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14/01/2007

J'ai faim !

Eh ben mange ! Ahhhhh... si c'était aussi simple.

En effet, je pourrais, sans problème. Si j'avais faim à 8 h, à 13 h et à 20 h, comme tout le monde allais-je écrire. Quelque chose me souffle que ce n'est pas vrai, mais disons que cette configuration concerne quand même une majorité de gens.

Mais pas moi. Ma faim est immémoriale, sauvage, inextinguible. Et quasi-permanente : en moyenne, j'ai faim toutes les trois heures ; le jour en tout cas, pour l'instant ça ne me réveille pas encore à quatre heures du mat, ne parlez pas de malheur. J'ai toujours été comme ça, d'aussi loin que je me souvienne, et même avant, si j'en crois ma mère (et je la crois).

Attention, je ne confonds pas la faim et l'envie de manger ! Je sais parfaitement faire la différence ; ce que j'éprouve, moi, c'est de la faim : un gouffre dans l'estomac, la tête qui tourne et le manque de sucre, un vrai malaise... c'est parfois si intense que j'ai l'impression que je vais mourir si je ne mange pas dans la minute. L'envie de manger, c'est autre chose. Je me rends compte que ma faim est une telle obsession que je perds l'envie de manger... moi qui pourtant adore ça. Je suis une vraie gourmande, mais j'en arrive à un point où je n'ai plus rien envie d'avaler ; ça peut paraître paradoxal mais c'est ainsi. Pour moi, c'est un constat terrible, parce que la bonne bouffe, c'est un art de vivre. Mais le fait est là : je n'en peux plus de devoir me nourrir. Je n'ai pas envie d'être quelqu'un qui a faim en permanence, je n'ai pas envie d'être quelqu'un qui mange à tout bout de champ. Je crois que ça a un rapport avec la féminité, ou plutôt l'image qu'on s'en fait. C'est pas hyper féminin d'avoir un appétit de lutteur de sumo, ni d'avoir un fameux coup de fourchette... moi qui pourtant déteste ce genre de carcans imposés par une image de la femme totalement déconnectée de la réalité, sur ce coup-là, le bât blesse. Entre aussi en ligne de compte la culpabilité de ressentir à ce point de la faim lorsqu'on fait partie d'une société qui croule littéralement sous la bouffe...

Evidemment, j'ai cherché à comprendre. A vous, je peux bien le dire : j'ai misérablement échoué. Je ne sais pas pourquoi j'ai faim comme ça. Il existe manifestement des pelletées de théories psychologisantes sur le sujet, la plus connue étant celle qui explique qu'on mange pour combler un vide. Hyper logique. Mais quel vide ? Je ne sais pas non plus. Et sincèrement, je n'ai plus envie de chercher à savoir. Je n'ai pas envie de perdre un temps précieux pour analyser les racines psychologiques de ma faim, en admettant qu'elles existent. Je veux bien que certaines causes soient enfouies au plus profond de ma psyché, et je pense avoir conscience de la puissance des réactions somatiques... mais tout de même, éprouver une telle faim "physiologique" uniquement à cause de mécanismes à l'oeuvre dans mon inconscient... je me dis que ça ne peut pas être la seule explication. Au fond, c'est peut-être mon karma, tout simplement. J'ai besoin de manger souvent, point barre.

Non seulement je n'ai plus envie de me prendre la tête pendant des heures, à hurler "Mais pourquoi ?" devant mon frigo ouvert (en fait je fais pas des trucs comme ça, c'est juste une image), mais en plus je n'en ai plus la force. Je veux juste vivre plus simplement ma relation à la nourriture, faire la paix avec l'alimentation. Cesser d'y penser sans arrêt, ne plus considérer ça comme une croix à porter, et faire avec. Ca m'a réussi pour tout le reste, alors pourquoi pas cette fois ?

Parce que jusqu'à présent, j'ai lutté. Contre moi-même, un combat presque sans répit, avec des hauts et des bas, quelques victoires et beaucoup de défaites. Au final, je m'estime pas trop mal lotie ; vu tout ce que je suis infligé en matière de régimes, de perte et de reprise de poids, de frustration et de culpabilité, je pourrais aller plus mal. Mais aujourd'hui, ma relation avec la nourriture est devenue si conflictuelle que je n'ai qu'une envie : baisser les bras. Ca doit sembler terrible comme ça, mais je crois que c'est un grand progrès, en fait, un vrai soulagement, de penser enfin que ce combat absurde et vain va cesser.

Le déclic est récent : comme un grand nombre de mes consoeurs de famine, je viens de lire Maigrir sans régime, du Dr Zermati. J'étais curieuse de ce livre ; je n'ai pas été déçue. Je n'ai aucune propension à adhérer à un quelconque système de pensée, mais j'avoue que je suis enthousiasmée par son propos sérieux, réfléchi et déculpabilisant. Engluée jusqu'ici dans les pseudo-croyances d'une certaine orthodoxie diététique, véhiculée partout et par tous, j'ai remis beaucoup de choses à leur place, en premier lieu qu'il ne faut pas avoir peur de la faim, ni de la nourriture. Qu'il faut se nourrir selon son appétit, ni plus ni moins. Qu'il faut se défaire de ses inhibitions et de ses frustations pour se débarrasser enfin de ses tendances à la compulsion. Qu'il faut simplement considérer l'alimentation pour ce qu'elle est : un geste primaire, animal, dicté par notre corps si on prend la peine de l'écouter. Un réflexe qui doit cesser d'être à ce point mentalisé, disséqué, calculé. Un besoin qui est heureusement un des plus grands plaisirs que nous puissions éprouver.

Mon enthousiasme et mon espoir n'ont pas empêché longtemps mon scepticisme de réapparaître... tant pis, je veux essayer. Je n'ai pas d'autre solution, de toute façon. Je ne sais pas ce qui va se passer : peut-être vais-je prendre 20 kg. Ou peut-être que j'en perdrai 10 (je n'y crois pas une seconde, notez, c'était juste pour donner un exemple contradictoire). Mais ce que j'ai à gagner est bien plus précieux, je veux m'en convaincre : faire la paix avec la nourriture... pour ça, je peux faire l'effort d'accepter certains désagréments. J'en accepte déjà certains, du reste, comme réaliser que je ne ferai jamais du 38. Alors, une taille de plus ou de moins... ce ne sont jamais que des numéros sur un morceau de tissu.

Quant à la faim... je ne suis pas totalement prête à vivre avec. En la traitant moins rudement, j'espère tout de même réussir à l'apaiser. Je veux tenir compte du fait qu'elle existe, mais sans l'entretenir. Vouloir combler ce vide ne me mènerait qu'à le creuser toujours plus. De ça, je suis certaine à présent ; c'est une erreur que je ne veux plus commettre.

 

Commentaires

Prems! Pour une fois!
il m'arrive aussi souvent d'avoir faim entre les repas et quand ça m'arrive, je m'envoie... une pomme! :-)
Les pommes, elles sont toutes à croquer! ;-)

Écrit par : pedro | 14/01/2007

Ma chère Pomme, je n'ai pas lu ce livre mais j'abonde dans un sens ; pourquoi toutes ces questions et remise en questions ?
Oui bon d'accord, il a cette image véhiculée dont tu parles, cette prise de poids (bienvenue au club) mais la réponse est simple, dans la première ligne de ton billet : Tu as faim ? Eh ben mange.
Pourquoi se poser mille questions ? Avoir faim c'est aussi physique et pas simplement psychologique.
Ton coprs à faim, il réclame ... donne-lui.
Je ne parle pas de grosses bouffes mais on s'en fout de manger toutes les 3 heures ... fait de bons repas aux heures dites normales et pour le reste fait plus léger mais mange !
La plus grande des erreurs est de ne pas écouter son corps ... crois-en mon exprérience ... je l'écoute avec grande attention (et parfois par obligation) depuis 7 ans maintenant.
La preuve c'est que quand tu vas à contre-courant de cet appel, tu n'as même plus ENVIE de manger mais juste BESOIN... je vis ça pour le moment mais pour d'autres raisons et perso je trouve ça désolant ... moi qui aime tant manger...
A noter que pour le 38 c'est pas si plaisant que ça ... mais ça c'est une autre histoire encore difficile à exprimer sans pincement au coeur.
Ecoute-toi, écoute-le et vis ta vie !

Écrit par : Stéphanie | 14/01/2007

il faut apprendre et accepter de ne plus dissocier les mots "rondeurs-féminité-faim-bien-être" et jeter dans les poubelles des faiseurs de 38 et autre mini-jupettes les mots nouveaux de le mode (donc de ce qui ce démode) "longiligne-mince-anorexisme-reflet du miroir). Que vivent les bons plats et tant pis pour celles et ceux qui les boudent ; quant à nous, nous continuerons encore et toujours à ne pas "bouder" les blos de POMME !

Écrit par : marie-ange | 14/01/2007

Chère Pomme, consoeur de famine !
Je suis aussi de celles qui ont faim toutes les trois heures, à tel point que cela fait rire mon homme, qui me compare aux bébés que l'on nourrit à heures fixes...

Cela n'a jamais été un problème pour moi. C'est naturel. Et simple. J'ai faim ? Je me nourris. J'ai plus faim ? Stop. (et même si je termine pas mon assiette).
Je crois même que c'est une chance d'être conscient de ses sensations de faim/satiété.
Le meilleur conseil que l'on puisse te donner, Pomme, est de rester sereine avec tout ça, et de faire confiance à ton corps.

Et pour la "vie sociale" ne t'en fais pas, je parie que les horaires auxquels ton estomac te conduira seront tout à fait acceptables ! du genre, p'tit déj à 7h, collation à 10h, repas à 13h, goûter à 17h, dîner à 20h...
La nature et la qualité de ce que tu manges jouera aussi sur ces horaires. Pour ma part, je me passe très facilement de la collation du matin si j'ai mangé des aliments suffisamment rassasiants au petit déjeuner (pain complet et/ou fromage et/ou jambon et/ou oeuf). Et un repas au fast food me "gavera" vite mais pas pour longtemps et j'aurai effectivement besoin du goûter...

Je trouve que c'est un sujet passionnant mais je ne vais pas m'étendre davantage...
Je te souhaite surtout d'écouter tes envies et de te faire plaisir !

Écrit par : Anne Cé | 14/01/2007

Ce qui, je trouve, rend précieux ce que tu écris Pomme c'est ton courage de dire les choses, d'être au plus près de toi-même, sans faux-semblants...
tu sais je crois que nous avons tous quelque chose qui nous tient compagnie comme ça, toi la faim, d'autres la culpabilité,moi la peur, d'autres le passé, etc, des fois tout ensemble... !!!!
Quelque chose qui nous accompagne...
qui nous irrite, dont on veut se débarrasser, et qu'on finit par plus ou moins apprivoiser...
quelquechose qui fait qu'on est des êtres humains, infiniment touchants....

Écrit par : sophie L.L | 14/01/2007

je te comprend que trop bien, et je sais quel calvaire ça peu t être. Mais est ce que tu manges assez pendant les repas, des choses qui tiennent l'estomac? moi j'ai surtout faim quand j'essaye de m'en tenir aux légumes.

Écrit par : maryline | 15/01/2007

Ca va paraître super cliché, mais l'important c'est d'écouter son corps et non sa tête.
Manger quand on a vraiment faim (corps), et non parce que "c'est l'heure" (tête), et juste ce qu'il faut (dur dur) pour ne plus avoir faim (corps) et pas forcément plus (tête triste ou repas accompagnée).
C'est quelque chose que j'ai réalisé il y a une semaine. Manger à sa faim, qu'elle soit grosse ou petite, c'est ce qu'il y a de mieux. Adieu la sensation de lourdeur, la dépendance à la nourriture. Hier encore, alors que j'expliquais mon nouveau mode de pensée, on m'a répondu "mais attention ne saute pas de repas c'est pas bien". Et alors?! On s'en fiche de sauter ou pas des repas. C'est des horaires, des cases qui ont été posées pour rythmer une journée de travail! Rien à voir avec un réel besoin physiologique! On a passé notre vie à essayer de nous expliquer que c'est normal d'avoir faim à 12h (qui en vieilissant setransforme en 13h, hum hum, ça vous paraît pas bizarre déjà ça?!), puis à 19h (qui devient 20h, moi je trouve ça louche). Et que si ce n'est pas le cas, si on a faim à d'autres heures, on est un ogre, pas normale, une grosse en devenir etc... On nous assene que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée, mais si tant de personnes le sautent, c'est ptet que y'a une raison non? Ben non, on préfère culpabiliser ceux qui ne sont pas dans "les normes". Après on s'étonne que plus personne n'est capable d'écouter réellement son corps!!
Sauf que pour la nourriture, la norme c'est son corps à soi. L'important c'est de manger selon ses besoins.
Et puis franchement, entre 5 micros repas et 2 énormes, on sait depuis longtemps que les 5 micros sont bien meilleurs pour la ligne!! ;-)

Écrit par : Lilo | 15/01/2007

Il faut accepter sa faim comme un viel ami. C'est pour des cas comme le tien que nous avons le goûter le matin et le "thé" l'après-midi!

Assumons notre faimitude (inventé à la Ségo -- "bravitude")!

Écrit par : Lost in France | 15/01/2007

Moi aussi j'ai des rapports particuliers avec la nourriture, que je ne comprends pas très bien.
Si je résiste bien à la faim (j'éprouve d'ailleurs une sorte de satisfaction étrange à me dire que je mange quand je l'ai décidé et non pas quand mon petit tyran de corps le veux... je sais, c'est débile!) je n'ai aucune résistance face à l'envie de manger. C'est de la compulsion, j'en suis consciente, et j'ai décidé de faire en sorte vivre mieux en maîtrisant ça.
Je m'octroie donc un juste milieu en mangeant uniquement aux heures de repas, sans me limiter sur la quantité, mais jusqu'à n'avoir plus faim. Dans mes placards, rien qui puisse attiser mes obsessions. Depuis que je fonctionne comme ça, si je n'ai pas perdu un gramme, je vis mieux, l'impression de manger correctement et de suivre mon corps et ses besoins plutôt que ma tête et ses envies. C'est pas facile et les tentations sont nombreuses. Mais petit à petit j'accepte aussi de ne plus jamais faire un 38...

Écrit par : Cely | 15/01/2007

A te lire je me demande si tu n'as pas des crises d'hypoglycémie Pomme, ça y ressemble drôlement : l'impression de trou dans l'estomac, le besoin d'avaler un truc vite sinon on va tomber dans les pommes... tu devrais peut-être voir de ce côté ?
Perso je sais que si je mange du sucre (quel qu'il soit, lent ou rapide), j'ai exactement ces sympyômes deux ou trois heures après. Si je mange des protéines, la faim vient beaucoup plus tranquillement, sans cette impression de sauvagerie.
Quant à Zermati tu sais bien sûr que je le considère comme un immense bonhomme, ses idées font du bien, pour de vrai.

Écrit par : Hélène | 15/01/2007

PS : cela dit, en attendant je peux te faire une daube ;-)

Écrit par : Hélène | 15/01/2007

Plus on mange, plus on a faim... Alors..., ce n'est pas simple !

Écrit par : Marie | 15/01/2007

Saperlipopette je viens de me rendre compte qu'il y a de la pub sur mon blog, je suis au fond du trou. Merci hautetfort, c'est vraiment sympa d'avoir prévenu ! Ca y est je suis énervée, tu vas voir que ça va me donner faim ;-)

@pedro : ;-)))) Alors moi si je mange une pomme pour me couper la faim, une heure après j'ai envie de manger un boeuf. Cru, avec les sabots et tout, un truc de dingue.

@Stéphanie : oui hein, c'est quand même dingue de se triturer à ce point le cerveau avant d'en arriver à la stricte évidence : manger quand on a faim, et selon son appétit. Maintenant je réalise que c'est évident, mais jusqu'ici j'étais loin du compte...

@marie-ange : ah oui alors, quelle bonne résolution ! Merci ;-)

@Anne-Cé : c'est très gentil ! Ce que tu dis est évidemment plein de bon sens, comme toujours d'ailleurs... la comparaison avec le nourrisson m'a fait rire, je dis la même chose à mon propre sujet, j'ai un estomac de nouveau-né ;-)

@sophie L.L : oui, je crois que c'est de cet ordre-là. J'ai compris que la faim serait toujours là, quoi que je fasse, et qu'en luttant contre elle c'est contre moi que je me battais, plutôt que de vivre en bonne intelligence... merci de ton commentaire, j'ai hésité à publier ce billet, c'est beaucoup plus intime qu'on ne pourrait le croire comme sujet.

@maryline : perso, j'ai faim au même rythme quoi que je mange... bien sûr si je fais un repas de haricots verts à la vapeur je risque la mort par inanition, donc je ne le fais jamais ;-)

@Lilo : c'est exactement de ces préjugés dont j'ai envie de me débarrasser ! Parce que jusqu'à présent, j'étais persuadée qu'ils étaient tous vrais, alors que manifestement il y a toutes les chances pour qu'ils soient faux. As-tu lu le livre de Zermati ? Si ce n'est pas le cas tu devrais le faire, c'est renversant !

@Lost in France : ;-)))) Sans blague il faudrait peut-être adopter ce terme, il est très parlant !

@Cely : moi j'ai plutôt l'impression que plus j'ai de choses dans mes placards, moins j'ai envie de les manger... mais l'essentiel c'est que chacun trouve sa façon de faire, car la seule chose tangible c'est qu'il n'y a pas de recette universelle.

@Hélène : rah ça suffit avec ta daube, vile tentatrice ;-)))
Moi aussi je me suis souvent posé la question pour l'hypoglycémie... pffff, il faudrait que j'aille chez le médecin, puis faire des examens... on verra ça ! C'est toi qui m'a fait connaître Zermati, son livre m'a vraiment fait du bien, c'est clair.

@Marie : bienvenue tout d'abord ;-) Tu vois, je ne suis pas certaine que ce soit vrai. Pas pour tout le monde en tout cas. Pour moi, je pense que plus j'essaie de contenir ma faim, plus elle est présente... ce qui est sûr, c'est que ça n'est pas simple en effet !

Écrit par : pomme | 15/01/2007

moi non plus je ne suis pas d'accord avec ce que dis Marie, pour mon propre cas.
et comme dit Hélène, il faut peut être voir ça avec un médecin. Il y a quelques années j'ai fait un examen pour voir si je n'étais pas sujette aux hypoglycémies. Sur le moment c'est désagréable, 3 heures dans un labo avec prises de sang toutes les demi heures pour contrôler ta glycémie après absorption de sucre. Mais après tu es fixée.

Écrit par : maryline | 15/01/2007

Manifestement tu es pleine de volonté Pomme. C’est ce qui te rend crédible dans ce billet.
En ce qui concerne le docteur, je vais quand même dire qu’une méthode de bien être refait surface. Encore une !
Mais elle est comme les autres, une voie nécessaire d’ACCOMPAGNEMENT quand on ne sait pas vraiment quoi faire tout seul pour se sentir mieux physiquement ET psychologiquement mais qu'on est plein de volonté. De toute manière, sans volonté ce n'est même pas la peine de se lancer. ( J'adore enfoncer les portes ouvertes :o))

Quel mot que « Somatiser » ! C’est un verbe d’action. Ce verbe est l’action inconsciente qui est réalisée par une énorme majorité des cellules de notre cerveau. Son action n’a qu’un seul but. Nous détruire en s’appuyant sur tout ce que nous vivons ou avons vécu. Il nous détruira (ou fera en sorte de limiter nos moyens physiquesvia des maux ou maladies) en projetant à l’extrême nos refus d’envie et de plaisirs que nous lui exprimons en secret. On s’en doutait tous, mais il est bon de rappeler qu’en haut, sous la calotte, ça papotte dans notre dos à longueur de vie…
Tu es une grande fille Pomme, mais je me permets très amicalement de te proposer d’aller consulter un médecin pour ouvrir la première porte. Cette porte c’est celle des starting blocks et une première aide, la base de toute entreprise de volonté humaine.
Je t’envie Pomme, tu vas retrouver le goût de manger en t’attachant aux couleurs, à l’odeur, aux goûts bien sûr et à la texture des aliments que tu vas aimer manger pour le plaisir en le faisant durer le plus possible. Et aux bienfaits qu’ils apportent à ces corps qui nous portent et qui sont bien malmenés par la nébuleuse que nous gavons dans nos têtes d’oies…
Pour jouer je propose souvent à mes amis de croquer lentement un petit morceau d’ananas et de me donner l’impression ressentie par un seul verbe… Une forte concentration et plusieurs essais sont nécessaires. Mais la sensation est merveilleuse. Si on se donnait le temps de cette expérience pour tous les aliments, manger ne serait plus du tout un pauvre exercice masticatoire. (Pour ceux qui mastiquent encore… La mal-bouffe, c’est aussi le mal-bouffer).
On pourrait aussi supprimer le mot « essayer « de notre vocabulaire. On n’essaye pas de s’asseoir, on s’assoie…
Bises pleines d’énergie Pomme. Vas y ! Fonce ! Et si tu le veux bien, raconte nous l’ananas. 20 lignes maximum de sensations, du passage des lèvres jusqu’au verbe que tu apprécieras au mieux ;o)
On ne doit pas vivre pour manger... Mais manger pour revivre. (Avec un slogan comme celui là, je devrais être hyper riche moi :o))

Écrit par : Serge | 15/01/2007

La faim récurrente je connais aussi, même si pour moi ce n'est que vers 9h30-10h du matin, quoi que j'aie mangé avant. Et même une fois par jour, je trouve ça pénible... J'ai toujours des barres de céréales dans un tiroir au bureau ; comme je suis maigrichonne on ne me lance pas un air de reproche comme si je ne savais pas me contrôler, par contre on me menace assez volontiers de maladies graves... C'est vrai que les remarques arrivent vite dès qu'on sort un tout petit peu du cadre.

Sinon pour l'anecdote, je vis avec quelqu'un qui mange vraiment toutes les trois heures, y compris la nuit (oui oui, il se lève au moins deux fois par nuit pour manger) !

Écrit par : Catherine | 15/01/2007

Bon mon commentaire s'est perdu, tant pis. Je ne remets que l'anecdote : je vis avec quelqu'un qui mange vraiment toutes les trois heures, y compris la nuit ! Oui oui, il se lève au moins deux fois dans la nuit pour manger...

Écrit par : Catherine | 15/01/2007

alors là hélène et toi vous êtes vraiment raccord aujourd'hui!! impec!! pomme juste ce que tu as décidé concernant la nourriture n'est qu'un des autres aspect du "lacher prise" dont tu parles si bien... et qui est parfois si difficile à atteindre.
quand à avoir faim... il y a tant de choses dont nous manquons, dont nous avons faim... et on ne nous a pas tellement appris qu'on peut se "nourrir"autrement qu'en mangeant, vu que très souvent c'est la réponse qu'on a donné (à manger) à toutes nos demandes (du temps un regard être portée un calin une explication des mots...) quand on était petites. du coup, quand on est grandes, on continue à confondre, des fois!!

Écrit par : julie | 15/01/2007

Très chère pomme,

ça va te paraître un peu paradoxal, mais je trouve que tu as quand même de la chance: tu connais la sensation de faim... il sera donc facile de (recommencer à) sentir celle de satiété. Pour ma part, je ne ressens pratiquement jamais la vraie sensation de faim (creux dans le ventre etc...), et pratiquement jamais la satiété(à moins d'une daube ou d'un sauté de veau au chorizo dont je me serai envoyé 3 portions à moi toute seule, mais là c'est plus une sensation de lourdeur!!!! :-) ).
A Bangkok, si tu manges comme les habitants, tu manges 10x par jour, des petites portions d'accord, mais 10x par jour!!! Dès qu'une petite faim se fait ressentir: hop 2-3 brochettes ou un bol de nouille ou une soupe... C'est juste ici (en Occident, mais je déteste ce mot-là) qu'on a coupé la journée de cette manière-là: matin-midi-soir.

Et comme Hélène, ton texte m'a fait penser à des crises d'hypoglycémie, dont ma mère souffre, et dès qu'elle a été diagnostiquée, la vie est devenu plus facile... N'hésite pas!

Et en passant, j'aime beaucoup ton commentaire, Serge.

Écrit par : funambuline | 16/01/2007

Croquer la pomme, mordre la vie à pleine dents, manger ses mains, digérer une mauvaise nouvelle, etc etc.
Si c'est pas freudien la bouffe, qu'est ce que c'est ?? ;-)

Le rapport à la nourriture, ça me paraît à peu près aussi compliqué que le rapport à la mère, et c'est pas peu dire !!

Écrit par : Fyfe | 16/01/2007

@maryline : je vais étudier la possibilité de les faire, ces examens.

@Serge : roh, merci pour ce beau commentaire ! C'est une idée, ce post sur l'ananas... pourquoi pas ? Quant à l'accompagnement médical, j'y suis naturellement rétive (c'est-à-dire que j'ai une si haute idée de moi-même que je n'ai pas envie qu'on m'aide, c'est complètement débile d'ailleurs), mais cette fois c'est différent, la démarche est entamée ! Et si elle donne les résultats que tu décris, elle en vaut drôlement la peine !

@Catherine : hey ! Non non il s'est pas perdu ton comm, il est bien là ! Mais dis-moi, est-ce que le mangeur nocturne souffre de cet état de fait ? Parce que si ce n'est pas le cas, pas de raison de changer finalement !
Les provisions dans le tiroir du bureau, je suis abonnée aussi, mais moi je suis loin d'être "maigrichonne", alors imagine les regards de biais... ça aussi j'ai envie de m'en détacher !

@julie : ah ! j'ai beaucoup pensé au lâcher-prise en écrivant ce post. Tu vois, c'est un peu comme si c'était le dernier bastion qui devait tomber... c'est un gros enjeu. Je critique facilement les interprétations psychologiques du rapport à la nourriture, mais j'ai bien conscience qu'elles ont un gros fond de vérité... notamment quand tu l'expliques, toi !

@funambuline : en visitant Bkk (et la Thaïlande en général), j'ai réalisé à quel point la façon locale de se nourrir était différente de la nôtre ! Du reste, je me souviens clairement être revenue avec un bon kilo en moins, après avoir mangé tout ce qui me faisait envie pendant plus de 10 jours... mais toujours par petites quantités, c'est vrai. Ce que tu dis sur la chance de connaître la faim me donne à réfléchir, même si jusqu'ici je ne considérais pas ça sous cet angle. Merci ;-)

@Fyfe : ah oui alors, complètement freudien ! Et si en plus, on commence à parler de la relation entre la mère et la nourriture, bonjour le sac de noeuds ;-)

Écrit par : pomme | 16/01/2007

Oh là là, funambuline, tu décris parfaitemetn ce que je ressents quand je rentre au pays (aka Tokyo). Je passe deux semaines à manger tout ce que je veux, quand je veux, à longueur de journée par petites quantités (et parfois grandes!!), je ne connais plus la faim pendant 15 jours. Mais par contre la sensation d'avoir trop mangé, oui. Et pourtant, en rentrant, la balance est sans appel, minimum 3 kilos de moins (voir plutôt même 5).
Ce qui me prouve bien que mes kilos superflus sont liés au mode de nutrition français, peut être pas forcément adaptés à moi, ou même à nous (voir des "gros" se promener au Japon c'est somme tout assez rare)...

Je m'en vais aller quérir ce livre magique pomme!
Je vais le mettre sur ma pile de bouquins que je devrais lire mais que je ne prends pas le temps... ;-)

Écrit par : Lilo | 16/01/2007

Je savais que le côté "horaire de bouffe" me rappellais quelque chose...
http://monblogdefille.mabulle.com/index.php/2006/12/15/33143-jai-faim

Écrit par : funambuline | 16/01/2007

Hi hi, on a beaucoup de points communs, Pomme et moi, funambuline, ça fait des mois que je le dis ;-))

Écrit par : Hélène | 16/01/2007

Je sais pas ce qui s'est passé hier, mes commentaires ne se sont pas affichés, au deuxième j'ai quand même eu un doute et j'ai arrêté de les renvoyer ;-)
Non, ça ne dérange pas le mangeur nocturne de se lever la nuit, et moi... je me suis habituée ;-)

Écrit par : Catherine | 17/01/2007

Tout n'est pas psy... J'ai éprouvé pendant longtemps ce que tu décris: faim très souvent, "crises" durant lesquelles il faut manger , maintenant, tout de suite; comme toi, j'ai cherché à analyser. J'ai en fait un pré-diabète, ce qui est très courant. La solution: manger toutes les 3 heures, éviter le sucre, féculents à tous les repas, complets si possible.
Un diagnostic ne se fait par lecture d'un post, mais ce que tu décris est vraiment caractéristique de crises d'hypoglycémies ( comme le disaient Hélène et Maryline). Un petit tour chez ton généraliste, et au labo, et tu seras fixée. Et si tu n'en as pas le courage tout de suite, modifie d'abord ton alimentation, tu te sentiras tout de suite mieux. Puis surtout: DECULPABILISE! C'est le corps et non la tête!;)

Écrit par : Fanny | 17/01/2007

Pomme, j'ai mis longtemps à commenter ce billet, tu te doutes de la raison... ça résonne trop en moi, du coup j'ai du mal à dire quelque chose de dépassionné. J'adore ce texte, il est extrèmement littéraire, je t'assure. Cette faim inassouvie, ça me fait penser à ce livre "Lily la tigresse". Tu devrais cela dit en effet faire les tests d'hypoglycémie, parce que ça y ressemble. Et je devrais lire Zermatti, parce que bon, je sens que ce gars et moi, on a des trucs à se dire ! ;-))

Toujours un régal de te lire.

Écrit par : caro | 18/01/2007

@Lilo : j'ai moi aussi été interpelée par cette particularité... j'étais tellement enthousiasmée de l'aspect diététique de mon voyage que je me souviens même m'être renseignée par adopter le même mode d'alimentation ! Mais évidemment ce n'est pas aussi simple, la morphologie et le métabolisme entrent aussi en ligne de compte, et sans faire de racisme primaire il semblerait que les Asiatiques sont très différents des Occidentaux sur ce plan-là....

@funambuline : ça alors, je me rends compte que j'ai involontairement plagié Hélène, mea culpa ;-)

@Hélène : oui, on doit clamer "J'ai faim" à peu près au même rythme toutes les deux ;-)

@Catherine : ma foi, c'est une habitude comme une autre après tout !

@Fanny : enchantée ;-) Merci de tes conseils, je crois vraiment qu'il faut que je fasse vérifier tout ça, d'autant que j'ai des antécédents en ce qui concerne le diabète ;-( Et surtout, je veux déculpabiliser, comme tu le dis si justement !

@caro : merci, beaucoup... je pensais bien que tu prendrais ton temps avant de laisser un mot... tu sais, en parler m'a fait beaucoup de bien, je me sens plus légère, comme par hasard ;-)
Et puis dans les semaines qui viennent, je vais avoir des tas d'autres préoccupations ;-)))

Écrit par : pomme | 18/01/2007

Ton post me rappelle une discussion profonde (pour une fois) avec une personne charmante, sur une péniche, autour de petits vins et sans rien à manger ;-)) on peut arriver "à manger du vin jusqu'à onze heure", c'est pas la solution ?

Écrit par : Fredlabanquière | 21/01/2007

@Fred : bonjour vous ;-) J'y ai bien pensé, hein, à ne manger que du vin, mais vu la famine que ça provoque le lendemain, je crois que je vais m'abstenir... mais c'est pas ça qui va m'empêcher de passer autant de soirées que possible, sur une péniche ou ailleurs, avec ces charmantes personnes, évidemment ! Merci pour ton mot, bises ;-)

Écrit par : pomme | 21/01/2007

et moi j'ai faim de te lire! Quand est-ce qu'on mange? ;-)

Écrit par : pedro | 21/01/2007

@pedro : hi hi, j'adoooore qu'on me réclame ;-) Demain matin, sans faute !

Écrit par : pomme | 21/01/2007

J'arrive après la bagarre et c'est la première fois que je poste un commentaire sur un blog, mais j'ai été stupéfaite de lire ton billet : c'est moi tout craché !
J'ai faim toutes les 3 heures, et ce depuis aussi longtemps que je m'en rappelle.
Parfois, c'est vrai, j'aimerais bien ne pas ressentir cette faim (genre en réunion au boulot par exemple), et parfois aussi, je perds l'envie de manger (ça étonne certains, je sais).
Evidemment, ma faim varie en fonction de ce que j'ai mangé au repas précédent, et avec l'expérience, les lectures, etc, j'ai compris que c'est lié à l'index glycémique des aliments. Il faut que tu cherches de ce côté là.
En revanche, pas de prise de tête, comme Marie-Ange, je fais simple.... Je mange et basta ! Et quand j'en ai assez j'arrête. Ceci explique peut-être celà ? J'ai un poids très stable si j'en crois la médecine du travail (seul endroit où je me pèse ou presque)
Les explications psycho-machins, il y en a peut-être, mais quand on a vraiment faim et pas juste envie de manger, pas la peine de chercher pour rien.

Écrit par : melise | 23/01/2007

@melise : bienvenue ! Tu n'arrives pas spécialement après la bataille, et ton commentaire est très intéressant ! Comme toi je me dis que rien ne sert de vouloir tout psychologiser, mais en revanche je veux absolument arrêter de mentaliser mon rapport à la nourriture. Dans mon cas, ce n'est pas évident car il y a longtemps que cette relation est conflictuelle. Mon but est de stabiliser durablement mon poids, après un yoyo intensif pendant une quinzaine d'années, j'estime que ça suffit ! Je fais confiance au tems pour y arriver, les choses vont rentrer dans l'ordre, j'en suis sûre. Merci pour la piste de l'index glycémique !

Écrit par : pomme | 23/01/2007

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