente, donc) mal chauffée, à se farcir des Paris Match vieux de trois ans. Ils n'ont pas à être traités comme des numéros. Ils n'ont pas à se faire expédier en cinq minutes, sous prétexte que leur pathologie est bénigne, avec en prime un sourire goguenard du médecin voulant clairement dire : « Pendant ce temps, il y en a qui ont le cancer ». Ils n'ont pas à sortir du cabinet en ayant entendu une longue et véhémente diatribe contre les étudiants, les grévistes, les chômeurs, les rmistes ou les clandestins (au cas où on voudrait être bien sûrs que les médecins sont de droite ?). On n'est pas au café du commerce. On est chez le médecin. Moi, j'ai pas fait médecine (il aurait VRAIMENT fallu m'obliger), mais je trouve que tout ça, c'est à des antipodes de ce que devrait être la médecine.

Et encore, je passe sur les tarifs prohibitifs pratiqués par certains, qui ne sont bien sûr justifiés par rien. Il faudrait que j'essaie de trouver d'autres professions qui connaissent de « revalorisations d'honoraires », comme ils disent, aussi régulières et aussi fréquentes.... La faute au système, sûrement, ça aussi....

D'accord, ils sont pas tous comme ça, les médecins. Il y en a des formidables, qui ne pensent pas qu'à crier « au suivant ! », ou à leur plan-épargne retraite. Des qui veulent vraiment soigner leur prochain, et qui la ramènent pas toutes les cinq minutes avec leurs dix ans d'études. Des qui savent que le respect, ça ne coûte pas grand-chose, même si c'est pas remboursé par la Sécu....

Sur ce, je vous laisse ; j'ai quand même réussi à soutirer une ordonnance à mon ophtalmo, entre deux blagues super funny, et je m'en vais donc choisir des lunettes de sécretaire lubrique, copyright Dave ! 

09/04/2006

Où y'a des gênes, y'a pas de plaisir

Pour moi, devenir adulte c'est comprendre qu'on n'est pas ses parents.

Ca m'a pris du temps, j'ai fait ma crise d'adolescence très tard. Peut-être parce que mes parents étaient aussi différents qu'on puisse imaginer, peut-être parce que j'ai toujours eu le sentiment d'être composée à parts strictement égales de leurs deux personnalités si diamétralement opposées. Je n'arrivais pas à me trouver au milieu de cette pagaille, de ce foisonnement. Je pense que je cherchais une « troisième voie ». Ca n'était pas une bonne idée.

Comme de juste, j'ai trouvé quand j'ai renoncé à chercher. J'ai su et accepté qui j'étais, sans chercher à renier ce qu'ils m'ont transmis. J'ai compris à quel point je leur ressemblais, et à quel point j'étais différente d'eux. J'ai compris que j'étais moi, et personne d'autre. Et que c'était bien, et que ceux qui m'aimaient prendraient le train.

J'ai ressenti une certaine fierté à me distancer de mon éducation, parce que c'est difficile quand même, et aussi parce que j'en avais eu désespérément besoin. Mais j'ai toujours beaucoup de respect et de reconnaissance pour ce que mes parents m'ont légué. J'essaie de faire avec. J'essaie de ne pas trop leur en vouloir. Certains jours c'est irrépressible... mais ce sont des êtres humains, eux aussi, et ils ont parfois été aussi stupides, maladroits et blessants qu'il m'arrive de l'être. Je ne veux plus les juger. Je ne veux plus que la manière dont ils m'ont élevée soit un sujet de réflexion. C'est une expérience.

C'est vrai que je lutte encore contre ces séquelles... depuis la mort de mon père, c'est un combat moins prégnant. De lui me restent surtout les bons souvenirs, il faut croire que j'ai une mémoire bienveillante. J'ai toujours eu honte de le penser, mais au-delà de la peine, du choc et du désarroi, sa mort m'a libérée. Ca peut paraître affreux mais c'est ainsi.

C'est sans doute à cause de ça que j'ai de moins en moins envie de réfléchir à l'acquis et à l'inné, à la nature et à la culture, au bon grain et à l'ivraie. J'ai fini par me dire que ça ne servait à rien de vouloir démêler tout ça, c'est sans doute pour cette raison que ma dernière tentative de psychothérapie est restée totalement stérile. Je suis arrivée à une certaine maturité (vous aussi vous aimez les mots qui ne veulent rien dire ?) en jouant l'apaisement par rapport à mon passé familial tumultueux. J'ai fait les choses à mon idée, sans trop chercher à savoir qui ou quoi me les soufflait, et c'est très bien comme ça. Un brin présomptueux, peut-être ? Je le concède ; mais j'ajoute à ma décharge que je suis parfaitement consciente des mécanismes un tantinet diaboliques qui ont fait de moi ce que je suis. Simplement, je veux les vivre de la façon la plus neutre possible. Il n'y a que comme ça que j'arrive à me dégager du carcan qu'ils pourraient être. Je les regarde, je les contemple, je les analyse même, comme s'ils m'étaient extérieurs. Je ne veux plus les laisser m'atteindre. Je veux garder mon calme. Je ne veux plus qu'ils me fassent du mal. Je ne veux plus être une petite fille apeurée. Je suis grande, maintenant.

05/04/2006

Homo, d'accord, mais sexuel, c'est moins sûr

La question est terriblement mal posée non ?

Homosexuel. Je déteste ce mot. Il ne reflète qu'une vérité tellement partielle... oui d'accord, la population concernée a pour caractéristiques (entre autres !) d'avoir envie de faire pim pim avec des personnes de même sexe. Et alors ? C'est tout ?

Bah non bien sûr ! Et pareil pour les hétérosexuels d'ailleurs ! On devrait se contenter d'être défini par ses préférences sexuelles ? Le qualificatif est DEJA une discrimination ; comme tous les qualificatifs si on va par là, surtout en ces temps de politiquement/socialement/moralement/émotionnellement/visuellement (cochez la bonne case) correct. Mais dans le cas précis des rainbow people, ça me semble être particulièrement pervers.

Je ne vais pas faire ici l'historique de l'homophobie, j'en suis bien sûr incapable ; mais j'ai souvent l'impression que le fait que le mot rappelle sans cesse la sexualité est de nature à jeter l'opprobre... bouh, regardez-les ces vilains obsédés qui ne pensent qu'à forniquer ! Et je vous raconte pas de quelle façon en plus ! Pas de ça chez nous Madame ! Je n'arrive pas à me défaire de l'idée qu'au fond, c'est la seule chose qui gêne vraiment les ennemis déclarés du PACS ou de l'adoption par des homos... Je ne parle bien sûr pas des homophobes primaires, eux on sait bien que c'est ça qui les défrise (ou qui les excite, allez savoir). Non, je veux parler des gens qui disent : "Moi je n'ai rien contre eux, du reste, parmi mes amis artistes... mais bon, de là à leur confier l'éducation et l'équilibre d'un enfant !" Ben quoi ? Vous avez peur que ce soit contagieux peut-être ? Et quand même ça le serait ? Que je sache, le fait d'être gay n'empêche pas de donner de l'amour, ni d'en recevoir ! Alors ? C'est quand même bien ça l'essentiel... Bref, ce sont les mêmes personnes qui disent, comme pour s'excuser : C'est bien connu, les gays sont libérés, ils baisent à tout-va, mais vous savez c'est très bien, tant mieux pour eux ! Et puis ce sont des gens si drôles, si délicats, si sensibles ! Et d'un goût ! Exquis ma chère !!!

Et bla bla bla. Il paraît que c'est de la discrimination positive. C'est avant tout une tentative de généralisation, et par-là même une connerie sans nom. Le seul point commun que je connaisse aux homosexuels que j'ai pu croiser, et à tous mes chers amis que j'ai le bonheur de voir régulièrement, c'est juste qu'ils sont effectivement attirés par des personnes de même sexe, n'en déplaise à tous les autres clichés qui ont la vie si dure ; mais pour autant, ils ne se réduisent pas à un appareil génital... pas plus en tous cas que les hétéros (et peut-être moins que certains finalement).

Le pire dans tout ça, c'est que la tartufferie ambiante se réapproprie les fameuses qualités tant vantées des coiffeurs, stewards et autres danseurs, allons-y gaiement dans l'amalgame ; la mode est homosexuelle, la déco est homosexuelle, la musique est homosexuelle, la branchitude est homosexuelle ; comment s'en étonner, ils l'ont bien mérité, ils ont dû se cacher si longtemps... et puis ne nous privons pas, ça fait vendre en plus ! Du coup, semaine après semaine, on nous annonce triomphalement l'avènement d'avatars hétérosexuels de cette vague gay : métrosexuel (qui nique dans le métro ?), ubersexuel (qui nique en allemand ?), et même dernièrement, copyright Mademoiselle Agnès, philippenoiretsexuel (mais bon, ça c'était pour rigoler). Ils me font bien rire tous ces gentils petits hétéros qui essaient d'être aussi bien coiffés que leur coiffeur (encore !)... laisser dépasser son boxer de son jean, mettre du khôl JPG et faire des chorés sur le dernier album de Madonna, ils sont partants, mais alors pour passer à la casserole, y'a plus personne ! C'est un peu facile... les homosexuels valent mieux que ça ! Ce sont des gens, tout simplement, et tout bêtement comme les autres, avec un cerveau, un coeur, un foie et une rate, alors les réduire à des consommateurs effrénes de sexe, à une cible marketing ou à un mot à l'étymologie lapidaire, ça sonne à mes oreilles comme une insulte...

Alors bien sûr, il y a la fameuse « culture gay »... là je serais de mauvaise foi si j'essayais de dire qu'elle n'existe pas ; elle existe, pour mon plus grand bonheur, car je l'aime et je m'y reconnais souvent, dans sa folie, sa tendresse, son humour, son sens de la tragi-comédie, et tant d'autres choses que je ne saurais exprimer. Mais en quoi est-elle plus particulière que la culture hétérosexuelle ? Pourquoi serait-elle plus mystérieuse, plus souterraine, plus effrayante somme toute ? Question de nombre, me direz-vous... à quoi je répondrai : réfléchissez bien, et vous verrez que nous faisons TOUS partie d'une minorité... il faut croire qu'il y des minorités plus gênantes que d'autres, surtout quand ce sont des minorités sexuelles.... retour à la case départ.

02/04/2006

Empêchements, contrariétés et autres impossibilités

Même pas le temps d'écrire trois mots.... pourtant j'avais envie de parler de plein de trucs ! Je me sentais d'humeur scribouillarde !

Mais pas moyen, la tranquillité n'est pas pour ce soir... week-end agité, et début de semaine agité en perspective... je devrais retrouver ma si chère routine dans quelques jours, et là, croix de bois croix de fer, je ponds une encyclopédie ! 

28/03/2006

Moi, ma vie, ma graisse

Il y a des moments comme ça, c'est MAINTENANT, il faut maigrir. C'est là que j'en suis.

On entend souvent : « Chacun sa croix » ; c'est bizarre mais moi j'ai carrément l'impression d'en avoir plusieurs... bref, la plus lourde à porter (...) reste quand même la fatalité de prendre cinq kilos dès que je mange deux bananes. C'est une lutte sans fin... une lutte contre soi-même, contre la choucroute et les tartelettes à la framboise... une lutte sûrement aussi contre son psychisme ; toutes les explications psychanalytiques peuvent y passer ; moi j'en reste à la nécessité de prendre de la place... ou peut-être une autre place que celle qu'on vous a donnée dès votre naissance...

En tout cas, je peux invoquer l'esprit de Sigmund autant que je veux, le résultat c'est que j'ai cinq kilos à perdre. Oh c'est pas la première fois, loin de là, j'en ai déjà eu vingt à perdre, et d'ailleurs je les ai perdus (notez la notion récurrente de perte... oui pardon j'ai dit que j'arrêtais de me prendre pour Freud). Là ça va, c'est bénin, on me voit encore les yeux, mais bon, si je ne fais rien, tous mes petits habits d'été vont retourner à la poussière... et ça pas question, j'ai pas d'argent à consacrer à l'achat d'une nouvelle garde-robe, et trop d'amour propre pour me résoudre à cette conclusion honteuse.

Donc voilà. Je suis au régime.... AU SECOURS !!!!!! Ne me laissez pas crever au milieu de blancs de poulet à la vapeur, de courgettes à l'eau et de yaourts 0% !!!! Rendez-moi mes pizzas et mes crèmes caramel !!!! Et mes samedis soirs à 3 grammes ! Parce que c'est ça aussi le régime, fini la gnôle !!!! Trop dur non ?

Eh oui pas super drôle... cela dit s'apercevoir soudain que la taille 42 coince aux entournures (et ailleurs), c'est pas top fun non plus... à la fin de ma dernière période de supplice alimentaire, après avoir perdu 20 kilos donc (je m'en goberge, je m'en gargarise, oserai-je dire je m'en nourris), je me suis dit que là c'était la dernière fois, que maintenant il fallait simplement arrêter de grossir... FACILE A DIRE !!!! L'hiver a été fatal, et ces putains de 5 kilos sont bel et bien là (et là aussi, ah tiens par là aussi, j'avais pas vu). J'essaie de rester zen, j'attends le déclic... ça y est il est arrivé, donc j'entame ma dégringolade pondérale... qui signifie aussi, hélas, une mort temporaire de toute vie sociale. Je me concentre sur mon but, je pense à ce petit pantalon en lin, qui l'été dernier avait déjà tendance à être un tantinet étriqué... je pense aux nourritures spirituelles, au bien-être qu'on ressent au début de tout régime (scientifiquement prouvé, je me souviens plus très bien, une histoire d'adrénaline, ou d'endorphine, mais pas de morphine en tout cas !), au bonheur intense qui va m'envahir lorsque ma balance affichera les chiffres habituels (10 kilos de plus que la « normale », poids perpétuel). Quand j'ai fini de penser à toutes ces fadaises, je me dis que pour tenir le coup, je pourrai toujours fumer un peu plus, ce qui risque d'être assez difficile à réaliser finalement... il y a aussi des phases d'auto-flagellation : maigrir c'est une préoccupation de sale petite occidentale qui étouffe sous des tonnes de bouffe pendant que les enfants africains crient famine... j'en ai rien à foutre de ces radasses en couv' des magazines, plutôt crever que d'être comme elles... (aucun risque de toute façon !)... ma masse adipeuse est uniformément répartie, c'est ça qui compte... (peut-être qu'en fin de compte c'est ça le problème... non ?)... les gens qui m'aiment, ils m'aiment comme je suis (parce qu'ils m'ont jamais vue toute nue ?)... j't'en passe et des pas mûres ; tout ça pour en revenir à l'atroce réalité : J'AI 5 KILOS A PERDRE BORDEL !!!

Je n'ai vraiment pas le sentiment de vouloir me conformer à un modèle, d'avoir besoin de me rapprocher d'un idéal... mais ces 5 kilos, ils m'embêtent, parce qu'à cause d'eux, je m'aime moins... et ça, c'est bien pire que de réaliser qu'on ne fera jamais du 36....

26/03/2006

Calme et tranquille....

Je me sens bien ce soir... contre toute attente j'ai passé un week-end formidable ; j'ai découvert qu'on pouvait tisser des liens étroits et fertiles avec des gens qu'on estimait trop différents de soi pour que ça arrive ; je me suis trompée, et j'en suis heureuse, heureuse d'avoir passé un moment agréable et délié, heureuse de ma capacité à pouvoir encore le vivre....

J'ai découvert aussi que les amis du samedi soir peuvent être les amis d'une vie ; moi qui croyais qu'ils ne pensaient à moi qu'autour d'une bouteille de vin blanc, je réalise qu'en fait je compte dans leur vie, autant qu'ils comptent dans la mienne ; je les remercie et je les aime...

J'ai découvert que l'amour existe hors de tout cadre, et qu'il ne faut pas craindre qu'il ne se matérialise plus, car c'est une autre façon de le garder intact... je me sens plus libre, comme soulagée, même si j'ai du mal à l'admettre... ça fait du bien de lâcher prise.

Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie si confiante en l'avenir... même au travail le futur se présente soudain sous un jour presque radieux ! Et puis c'est le printemps, il fait beau il fait chaud, et je vais acheter un vélo. Je vais vivre, parce que j'en suis capable, parce que j'en ai envie, et parce que refuser de le faire serait une insulte à la face de quelqu'un, qui lui n'en a plus l'envie ni la force... pour l'amour de lui il faut que je pense à moi.... c'est sans doute le plus beau cadeau qu'il m'ait fait. Il m'a révélée à moi-même...

Tout ira bien... je ne serai plus triste, je n'aurai plus peur, rien ne sera perdu... Voilà pourquoi je me sens si calme et tranquille ce soir.

25/03/2006

Plein de vide

... tel est le gouffre qui s'ouvre devant moi.

Vide, de tout ce qui a été, et qui vivra pour toujours. C'est un fait qui ne peut plus changer. C'est bien ainsi.

Mais plein, de tout ce qui arrivera. De ce qui va changer. Malgré tout ce qui ne changera pas. Plein de tout ce que j'ai à vivre, puisqu'il faut bien...

Au-dessus de ce précipice, je marche sur un fil, depuis des mois. J'en ressens une fatigue sans fond. De ma vie je n'ai jamais été aussi fatiguée. Mais jamais aussi heureuse de l'être... fatiguée aussi de toutes ces contradictions.

En équilibre sur mon fil, jusqu'ici j'ai réussi à ne pas tomber. Tout juste ai-je trébuché... mais j'ai réussi à garder mon calme, un exploit à la hauteur de ce qui restait à sauver. Aujourd'hui je sais que j'y suis arrivée ; peut-être est-il temps d'emprunter un autre chemin, où j'ai moins de risques de tomber, de tomber du mauvais côté, celui qui fait mal.

Je ne sais pas si je suis capable de quitter ce fil... si je le fais, je sais qu'il y aura toujours des moments où je le réemprunterai avec bonheur. Et peut-être qu'à ce moment il sera plus évident de ressentir ce bonheur ; peut-être sera-t-il plus simple, plus clair, moins coupable. Peut-être qu'il ne se confondra plus avec le bonheur qui a pris vie, ces quelques instants cristallins, limpides, d'une clarté absolue.

Je n'oublierai pas.

Je ne veux plus avoir peur.

Je ne veux pas céder à la petite voix qui me dit de baisser les bras.

Je ne veux pas avoir à choisir.

Je sais que le silence s'impose.

Je n'oublierai pas. Jamais.

22/03/2006

C'est pas marrant tous les jours

En commençant ce blog je m'étais dit qu'il serait drôle... j'avais envie d'une certaine légèreté, de parler de sujets futiles, sur un ton futile, de tourner les choses en dérision... normalement c'est un truc que je fais très bien. En tout cas quand je parle. Mais en fait je m'aperçois qu'à l'écrit, c'est pas du tout pareil... ou alors, peut-être que le fait d'écrire me rend plus sombre. Peut-être que ça fait ressortir toutes les casseroles que je traîne. Peut-être aussi que je m'autorise à exprimer des sentiments plus tristes, parce que je n'aime pas parler de ma peine. Ou dès que j'en parle, je dis trois mots et puis tout de suite je dérisionne. J'ai toujours l'impression que les gens qui m'écoutent ne comprennent pas ce que je ressens, qu'ils voient les choses tellement différemment... et puis de toute façon ça me gêne, j'ai pas envie d'être une geignarde. Je préfère garder ce genre de réflexions pour moi, apprendre à vivre avec, et éviter d'emmerder le monde.

Tout ça pour dire que j'aimerais bien être un peu plus marrante ! Je vais m'appliquer ! Par exemple je pourrais vous raconter la fois où ma voiture (avec moi dedans) est tombée dans un fossé plein d'eau, et où j'ai cru me noyer (j'avais vu Titanic deux jours avant). Je pourrais vous raconter que j'ai bataillé 15 jours pour pouvoir téléphoner lorsque ma ligne a été dégroupée, parce qu'en fait mon téléphone n'était pas relié à mon modem, mais que j'ai quand même insulté tous les pauvres garçons et filles de la hot line de mon FAI. Je pourrais vous dire qu'un samedi soir, vers 5 heures du mat', dans un parking souterrain, j'ai enlevé mes pompes à talons et j'ai imité Josiane Balasko qui fait la majorette dans Nuit d'ivresse (un titre qui résumait bien la soirée). Je pourrais vous raconter qu'un jour, en commandant une pizza, j'ai épelé les initiales de mon nom avec des prénoms pour que mon interlocuteur comprenne, et qu'il m'a répondu : « Ben dis donc vous avez beaucoup de prénoms vous ! »...

Pour aujourd'hui c'est déjà pas mal ; tous les gens qui me connaissent et qui lisent ces lignes doivent déjà être morts de rire, puisqu'ils ont entendu (ou vécu !) toutes ces histoires... Pour les autres, essayez d'imaginer....

19/03/2006

Carrière de la vie

Aujourd'hui j'ai refait mon CV. Peut-être est-ce le fait de l'avoir lu et relu, mais à la fin j'avais l'étrange impression qu'il parlait d'une autre personne... c'est tellement pas moi, ces quelques lignes sèches, factuelles, datées, balisées, démonstratrices ; je suis tellement autre chose que ça... recruteurs, recruteuses, quand vous me lirez, aurez-vous conscience que ce concentré abscons et hermétique ne reflète qu'une infime partie de ce que je suis ? D'accord, vous vous foutez de savoir que j'aime les framboises, que je dors à droite et que je suis obsédée par la ligne de mes sourcils, mais tous ces détails, c'est moi aussi....

Quand j'étais jeune et naïve (avant d'être moins jeune et presque toujours aussi naïve), je croyais que ma personnalité, mes goûts, mes connaissances seraient des atouts dans ma vie professionnelle ; à mes dépens j'ai découvert que ce n'était pas vrai. Il faut simplement jouer le jeu. Je déteste ça. J'y suis obligée, et du reste je le fais très mal, mais vraiment j'ai horreur de ça...

 

18/03/2006

Comme je veux

Connais-toi toi-même, nous a dit ce bon vieux Socrate ; pendant longtemps je n'ai pas compris ce que ça voulait dire.... et puis j'ai fini par piger, justement au moment où j'ai eu l'exacte impression d'enfin m'être cernée ; ça a pris du temps et quelques bonnes claques dans la gueule, mais c'est finalement arrivé. J'ai alors pensé que j'aurais bien aimé, durant toutes ces années, savoir, comprendre ce que signifiait ce mystérieux impératif ; je me suis dit que ça m'aurait aidée à progresser sur ce chemin, que ça m'aurait donné l'envie d'atteindre ce but... aujourd'hui j'ai compris que ce n'était qu'illusion, qu'on ne peut comprendre toute l'importance de se connaître soi-même quand justement c'est le cas ; étrange paradoxe...

Mais en la matière, comme dans la plupart des situations de la vie, il n'y a pas de phase plateau ; rien ne dure qui n'évolue, comme dirait l'autre. Bien sûr c'est gratifiant de se connaître, de savoir ce qu'on veut, et surtout ce qu'on ne veut pas, d'avoir des convictions, d'atteindre une certaine stabilité émotionnelle (équilibre à côté duquel un château de cartes ressemble à un bunker) ; mais au moment de savoir qui on est, subitement on réalise aussi tout ce qu'on n'est pas... pour certaines choses ce n'est pas grave : ne pas être Jean-Marie Messier, Jean-Paul II ou Condoleezza Rice, par exemple, ce n'est pas un regret ; mais quand même, se rendre compte qu'on ne sera probablement jamais une mère aimante et dévouée, une militante acharnée et entièrement acquise à une cause juste, ou tout simplement qu'on n'est intrinsèquement pas faite pour le bonheur, ça fout un coup....

Mais bon voilà, c'est bête à dire mais on est comme on est ; s'il y a des tas des choses qu'on ne pourra jamais faire, il reste quand même la précieuse liberté de faire les choses à sa façon... ça j'ai l'impression que c'est possible la plupart du temps. Mon pessimisme sans fond me souffle que tout ce qu'on peut entreprendre, projeter ou construire est vain puisqu'on va mourir ; mais au moins, même dans les plus petits gestes quotidiens, on peut s'exprimer, agir conformément à ses penchants. Ca peut paraître dérisoire mais c'est là que je puise la plupart des moments de bonheur qui me sont proposés.... je me lève le matin et je me couche le soir, mais dans l'intervalle, j'aurais bu mon café brûlant et sans sucre, je me serais tendrement moquée des gens que j'aime, j'aurais pas mis ma ceinture de sécurité parce que ça m'étouffe, j'aurais continué de m'envoyer un paquet par jour même si je tousse, j'aurais fait une blague foireuse au milieu d'une discussion de boulot avec mon chef, et je me serais même offert le luxe d'une pseudo-brouille avec ma soeur, dont la souplesse d'esprit me heurte parfois.... si les gens qui m'entourent n'acceptent pas tout ça, c'est qu'ils ne m'aiment pas ; là-dessus au moins je suis tranquille....

Bien étriquée cette liberté, me direz-vous.... peut-être, mais au milieu des contraintes professionnelles, des pressions sociales et des interdictions politiquement correctes, c'est déjà énorme... et puis pour ne faire que ce qu'on veut, il faudrait être ermite dans le Larzac, et ça c'est sûr que c'est pas ma vie ! Je sais qui je suis, et donc qui je ne suis pas, et je sais aussi comment j'aime faire les choses, le façon dont j'aime vivre au jour le jour, et je crois que je préfère ça à l'élaboration d'un projet de vie linéaire et laborieux... j'aime ressentir de l'humilité face aux surprises, bonnes ou mauvaises, que réserve la vie. Peut-être qu'un jour, une péripétie me donnera l'occasion de m'apercevoir que je suis capable d'être ce que je pensais justement ne pas être.... rien que pour ça, ça vaut le coup non ?