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25/06/2006

Ma vie la nuit

Hier soir, il m'est arrivé un truc incroyable : je me suis couchée à 1 heure du mat'. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais ça faisait une paire que je n'étais allée au lit aussi tôt un samedi soir. Bah oui, j'étais fatiguée. Il faut dire que la soirée de vendredi avait été éprouvante : papoter, s'esclaffer et siroter du champagne au bord d'une piscine jusqu'au milieu de la nuit, franchement c'est trop dur. Oui, je fais la maline, je suis chez moi, je fais ce que je veux (merci Alain Chabat. Je réalise que j'ai oublié de citer les Nuls dans mes magnifiques listes, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai dû tomber dans un trou spatio-temporel).

Enfin c'est pas le sujet : après l'indignation outrée mais juste, la nécessaire fierté de ce que l'on est, je suis dans la période je raconte ma vie qui n'intéresse que moi ; à la base, ce n'était pas du tout le but de ce blog (plus ça va plus je déteste ce mot, il faut que j'en invente un autre d'urgence. Help), mais comme j'aime bien me laisser porter (au sens figuré, parce qu'au sens propre ça prend longtemps avant de trouver quelqu'un qui y arrive ; il y aurait bien le Géant Vert, mais je vous rappelle qu'il n'existe pas), je cède sans scrupules à la tentation bassement triviale de l'autobiographie (un bien grand mot quand même. Ca y est, voilà que ma toxicomanie de la parenthèse me reprend. C'est une catastrophe. Promis, je vais essayer d'arrêter).

Or donc je me suis aperçue d'un oubli fatal dans le récit de ma vie professionnelle sans pieds ni tête (je ne suis pas un chien, donc je ne dis pas "sans queue ni tête". Ca me reprend déjà, je crois que je vais devoir arracher les touches parenthèses de mon clavier). Ca doit venir du fait que je retiens plus facilement les choses négatives ; et il se trouve justement que l'épisode que j'ai oublié de relater est un des seuls (le seul, en fait, soyons lucides) où je me suis amusée en travaillant.

Voilà l'affaire : j'ai été la propriétaire d'un bar. De nuit. Mais si. Avec mon nom sur les papiers et tout. Je n'ai qu'une chose à dire : ne le faites jamais. En tout cas pas si vous ignorez que les recettes DOIVENT être supérieures aux dépenses.

Mais hormis l'aspect financier, qui pour moi a été un fiasco total puisque je suis aussi douée en gestion qu'en physique quantique, c'était un peu l'éclate quand même, du moins la plupart du temps. C'est arrivé à un des innombrables moments où je ne savais que faire de ma pauvre vie ballottée entre des entretiens d'embauche assassins et des périodes d'essai à l'issue négative ; je me suis dit : "puisque c'est comme ça, je vais monter ma propre affaire, je n'aurai plus de comptes à rendre à personne". C'était oublier mon banquier, mon comptable, mes fournisseurs, le fisc, mes parents (désespérés, comme d'hab'), le saint patron des bistroquets et ma mauvaise conscience. J'étais jeune et insouciante.

A cette époque, je sortais beaucoup, je découvrais le milieu gay duquel je ne suis plus jamais sortie : confortable, drôle, chatoyant, spirituel et propice au décolletés plongeants sans risque de mains baladeuses et plus même si pas d'affinités. Le bonheur... j'ai donc racheté, avec l'aide généreuse de mes parents, toujours eux ! , un petit bistrot que j'ai fait repeindre en rouge et violet ; j'ai accroché aux murs des trucs dorés, un rainbow flag, et j'ai décrété que c'était un bar gay.

Et ça a plutôt pas mal marché, enfin surtout au début. J'avais enrôlé des amis, trop heureux de goûter à la vie enivrante de barman ; on était en famille, finalement. Je jouais avec bonheur mon rôle de tenancière : robes (décolletées, donc) du soir du lundi au dimanche, chaussures incroyables à talons de 10 cm, et maquillée comme un camion volé. La nuit, tout le monde joue un rôle (un peu comme le jour quand j'y pense, mais généralement pas le même), et j'ai endossé celui-ci avec volupté, ravie de cette légèreté, de cette frivolité, et de tout ce champagne. J'ai passé des soirées extraordinaires ; sans forfanterie aucune (tu penses), je crois que moi, ou le personnage que je représentais, ou peut-être les deux, plaisaient aux gens. Je faisais plein de blagues, j'étais un peu précieuse et un peu vulgaire à la fois, je riais très fort et je connaissais par coeur toutes les chansons de Dalida : une vraie caricature. Cela dit, il y avait des moments où ça devenait pénible, en fait je frisais quasiment la schizophrénie, j'avais peur de me perdre, d'oublier qui j'étais. Quand ça prenait un tour trop angoissant, j'allais m'enfermer dans les toilettes pour que personne ne me regarde, au moins pendant quelques minutes. Mais bon, au bout d'un moment il fallait bien sortir, des fois qu'on croie que j'étais tombée dans le trou. Sans compter que j'ai échappé de peu à l'alcoolisme, il faut sacrément écluser quand on fait ce métier, et puis de toute façon je n'avais pas à me forcer ; mais j'ai finalement réussi à revenir à une consommation relativement modérée, avec des souvenirs délirants d'aventures rocambolesques sous gin tonic. Pour clore le chapitre, il faudra que je raconte tout ça, mais une autre fois, sinon ce post va faire douze pages.

L'essentiel de cette vie était quand même génial ; la nuit, tout le monde est beau, tout le monde s'aime, tout le monde rit. En tout cas c'est valable pour la nuit gay, parce que la nuit hétéro ça fait un moment que j'ai arrêté. Je me demande même si j'ai commencé un jour d'ailleurs : trop de filles (= trop de concurrence, oui je suis mesquine), trop de mains au cul, trop de chansons de Nirvana, trop de premier degré (décolleté plongeant = voulez-vous coucher avec moi ce soir). Ou alors j'ai pas dû fréquenter les bons endroits. Quoiqu'il en soit je me sentais (et encore maintenant) merveilleusement à ma place ; lire dans les yeux de garçons magnifiques "tu es la femme que j'aurais voulu être", ça peut paraître mièvre, mais c'est extrêmement gratifiant ; et à côté de tout ça, balayer les verres cassés à 5 h du matin en pensant qu'on a rendez-vous chez le comptable à 10 heures, ce n'était franchement pas un problème.

Non, ce qui a été un vrai problème, c'est justement que je m'amusais un peu trop ; j'en oubliais que j'étais censée gagner ma vie. Syndrôme de la pauvre petite fille riche, c'est pathétique. Moi qui pourtant avais été élevée dans le respect du travail et le goût de la réussite, j'étais la honte de la famille (non sans une légère pincée de fierté, mauvais esprit oblige). Avoir une responsabilité financière sur le dos, c'est pas évident, surtout lorsqu'on se rend compte qu'on est manifestement incapable de l'assumer ; même avec l'esprit de contradiction, ça reste un échec. En plus, j'étais à l'époque affligée d'un funeste parasite ambulant que nous appellerons Jérôme pour la commodité des lecteurs, et aussi parce que c'est son prénom ; il ne m'aidait vraiment pas beaucoup, à part pour vider les bouteilles, mais comme j'y arrivais très bien toute seule, ça comptait pas. Mais je ne veux pas me chercher d'excuses, c'était mon bar, et il a fini par péricliter, suite à une gestion pour le moins fantaisiste, et à des événements personnels qui m'ont soudain rendu la fête odieuse. La nuit, les gens veulent partager votre joie, pas votre détresse, elle leur rappelle leur propre tristesse, qu'ils sont justement venus tenter d'oublier...

Retour à la réalité... ça n'a pas été facile, mais pas dramatique non plus ; je me suis peu à peu réhabituée à me lever à l'heure à laquelle je me couchais, et à manger autre part que sur un coin de bar ; mon mode de vie en avait pris un coup, et même si la vie diurne est nettement moins glamour (surtout derrière un bureau dans une banque), je suis satisfaite d'y être retournée, je n'aurais pas pu tenir le choc beaucoup plus longtemps en vivant de façon si décalée. Je me suis tellement amusée que j'ai bien sûr gardé le goût de la fête, mais de l'autre côté du comptoir, et seulement le week-end. Et c'est bien mieux comme ça ; au fond je suis affreusement conformiste...



22/06/2006

Profil atypique

En voilà une belle expression qu'elle veut rien dire, vous trouvez pas ?


Au premier degré, c'est limite insultant, ça sous-entend quasiment que vous n'avez pas forme humaine ; au second degré... eh ben c'est pas beaucoup plus brillant : au mieux, c'est parce qu'on sait pas quoi dire d'autre à votre sujet, au pire, c'est qu'on hésite entre dangereux asocial totalement instable et doux rêveur frappadingue inadapté à la réalité. Choisissez votre camp !


Je ne me souviens pas avoir jamais entendu ce qualificatif appliqué à mon propre cas, en général ça ne se dit que quand vous avez le dos tourné ; en revanche je pourrais jurer sur la Bible (enfin, si j'en avais une) qu'il a été prononcé à l'issue de 90% des entretiens d'embauche que j'ai subis. Oui, subir, et encore le mot n'est pas assez fort.


Aujourd'hui j'ai arrêté de me poser des questions sur mon parcours professionnel, passé ou futur ; le travail, c'est pas ma vie, donc je ne veux pas me prendre le chou pour si peu ; mais quand même, quand j'y pense, il m'évoque irrésistiblement la schizophrénie. Le problème, c'est que je ne sais pas ce que recouvre exactement ce terme barbare, mais parler sans savoir, ça ne me fait pas peur, une chance sur deux de tomber juste après tout.


Tout ça pour dire que c'est du grand n'importe quoi. Je ne suis pas sûre d'avoir saisi toutes les raisons qui ont fait que ça s'est passé comme ça, mais j'ai quand même quelques idées générales. A l'école, j'avais ce qu'on appelle des facilités. Bien. La scolarité classique se déroule, seul hic (sauf que moi je trouve que c'est plutôt un atout), je ne suis pas une « scientifique ». Pas grave, je décide (plus ou moins) de me diriger vers une voie réputée "prestigieuse", du moins pour les pauvres tâches qui ne savent pas résoudre une équation au treizième degré en cinq sec. Eh oui, il faut que je vous l'avoue, j'ai fait Sciences Po. Oui j'ai honte, oui je me repens, mais bon, c'était il y a longtemps, et même pas à Paris alors ! Pardonnée ?


Donc j'arrive dans cette vénérable institution, où les premiers mots du vieux croulant censé accueillir les bleus sont : "Vous êtes l'élite de la nation". Sans blague, texto. Quinze ans après, j'en suis toujours pas revenue. Le pire, c'est qu'à l'époque, on y a cru. Enfin, certains ont dû y croire dur comme fer, ceux qui à présent sont directeur de cabinet (de ministre), sous-préfet des Hauts-de-Seine ou consultant pour la World Company ; c'est pas pour faire la maline, mais moi j'étais déjà sceptique. Le vrai problème en fait, c'est que je m'étais engagée là-dedans sans aucune idée de ce qui suivrait. Je n'ai JAMAIS eu de vocation (à part hôtesse de l'air, mais c'était avant de prendre l'avion, or j'ai atrocement peur de l'avion. Dommage), tout ce qui m'intéressait, c'était lire, détester mes parents et fumer des clopes en cachette. J'étais une adolescente délicieuse. Bref je m'en foutais de ce que je ferais quand je serais grande, je me disais que ça viendrait tout seul, même l'argent ça ne me posait pas question : mes parents avaient un niveau de vie confortable, je devais penser que ce serait pareil pour moi, par on ne sait quel atavisme mystérieux.


Evidemment, ça ne s'est pas du tout passé de cette façon. Les cours de l'IEP, pour la plupart, étaient passionnants, mais contrairement au lycée il fallait travailler. J'aimais déjà pas ça, travailler. J'ai donc ramé comme une malade pour décrocher mon diplôme. J'en pouvais déjà plus des syndicats étudiants affiliés au RPR, et au PS tant qu'on y est, pas de jaloux, des heures de bachôtage et des exams qui tombent pile à l'arrivée des beaux jours. Je n'étais pas plus avancée sur la carrière que je voulais embrasser (vu que c'était pas une carrière que je voulais embrasser) ; je commençais déjà à subodorer ce qu'Alexandre Jardin, rescapé de Sciences Po, a très bien résumé ainsi : "Je pensais qu'on s'y forgeait des destins, or on n'y prépare que des carrières" . C'est aussi à ce moment qu'est né mon profond dégoût de la politique, du moins de l'idée qu'on s'en fait aujourd'hui, et qui me semble infiniment éloignée de son sens originel. L'idée de travailler pour l'Etat me faisait horreur (c'est toujours le cas, mais un peu moins), donc pas question de passer des concours ; mes parents étaient au fond du trou, et mes camarades de promo me considéraient comme une extra-terrestre. J'en étais d'ailleurs assez fière, pensez ! Et pour se diriger vers le privé, il fallait continuer.


Contre toute logique, j'ai donc rempilé pour la maîtrise ; là je suis carrément partie en sucette, j'ai dû aller trois fois en cours, j'ai arrêté en cours d'année, et je me suis dit "Maintenant, il faut que tu bosses". Seulement voilà, mes qualifications (si on peut appeler ça comme ça) étaient soit trop élevées soit pas assez, et la galère a commencé.


Pendant dix ans j'ai misérablement végété dans le commerce. J'ai tout fait : en boutique, en bagnole, à Paris, en province, vendeuse, pseudo-responsable, les fringues, les parfumeries, les épiceries fines et tout le tralala. Maintenant que c'est fini, je peux le dire : c'était affreux. Abominable, abject, insupportable, inhumain, mortifère. J'ai souffert, moi qui vous parle. Bon, pas autant que si j'étais née en Somalie, mais j'en en ai ch... des ronds de chapeaux quand même. Il a fallu supporter les hordes d'emmerdeurs congénitaux qui se pressent aux portes des magasins dès l'ouverture, les directeurs régionaux qui vous menacent du bûcher en place de Grève parce qu'il vous manque dix balles pour faire votre objectif mensuel, et les horaires rocambolesques inhérents à ce métier maudit. Il y avait des aspects positifs bien sûr, mais au bout d'un moment on les occulte totalement. C'est d'autant plus curieux que je viens d'une famille de commerçants, donc je connaissais déjà les circonstances ; mais rien à faire, c'était devenu intenable.


Là j'ai dit stop. Ca tombait bien, je venais de perdre mon emploi. J'ai réfléchi un peu, j'en ai conclu que j'avais toujours pas de vocation, à part le Nobel de littérature, mais que ce n'était pas particulièrement bien engagé ; que je n'avais décidément aucune ambition, l'appât du gain ne me motivait même plus, c'est vrai quoi, le pognon, c'est surfait , le pouvoir, c'est immonde ; que je ne voulais pas tirer des plans sur la comète, trop peur que ça échoue, trop difficile, trop long, aucune persévérance. Donc j'ai décidé de faire un truc qui me plaisait vaguement : j'ai fait une formation de documentaliste, en un an, avec d'autres paumés du parcours professionnel comme moi. Ca a été très vivifiant, très stimulant, ça avait un rapport avec les livres, l'écriture, le rangement, et j'ai enfin appris à faire marcher un ordinateur (oui je savais déjà un peu, mais là ça a été le grand bond technologique en avant). Je savais plus ou moins pertinemment que ce n'était pas ça qui allait m'aider à trouver le job de ma life, mais c'est normal, il n'existe pas : j'ai appris à accepter l'idée que jamais personne ne voudrait me payer pour faire les choses que j'aime faire. Ainsi va la vie...


Ainsi que vous le devinez, aujourd'hui je ne suis pas du tout documentaliste ; à la fin de ma formation, un cher ami m'a honteusement pistonnée pour faire un remplacement dans sa boîte, la filiale bancaire d'un grand groupe de distribution. Oui j'ai honte, oui je me repens. Mais il faut bien que je me paie mes gin tonic du samedi soir, je n'ai pas de mari milliardaire, et pas de mari pauvre non plus d'ailleurs. J'essaie de ne pas trop penser aux tenants et aux aboutissants des agissements de l'entreprise qui me fait l'extrême honneur de m'employer, dans des tâches assez ingrates, certes, mais reposantes. Je n'y suis pas malheureuse, pas stressée, pas maltraitée, et rien que ça je trouve que c'est complètement dingue. Je suis éternellement reconnaissante à la personne qui m'a recommandée (puisque c'est comme ça qu'on dit), et je compte bien m'accrocher à mon CDD comme une moule à son rocher, pour qu'il se transforme en CDI.


Longtemps, en me retournant sur ce chemin cahotique, j'ai eu un cuisant sentiment d'échec, surtout lorsque je revoyais, à l'occasion, mes anciens camarades de promo ; mais depuis, nos rencontres ont cessé, je pense qu'ils ne me trouvent pas assez fréquentable... ils ont certainement raison ; aujourd'hui, je n'ai plus la même vision des choses. J'ai appris plein de choses, j'ai fait de mon mieux, mais ça n'a pas marché comme pour les autres parce que quelque chose clochait : je ne voulais pas jouer le jeu. Maintenant je pense juste que ça m'honore, même si je ne suis pas plus avancée. Je n'y peux rien, je n'ai pas choisi d'être comme ça, je ne veux pas non plus le revendiquer et jouer les rebelles de bonne famille, mais j'ai décidé de ne plus m'en mortifier. Ma vraie vie existe ailleurs qu'entre 9 h et 18 h. Elle est riche, intense, épanouissante. Je n'ai pas de regrets. J'aurais pu finir sous-préfet des Hauts-de-Seine. J'ai eu chaud.

05/06/2006

Maillot jaune

Que ce soit bien clair : je hais le sport, et il me le rend bien. A la réflexion, je me demande même si ce n'est pas lui qui a commencé, parce qu'à la base j'avais rien contre ; mais nos premières rencontres ont été calamiteuses, et la grande saga de la haine mutuelle est née. Je déteste faire du sport, évidemment, et je déteste le sport d'une façon générale, notamment tel qu'il s'étale sur nos écrans et dans les colonnes des journaux. A la limite, j'accorde de l'indulgence à l'athlétisme, parce que c'est un truc de puristes j'ai l'impression, et surtout pour baver pendant des heures devant la plastique hallucinante des demi-dieux qui le pratiquent. Il y aurait bien aussi le cas particulier de rugby, Sud-Ouest oblige, mais c'est en train de devenir pire que le foot pour l'aspect financier, et la nouvelle génération de joueurs donne une image qui à mon avis est totalement contraire à l'esprit de ce sport, notamment en posant pour des calendriers à côté desquels Gai Pied pourrait passer pour un missel de 1938. Si vous vouliez être acteur porno, y'avait pas besoin d'un ballon ovale.

Bref, c'est pas la question ; bon gré mal gré, il faut que je me rende à l'évidence : je suis rouillée, ankylosée, verrouillée, toute coincée de partout, si ça continue je ne pourrais même plus passer l'aspirateur ; sans parler de mes capacités respiratoires, parfois je me demande si je n'ai pas contracté la mucoviscidose. Je ne serai jamais une championne olympique, mais il faut quand même que je m'entretienne un minimum. La mort dans l'âme, j'ai examiné diverses possibilités :

 

La piscine : j'adore nager, je me sens très à l'aise dans l'eau ; les obstacles sont ailleurs : épilation permanente, démaquillage préalable obligatoire, lentilles de contact prohibées, port d'un bonnet hideux, yeux de lapin russe. En fait la seule solution serait d'aller à la pistoche le week-end, au réveil et à tâtons, avant le shampooing et le maquillage. Et encore, le problème pileux resterait entier : je n'ai pas encore trouvé la solution miracle pour être parfaitement nette 365 jours par an.

Le club de gym : ça va pas bien la tête ? Je ne vais tout de même pas m'infliger des souffrances atroces au milieu de radasses en collants fluos venues exhiber leurs 28 kg en se plaignant de leurs bourrelets (où ça les bourrelets ? Autour du cerveau peut-être ?), et de gym queens s'admirant dans tous les miroirs disponibles, profitant de l'occasion pour faire leur marché de chair fraîche. De toute façon, je ne peux pas faire de step, j'ai les rotules déformées.

Le foot : ce n'est pas un sport, c'est un commerce. Et puis les sports collectifs me hérissent, comme disait Brassens, à plus de quatre, on est une bande de cons ; ça ne s'applique pas nécessairement à toutes les situations, mais je trouve ça particulièrement adapté aux équipes de sportifs en tout genre. Donc pas non plus de basket, de hand-ball, de bobsleigh ou de curling (je n'ai bien sûr jamais envisagé d'en faire, mais j'avais très envie de parler de ces deux sports particulièrement ridicules).

Le tennis : pas possible, je posséde une paire de seins ; regardez bien les joueuses de tennis, aucune n'en a. Et puis je porte très mal la minijupe.

Le jogging : alors là, c'est un aller simple pour le funérarium. D'abord je ne sais pas courir, et ensuite j'ai tellement peu de souffle qu'au bout de 12 mètres je m'écroule, littéralement au bord de l'apoplexie. Non, décidément, je préfère continuer à fumer un paquet par jour.

 

Bref, les possibilités qui s'offrent à moi sont drastiquement limitées. J'ai donc fini par me rabattre sur le bon vieux vélo. Il y a deux ans, le vélo m'a beaucoup aidée pendant un de mes nombreux régimes, un de ceux qui a marché en tout cas ; je possédais un magnifique spécimen mauve irisé (mais si) tellement rutilant qu'on a bien sûr fini par me le chouraver sans vergogne. J'ai donc racheté il y a quelques semaines un nouvel engin, beaucoup plus banal cette fois-ci, mais joli quand même ; j'ai pris la précaution d'acquérir aussi un antivol qui pourrait être efficace sur la fusée Ariane ; ce n'est pas que je croie furieusement aux vertus de la propriété privée, mais bon, il faut être pragmatique, je ne vais pas non plus en racheter un tous les matins.

J'A-DO-RE faire du vélo. Je trouve presque ça reposant. En ville, il faut choisir ses itinéraires, sinon on a vite l'impression de pédaler sur l'autoroute, mais dans des coins pas trop fréquentés, c'est super agréable, on découvre les choses sous un autre angle. Tant que ça reste sur du plat, tout va bien. Mais la nature étant d'une fourberie sans bornes, parfois il y a des côtes.

Hier dimanche, par un soleil radieux et une température supérieure à 15° (pas trop tôt), j'ai entrepris de partir chez un couple d'amis heureux propriétaires d'une piscine (et d'une maison aussi, juste à côté de la piscine). Comme il faut bien que j'amortisse mon achat, et qu'en semaine je ne trouve pas le temps de faire du vélo, j'ai décidé de m'y rendre en pédalant. Seulement voilà, ces charmants garçons ont la bonne idée d'habiter en haut d'une sorte de colline (je ne sais pas si on peut dire colline pour la ville). J'ai donc concocté un itinéraire diabolique censé m'éviter au maximum les côtes trop raides.

A l'aller, ça n'a déjà pas été évident ; sur la fin, je me suis retrouvée devant une rue si pentue que je me croyais à Montmartre, mais bon, faut pas rêver, j'étais à Toulouse. Je commençais à faiblir sérieusement ; j'ai donc ravalé ce qui me restait de fierté, et je suis descendue de mon vélo, le poussant à pied jusqu'en haut de la côte. Je vous épargne les commentaires désobligeants et les remarques d'une perfidie stupéfiante qui ont accompagné mon arrivée au bras de ma bicyclette.

Bien. Nous voilà au moment de repartir. En désespoir de cause, je choisis un autre chemin. Pendant un moment, ça se passe à peu près bien ; mais fatalement je finis par me retrouver face à une nouvelle côte. Mais c'est pas possible, elles s'étaient toutes donné rendez-vous ou quoi ??? J'étais au fond du trou, avant même de commencer à la gravir. Qu'à cela ne tienne, je rassemble le peu de courage qui me reste, et je m'attaque à l'ascension. Et là, stupeur sans nom, mutisme surpris, au bout de quelques mètres je m'aperçois que je n'arrive plus à avancer d'un centimètre. J'ai quasiment réussi l'exploit de reculer en continuant à pédaler, je songe à contacter le Guinnes Book, c'est dire. J'ai essayé pourtant ; pas moyen, le sur-place pur et simple. Très vite, sous le coup de l'effort surhumain, j'ai eu le sentiment qu'on m'avait injecté du napalm dans les cuisses tellement je peinais ; pendant quelques secondes j'ai caressé le fol espoir que ce puissant défoliant ferait disparaître mes cuisses, au moins en partie ; mais bien sûr, en arrivant elles étaient toujours là, comme par hasard. Craignant terriblement de péter du coeur, je suis à nouveau descendue de mon vélo (j'entendais presque les quolibets de la foule) pour finir la côte à pied.

J'ai fini ma route à toute vitesse (ben oui, après la montée, il y a eu la descente, j'ai eu l'impression de faire du deltaplane tellement c'était grisant) et je suis arrivée chez moi écumante, rageuse et suant comme jamais. Heureusement que je n'avais pas de mascara, sinon je me la jouais Pandi Panda, petit ourson de Chine. Tout ça pour même pas profiter de la piscine, elle était tellement froide que je m'attendais à voir surgir à tout moment une famille de pingouins.

Voilà, ce n'était qu'un épisode de ma triste et vaine relation avec l'effort physique. Il y en aurait bien quelques autres, mais je trouve que j'ai assez malmené mon amour propre pour aujourd'hui. Je me doutais depuis pas mal de temps que je ne gagnerais jamais le Tour de France, mais l'humiliation reste intense. Contre vents et marées, je continuerai à faire du vélo, mais uniquement sur du plat. Je devrais peut-être envisager l'exil en Belgique, il paraît que les frites y sont délicieuses.


27/05/2006

Blogrolls (en anglais dans le texte)

J'A-DO-RE faire des listes. J'ai toujours adoré ça ; c'est à se demander pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de faire celles qui s'étalent à présent à droite et à gauche de ce texte...

En fait, au moment de créer ce blog, je me suis dit pompeusement que j'avais envie qu'il n'y ait que des mots dessus. J'aime les mots, à la folie. Je considère cet espace comme un exercice de forme plus que de fond (c'est pas très clair si ?). Mais bon, faut pas se leurrer, si on écrit, c'est pour être lu, et donc pour partager un minimum de choses. Donc, au fur et à mesure que m'arrivaient les retours, la plupart du temps extrêmement gratifiants, des gens qui prennent le temps de me lire, j'ai eu envie de partager avec eux -avec vous !- certains de mes goûts, de mes passions, de mes idoles. Ca reste forcément incomplet, anecdotique et non représentatif mais voilà, c'est fait. Je me suis épatée toute seule, parce qu'étant donné mon intrinsèque incapacité informatique, c'était pas gagné !!!


Spéciale dédicace : à Hélène, qui m'a adressé une avalanche de compliments que je ne suis pas certaine de mériter... l'expérience a été violente, parce qu'être soudainement exposée, ça a des conséquences un peu extrêmes, que mon ego a eu du mal à assumer... mais l'empathie et le sentiment de partage que j'ai ressentis en valaient largement la peine ! Merci Hélène, de tout coeur, et aussi à vous qui m'avez lue, appréciée, et qui l'avez fait savoir...

J'allais oublier : merci aussi à tous ceux qui ne l'ont pas fait savoir ! pour faire souvent partie des silencieux dans ce genre de situation, je sais que vous n'en pensez pas moins... cette fois j'arrête, la taille de mes chevilles devient digne de celles d'un éléphant....


23/05/2006

Je ne veux pas travailler

alors si je vous racontais un peu ma vie ?

C'est pas ce qu'il y a à dire... mais VRAIMENT, je n'ai pas envie de bosser. Depuis hier, en fait ; peut-être la perspective d'une semaine de trois jours (vive les ponts du mois de mai !). Ou alors je me suis subitement rendue compte que ce que je fais est totalement inintéressant. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas la météo qui me dissuade de travailler ; tu parles d'un printemps pourri ! Bien la peine d'habiter le Sud-Ouest, si j'avais su j'aurais choisi Dunkerque, au moins je saurais pourquoi il fait 12° à cette époque de l'année.

Alors pour me consoler (et aussi parce qu'il fallait bien), entre midi et deux je suis allée faire les magasins pour trouver un cadeau à ma môman. Ca, c'est fait. Je me suis un peu attardée, j'ai flââââné, mais il a quand même bien fallu manger.... et là, c'est le drame : je suis allée au Mc Do. Autant dire que maintenant, j'ai l'impression d'avoir avalé une famille de rats morts. Sans compter que je suis quasiment persuadée que j’ai déjà pris une taille de plus à cause de toute cette graisse solidifiée et aromatisée. Qu’il est loin mon régime... finalement j’étais bien au milieu de mon poisson au court-bouillon et de mes poireaux à l'eau....

Me voilà donc revenue devant mon écran, somnolente et rêveuse, prête à tout pour ne pas faire le moindre truc.... mes collègues et moi, on va bien trouver des occupations : se répartir les congés, dire du mal de toute la boîte, comparer les mérites respectifs du lin et du coton, que sais-je encore.... C’est fou comme je me suis réconciliée avec la gent féminine depuis que je travaille dans un bureau, je n’aurais jamais cru que ce soit possible. Donc c’est déjà pas mal...

Et puis je m’occupe en pensant à tous les moments agréables qui m’attendent... un dîner très spécial, demain soir, avec deux êtres chers.... le concert de Bénabar vendredi.... une invitation à laquelle je tiens samedi... les surprises bonnes et mauvaises semées sur mon chemin par la vie, cette farceuse... et aussi ce putain de beau temps qui va bien finir par arriver un jour tout de même ! ! ! Là au moins, je saurai pourquoi je ne veux pas travailler.

02/04/2006

Empêchements, contrariétés et autres impossibilités

Même pas le temps d'écrire trois mots.... pourtant j'avais envie de parler de plein de trucs ! Je me sentais d'humeur scribouillarde !

Mais pas moyen, la tranquillité n'est pas pour ce soir... week-end agité, et début de semaine agité en perspective... je devrais retrouver ma si chère routine dans quelques jours, et là, croix de bois croix de fer, je ponds une encyclopédie ! 

28/03/2006

Moi, ma vie, ma graisse

Il y a des moments comme ça, c'est MAINTENANT, il faut maigrir. C'est là que j'en suis.

On entend souvent : « Chacun sa croix » ; c'est bizarre mais moi j'ai carrément l'impression d'en avoir plusieurs... bref, la plus lourde à porter (...) reste quand même la fatalité de prendre cinq kilos dès que je mange deux bananes. C'est une lutte sans fin... une lutte contre soi-même, contre la choucroute et les tartelettes à la framboise... une lutte sûrement aussi contre son psychisme ; toutes les explications psychanalytiques peuvent y passer ; moi j'en reste à la nécessité de prendre de la place... ou peut-être une autre place que celle qu'on vous a donnée dès votre naissance...

En tout cas, je peux invoquer l'esprit de Sigmund autant que je veux, le résultat c'est que j'ai cinq kilos à perdre. Oh c'est pas la première fois, loin de là, j'en ai déjà eu vingt à perdre, et d'ailleurs je les ai perdus (notez la notion récurrente de perte... oui pardon j'ai dit que j'arrêtais de me prendre pour Freud). Là ça va, c'est bénin, on me voit encore les yeux, mais bon, si je ne fais rien, tous mes petits habits d'été vont retourner à la poussière... et ça pas question, j'ai pas d'argent à consacrer à l'achat d'une nouvelle garde-robe, et trop d'amour propre pour me résoudre à cette conclusion honteuse.

Donc voilà. Je suis au régime.... AU SECOURS !!!!!! Ne me laissez pas crever au milieu de blancs de poulet à la vapeur, de courgettes à l'eau et de yaourts 0% !!!! Rendez-moi mes pizzas et mes crèmes caramel !!!! Et mes samedis soirs à 3 grammes ! Parce que c'est ça aussi le régime, fini la gnôle !!!! Trop dur non ?

Eh oui pas super drôle... cela dit s'apercevoir soudain que la taille 42 coince aux entournures (et ailleurs), c'est pas top fun non plus... à la fin de ma dernière période de supplice alimentaire, après avoir perdu 20 kilos donc (je m'en goberge, je m'en gargarise, oserai-je dire je m'en nourris), je me suis dit que là c'était la dernière fois, que maintenant il fallait simplement arrêter de grossir... FACILE A DIRE !!!! L'hiver a été fatal, et ces putains de 5 kilos sont bel et bien là (et là aussi, ah tiens par là aussi, j'avais pas vu). J'essaie de rester zen, j'attends le déclic... ça y est il est arrivé, donc j'entame ma dégringolade pondérale... qui signifie aussi, hélas, une mort temporaire de toute vie sociale. Je me concentre sur mon but, je pense à ce petit pantalon en lin, qui l'été dernier avait déjà tendance à être un tantinet étriqué... je pense aux nourritures spirituelles, au bien-être qu'on ressent au début de tout régime (scientifiquement prouvé, je me souviens plus très bien, une histoire d'adrénaline, ou d'endorphine, mais pas de morphine en tout cas !), au bonheur intense qui va m'envahir lorsque ma balance affichera les chiffres habituels (10 kilos de plus que la « normale », poids perpétuel). Quand j'ai fini de penser à toutes ces fadaises, je me dis que pour tenir le coup, je pourrai toujours fumer un peu plus, ce qui risque d'être assez difficile à réaliser finalement... il y a aussi des phases d'auto-flagellation : maigrir c'est une préoccupation de sale petite occidentale qui étouffe sous des tonnes de bouffe pendant que les enfants africains crient famine... j'en ai rien à foutre de ces radasses en couv' des magazines, plutôt crever que d'être comme elles... (aucun risque de toute façon !)... ma masse adipeuse est uniformément répartie, c'est ça qui compte... (peut-être qu'en fin de compte c'est ça le problème... non ?)... les gens qui m'aiment, ils m'aiment comme je suis (parce qu'ils m'ont jamais vue toute nue ?)... j't'en passe et des pas mûres ; tout ça pour en revenir à l'atroce réalité : J'AI 5 KILOS A PERDRE BORDEL !!!

Je n'ai vraiment pas le sentiment de vouloir me conformer à un modèle, d'avoir besoin de me rapprocher d'un idéal... mais ces 5 kilos, ils m'embêtent, parce qu'à cause d'eux, je m'aime moins... et ça, c'est bien pire que de réaliser qu'on ne fera jamais du 36....

28/02/2006

Y'a des jours....

... comme ça, où dès qu'on ouvre un oeil on sait immédiatement qu'on ne devrait pas ouvrir l'autre....

Déjà, il est 7h45 alors que d'habitude il est 7h... que s'est-il passé ??? Eh ben c'est tout simple, on s'est lamentablement rendormi après la première sonnerie... mais en soi c'est déjà révoltant : cette saloperie de radio-réveil est censé resonner toutes les 9 minutes que je sache ! Alors ? Le syndicat des radio-réveils a lancé une grève générale ? Vous avez été subitement frappé de surdité totale après la première sonnerie ? Votre meilleur ennemi, planqué sous votre lit depuis la veille, a arrêté le foutu appareil en douce ? En bien désolée de vous décevoir, mais ça restera un mystère insondable.... en attendant, il est 7h45 et vous êtes censé arriver au bureau dans 45 minutes...

A la seconde où vous réalisez ce triste état de fait, une sorte de décharge électrique surpuissante parcourt votre pauvre corps : DEBOUUUUUUUUUT JE VAIS ETRE EN RETAAAAAAARD !!!!! La torture ne fait que commencer : non seulement une pression à peine supportable s'installe dès le réveil, mais en plus votre début de journée est foutu... non, vous n'aurez pas le temps d'écouter pendant quelques secondes le pépiement d'un oiseau en ouvrant la fenêtre ; non vous ne pourrez pas vous brosser les dents tranquillement, en vous contemplant dans le miroir, et en vous demandant si votre coupe de cheveux, à mi-chemin entre Vol au-dessus d'un nid de coucou et un défilé de John Galliano, pourrait éventuellement plaire à votre avenant(e) voisin(e) de bureau ; non, vous ne pourrez pas tirer langoureusement sur votre première clope en essayant de comprendre pourquoi William Leymergie présente toujours Télématin depuis toutes ces années... non, au lieu de ça, vous laisserez toutes les fenêtres fermées, vous vous brosserez les dents sous la douche, vous sauterez le petit déj, sous peine de frôler la mort de faim à 11 heures, vous vous habillerez avec ce qui vous tombe sous la main (à condition que ça ne laisse dépasser que la tête et les mains quand même) et vous fumerez votre première cigarette dans les embouteillages du matin, tendu comme une arbalète, en pestant contre tous ces empaffés qui devraient déjà être au bureau à l'heure qu'il est ! Et là, le pompon : lorsque vous arrivez enfin, bouffi, écarlate, écumant de rage, le bras gauche douloureux annonciateur d'une proche crise cardiaque.... un de vos collègues vous regarde tout sourire et vous dit : « Tiens ! Tu es déjà là? »

A ce stade, c'est très clair, c'est donc une journée de merde qui commence. Autant s'y faire tout de suite, toutes les heures qui vont suivre ne seront qu'une longue et triste succesion de brimades, de déceptions et de pannes informatiques en tout genre. Pour couronner le tout, votre chef est d'une humeur qui ne peut même plus être qualifiée, votre mère vous appelle pour vous dire que la date limite de déclaration de revenus c'était hier (10 % de 500 €, combien ça fait déjà ? Eh oui la journée de merde type inhibe les facultés intellectuelles de base) et il y a de la cervelle et des choux de Bruxelles en plat du jour au bistrot d'en bas. Que vous êtes obligé d'engloutir péniblement, puisque vous n'avez pas eu le temps de manger ce matin, il manquerait plus que la crise d'hypoglycémie.

Que faire ? A mon avis pas grand-chose... éventuellement imaginer, pour s'y préparer psychologiquement, les pires horreurs qui pourraient vous arriver d'ici la fin tant attendue de ce jour maudit... voyons : recevoir une convocation pour être juré d'assises... rentrer dans votre appartement pillé du sol au plafond car dans la précipitation, vous avez oublié de fermer à clé... que George Bush soit réélu à la présidence des Etats-Unis (ah non pardon ça c'est vraiment arrivé)... bref des tas de malheurs et catastrophes divers et variés sont encore possibles ! Le mieux c'est encore d'aller directement au pieu, comme ça au moins vous vous réveillerez à l'heure demain matin... et puis ce soir, à l'image de la journée toute entière, il y avait Delarue à la télé.... PAS DE REGRETS !!!!

21/02/2006

Sainte Routine, priez pour nous

Est-ce le temps qui passe ? Est-ce le fait de vivre seule ? Est-ce la folie pure et simple qui doucement gagne du terrain et s'installe ? Quoiqu'il en soit je me sens de plus en plus dépendante de mes habitudes, mes manies, ma façon de vivre. Je me déteste, mais c'est ainsi : si, après avoir passé l'après-midi dehors, je ne repasse pas chez moi pour fermer les volets avant de repartir pour la soirée, je psychote pendant des heures. Sans compter que comme je n'aurais pas non plus allumé le chauffage, en rentrant je risque une mort atroce par hypothermie fulgurante ; et pour couronner le tout, le lendemain j'arrive en retard au bureau puisque la veille je n'ai pas eu le temps de tout bien préparer les vêtements que j'ai envie de porter. Sur le moment, je ne fais pas attention à ce genre de réflexes débiles ; mais en y repensant, je me trouve folle… alors je lutte, j'essaie de me raisonner. Un truc quasi infaillible, c'est de regarder une émission de Delarue sur les gens affligés d'un TOC : là, tu as tellement peur de devenir comme eux que tu te calmes pendant au moins quelques jours, parce que la camisole ça fait pas vraiment envie quand même ! Ou alors il y a la thérapie préventive : tu te forces à ne pas respecter tes habitudes ou tes petites manies, pendant une journée par exemple (moi mon record doit avoisiner le quart d'heure). Allons, soyons fous, soyons désordonnés, soyons souillons ! et que le personnel s'amuse !!! Au choix :

 

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  • ne pas vider les cendriers avant d'aller se coucher (au moins la poubelle ne prendra pas feu) ;
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  • déplacer d'un micronième de millimètre les bibelots artistiquement disposés ça et là (au risque de descendre chez le quincailler dans la demi-heure, pour acheter un mètre afin de les repositionner à équidistance les uns des autres ; tant que tu y es, ramène-moi aussi un rapporteur, comme ça je les placerai tous selon l'angle formé par l'accoudoir gauche du canapé et la plus haute feuille de ma plante verte; là, vous notez les limites de la thérapie préventive, qui au lieu de guérir, aggrave tragiquement le mal) ;
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  • partir le matin sans avoir fait le lit (si vous essayez, tenez-moi au courant des résultats, moi je n'y suis jamais arrivée) ; beaucoup plus dur : SE COUCHER dans un lit pas fait (préparez le Valium) ;
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  • au bureau, chambouler l'ordre d'ouverture des fenêtres sur votre micro : ATTENTION, risque majeur !!!! Votre boss est derrière votre dos (on se demande bien pourquoi d'ailleurs), et là, à cause de ces saletés d'habitudes, vous ouvrez par erreur la fenêtre où vous êtes tranquillement en train de tchater avec votre sœur, à la place de la fenêtre où attend patiemment le tableau Excel sur lequel vous êtes censé bosser ;
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  • etc etc…
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Comme vous venez de le constater, vouloir lutter contre ses tics et ses tocs afin de ne pas sombrer dans le délire constant est une noble cause, mais non dépourvue d'innombrables dangers. C'est parfaitement logique, quand on y pense, parce qu'au fond la routine ça sert à ça : nous rassurer… alors bien sûr dès qu'on en sort, on a vraiment très peur ! reste à savoir de quoi…

15/02/2006

Ca faisait quelques temps que ça me démangeait !

Donc je ne résiste plus !

Je me suis pas mal interrogée sur l'utilité, les avantages, les bienfaits d'écrire un blog... Ecrire quoi, à qui, pour quoi faire ? Qui va donc trouver ces lignes dans les profondeurs troubles et insondables de ce gigantesque océan qu'est devenu l'internet ? Personne, peut-être.... à part quelques proches bienveillants qui me jureront sur ce qu'ils ont de plus cher : "c'est trrrrrrop bien, ton blog, continue siteuplé !!!!". Merci d'avance. Et s'il y en a d'autres à qui ça plaît, tant mieux !

Je ne sais pas à quoi ça sert, d'écrire. Je veux dire, écrire l'humeur, la joie ou la colère du jour, pas pondre La critique de la raison pure ou Belle du seigneur (je n'ai lu qu'un des deux, je vous laisse deviner lequel), parce que ça c'est certainement très utile, mais juste décrire et commenter les événements insignifiants, quotidiens et banals qui nous arrivent à tous.... je ne suis vraiment pas persuadée que ma vie présente un quelconque intérêt... ce qui est sûr, c'est qu'écrire, c'est une démarche totalement égoïste, et rien que pour ça c'est déjà très utile finalement.

Bref, inutile de se chercher des justifications fallacieuses et oiseuses (oui j'ai lu le dictionnaire), j'ai envie d'écrire, et il n'y a pas de raison pour que je m'en empêche ! Dont acte.

Juste deux ou trois trucs à propos de moi pour en finir avec cette introduction.

Je suis une fille. Enfin, je suis d'abord un être humain. Je doute beaucoup. Je me pose pas mal de questions. Je suis souvent péremptoire. Je suis drôle (si si, vous allez voir). J'aime les gens. Mais souvent je les trouve exaspérants. A mon avis ceci explique cela. Je suis pessimiste. Je sais qui je suis. Et qui je ne suis pas. Les deux ne sont pas incompatibles. Je n'ai pas de plans. Rendez-vous la prochaine fois...

Spéciale dédicace : à un être cher à mon coeur, qui se reconnaîtra ; il m'a encouragée à sauter le pas, et accessoirement il a inspiré le titre de ce blog.... pour ça aussi, merci.