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22/11/2006

Croix de bois croix de fer

C'est un des premiers préceptes moraux qu'on doit essayer de nous inculquer, non ? D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours entendu dire qu'il ne fallait pas mentir. Personnellement, j'étais une enfant très (trop ?) obéissante, et donc je ne mentais jamais. J'avais trop peur de me faire attraper, et j'avais raison, car comme de juste, la seule fois où j'ai proféré un affreux mensonge, ça s'est vu comme le nez au milieu de la figure. S'en est suivi un terrifiant psychodrame (je l'ai vécu comme tel en tout cas) qui m'en a fait passer l'envie pour plusieurs années.

Là évidemment, je parle de gros vilains mensonges, de travestissements vicieux de la réalité destinés à tromper son petit monde et à en tirer de substantiels avantages. Parce que bon, les petites libertés que nous nous accordons TOUS avec la vérité, pour être poli ou tranquille, ça ne me traumatise pas plus que ça. Dans le fond, je préfère toujours dire la vérité, mais s'il s'agit de blesser quelqu'un juste parce qu'on n'a pas envie de sortir de chez soi, j'estime qu'il vaut mieux éviter. Je prends sur moi, puisque j'ai tendance à considérer qu'un mensonge, gros ou petit, reste moralement répréhensible, mais je me suis quand même rendue à l'évidence : la vie en société exige quelques compromis (eh oui, c'est affreux) avec sa conscience.

En revanche, je refuse catégoriquement le mensonge en ce qui concerne l'humain. Je ne veux pas mentir sur ce que je suis, je ne veux pas transiger avec ma personnalité ; une certaine honnêteté intellectuelle me semble être indispensable. A moi en tout cas, notamment si je veux dormir sur mes deux oreilles. Je ne supporte pas l'idée de donner aux gens une fausse idée de ce que je suis, et du même coup, je suis très intolérante avec les gens qui essaient de se présenter sous un jour trompeur et mensonger.

Il n'y a pas de hasard, remarquez bien : j'ai vécu pendant quatre ans avec ce qu'on pourrait appeler un mythomane (ça a l'air excitant comme ça, mais en fait ça ne ressemble pas du tout à un film américain). C'est une maladie, loin de moi l'idée de jeter la première pierre ; mais je peux vous dire que cette relation a failli me détruire. Quand quelqu'un de proche commence à mentir (tout le temps et à tout propos, de préférence), un phénomène effrayant se produit : la vérité n'existe plus. C'est comme si le mensonge emportait tout sur son passage et diluait à l'infini les bribes de vérité auxquelles se raccrocher. Qu'on croie ou non aux mensonges proférés n'a pas d'importance ; du reste, quand on s'aperçoit qu'une personne ment (très vite en général, quand c'est un réflexe irrépressible), on ne croit plus rien de ce qu'elle dit. Au début, on cherche à lui faire dire la vérité ; évidemment c'est peine perdue, car pour elle la vérité n'existe pas. Et par une sorte d'effet de contagion, la vérité disparaît pour vous aussi. On se retrouve entraîné dans une spirale de faux semblants de laquelle personne ne peut vous sortir. A part vous-même, évidemment. Avec le recul, je me dis que j'ai failli devenir folle. Et puis je me suis réveillée, et ça s'est arrêté.

Je n'étais déjà pas une grande fan du mensonge, mais depuis cet épisode je suis à la limite de l'intégrisme, je l'avoue. La moindre petite entorse à la vérité me fait tiquer, parce que j'ai toujours peur que ça cache une volonté de faire du mal. C'est très rarement le cas bien entendu, mais j'ai tout de même du mal à le supporter. J'ai besoin d'avoir des relations franches avec les autres, je déteste les gens qui enjolivent, qui transforment, qui se voilent la face. La lucidité est pour moi un but, et je crois que je demande la même chose aux gens qui m'entourent. Je crois que je préfère les relations frontales, directes ; c'est parfois douloureux, vu qu'en même temps les rapports de force me terrifient (bah oui, sinon ça serait trop simple), mais il est apparemment possible de trouver un juste milieu.

Le prix à payer est simple : il n'y a que la vérité qui blesse. Je préfère définitivement connaître la vérité et en souffrir, plutôt que de refuser de savoir le fond des choses pour me protéger. J'ai toujours le sentiment d'être prise pour une idiote lorsqu'on me ment pour m'éviter de souffrir, sans compter qu'à mon avis, la vérité finit toujours par se savoir. C'est probablement une conception très personnelle, et elle trouve vite ses limites : les autres ne la partagent que rarement... je comprends d'ailleurs, personne n'aime souffrir, c'est humain. Alors je me dis qu'il vaut mieux taire certaines choses, même si l'idée d'épargner les gens me révulse. Je n'ai de leçons à donner à personne, et chacun a le droit de préférer un silence lénifiant aux affres de la vérité. Du reste, savoir les choses ne les empêchent pas d'exister... c'est juste que je préfère savoir à quoi m'en tenir. Et inutile aussi de me faire le coup de la vérité qui n'existe pas : d'accord, tout est relatif, chacun son avis, il existe des tas d'angles sous lesquels considérer une situation, blablabla, m'enfin quand même, si on croise au restaurant une copine qui avait décliné notre invitation le jour même pour cause de grippe carabinée, on a du mal à relativiser non ?

Finalement, à bien y réfléchir... ça serait intenable, si on mentait pas de temps en temps, hein, c'est une lapalissade. Il y a déjà tellement de raisons de se battre, de se haïr, de se faire la gueule. Je ne peux pas m'empêcher de me demander si ça ne vient pas du fait que nous vivons depuis des lustres sur le mensonge, et que du coup il est impossible de reculer ; si on acceptait au contraire de faire face à la vérité et de fonctionner sur ce postulat, est-ce que ça ne serait pas plus sain ? Pas sûr, en effet, mais je trouve tout de même l'idée terriblement réjouissante.

 

 

 

Commentaires

Bonsoir pomme,
je comprends que tu as du être meurtrie, blessée et que ta conception du couple vérité/mensonge a donc été fortement endurcie.
Je crois pour ma part que je ne pourrais vivre sans ces petits mensonges quotidiens. Contrairement à toi, j'aime beaucoup les gens qui embellissent, exagèrent... les histoires du genre de l'énorme sardine qui a bouché l'entrée du port de Marseille me font toujours rire. Le mensonge est pour moi à l'origine de la fiction, de l'imagination ; un certain type de mensonge, les poétiques, les incroyables, les embellisseurs, justement.
Pas les autres, hein, qu'on soit bien d'accord!

Écrit par : funambuline | 22/11/2006

moi je n'aime pas mentir bien sur mais surtout je suis incapable de le faire, et si j'essaie ça se voit tout de suite. J'ai tendance à dire cash tout ce qui me passe par la tête et parfois ma franchise ne plait pas, je vexe des personnes alors que je n'en avais aucunement l'intention.

Écrit par : maryline | 22/11/2006

Très joli billet, Pomme, comme d'hab ;-)
Moi je suis une excellente menteuse en improvisation et pour des choses sans vraiment d'importance... Les mots sortent tout seuls de ma bouche.
Malheur à moi si j'essaye de mentir pour des choses plus sérieuses, et pire, si je prépare à l'avance un mensonge... Ma conscience se venge, et tout le monde sait immédiatement que je ments... J'en rajoute, je m'embrouille, je culpabilise, quoi, et je suis bien ridicule!
Pour le coup j'en suis vaccinée maintenant ;-)

Écrit par : fyfe | 22/11/2006

Je hais, j’exècre le mensonge car qui dit mensonge dit secret et qui dit secret dit un jour révélations … j’en ai connu beaucoup ces dernières années, détruisant les bases même de ma Vie … la reconstruction est souvent difficiles et parfois, entre les lignes d’un mail il arrive encore que des mensonges se révèlent…

Écrit par : Stéphanie | 22/11/2006

Pomme, tu a mis le doigt dessus avec beaucoup de justesse, comme d'hab'!
Je pratique le "mensonge pour ne pas blesser" parce que j'ai une sainte horreur du conflit et que je n'ai pas le courage d'y aller frontalement. Je suis pas super bien avec ça mais, je fais avec...
Il y a un mensonge qui m'a couté cher et que j'ai rayé de mes pratiques : "le mensonge à soi même"... C'est le pire et le plus destructeur!!!
Les autres ne portent pas vraiment à conséquence mais tu as raison...c'est vraiment mieux de dire les choses mais parfois, le prix à payer me parait tellemment important...
Continue à nous tendre le miroir Pomme!!!

Écrit par : Breizhoudoudou | 23/11/2006

Très vrai, ton billet, très juste, il me fait réfléchir, comme d'habitude!
Moi, je suis un peu comme Fyfe, je ne peux m'empêcher de mentir pour des choses sans conséquence, je ne peux y résister, si c'est pour faire un bon mot ou pour rendre drôle une histoire banale, un peu à la marseillaise!
Mais je crois que mon "public" n'est pas dupe, et c'est cette convention tacite qui rend l'histoire amusante.
Et si quelqu'un s'exclame: "Non, c'est pas vrai???!", je réponds, très honnêtement, "non, absolument pas!", ce qui permet de rétablir la vérité tout en gardant une pointe d'humour...bref, tout un art, qui permet de rendre le quotidien un peu plus palpitant!

Écrit par : Evalia | 23/11/2006

"dire la vérité, l'inconsolable, c'est offrir la liberté".
évidemment je ne sais plus de qui c'est mais pour moi c'est la base: qui me mens m'empêche de décider librement si la vérité me convient, ou non, et donc m'ote la liberté de faire un choix.
donc, il réduit ma dimension de sujet, et pour ça il mérite la lapidation.
il ne s'agit pas tant de vérité d'ailleurs, qui pour un même fait ne sera pas la même pour chacun, que de REALITE. je veux qu'on me dise: voilà les faits. (je suis déja marié, ma mère m'allaite encore, je dois 12 millions de dollars au cartel de médelin, en fait je suis une femme etc...) et à moi de décider librement si ça me convient. ou non.

Écrit par : julie | 23/11/2006

Comme toi je ne supporte absolument pas le manque de lucidité et la malhonnêteté inellectuelle.

Je n'aime pas non plus le fait d'enjoliver la réalité, je trouve qu'elle n'en a pas besoin ;-)

En revanche il me paraît indispensable de mentir pour vivre au quotidien avec les autres, sinon ça donne ça :
tu aimes ma nouvelle robe ? (non elle est immonde) ;
tu es libre samedi ? (j'aimerais mieux crever que de passer la soirée avec ton mec) ;
regarde mon bébé comme il est mignon (il a une gueule épouvantable)... etc...

Écrit par : Hélène | 23/11/2006

@funambuline : vu comme ça c'est beaucoup moins préoccupant ! Je comprends aussi cet aspect du "mensonge", mais je crains que pour moi ce ne soient les conséquences négatives qui l'emportent...

@maryline : ah pareil, je suis incapable de mentir correctement, et j'en suis bien contente d'ailleurs ! Quant à la franchise.... aïe aïe aïe, qu'elle est difficile à manier !

@fyfe : c'est ton inconscient qui parle à mon avis, au fond tu dois détester mentir, à certaines occasions en tout cas !

@Stéphanie : je suis tout à fait d'accord, les secrets finissent toujours par refaire surface d'une façon ou d'une autre, et là le retour de bâton peut faire très mal, et aller jusqu'à la destruction, c'est très vrai...

@Breizhoudoudou : comme toi je crois que se voiler la face est la pire des erreurs.

@Evalia : enchantée ;-) Je crois pouvoir comprendre ce besoin d'exagération, et d'ailleurs il me semble inoffensif, puisqu'en général les gens finissent par le deviner ;-)

@julie : en quelques lignes tu as résumé le fond de ma pensée. C'est exactement ça, pour moi connaître la vérité (ou la réalité, c'est vrai que ce n'est pas la même chose) c'est une condition indispensable de la liberté. Du libre-arbitre. Sans ça, que sommes-nous ?

@Hélène : j'adore tes exemples ;-))) Bien sûr tu as raison, ça ferait tellement mal d'entendre toujours la vérité... quelle horreur, ce constat me désespère...

Écrit par : pomme | 23/11/2006

Mentir à soi même, chacun se le voit.
Mentir, vraiment mentir, aux autres, non.
Mais un petit mensonge blanc, pour ne pas blesser (j'adore les exemples d'Hélène), alors oui.
Et puis, n'y a-t-il pas le fond (la vérité) et la forme (brute ou avec enjollissements) ?
J'ai plein d'exemples qui me viennent en tête, mais ils sont trop déprimants, alors j'arrête.
Bisous

ps : j'ai dansé avec Patrick Swayze....

Écrit par : isabelle | 23/11/2006

Bonsoir,

Je n'ai, par chance, jamais eu à subir le mensonge, tel que tu le décris. Mais je ne le supporte pas non plus. Parfois, effectivement, il faut faire quelques petites entorses. Mais même ainsi, j'ai du mal, et j'essaie toujours de dire les choses de telle manière que je ne profère pas de mensonge. Puis c'est pareil, dès que j'essaie de mentir, j'ai un gyrophare qui clignote au-dessus de la tête ;-)

Quant à savoir si je préfère souffrir et savoir, ou ne pas souffrir et ne pas savoir... Tout se sait un jour, comme tu le dis si bien, et on souffre et du mensonge, et du fait qu'il ait été dissimulé... Si nous vivions dans le monde des Bisounours, je n'aurais jamais à expérimenté ce douloureux dilemme, mais j'imagine qu'il est probable qu'un jour j'y sois confrontée... advienne que pourra, mais je préfère savoir...

En revanche, je ne crois pas que les embellissements soient forcément du mensonge... Mais je crois que c'est ce que sous-entend Isabelle quand elle parle de la forme et du fond :-)

En tous cas, continue à nous faire réfléchir, c'est ce que j'apprécie par ici... Sans mentir ni enjoliver ;-)

Écrit par : Svetlana | 23/11/2006

Ah oui oui, je confirme, c'est même tout à fait conscient : j'ai horreur de mentir ! Mais par contre, je suis nulle pour m'expliquer ;-)
Les mensonges sans importances, c'était vraiment mal chosi comme terme, je voulais plutôt parler des mensonges du type cité par Hélène...
Un comm' inutile - désolée - mais rectifiant la vérité, c'était d'actualité ;-)

Écrit par : fyfe | 23/11/2006

D'accord avec Hélène, le mensonge pour ne pas blesser inutilement me paraît une "politesse" sociale - ou amicale - assez indispensable.

Dans le genre menteur-charmeur, j'ai un exemplaire particulièrement redoutable au bureau en la personne de mon boss : il profère parfois des mensonges éhontés lors de réunions ou rendez-vous - pour faire mousser la boite aux yeux de ses interlocuteurs - qui font que ses collaborateurs (dont moi) se regardent éberlués et assez paniqués parce que - devine quoi - il faut qu'on rame derrière pour que ses mensonges DEVIENNENT VRAIS !!!
Lui, il y a des jours, je le hais. ;-)

Écrit par : Traou | 24/11/2006

Comme d'habitude, j'arrive après la bataille.
Mais c'est parce que je trouve qu'à chaque fois, il faut un petit temps pour vraiment comprendre et appréhender des posts (ceci est un compliment hein, pas de remarque désobligeante, non je précise, pasqu'on sait jamais...).

Alors moi je ne ments pas.
D'une parce que je déteste que l'on me mente.
Comme l'a parfaitement dit Julie, c'est priver la personne en face de sa liberté de choix et d'action, et je trouve que c'est la plus énorme marque d'orrespect que l'on puisse faire à quelqu'un. Je préfère savoir, et gérer, que de rester dans une idée fausse des choses.
J'avoue que ça fait de moi une intégriste de la vérité qui n'est pas facile à vivre pour les gens autour de moi (autant parce que je dis ce que je pense que parce que j'impose à tout le monde de me dire la vérité).
Le problème, c'est que parfois, la vérité est difficile à entendre (oui tu as un cul énorme avec cette robe), mais je pars du principe qu'une fois entendue, si la personne a vraiment raison, et bien il faut faire face et assumer (et aller retourner cette robe au magasin). C'est pas facile d'être capable d'entendre la vérité (parce que parfois, ce n'est pas sur une robe, mais sur ses actions ou sa personnalité propre, et là le processus de faire face est un peu plus long et douloureux). mais je pense que c'est nécessaire. Parce que de vivre dans une bulle, sans connaître réellement ce que l'on renvoit comme image ou ce que l'on dégage comme sentiments, la façon dont foctionne le monde (et donc de ne pas avoir idée de ce que nous sommes face au monde dans lequel on vit) m'apparait bien pire que n'importe quelle vérité, même dure à entendre.
Je suis aussi intégriste en confiance qu'en vérité. Et je déteste par dessus tout le mensonge "pour ne pas blesser". Parce que ça peut pousser à des extrèmes qui sont vraiment catastrophiques pour la construction de la personnalité d'une personne, qui se construit tout de même sur sa capacité à faire confiance. Et si cette confiance est brisée. On brise quelque chose d'autre.
Ca commence par ne pas dire que "oui, tu as grossis", et on finit par "non tout va bien (ton grand père est à l'hopital en train de mourir mais ça je te le dirai pas, je voudrai pas gâcher ta journée)".
J'ai fais, à mes yeux, une fois le plus gros mensonge qui existe. Je sais pourquoi (même si à l'époque je ne le savais pas hein) aujourd'hui, et c'est une honte qui me suivra partout. Et que j'ai bien l'intention de ne jamais recommencer.

De deux, tout simplement parce que j'ai un cerveau de moineau. Et quand on ment, faut se rappeler de ce qu'on a raconté pour ne pas se faire avoir. Et ça demande trop d'efforts. C'est fatigant.
Alors je dis toujours la vérité, comme ça, au moins, je suis sure de ne jamais me tromper, vu qu'elle ne change jamais!!

PS: ca ne me dérange pas de dire "non je veux pas venir chez toi". Il suffit de rester vague, ne pas forcément se justifier du pourquoi.
Et si on te demande des précisions, et bien tu peux dire la vérité, on te l'a demandée. A la personne après de gérer.

Écrit par : Lilo | 24/11/2006

@isabelle : ;-))))) Ah ben là bien sûr tout le monde te croit, nous avons TOUTES dansé avec lui !

@Svetlana (quel joli prénom !) : bienvenue ;-) Tu as raison, les "enjolivements" ne peuvent sans doute pas être considérés comme des mensonges... mais pour autant je préfère les éviter, malgré tout ! Je suis contente que tu te plaises ici.

@fyfe : non pas inutile du tout, au contraire !

@Traou : alors je vois très bien le style du personnage, c'est typiquement le genre de toxique qui fait subir ses névroses aux autres, c'est insupportable. Je propose une expédition punitive ;-)

@Lilo : ah, Lilo ! Dans mes bras ! ;-))) Tu résumes exactement le fond de ma pensée (et pas spécialement après la bataille d'ailleurs ;-)). Le truc c'est que moi je n'arrive pas toujours à assumer la franchise, je déteste l'idée de blesser les gens. Mais parfois j'arrive quand même à me dire que c'est à eux de se prendre en charge et non à moi... rudement compliqué tout ça...

Écrit par : pomme | 24/11/2006

Je ne suis pas sûre d'être d'accord avec toi Lilo. Je me dis :
A quoi ça sert de dire à une mère que non, son bébé n'est pas très beau ?
A quoi ça sert de dire à ton amie que non, ça ne te fait pas plaisir ce cadeau qu'elle vient de te faire ?
A quoi ça sert de dire non, officiellement, tu ne seras jamais considérée comme guérie, juste en rémission et que si, tu as 0,85% de risque de plus que quelqu'un d'autre d'avoir un autre cancer ?

Alors la vérité à tout prix, même en blessant pour rien, je ne sais pas....

Ceci dit, on a tous nos propres vérités, et nos propres limites.
Sur ces réflexions, je vous embrasse toutes les deux Pomme et Lilo, et merci de m'avoir fait cogiter un peu.

Isabelle

Écrit par : isabelle | 24/11/2006

En fait je ne pense pas que la vérité blesse pour rien.
Il n'y a aucune vérité qui est en vain. Si l'on sait faire la part des choses et tirer les conclusions de ce qui se passe, on a toujours quelque chose à y "gagner" ou en tout cas, à y voir.
Ce n'est pas facile c'est vrai, mais c'est comme ça.
Ce qui blesse pour rien, de mon point de vue, c'est plutôt le mensonge. Parce que ce qui blesse dans la révélation, ce n'est pas tant la vérité qui était cachée (puisqu'avec le recul, on fait face et on se doit de l'accepter pour avancer), mais plutôt le mensonge en lui même. Le fait que l'on nous a jugé incapables de gèrer cette vérité, et que quelqu'un en qui on avait confiance nous a trahie, ou que l'on nous a prise pour une cruche.
En ce sens là, c'est vraiment une blessure pour rien.

Je pense que la vérité n'a pas forcément à être brutale et violente. Pour moi, le tact et la politesse, ce n'est pas de mentir pour épargner, mais plutôt de réussir à dire ce que l'on pense honnêtement avec assez de considération pour la personne en face, afin que ce soit fait avec le plus de douceur possible. En gros, que la pillule soit plus petite à avaler.
Et quitte à ce qu'on m'en veuille, je préfère que ce soit pour quelque chose que je pense vraiment que pour un mensonge. ;)

Après, je pense que c'est parce que je vis (en tout cas j'essaye) par l'adage "ne fais à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse", donc forcément, je suis toujours le plus honnête possible.
Ca me joue des tours dans mon boulot, en négociations tout particulièrement, mais bon, j'assume (et j'essaye de devenir plus menteuse...).

Et puis pour tes exemples:
De toute façon personne sain d'esprit ne me demanderait mon avis sur un bébé, vu que je déteste les bébés (et un bébé, c'est beau que pour sa mère hein, tout le monde sais ça m'enfin!!)...
Tout simplement parce que si je ne le fais pas, la prochaine fois elle risque de refaire la même "erreur", et venant de mon amie, qu'elle ne me connaisse pas ça m'embêterai un peu tout de même...
Et bien parce que savoir ce genre de choses c'est bien, ça évite le trop gros choc quand le pire arrivera...
En gros, parce qu'à la place de ces personnes je souhaiterai le savoir...

:)

Écrit par : Lilo | 25/11/2006

Vaste sujet, Pomme. J'ai horreur qu'on me mente mais je suis la reine du mensonge pour ne pas blesser. Et je sais que que derrière justement cet argument fallacieux du "je ne veux pas faire de mal alors je mens" il y a une autre réalité qui est celle-ci: "Si je dis la vérité on ne va plus m'aimer". Balancer la vérité nue, c'est s'exposer la plupart du temps à la vindicte. C'est prendre le risque de blesser ou de heurter et donc de déclencher une certaine rancoeur chez la personne destinataire de ta vérité.

Pourtant, je suis d'accord avec toi, rien ne vaut la franchise. Alors je me soigne et j'essaie de plus en plus de dire aux gens et surtout à ceux que j'aime le fond de ma pensée. Le résultat est comment dirais-je ? catastrophique. J'ai dû perdre une dizaine d'amis en quelques semaines. Parce que la vérité tout de même, c'est qu'en général ça fache. La vérité. ;-)

Écrit par : caro | 27/11/2006

Tiens, moi des fois on pense que je mens alors que je ne mens pas.
j'ai pour la première fois répondu à une invitation de la manière suivante:
-MelleX: "ca te dit de venir à la crémaillère de Machin?"
-Moi: "Euh.. ben Non."
Et c'est tout. Pas de sur-justification qui rendent le propos louche, car d'habitude je réagis comme si j'avais pas le droit de refuser une invitation, et j'explique pourquoi et ça fini par des phrases à rallonge qui finalement font penser à l'autre que je mens, alors que non, et ça c'est vraiment très pénible.
Alors faut essayer d'avoir confiance.
(Ok ptet pas quand on nous dit que la veille Marc Lavoine nous a proposé d'enregistrer un album avec lui, que le soir, la troupe du splendid (la vraie d'antan) est venue nous jouer un pestacle chez nous et que le lendemain normalement on va cueillir des groseilles avec Bernadette C.(mais d'où me vient cette idée?!))

Écrit par : CherryOnTheCake | 27/11/2006

@isabelle : je ne crois pas que ça serve à grand-chose du point de vue de la personne qui l'entend (ou pas, il n'y a pas plus sourd), mais plutôt que c'est la satisfaction d'un "principe" pour la personne qui énonce. C'est une attitude assez égoïste finalement, je le reconnais. Bises aussi ;-)

@Lilo : je partage toujours ton point de vue ;-) à un bémol près : le temps aidant, je finis par me dire que tout le monde ne désire pas entendre la vérité. Moi je pense que ce n'est pas une solution, mais si les autres préfèrent, je ne peux pas les obliger à penser pareil... comme pour tout le reste, je crois qu'il faut savoir doser entre ses attentes et celles des autres. Pas très sexy, je te l'accorde ;-)

@caro : en effet ce n'est pas toujours facile de braver sa peur de ne plus être aimée... en y mettant les formes, on arrive tout de même à faire passer des choses. Et si ça éloigne les gens de moi, ma solution de repli c'est de me dire qu'ils n'en valaient pas la peine... Je crois que c'est plus simple avec les gens qu'on connait bien, en fait. Ou pas. On est bien avancés ;-)

@Cherry : ah oui je te reconnais bien là, ta tendance à enrober les choses doit te compliquer la vie ! Finalement, non, oui ou je sais pas, il y a des cas où c'est largement suffisant.
Si tu vas cueillir des groseilles avec Bernie, préviens-moi, j'essaierai de l'empoisonner avec des baies mortelles ;-)

Écrit par : pomme | 27/11/2006

Ouep, maintenant j'épargne plus personne et en plus la vie est vraiment trop courte pour tout compliquer avec des justifications ou des mensonges ou des faux semblants ou tout ça en même temps!

Écrit par : CherryOnTheCake | 29/11/2006

@Cherry : bien dit !

Écrit par : pomme | 29/11/2006

Je te cite :"En revanche, je refuse catégoriquement le mensonge en ce qui concerne l'humain"
Tu as tout à fait raison, mieux vaut mentir à son poisson rouge, il ne t'en tiendra pas rigueur... Mais à part ça, je suis d'accord, excepté en ce qui concerne le dentiste. Lorsqu'il te demande "Je ne vous fais pas mal", si tu lui dis la vérité, de toute façon il n'en tiendra pas compte. Si tu réponds "non" à sa question, tu mens comme un arracheur de dents et les rôles sont inversés, on ne sait plus qui est qui, les repères s'estompent, il est capable de prendre ta place sur le siège et te voilà bien embêté avec les instruments en main.
Autre exemple, imaginons, que sur le marché, et qu'à l'approche du poissonnier et des élections, tu rencontres un homme politique de n'importe quel bord, (sauf au centre où il n'y a pas de bord), s'il te demande, en échange d'une poignée de main, ton opinion, faut-il la lui donner ? Faut-il dire franchement ce que tu penses à celui qui n'en a rien à faire, et qui n'en fera rien, plutôt que de la réserver à ton prochain ? Surtout, si ton prochain est justement le poissonnier qui la semaine dernière t'a refilé une limande pour une sole !
Et si, en rentrant de ce même marché, tu surprends un contractuel en train, subrepticement et sournoisement, de glisser une contravention sous ton rétroviseur, faut-il lui dire la vérité ?
Certes, je te rejoins (c'est une image, ce n'est pas moi qui frappe à la porte), toute vérité n'est pas bonne à dire, mais il ne faut pas mentir pour autant. C’est ainsi, que j'essaie donc de respecter, avec un maximum de philosophie et de savoir faire, ces deux préceptes contradictoires en évitant les poissonniers trop costauds, ainsi que les porteurs d’uniformes en tous genres (généralement investis d’un pouvoir qui leur confère le droit de sanctionner, à tes frais, la stricte vérité) et c’est la raison, d’autre part, pour laquelle j’ai la dentition en mauvaise état.

Écrit par : Christian | 01/12/2006

@Christian : dans les cas que tu décris, c'est un avantage d'être une femme, on se prend rarement un poing dans la figure ;-) Enfin j'espère !
Ce que je voulais dire par "l'humain", c'est ce que qui concerne directement la personnalité de quelqu'un, qui engage son intégrité. Je constate que tu te moques, c'est très mal ;-)))

Écrit par : pomme | 02/12/2006

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