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19/04/2006

Mort de ridicule

Heureusement, ça n'existe pas, parce que sinon, il y aurait eu une sacrée hécatombe sur nos écrans depuis 3 ou 4 ans.

Loin de moi l'idée de ressasser : c'était mieux avant (mais ne me poussez pas trop quand même), parce qu'à mon avis, ça fait de longues années que la télé diffuse à longueur de journée de la merde (en tube, donc). Mais là, la connerie cathodique connaît une croissance exponentielle qui me laisse rêveuse, car je ne veux pas gaspiller mon énergie à me mettre en colère pour de telles futilités.

Dernier avatar : Je suis une célébrité (ah bon ?), sortez-moi de là (tu peux crever !), autrement nommé Les has been dans la jungle. Et encore, has been, c'est un compliment, parce que pour être, il faut avoir été, comme dirait Shakespeare. Ah non, c'était pas lui.

Bref. Je suis malencontreusement tombée (croyez-moi, s'il vous plaît) sur cette émission pitoyable. J'ai reconnu quelques participants, manifestement pourchassés par le fisc, pour en arriver à accepter cette pantalonnade ; mais pour bon nombre d'entre eux, je me suis trouvée devant de parfaits inconnus. Tout d'abord, une sorte de croisement entre Arthur, Jean-Michel Jarre et Grace Jones (intéressant non ?), dont j'ai appris par la suite qu'il était un homme d'affaires. Comme quoi, le business, c'est comme le reste, ça a eu payé, mais ça paye plus ! Ensuite, une fausse bimbo même pas blonde qui a le même nom qu'une humoriste un peu sur le retour. Et enfin, cherry on the cake, un grand type avec une tête de psychopathe et un balai quelque part. Pour lui, tout s'explique : il est le dernier rejeton de notre famille royale (car oui, nous en avons une). Il est la preuve vivante que les mariages entre cousins, il vaut mieux ne point trop en abuser tout de même.

Ajoutez à ce casting improbable une ancienne championne de ski qui la ramène plus que de raison, un ex-junkie qui aime bien le vélo, une baiseuse nautique et une chanteuse pseudo-suédoise qui a tout essayé, y compris être produite par Dalido, et vous aurez le tableau. Et tous ces magnifiques spécimens de l'espèce humaine – ça me donne envie de faire partie de la famille d'E.T. - de s'ébattre dans la jungle (au milieu des caméras et des projos quand même, histoire de ne pas être trop dépaysés), de se mesurer à des bestioles exotiques préalablement aspergées de DDT, et de nager dans des torrents boueux où ils ont certainement pied. Manquerait plus qu'on en perde un ! Les annonceurs seraient furieux.

Et bien sûr, le tout sous couvert de charité dégoulinante, de dons à des associations, mais mises en concurrence bien sûr. Si le candidat représentant des handicapés se fait sortir trop vite, cette association aura beaucoup moins d'argent que celle défendant les orphelins par exemple. Normal non ? Faut pas exagérer non plus, déjà on leur fait des dons, ils voudraient pas aussi qu'on leur donne à tous pareil ??? Bienvenue dans le monde magique de la générosité sponsorisée...

Je vous entends déjà : c'est pas la première émission du genre ! Il y a eu les faux fermiers jet-setteurs, les comiques troupiers encasernés, j't'en passe et des pas mûres ! Ouais, c'est vrai. Mais là, je trouve que c'est la goutte. J'ai juste envie de dire stop. Donc je le dis : STOOOOOOOOP !!!!! Rendez-nous Michel Polac ! Ou l'académie des neuf ! La séquence du spectateur ! Et même Cinq colonnes à la Une tiens ! (je sais pas si c'est bien, je l'ai jamais vu. Et je ne vous permets pas de mettre ma parole en doute, non je n'ai pas 74 ans !). Tout, mais pas ça.

Je dis ça, mais à l'instant où je tape ces mots, je suis devant La Nouvelle Star... moi aussi, je suis vendue à la télé-réalité... oui j'ai honte ! Mais bon, cette émission c'est différent non ? On y entend plein de chansons de chanteurs morts, on y voit plein de jeunes gens beaux, souriants et très bien coiffés, il y a les coups de gueule des quatre guignols qui essaient désespérément de nous faire croire qu'ils ne se sont pas fait avoir par le système, et on a vraiment envie de les croire ! Et puis il y a Gaël... ah, Gaël... à lui seul il donnerait presque envie de se réconcilier avec la race des post-adolescents... non, décidément il est trop jeune. Enfin bref, ça se laisse regarder quand même, surtout si on n'écoute pas trop...

11/04/2006

Les médecins, ces chers abrutis

Cette semaine, je suis en vacances.

Habituellement soumise à des horaires de bureau immuables, j'en ai donc profité pour prendre rendez-vous chez le dentiste, ce matin à 9h30, et chez l'ophtalmo, à 11h40. Bilan de la matinée : une heure d'attente chez le fou de la roulette, pour m'attendre bien sûr dire qu'il fallait revenir quatre fois (à l'écouter j'ai quasiment eu peur que ma bouche tombe en morceaux dans l'heure, alors qu'en réalité j'ai une dentition de star), et 45 minutes chez le tortionnaire de la pupille qui m'a fait une thèse sur l'incompétence, la bêtise et l'arbitraire douste-blaziens (à laquelle je n'ai pu m'empêcher de souscrire, en ajoutant une remarque perfide sur ses cheveux. Ici, à Toulouse, on l'appelle Jamais sans ma mèche).

Alors moi je dis : POURQUOI ? Why, warum, porque ? Par quel mystère insondable les médecins sont-ils sempiternellement en retard sur leurs rendez-vous ???? Première hypothèse : ce sont en fait les clients (ah non pardon, les patients. Parfois on ne sait plus très bien) qui sont en retard, et qui décalent donc tout. Si on prend la peine d'y réfléchir, ça voudrait dire que TOUS les patients ayant rendez-vous à la première heure sont TOUJOURS en retard. Pas de bol quand même ! C'est toujours le premier à passer qui est un retardataire congénital ! Avouez que ça défie toutes les lois du hasard !

Admettons. Mais prenons quand même la peine d'examiner une autre possibilité. Ne serait-ce pas plutôt les médecins qui sont toujours en retard ? C'est vrai quoi, une Jaguar c'est super dur à garer, et puis tous ces abrutis d'étudiants qui bloquent les routes (entendu ce matin, vous vous en doutez), et puis tous ces travaux juste au mauvais moment, et puis, et puis... Et puis moâ Madame, j'ai fait dix ans d'études, alors je ne vais quand même pas risquer de caramboler ma Ferrari flambant neuve pour être ponctuel envers des bénéficiaires de la CMU, merde ! Vous voudriez pas que je les guérisse en plus ???

Que je sache, ils sont médecins parce qu'ils l'ont voulu, non ? Parce que si jamais on les oblige à se taper tous ces cours d'anatomie, ces dissections de cadavres et ces gardes de nuit, il faut appeler d'urgence Amnesty International ! La vérité, c'est qu'ils ont désiré ce métier. Normalement, c'est une vocation. D'accord, c'est difficile comme études, d'accord ils ont droit à une certaiane reconnaissance. Mais les gens qui souffrent aussi. Ils n'ont pas à subir des heures d'attente dans une salle (d'attente, donc) mal chauffée, à se farcir des Paris Match vieux de trois ans. Ils n'ont pas à être traités comme des numéros. Ils n'ont pas à se faire expédier en cinq minutes, sous prétexte que leur pathologie est bénigne, avec en prime un sourire goguenard du médecin voulant clairement dire : « Pendant ce temps, il y en a qui ont le cancer ». Ils n'ont pas à sortir du cabinet en ayant entendu une longue et véhémente diatribe contre les étudiants, les grévistes, les chômeurs, les rmistes ou les clandestins (au cas où on voudrait être bien sûrs que les médecins sont de droite ?). On n'est pas au café du commerce. On est chez le médecin. Moi, j'ai pas fait médecine (il aurait VRAIMENT fallu m'obliger), mais je trouve que tout ça, c'est à des antipodes de ce que devrait être la médecine.

Et encore, je passe sur les tarifs prohibitifs pratiqués par certains, qui ne sont bien sûr justifiés par rien. Il faudrait que j'essaie de trouver d'autres professions qui connaissent de « revalorisations d'honoraires », comme ils disent, aussi régulières et aussi fréquentes.... La faute au système, sûrement, ça aussi....

D'accord, ils sont pas tous comme ça, les médecins. Il y en a des formidables, qui ne pensent pas qu'à crier « au suivant ! », ou à leur plan-épargne retraite. Des qui veulent vraiment soigner leur prochain, et qui la ramènent pas toutes les cinq minutes avec leurs dix ans d'études. Des qui savent que le respect, ça ne coûte pas grand-chose, même si c'est pas remboursé par la Sécu....

Sur ce, je vous laisse ; j'ai quand même réussi à soutirer une ordonnance à mon ophtalmo, entre deux blagues super funny, et je m'en vais donc choisir des lunettes de sécretaire lubrique, copyright Dave ! 

19/03/2006

Carrière de la vie

Aujourd'hui j'ai refait mon CV. Peut-être est-ce le fait de l'avoir lu et relu, mais à la fin j'avais l'étrange impression qu'il parlait d'une autre personne... c'est tellement pas moi, ces quelques lignes sèches, factuelles, datées, balisées, démonstratrices ; je suis tellement autre chose que ça... recruteurs, recruteuses, quand vous me lirez, aurez-vous conscience que ce concentré abscons et hermétique ne reflète qu'une infime partie de ce que je suis ? D'accord, vous vous foutez de savoir que j'aime les framboises, que je dors à droite et que je suis obsédée par la ligne de mes sourcils, mais tous ces détails, c'est moi aussi....

Quand j'étais jeune et naïve (avant d'être moins jeune et presque toujours aussi naïve), je croyais que ma personnalité, mes goûts, mes connaissances seraient des atouts dans ma vie professionnelle ; à mes dépens j'ai découvert que ce n'était pas vrai. Il faut simplement jouer le jeu. Je déteste ça. J'y suis obligée, et du reste je le fais très mal, mais vraiment j'ai horreur de ça...

 

14/03/2006

Mon nom est Rigide, Psycho Rigide

Voilà un qualificatif étrange qu'on m'a souvent attribué... c'est très péjoratif ; mais moi je ne peux m'empêcher d'y voir aussi la marque de certaines de mes qualités. Comme l'honnêteté, la constance, le refus de certains compromis, la fidélité à mes valeurs. La vie en société nous oblige à un minimum de souplesse, sous peine de finir atrocement seule, dévorée vivante chez soi par son berger allemand comme Bridget Jones ; sans en arriver là, je persiste à penser qu'il faut quand même garder à l'esprit ce que l'on est, ce que l'on veut ou qu'on ne veut pas, les conséquences que nos actes peuvent avoir sur les autres. Jusque là, tout va bien.

Là où ça commence sérieusement à déraper, c'est quand ce qui vous semble être une attitude franche, claire et responsable vous revient en pleine face (et ça fait mal, une attitude lancée à pleine vitesse dans la figure !), tout simplement parce que les gens ne se comportent pas de la même façon. Ce que vous considériez comme important est balayé, parce que tout à coup les gens qui étaient d'accord ne le sont plus. Pourquoi donc ? C'est simple : parce que ça les ARRANGE. Je hais ce mot. Je hais les arrangements. Comme je ne suis évidemment pas exempte de reproches, il m'arrive moi aussi d'y céder. Mais au moins je m'en rends compte. J'essaie de minimiser les dégâts. Je ne considère pas les sentiments négatifs que ça peut provoquer comme quantité négligeable. Si c'est arrivé, je m'en excuse, et je m'en voudrai jusqu'à ma mort...

Vous me trouvez.... naïve ? Candide ? Idéaliste ? Un peu pomme pour tout dire ?

Eh ben je vais vous dire : vous avez raison. Mais j'aime être comme ça. Je ne compte pas changer. Je sais depuis longtemps que ça me fera toujours souffrir. Mais je préfère encore ça à l'idée de faire souffrir les autres, qui, même si c'est inévitable, m'est décidément insupportable.

03/03/2006

De l'étymologie du mot travail

Vous la connaissez certainement : du latin trepalium, instrument de torture... ça fait réfléchir non ?

Sans aller jusqu'à considérer cette activité comme une douleur insupportable, on peut légitimement se demander à quoi bon s'infliger autant de stress, d'efforts, de ravalages de fierté pour essayer de maintenir sa position dans une entreprise, ou pour accéder à une place plus enviée. Depuis quelques mois je doute beaucoup... je me dis que le travail, pour moi, n'est pas une valeur ; en tous cas pas une valeur collective. Il me semble de plus en plus vain de vouloir sacrifier des choses pour réussir matériellement ; j'ai toujours l'impression que le jeu n'en vaut pas la chandelle. La société ultra-économique dans laquelle nous vivons nous pousse, pour se perpétuer et prospérer, à travailler toujours plus, pour consommer toujours plus : en fait il faudrait produire de plus en plus de choses, de plus en plus inutiles et superflues, pour en acheter de plus en plus... le système nous fait croire qu'il est primordial de posséder, et nous effraie avec la perspective, agitée comme un épouvantail, que si on ne se soumet pas à ses exigences on risque de perdre le peu que l'on a ; moi je pense que la seule chose que l'on puisse vraiment perdre c'est soi-même, et ça justement personne ne peut nous l'enlever.... il ne faut pas se tromper de peur...

Donc le travail en tant que valeur économique m'horripile ; comme objet de réussite, il devient à mes yeux carrément pathétique, lorsque je vois comme certains gesticulent pour gagner une miette de considération, ou intriguent de façon si sophistiquée que les Borgia en seraient verts de jalousie, tout ça pour une misérable parcelle de pouvoir supplémentaire, ou juste pour emmerder leur voisin de bureau ; il y a aussi ceux qui délaissent ou renient tout ce qui fait leur personnalité, leur spécificité, pourvu de plaire ou d'être estimé.... et tout ça pour quoi ? Gagner 200 € de plus que son beau-frère ? Pouvoir se payer la dernier cri en matière de technologie télévisuelle plate ? Acheter à ses gamins des pompes à virgule que d'autres gamins se sont échinés à coudre pour 3 francs par mois ? Mourir avec plein de zéros sur son compte en banque ? Un peu vain non ? Le pire, au fond, c'est que tous ces jeux et ces manoeuvres grotesques ne débouchent pas du tout sur la reconnaissance des plus compétents ; non, ce sont les plus retors qui sont récompensés.... voilà qui semble bien antinomique avec la soi-disant méritocratie ! Finalement comment arriver à penser que la réussite matérielle est aussi une réussite pour soi-même, une victoire personnelle, quand on voit le nombre de gens méritants qui finissent au fond d'un placard parce qu'ils ont simplement voulu rester honnêtes....

Bien sûr toutes ces considérations s'appliquent principalement au secteur marchand, et aussi parce que j'ai découvert récemment les rouages d'une entreprise hyper hiérarchisée, dont la structure est fondée sur le copinage et le cirage de pompes ; il y a évidemment des métiers où ce genre de choses n'ont pas lieu, où elles ne sont pas monnaie courante en tout cas. Et surtout, il y a certains métiers qu'on ne peut s'empêcher de qualifier simplement d'"utiles", vu qu'entre infirmière et courtier en bourse y'a pas photo... c'est peut-être un peu simpliste, mais considérer les choses de façon schématique ça remet parfois les idées en place.

Personnellement, la seule valeur que j'arrive encore à accorder au travail, c'est sa fonction socialisatrice ; pour peu qu'on tombe sur des collègues plutôt sympa, avec un supérieur moyennement tyrannique, on peut encore éviter de partir bosser à reculons le matin. On sait qu'on va voir des gens, échanger avec eux des propos certes totalement insignifiants, mais qui nous rappelleront qu'après tout on est des êtres humains ; on va rire, parler de tout et de rien, boire du café dans des gobelets en plastique et aller fumer des clopes à l'extérieur du bâtiment, comme des parias, en attendant qu'on oblige les fumeurs à porter une clochette autour du cou pour se signaler de loin ; bref, c'est quand même la vie, et puis peut-être qu'on se sentirait désoeuvré à ne rien faire de la journée ; malgré tout, on apprend des choses, bien souvent totalement vaines, mais enfin c'est toujours ça de pris... avec un peu de bonne volonté, on parvient à se trouver plein de petites compensations ! Mais il ne faut pas trop penser, parce que sinon on en arrive à conclure que toutes ces compensations, c'est encore le système qui nous les souffle pour nous faire quitter notre lit le matin....