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08/05/2007

Ce monde-là

En février 2005, interviewé pour l'émission Campus, Claude Lévi-Strauss a dit ceci : « Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime. » (source Wikipédia)

 

Aujourd'hui, je me sens presque aussi vieille que Claude Lévi-Strauss. Pas nécessairement pour les mêmes raisons ; même si bien sûr je déplore les ravages dont il parle, je partage son sentiment sur le monde actuel pour d'autres motifs. Des motifs politiques, j'en ai peur...

Je suis encore jeune, mais j'ai le sentiment d'avoir commencé ma courte vie dans un autre monde. Ce sentiment est probablement injustifié, mais comme tout un chacun je n'ai pas et n'aurai jamais le recul nécessaire pour me défaire de cette impression si étroitement liée à mon ancrage dans une époque.

 

Je me souviens d'un monde où les gens fumaient pendant les émissions de télé.

Je me souviens d'un monde où être conforme ne constituait pas un impératif personnel.

Je me souviens d'un monde où on se garait en double file, et où les voitures ne conduisaient pas à la place des gens.

Je me souviens d'un monde où les enfants n'étaient pas la cible privilégiée des annonceurs.

Je me souviens d'un monde où les jeunes couples pouvaient raisonnablement espérer acheter un appartement ou une maison, ailleurs qu'à 50 km des centres-villes.

Je me souviens d'un monde où on pouvait acheter de la nourriture sans penser qu'on allait prendre dix kilos, attraper la salmonellose ou exploser son taux de cholestérol.

Je me souviens d'un monde où on pouvait se réaliser sans avoir le sentiment d'être un boulet pour le corps social.

Je me souviens d'un monde où pour paraître sensé, il ne fallait pas avoir une calculette à la place du coeur.

Je me souviens d'un monde où on pouvait se revendiquer d'extrême-gauche sans passer pour un dangereux asocial ou un doux rêveur avec 35 de QI.

Je me souviens d'un monde inégalitaire, déjà, mais moins injuste.

Je me souviens d'un monde où l'argent était une valeur importante, mais pas la valeur suprême.

Je me souviens d'un monde plus humain... je m'en souviens même si je n'y ai pas vraiment vécu.

 

A écrire tout ça, je réalise être aussi réactionnaire que certains discours que je vomis ; ça ne fait que renforcer mon amertume même si je ne peux m'empêcher de le penser. De la même façon que les résultats électoraux de dimanche ne font qu'entériner la tendance qu'a le monde à se replier sur lui-même, à renforcer les positions dominantes, à étouffer les contestations, à laisser crever ces salauds de pauvres. L'efficacité du discours du nouveau Président de la République a été celle-là : aller dans le sens du vent. Dire aux gens ce qu'ils avaient envie d'entendre, pour qu'ils aient l'impression de faire partie du camp de la raison et du réalisme, de se rendre à l'évidence, de se mettre à l'abri sous l'aile des puissants. Pour qu'enfin ils cessent d'avoir peur des épouvantails qu'on leur agite conscencieusement devant les yeux à longueur de temps, et de craindre un monde qu'ils ne comprennent pas, pour la bonne raison qu'il est incompréhensible.

Malheureusement, la prise de position en faveur de Nicolas Sarkozy motivée par ce type de raisons n'est qu'un leurre, puisqu'elle revient évidemment à se jeter dans la gueule du loup. A mon sens, ça fait bien longtemps que les décisions concernant la vie des gens comme vous et moi ne se prennent plus dans les bureaux feutrés des ministères. Il ne me semble pas particulièrement hardi d'affirmer que tout ça se joue plutôt dans les conseils d'administration des multinationales, pendant des discussions joviales entre actionnaires multi-milliardaires se congratulant d'être les maîtres du monde, ou dans des locaux à la géographie tenue secrète où cogitent des intrigants n'ayant pas d'identité définie, pour que leur gouvernement n'ait pas à répondre de leurs actes si le scandale éclate au grand jour. De toute façon, le scandale n'éclate jamais. Et si d'aventure il menace de le faire, il suffit d'effrayer un peu deux ou trois journalistes, ou de les faire passer pour des échappés de Sainte-Anne. Pendant ce temps, tous les bons petits soldats acquis à la cause des puissants au mépris de leurs intérêts fondamentaux deviendront la chair à canon consentante des prochains licenciements d'une entreprise aux comptes outrageusement excédentaires, parce qu'ils ont cru l'espace de quelques mois qu'eux aussi, ils devaient participer à la réhabilitation de la valeur travail. L'ironie du suffrage universel est bien cruelle.

C'est ce monde-là qui se dessine depuis quelques décennies, et à cela l'élection d'un Rastignac vaguement populiste ne changera rien, elle ne servira qu'à l'accompagner. Parallèlement, et même si ça me fait mal de le dire, l'élection de Ségolène Royal n'aurait certainement pas été un garde-fou capable d'endiguer cette tendance. Malgré toute sa bonne volonté, dont je ne veux pas douter, et le courage que je lui reconnais, notamment dans la dernière ligne droite, je ne vois pas en quoi son accession au pouvoir aurait pu renverser la marche du monde.

La politique n'est pas nécessairement ce qu'on essaie de nous faire croire. La politique telle qu'on nous la présente aujourd'hui n'est qu'un saupoudrage de miettes idéologiques pour nous occuper pendant que la World Company assoit sa position dominante. Quand les journaux titrent pendant des mois sur les trois sondages divergents du jour, ils ne pensent pas à parler de l'émergence de ce monde-là, qui de toute façon ne pourra jamais être contrecarrée par l'expression démocratique d'un peuple qui passe son temps à râler. Mais au moins, pendant quelques mois, au lieu de faire grève parce qu'on cherche à l'affamer un peu plus, ce peuple pense à autre chose, et les politiques se gobergent de l'intérêt formidable des gens pour la chose publique. Il faut bien défendre sa légitimité...

Non, pour moi, la politique ce n'est ni ne sera jamais ça. Je verrais plutôt ça comme un combat à une échelle plus individuelle, notamment dans un monde qui cherche plus que jamais à nous faire entrer dans des cases toujours plus étroites, nous obligeant au passage à nous écorcher sur leurs bords tranchants. Ce monde-là, où être soi-même devient un défi, à moi aussi il me fait peur.

 

J'ai peur d'un monde qui nous fait croire que nous décidons pour nous-mêmes, alors que c'est manifestement faux.

J'ai peur d'un monde qui voudrait nous contraindre à être utile, à toute force et au mépris de nos aspirations personnelles.

J'ai peur d'un monde trop compliqué, dont il me semble qu'on le complique à dessein pour nous empêcher de penser en connaissance de cause.

J'ai peur d'un monde où nous ne serions que les maillons d'une chaîne de profit.

J'ai peur d'un monde où il faudrait prendre parti pour les bons ou les méchants.

J'ai peur d'un monde où le règne du réalisme annihilerait toute possibilité d'utopie.

J'ai peur d'un monde où la pensée unique tiendrait lieu de catéchèse.

J'ai peur d'un monde duquel nous ne pourrions plus nous extraire, ne serait-ce que pour un moment.

J'ai peur d'un monde où la notion si réconfortante d'intimité serait un cadre au lieu d'être un refuge.

J'ai peur d'un monde où la moindre parcelle de notre esprit serait soumise à la nécessité de servir la société dans le sens où elle l'entend.

J'ai peur d'un monde dont la dureté, l'injustice et l'inhumanité s'immisceraient dans tous les recoins de notre âme comme pour mieux l'y soumettre.

J'ai peur d'un monde où nous serions obligés de renoncer à notre personnalité sous peine d'être ostracisé, banni ou embastillé.

J'ai peur d'un monde où ce qu'ils appellent politique ne serait qu'un stratagème de plus pour nous déshumaniser, en pénétrant jusqu'au plus profond de notre être sans que nous y puissions rien.

 

Ce monde-là, j'en ai peur même si hélas je n'ai pas de solution pour en empêcher l'avènement. Mais il me reste la possibilité d'en définir les contours.

Dans la taxinomie qui m'est très personnelle, il porte un nom.

Le fascisme.

 

Commentaires

Pomme ce billet est merveilleusement écrit, et je suis une fois de plus sciée par ton talent.

J'aurais peut-être un léger bémol à exprimer quant à la chute, mais ça n'enlève rien à la très grande qualité de cet article. Si tu en as la possibilité, si on te laisse faire dans ce monde si flippant que tu décris, tu dois te réaliser dans l'écriture, absolument.

Écrit par : Hélène | 08/05/2007

très chère Pomme

Tout à fait en phase avec toi. la société que tu vois et que tu crains et à mon sens tout à fait réelle.

Pourtant une note d'espoir. Je ne crois pas en beaucoups de choses, mais il y a une chose pour laquelle je crois et qui peut, à mon humble avis faire évoluer la société :c'est l'éducation, dans le sens le plus large que l'on puisse lui donner.

C'est donner la possibilité à chacun de pouvoir analyser ce qu' on nous donne à voir, à lire. Pouvoir être en mesure d'appréhender le monde à travers sa propre pensée.

Et je pense que cette richesse là, à notre niveau et de pleins de façons différentes nous pouvons la transmettre. En parlant avec les autres (comme toi tu le fais si bien), en conseillant un bouquin, en donnant une perspective culturelles aux gamins.

Je pense qu'individuellement on peut peut être plus, que ce que l'on veut bien nous faire croire.

Écrit par : Falbala | 08/05/2007

Bonjour Pomme,

Je me souviens d'un monde où l'on n'espère pas "gouverner" en instaurant un climat de peur et de suspicion, peur de l'autre, peur du chômage, peur de l'avenir... En nous faisant croire que tout est possible si "l'on se lève tôt", c'est à dire si l'on accepte d'être un petit mouton qui va tout les matins engraisser un peu plus une entreprise ou un groupe multinational contre un maigre salaire. Un petit mouton qui accepte tout car "d'autre attende ta place derrière la porte", un petit mouton qui doit s'estimer heureux...

Il y a un texte très interéssant sur le net qui est "le contrat tacite des gens qui dorment".

"Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'approbation tacite d'une sorte de contrat passé avec chacun d'entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu:


1) J'accepte la compétition comme base de notre système, même si j'ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l'immense majorité des perdants.

2) J'accepte d'être humilié ou exploité à condition qu'on me permette à mon tour d'humilier ou d'exploiter quelqu'un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale.

3) J'accepte l'exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites.

4) J'accepte de rémunérer les banques pour qu'elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu'elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j'accepte implicitement). J'accepte aussi qu'elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l'argent qui n'est autre que celui des autres clients..."

Voici l'url pour ceux qui veulent lire la suite :
http://www.syti.net/ContratTacite.html

Écrit par : delph | 08/05/2007

je crois que je ne peux rien ajouter, j'adhère à ce que tu dis. J'ose croire cependant que le discours de notre nouveau président n'est pas celui que veut entendre tout le monde, seulement une petite majorité. ça laisse un espoir de résistance. Pour ma part je suis rentrée en résistance mentale contre lui.(oui mental car je ne cautionne pas les violences)

Écrit par : maryline | 08/05/2007

Finalement, la lutte de beaucoup consiste à cela: être le mouton le plus soumis pour ne pas penser au grottesque de la situation...(ou les derniers hommes de nietzsche...)


La majorité a trouvé son berger, quant au 47% d'autres (dont certainement encore beaucoup de moutons) il nous reste deux possibilités:
1. Se battre pour qu'un petit coin de pré sans berger soit préservé, dans le coeur, sur la toile, dans les livres ou les salles obscures
2. Devenir un mouton, un vrai qui ferme les yeux et serre les fesses

Écrit par : la nymphette | 08/05/2007

Ces derniers jours pour la première fois de ma vie, je me dis que j'ai peut-être trop lu de Science-fiction. Je n'arrête pas de penser à "1984" de George Orwell et à d'autres.
Je suis en quelque sorte comme Maryline, en résistance mentale...
Et surtout je garde les yeux ouverts et ma conscience en éveil.
Est-ce que Ségolène Royale pouvait enrayer l'inéluctable ?
Je n'en sais rien, mais je crois qu'avec ce Président que je n'ai pas choisi, nous sommes monté dans un TGV pour ultra-libéralisme...Et gare à ceux qui encombrent les rails !

Écrit par : dola | 08/05/2007

chapeau bas!

Écrit par : kevin | 08/05/2007

Pomme,
Tu le sais sans doute, je reviens de loin, et à mon retour, je n'ai pas oublié de venir sur tes pages..
Tu écris merveilleusement bien, je le savais, et ça fait me plaisir de te relire.
Je te félicite d'être capable d'exprimer aussi bien un sentiment qui pousse certains à brûler des voitures.
Je crois que les gens qui ne connaissent pas les blogs, qui n'ont pas un clavier greffé à la main, méritent de te lire et je leur souhaite à tous, y compris à moi même, de te trouver en librairie, sur un sujet comme celui là.
Je t'embrasse,
Anne.

Écrit par : CherryOnTheCake | 08/05/2007

Une fois de plus tu tu dis magnifiquement ce que j'arrive à peine à béguayer dans mon coin.
Je te serrerai bien dans mes bras mais ça demanderai à ce que je prenne le TGV et ça c'est pas possible à l'instant.
Juste que ça me fait penser qu'il ne faut pas perdre notre capacité à penser et à apprendre, c'est la seule chose qui nous sauvera. Ce n'est pas une coïncidence que l'éducation est vue comme "inutile" et une "perte de temps qui n'a pas à être financée par l'Etat" par tout ce "beau" monde.

Ca me rappelle mon premier conflit en entreprise. la première fois où je me suis rendue compte qu'il y avait des camps: le contre-maître ou l'employé. Et que si tu es avec l'un tu ne peux pas être avec l'autre, et que si tu veux être avec les deux, tu ne peux être avec personne. Et que ce soit d'un côté comme de l'autre.
Alors que j'essayais d'expliquer à mes collègues l'urgence de la situation, le pourquoi du comment tous les employés se plaignaient et qu'on avait bizarrement une grosse épidémie de grippe en plein moi d'août, des tonnes de démissions et des difficultés à embaucher (rapport la stupidité de leur nouvelle politique de management brutale, infantilisante et punitive sans explications aucunes), on m'a rétorqué que "c'est normal, c'est parce qu'en ce moment l'activité est moindre donc les employés ont le temps de réfléchir et de parler entre eux. Que c'est de là que vient le problème, et qu'il suffit donc de les empêcher de se parler et les tenir occupés avec des tas de tâches diverses et variées comme de vider les poubelle. A ce moment là, tout rentrera dans l'ordre.".
Grand moment de solitude.
Suivie 2 semaines après d'une demande de rétrogradation. Que l'on m'a refusée bien entendu. J'étais la seule manager avec qui les équipes ne faisaient jamais de bêtises durant mon service...
Z'ont jamais fait le rapprochement...

Écrit par : Lilo | 08/05/2007

Et je réalise que ce que je raconte n'a absolument rien à voir avec le billet, donc je vais traduire:
Restons intelligents et gardons notre capacité à analyser et notre soif de connaissances intactes, c'est ce qui fait le plus peur démagogues.
;-)

Écrit par : Lilo | 08/05/2007

pomme, je suis bluffée, vraiment. Mais je veux croire que la politique peut être différente. je veux le croire parce que si cette certitude s'effondre, je crois que le sol qui est sous mes pieds aussi.

Écrit par : caro | 08/05/2007

@Hélène : je comprends aisément qu'on puisse diverger sur la conclusion ;-)
Pour le reste... je te remercie, toujours. Et en effet je ne vois plus d'autre solution que celle-là pour dire ma colère...

@Falbala : à mon tour de te dire que je partage entièrement ton point de vue. C'est la conclusion à laquelle j'arrive systématiquement quand je réfléchis à tout ça dans des circonstances moins dramatiques... il faut apprendre, échanger, penser, dire, lire, parler. Plus que jamais.

@delph : ton lien est très intéressant. Sais-tu me dire ce qu'est cet organisme (si ça en est un), je n'arrive pas à trouver l'info sur le site... et bien sûr je partage ton analyse sur l'utilisation de la peur dans cette campagne.

@maryline : je veux croire (et j'y crois d'ailleurs !) que la résistance mentale peut être très efficace.

@la nymphette : oui, c'est en effet ce qu'on se trouve acculé à penser... même si c'est bien triste.

@dola : moi aussi j'ai cette impression soudaine d'une accélération de l'histoire vers les sociétés décrites dans les livres d'anticipation... froid dans le dos...

@kevin : merci.

@CherryOnTheCake : je suis très heureuse de te voir ici... je sais, oui, même si je n'ai pas su être là...
Je te remercie infiniment pour tes compliments. Je t'embrasse moi aussi.

@Lilo : j'ai lu ton billet, et je ne l'ai pas trouvé un instant bégayant ! Et ce que tu racontes a, je trouve, un lien direct avec le sujet : après que nous ayons parlé ensemble des conflits du travail, il m'a semblé que ce genre d'événements a été pour toi fondateur, il est donc logique que tu en illustres mon propos. C'est la même révolte, je crois...

@caro : comme je comprends... j'ai beaucoup de respect pour ton engagement et tes convictions, d'autant plus que je suis incapable d'avoir les mêmes...

Écrit par : pomme | 08/05/2007

Pomme, merci pour ce texte, il met en forme le yaourt qui me tient lieu de pensée depuis deux semaines: Moi aussi j'ai peur et je n'aurais jamais su l'exprimer aussi bien.
C'est en premier lieu le mépris pour la vie sous toutes ces formes, comme le dit monsieur Lévi-Strauss, qui me térrorise. Je te conseille si ce n'est déjà fait de lire la retranscription d'une de ses conférences: "Race et histoire", il existe en poche. C'est un tout petit livre, d'une densité stupéfiante et d'une rigueur implacable. Je suis sûre que ça te fera du bien de le lire. Pour ce qui est de notre cher président, et comme je te le dis dans mon mail, il va falloir lutter à chaque fois qu'il franchira la ligne blanche, nous n'avons pas le choix, et je pense qu'il y aura du boulot... Il veut nous faire bosser plus, il va être servi. Pour ce qui est de la marche du monde, je pense qu'il faut agir chez soi, dans son quartier, dans sa ville. Si 47% des votants de dimanche font ça, le pays en tirera bénéfice et du coup l'Europe, et du coup le monde; Par exemple en achetant directement la plupart de ses aliments aux producteurs, c'est possible presque partout à présent, ça ne coute pas plus cher, et ça change tout. Où en contactant les nombreuses associations qui se battent pour tous ceeux qui ne rentrent pas dans les wagons du grand train de la modernité, où...
Il ne faut pas baisser les bras, pas maintenant. Depuis dimanche, je me chantonne ce refrain des fabulous trobadors -special dédicace à tous ceux d'Arnaud Bernard- "fais de la politique,fais de la politique sinon c'est elle qui te fabrique". Aller! Hauts les coeurs! Eduquons! informons! agissons!

Écrit par : nainerousse | 08/05/2007

Encore une fois merci pour cette note merveilleusement bien écrite.
Quel talent!!! Retranscrire ainsi tes réflexions, j'en suis ba-ba...
Imprégnée de ce post je médite...merci ;-)

Écrit par : LovePink | 09/05/2007

Très intense et incroyablement bien écrit!!
Tu as raison Pomme et en même temps, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un autre monde est possible et que le monde est ce que l'on en fait...Je dois être une vraie naïve mais je me dis qu'on peut faire la différence, malgré tout.Seule c'est difficile mais quand on est beaucoup...
D'ailleurs, à ta manière, tu viens de commencer à résister!!! :-)

Écrit par : Breizhoudoudou | 09/05/2007

Magnifique pomme. Dur, pessimiste (j'aime à le croire), mais magnifique.
Je suis (enfin, j'essaie) un peu plus optimiste que toi face à la politique en elle-même et surtout face à la possibilité d'un action citoyenne qui garderait un certain pouvoir de réaction et donc d'action. De moins en moins importante, nous dis-tu, j'ai tendance à penser qu'elle est simplement différente, mais toujours possible (peut-être faut-il être plus imaginatif qu'avant...) et utile.

Un petit mot encore sur l'élection de votre président (c'est horrible d'écrire ça). Je ne vis pas en France (et j'en suis heureuse depuis dimanche :-( ), mais je connais intimement ce pays. Depuis petite, je vis en Suisse, pays sur lequel j'ai émis toute ma vie un nombre énorme de critiques de toutes sortes... comme tout un chacun sur son propre pays. Mais après avoir étudié la politique un peu plus académiquement, je dois avouer que le système de démocratie directe est le seul que je comprends et respecte, avec tous ces défauts. Quand je me déplace pour voter, c'est en général à propos d'un objet, et non d'une personne. Ce grand cirque d'élection présidentielle me paraît de plus en plus bidon, dans quelque pays que ce soit. On abouti forcément à un territoire coupé en deux, presque par la moitié, que le gagnant tente de rassembler en invoquant imanquablement espoir, volonté de changement ("rupture", je ne m'en remets pas encore), de transparence, d'honnêteté envers les citoyens. Toujours pareil. Et on arriverait presque à en croire encore certains... Je te donne raison ici: cette tendance humaine à l'indolence est affolante.

J'arrête ici, tant à dire.
Je t'embrasse.

ps: comme Hélène te le fait encore habilement remarquer, ta possibilité, ta force à toi, c'est l'écriture, sans doute possible. C'est donc aussi ta capacité d'action. Après les toxiques, les politiques??? :-)

Écrit par : funambuline | 09/05/2007

Pomme, ce texte est admirablement écrit ! Je pense à peu près la même chose que toi, et si je n'aurai pas su le formuler plus clairement.
Je pense aussi, comme Dola, à tous ces récits de science fiction que j'ai lu ces dernières années. De tous, celui qui m'a le plus marqué était La Servante Ecarlate (M. Atwood), et son souvenir me hante de plus en plus...
Comme toi j'ai peur de ce monde qui évolue, mais j'ose encore croire que face à ça nous pouvons agir. Qu'au vu de ce qui se lit ici ou là, nombreux sont ceux à refuser ce monde qui se dessine. Que nous avons la parole, que l'éducation de nos enfants doit porter nos valeurs et que peut-être un jour ils pourront changer ce monde.
J'ai parfois des tendances à l'utopie, mais je refuse de croire que tout est inéluctable.

Écrit par : Cely | 09/05/2007

Chère Pomme,

Moi aussi je me souviens d'un autre monde,
Moi aussi, aujourd'hui, j'ai peur,
Moi aussi je suis entrée en Résistance...
Te lire et lire tous les commentaires me fait, malgré tout, chaud en coeur. Merci à toi et à vous toutes et tous.
Restons très très vigilant. Courage !

Écrit par : Loulette | 09/05/2007

@naine rousse : ah ! Sacré Claude Sicre ;-) Vraiment bien trouvé ce refrain...
Ton envie de prendre tout ça à bras-le-corps, ton espoir font chaud au coeur !

@LovePink : merci à toi pour tes compliments.

@Breizhoudoudou : j'espère que c'est le cas... car il n'y a que de cette façon que je saurai résister, j'en ai peur... merci à toi.

@funambuline : c'est vrai que les deux mots riment ;-)))
Personnellement je crois que c'est une des choses qui me dérangent le plus, cette personnification du pouvoir, le fait d'en arriver à élire un Président de la même façon qu'on élit le gagnant de la Star Ac', pour moi c'est une vaste pantalonnade. Je connais mal le système de démocratie directe, mais ce que tu m'en dis me donne envie d'en savoir plus...
Merci d'apprécier mes textes.

@Cely : je crois qu'il faut s'efforcer de croire que ce n'est pas inéluctable, sans quoi nous serions morts avant l'heure... heureusement, comme tu le dis, certains ont des valeurs à transmettre, pour lutter ce n'est déjà pas mal !

@Loulette : bienvenue ! Je suis ravie que mon post et toutes les réactions te remontent le moral ! Merci à toi.

Écrit par : pomme | 09/05/2007

Merci Pomme d'exprimer les nostalgies et les peurs qui me tenaillent depuis tant d'années et qui quelques part ont commencées à se réaliser dimanche...
Tu mets les mots justes alors que je n'arrive qu'a bredouiller quelques mots où je sort trop de tripes pour être réellement comprise.
Ce billet est magnifiquement écrit, merci.

Comme le dit Dola nous venont de monter dans le TGV de l'ultra libéralisme, pour la première fois nous avons une tendance aussi dure à la tête de la France.... celà me fait peur mais j'entends bien entrer en résistance!!

Écrit par : sophie202 | 09/05/2007

Juste -> plus une à penser dans ce sens ; ça fait plaisir de voir qu'on est pas seules à réagir, ça réconforte un peu. De plus c'est très bien écrit.
Merci les filles.

Écrit par : Cat | 09/05/2007

Pomme... je t'aime fort!

Je sais que ça peut paraître puéril voire grotesque de la part de quelqu'un d'inconnu, mais ta faculté à retranscrire le moindre sentiment qui me taraude me scie les pattes une fois encore !

A la fois respectueuse envers la majorité de mes compatriotes, bien qu'incrédule, comment réussir à comprendre ce choix, navrant un peu, flippant beaucoup....

Au-delà d'un choix purement politique qui me sidère, c'est plutôt le choix de vie en général de mes congénères qui m'hallucine.

Pourquoi tant de résignation, d'aveuglement ?

Comment ne pas me sentir marginale alors que personne ne s'indigne des choix de vies qui s'offrent à nous ?

Quelle valeur transmettre à mon enfant ?

Et par dessus tout, comment lui expliquer ce monde, que je ne parviens plus à comprendre moi-même ?

Écrit par : La Fée Carabine | 09/05/2007

J'adhère complètement Pomme !
Moi aussi, tout ca me fait penser à "1984" et c'est effrayant parce que nous ne sommes pas dans la science-fiction...

Écrit par : second-souffle | 09/05/2007

Pomme,

en ce qui concerne le lien le contrat tacite est le texte d'un anomyme. Le site est également indépendant et ne semble pas dépendre d'un queqonque organisme.

Écrit par : delph | 09/05/2007

Oh là, moi à le relire aujourd'hui je me dis que l'écriture sur le coup de l'émotion, c'est pas toujours une réussite de clarté.
Alors que toi... ;-)

Je crois que je suis une communiste ratée en fait!!
Et effectivement obsédée par les conflits au travail. mais je trouve qu'ils cristalisent tellement la société entière. une sorte de huit clos / loupe grossissante du monde entre quatre murs.
En même temps exacerbé, mais toujours tellement représentatif.

Écrit par : Lilo | 09/05/2007

@sophie202 : merci beaucoup... je suis ravie de trouver autant de résistantes sur mon blog !

@Cat : bienvenue à toi ! C'est vrai que se sentir seul dans ce genre de moments, ça serait assez terrible...

@La Fée Carabine : merci pour tes compliments. Je suis persuadée que l'éducation d'un enfant doit être une tâche bien compliquée... j'ai peur de ne pas pouvoir t'aider mais je te fais confiance pour les trouver, ces valeurs à lui transmettre !

@second-souffle : ça a un côté effrayant, c'est vrai...

@delph : merci pour ces précisions !

@Lilo : cette observation me semble très vraie ! Le monde du travail est par certains côtés en core plus dur que la vie en général, et de toute façon il présente les mêmes enjeux, les mêmes conflits, au niveau social en tous cas.

Écrit par : pomme | 09/05/2007

Pff, j'arrête pas de venir te relire et de repartir en me disant qu'il faut que je rumine tout ça avant de poster un comm'...

La forme est parfaite et talentueuse, as usual, et le fond, mon dieu le fond... (oui la mécréante que je suis en appelle à dieu dans les cas graves)
Comment te dire...
Le fond, c'est le genre que je dois oublier vite sous peine de ne plus dormir la nuit.
D'un autre côté je sais bien que j'oublierai rien du tout.

Je ne sais pas mieux expliquer l'effet que ça me fait et la résonnance que ton billet trouve en moi....

Écrit par : Fyfe | 09/05/2007

Pomme,
Chacun résiste à sa manière et les mots sont une manière forte, percutante et indélébile de le faire...
Le tout est d'oser le faire malgré la peur, c'est ça qui compte, le reste n'est pas si grave

Écrit par : Breizhoudoudou | 09/05/2007

Comme Fyfe, besoin de lire et relire avant de faire un comm, qui en plus n'aura pas grand intérêt.
Juste redire comme les autres comme j'admire ton écriture et cette capacité d'énoncer clairement des reflexions que je n'arrive même pas à penser aussi clairement.
Comme d'autres comm cependant, je veux être optimiste et penser que nous pouvons avoir une prise sur notre avenir pour le changer en mieux.
Ma grand-mère (99 ans avant-hier) me répète souvent en prenant Zweig que nous adorons toutes deux comme exemple : "il ne faut jamais désespérer: zweig s'est suicidé en 42, en période de nazisme triomphant, s'il avait attendu quelques mois, il aurait déjà vu vaciller Hitler"
C'est ma petite leçon de vie à moi

Écrit par : ClaireMM | 09/05/2007

Bonjour Pomme,

Je suis extrèmement touché par la manière de tes mots, par leur rythme et leurs couleurs, comme par l'humilité et l'aplomb de tes convictions, certitudes et incertitudes. J'en suis très ému parce que tu n'obliges quiconque à penser comme toi tel ou tel, et que tu sais presque toujours proposer avec tes énoncés un nid que chacun peut agencer à sa guise, sans pour autant modifier fondamentalement la branche sur laquelle tu proposes de loger. Pour ma part je qualifie ces facultés comme un "don" ou plus exactement comme un "travail doué" ; "doué" comme disposition particulière, comme faculté focalisée d'un savoir faire, et "travail" parce que je crois indiscutable que tu passes du temps à nous raconter, à reprendre et reprendre encore ce temps pour en améliorer la fluidité de l'exposé, le confort d'expression, l'impact fédérateur et l'adéquation à ton mental qui n'est pas fait que de langage ...
Je crois aussi que tant que tu conserveras l'art comme le plaisir de ce don, tu conserveras pour toi et pour celles et ceux qui te lisent et t'apprécient, l'enthousiasme et l'efficacité propres à cette mystérieuse pratique de l'écriture, qui veut qu'on se laisse emporter dans les liaisons des lettres et des mots avec un plaisir qui n'a de singulier que la façon dont ici je le nome.
Et donc pour finir cette courte intrusion,mille milliards de mercis pour tout ce qui est passé et maintenant pour la vigueur salutaire que tu nous incites à consolider, au prétexte du contexte émergé des dernières élections ...

Écrit par : zulunation | 09/05/2007

@Fyfe : à mon tour de ne pas avoir quoi te dire... sauf que moi aussi j'aimerais parfois oublier ce monde...

@Breizhoudoudou : je crois que la peur ne sera pas de taille contre le besoin que j'ai de dire certaines choses. Qui est, tu as raison, une façon de résister.

@ClaireMM : je ne connaissais pas l'anecdote... elle est pleine d'espoir !
Je crois qu'aucun commentaire n'est dénué d'intérêt... et je te remercie.

Écrit par : pomme | 09/05/2007

@zulunation : je ne sais que répondre... sauf à te rendre tes mercis pour avoir été, et être toujours, un puissant moteur à mon envie et mon plaisir d'écrire, ce qui n'a rien de surprenant lorsqu'on voit ton aisance à le faire... J'ajoute tout de même que ce texte précis... bref, tu le sais.

Écrit par : pomme | 09/05/2007

Comme d'habitude tu as su trouver les mots justes...
Moi je trouve ça primordial de se souvenir de ce "vieux monde" que tu évoques avec nostalgie, comme je te comprends.
Et pour continuer sur le thème du souvenir, cette phrase de Primo Lévi: "Celui qui oublie son passé est condamné à le revivre". Résolument dans l'air du temps, j'en ai peur.

Écrit par : Jen | 09/05/2007

peur...
voilà le mot qui fait problème... et qu'on exploite bien trop, et qui en crée d'autres...
mais tu as raison, et moi aussi, j'ai peur

Écrit par : arpenteur | 10/05/2007

Je partage une bonne partie des craintes et des réflexions que tu exprimes fort bien ... Par contre je n'ai pas du tout la nostalgie d'une époque (où certes je n'ai pas vécu, ou juste mes premiers mois et très jeunes années) où on pouvait fumer à la télé et se garer en double file (non que je préfère le tout automatisé des voitures, ni que je sois favorable à la réglementation à l'extrème de la vie des gens ... mais respecter les autres qui n'ont pas les mêmes pratiques, je préfère - donc ne pas empoisonner ceux qui n'ont pas envie de fumer, et ne pas bloquer la circulation parce qu'on a décidé qu'on pouvait bien s'arrêter où on voulait sans se soucier des autres ...)

Écrit par : Odile sans régime | 11/05/2007

@Jen : très actuel en effet... je suis heureuse que ce texte t'ait interpelée.

@arpenteur : on finirait presque par avoir peur d'avoir peur...

@Odile : je comprends tes réticences... je constate simplement que plus il y a d'interdictions, plus on a de mal à les supporter. Croire que la vie en société, à un niveau individuel, se règle à coups de décrets, c'est un leurre. En procédant de cette façon on n'arrive qu'à monter les gens les uns contre les autres. Surtout quand c'est précisément ce qu'on cherche...
Je ne dis pas que tout le monde doit faire sa petite vie comme il l'entend sans se soucier des autres, je dis simplement qu'il faudrait un peu faire confiance aux gens. Nous infantiliser en interdisant ou en régulant tout et n'importe quoi, on ne peut pas dire que ça nous tire vers le haut.

Écrit par : pomme | 11/05/2007

Encore un magnifique billet Pomme.
Je suis soufflee par ton talent d'ecriture, ton choix des mots, mots qui a la fois sonnent bien et qui en meme temps interpellent par leur sens fort.
Merci Pomme d'ecrire si bien ce que nous pensons tout bas.

Écrit par : Londoncam | 11/05/2007

@Londoncam : merci à toi...

Écrit par : pomme | 11/05/2007

Je suis totalement d'accord avec ton explication, Pomme ... et je ne doutais pas du fonds de ta pensée ... Seulement, la façon dont tu l'as écrit, l'aspect "nostalgie", ça m'a un peu crispée. Mais je suis entièrement d'accord : on ne peut pas légiférer sur tout, et cela n'arrange certainement pas la situation ...

Il faut un minimum de lois mais "intelligentes" ... et avec ça, des gens suffisamment responsables de leurs actes et ne se pensant pas tout-puissants ... or je crois que pour cette dernière nécessité, je crains qu'on soit loin du compte ...

Ce n'est sans doute pas la majorité (mais ça peut être chacun de nous à un moment donné), mais c'est suffisamment de monde qui se fiche des autres, pour réellement mettre les nerfs, et ne pas aimer la démagogie du "il faut être tolérant" lancée à tort et à travers, particulièrement par les politiques et accessoirement relayée par les publicitaires, médias et autres ... Ce n'est donc pas ton discours qui m'a crispée, que ce à quoi cela m'a fait penser ...

Écrit par : Odile sans régime | 11/05/2007

Très chère pomme, je relis ton post presque tous les jours depuis que tu l'as publié. Merci. :-)

Écrit par : funambuline | 11/05/2007

@Odile : pas de souci, et merci pour cette précision.

@funambuline : je suis très flattée...

Écrit par : pomme | 12/05/2007

Bonjour Pomme,
c'est la première fois que je fais un commentaire chez toi mais là je peux pas m'en empecher : c'est tres juste, tres beau, bien ecrit.
ca remonte pas le moral mais ca fait refflechir !
et surtout bravo pour ta plume !

stephane (la grosse de Caro)

Écrit par : stephane | 12/05/2007

bon moi j'avais pas encore commenté mais tu sais ce que j'en pense, c'est le genre de mots auxquels je me suis accrochée quand le monde a tangué dimanche dernier...
non moi là tout de suite ce que je veux commenter c'est le commentaire précédent: la grosse de caro! j'en ai avalé mon magnum noix de pécan de travers, c'est malin.

Écrit par : julie | 12/05/2007

@stephane : je suis super heureuse de te voir ici ! Bienvenue ! Merci pour ces compliments, ils me touchent beaucoup.
Et rendez-vous alors le 17 septembre... ça va être dur d'attendre !!!

@julie : ah, tu as changé ton mode d'approvisionnement en légumes ? ;-)))
Ca fait plaisir que Stéphane soit dans le coin hein ?

Écrit par : pomme | 13/05/2007

Salut, jai connu ton blog grace à un article dans la revue "Bien dans ma vie" du moi de Juin 2007. Je vais dc y faire un tour.
Jai moi aussi un blog si tu veux y aller, tu peut cliker. Merci.

Écrit par : Milune | 14/05/2007

Bien que passablement d'accord avec toi sur pas mal de points, je suis moins "world-companyste" et j'ai l'idéalisme - peut-être le tort - de croire que la politique telle qu'on nous la présente peut effectivement changer encore quelque chose.

Si j'avais abandonné cette conviction, je pense que je ne voterais plus, que je n'irais pas en meeting, que je n'écouterais pas les émissions politiques ni ne lirais les articles concernés dans les journaux, que je ne prendrais pas connaissance des programmes politiques des candidats. Aujourd'hui, je me foutrais probablement de l'élection de Sarkozy.

Je serais sûrement plus paisible, mais je ne crois pas que ce serait très constructif...

Écrit par : Ménille Avénale | 14/05/2007

@Milune : bienvenue à toi !

@Ménille Avénale : je comprends le cheminement de ta pensée, en revanche je ne partage pas ta conclusion. A mon sens, c'est justement ce qu'on voudrait nous faire croire. Il faut bien avouer que ça fonctionne parfaitement, d'ailleurs ;-)

Écrit par : pomme | 14/05/2007

Bon dis-donc Pomme, c'est quand que tu refais un billet ?

Écrit par : caro | 15/05/2007

Tout pareil que Caro. Je m’insurge ! Pourquoi n’a-t-on pas eu droit à notre billet du lundi ??? Il va manquer quelque chose à ma semaine là Pomme !!! Ils sont si jolis tes billets…

Écrit par : Baboux | 15/05/2007

Pardooon, je suis mortellement en manque d'inspiration...

@caro : je sais pas ! Le plus vite possible, ça va ? ;-)

@Baboux : c'est très gentil... mais là je suis en panne. Ca finira par revenir, promis !

Écrit par : pomme | 15/05/2007

L'article " Ce monde là " et la plupart des commentaires sont d'une désespérance totale ... C'est effarant, ça rejoint ce que j'avais constaté il y a quelques temps dans " http://vieillegarde.hautetfort.com/archive/2005/11/26/humeur-2.html "

J'ai 72 balais, j'ai passé mon enfance dans la guerre mondiale, ai commencé à bosser à 14 ans en usine, me suis farci 27 mois d'armée en AFN à cause de mr Mitterrand, ai fini ma course par 5 ans de chomage, et pourtant, je me lèves chaque jour en me disant " allez vieux, encore une belle journée à vivre, aprés on verra ... "

La beauté de la vie c'est chaque génération qui la fait, c'est à chaque génération de reconstruire la société, mais ce n'est pas en gémissant qu'on y arrive !!

Écrit par : mauridub | 26/05/2007

@mauridub : j'ai beau chercher, je ne vois pas ce qu'il y a de gémissant dans ce post ou ses commentaires. Je crois plutôt que c'est un constat, certes désabusé, mais pas dénué d'espoir, ni de volonté de se battre. Il est clair que se lamenter ne sert pas à grand-chose, mais pouvoir dire ce que l'on ressent à propos de la marche du monde, ça peut aussi être constructif, à mon sens.
Je pense comprendre ce que vous voulez dire à travers ce résumé de votre vie, mais je me permets de vous rappeler humblement que l'expérience des uns ne sert jamais aux autres...

Écrit par : pomme | 27/05/2007

mauridub : "C'est à chaque génération de reconstruire la société".

Reconstruire ? reconstruire quoi ? ce que la précédente à détruit, où laissée détruire ? on hérite donc d'un champ de ruines ? après vous le déluge et que les jeunes se démerdent ?

Je ne comprend pas, où si mal, cette phrase. Pomme, au moins, a de la nostalgie. Une envie, un peu cabossée, de reprendre là où les anciens l'ont laissée.

Mais laissée où ? à 72 ans, une vie de guerre et d'esclavage, voilà tout votre résumé. Reconstruire à partir de ça ?

Écrit par : Patrick | 09/06/2007

@Patrick : bienvenue ! Je ne suis pas certaine qu'on puisse entièrement imputer à nos aînés l'état du monde actuel, mais je partage tout de même ton avis...

Écrit par : pomme | 09/06/2007

Pomme, bonjour.

Je n'impute rien à personne, je questionne simplement une phrase, un mot. C'est important, les mots, et celui-là, dans son contexte, me fait frémir. Reconstruire... ça me crisse les dents, quand on écrit ça à son age pour critiquer les "gémissants".

J'impute pas, je suis dubitatif. Dubitatif, c'est quand le doute m'habite (Desproges). Oui, bon... :o)

Je ne sais pas de combien ce monsieur est ton "aîné", mais moi, c'est mon père, pile-poil. Et j'avoue que cette génération qui nous prends un peu de haut, et un peu pour des cons larmoyants aussi, leurs "trente glorieuses" et leurs matins qui chantent me les brisent menu, certains jours.

De sa génération, il y a aussi les objecteurs de conscience, des gars qui ont refusés de la faire, la guerre de "monsieur Mitterand". Et aussi les "ainés" de Mai 68. Et pour tout dire, l'avis de notre "aîné en désespérance" sur ses congénères-là ne m'intéresse même pas. J'ai le mien, que je transmet à mes enfants, et c'est pas du tout larmoyant.

Non, je n'impute pas. Lorsqu'on témoigne uniquement de ce qu'on a subit en demandant aux suivants de "reconstruire", aveugle et sourd à ce que ceux-ci se refusent à subir à leur tour, je m'énerve un peu, c'est tout. Mais ça va passer. Peut-être.

Amitiées d'un lecteur.

Écrit par : Patrick | 10/06/2007

@Patrick : oh je ne comprends que trop bien ce que tu veux dire. Moi aussi j'ai du mal à saisir pourquoi on voudrait à tout prix plaquer son expérience sur une époque si différente de celle qu'on a vécue. Si ça sert juste à culpabiliser, c'est clair qu'il vaut mieux éviter. Et je n'ai pas plus l'impression que toi de larmoyer ou de gémir...
Merci pour le clin d'oeil à Desproges ;-) Et amitiés à toi aussi !

Écrit par : pomme | 10/06/2007

C'est évidemment à l'avènement d'un fascisme larvé que nous assistons, larvé parce que mondial, sans contre-pouvoir, étant parvenu à discréditer toutes les autres idéologies, qui semblent réservées à la jeunesse et aux idéalistes, et à faire croire que l'idéalisme est en soi révolutionnaire. Sacré tour de force !

Écrit par : Marie-Laetitia | 14/06/2007

@Marie-Laetitia : je trouve aussi... quel tour de force et quel cynisme, quelle cruauté, quel égoïsme...

Écrit par : pomme | 14/06/2007

pomme je suis émerveillée par ton style d'écriture
ça fait une heure que je suis sur ton blog (alors que je suis en révisions de partiels c'est tout à fait logique) et que je rêve d'écrire si bien.
c'est juste génial

Écrit par : sarah | 14/06/2007

@sarah : bienvenue ! Merci mille fois pour tes compliments... et bon courage pour les exams !

Écrit par : pomme | 15/06/2007

Ah wow! Ce que j'adore te lire! Du haut de mes 25 ans et d'un autre continent, je constate la même chose.

Vertige
xx

Écrit par : Vertige | 21/09/2007

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