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08/10/2006

Un kilo de plume

Ca pèse autant qu'un kilo de plomb, oui, je sais. Et tout le problème est là.

Comme j'estime savoir à peu près qui je suis, par élimination je sais aussi qui je ne suis pas. D'ailleurs c'est comme ça que j'ai compris qui j'étais, quand j'ai fini d'épuiser toutes les fausses propositions, c'était un peu un QCM humain. Je viens d'inventer un concept là non ?

Bref. La plupart du temps, ça ne me dérange pas plus que ça de ne pas être un ange de patience ou une travailleuse acharnée (ça m'arrange, en fait), mais certains traits de personnalité me font quand même cruellement défaut.

Et parmi eux, la légèreté. Je n'ai jamais su être légère (pas de ricanements au deuxième rang, je parle au sens figuré), sauf à des moments où il n'est pas possible de faire autrement évidemment, je ne suis pas non plus du genre à déclamer du Schopenhauer en boîte de nuit. Il m'arrive régulièrement de lâcher du lest, d'être frivole, voire primesautière (je ne sais pas tellement ce que ça veut dire, mais j'aime bien ce mot), ma vie n'est pas une longue succession de messes d'enterrement non plus. Mais... souvent, je sais que j'accorde beaucoup d'importance, de gravité, à des choses pourtant anodines.

Ca peut prendre des proportions démentielles, et c'est encore aggravé par ma psychorigidité et ma tendance obsessionnelle (préparez la camisole). Le moindre détail peut devenir un véritable drame, un peu comme dans un film scientifique (j'en ai vu plein, vous pensez) où la caméra zoome petit à petit sur un microbe, ou une bactérie, enfin un truc comme ça, jusqu'à ce qu'il devienne énorme et prenne toute la place dans le champ (de la caméra, aucun rapport avec l'agriculture). D'ailleurs rien qu'à vous en parler, je sens la détresse qui monte, il n'y a qu'à voir à quel point ma manie de la parenthèse est en train de prendre le contrôle de cette note, c'est affligeant.

La moindre remarque devient une remise en question de toute ma personne. Un regard oblique est une tentative de viol. Un chuchotement révèle un complot (international, bien entendu. Je m'aperçois que j'ai oublié de vous parler de ma paranoïa). Un pantalon qui ne ferme plus me signale que j'ai atteint le seuil critique de l'obésité. Ma vie entière est une tragédie grecque.

Ca atteint des sommets dans mes relations avec les autres, comme par hasard (penser à ajouter l'autisme). J'ai toujours peur de ne pas avoir le comportement adéquat avec eux. J'ai tendance à me questionner souvent sur la nature de ce qui nous lie. Les désaccords sont difficiles à accepter, et l'éventualité de rapports de force m'anéantit, je ne les supporte pas. Je prends garde au moindre faux pas, j'ai parfois l'impression qu'il pourrait me faire perdre à jamais l'affection et l'estime des gens. Rien n'est jamais acquis... Je pense que tout ça ne transparait pas au quotidien, mais ce sont des pensées qui ne me quittent presque jamais.

Je vis les choses de façon dramatique, je n'y peux rien. Tout est prétexte à la rumination, à la mélancolie, aux regrets éternels. Je ne sais pas comment ça s'explique, je n'ai jamais vécu dans une atmosphère particulièrement pesante, enfin pas plus que la moyenne, donc j'imagine que c'est une disposition d'esprit qui m'est propre. Ah ! Mais moi aussi j'aimerais en avoir rien à faire de rien ! Je voudrais bien que rien ne soit grave ! Je préfèrerais ne donner aux choses que l'importance qu'elles méritent ! Je me damnerais pour prendre enfin la vie avec légèreté ! Mais je ne suis manifestement pas programmée pour ça.

Je pense que c'est ça qui explique ma propension à tout exagérer (oui, c'est normal que vous ne l'ayez pas notée, elle est TRES discrète). Au fond, je dois avoir besoin de cette gravité, de cette tension. Je suis quelqu'un d'excessif, il faut donc que je me nourrisse de choses consistantes, la tiédeur et la platitude m'ennuient à mourir. La légèreté n'est pas forcément compatible avec ça. C'est la seule explication que je trouve.

Heureusement (c'est le moment où je la ramène avec mon expérience), tout ça a tendance à s'aplanir avec le temps. J'apprends à vivre de façon plus simple, et à me garder de certains sentiments trop violents. Je ne serai jamais quelqu'un d'insouciant, j'en ai fait mon deuil, mais je veux arriver à me protéger des conséquences émotionnelles compliquées qui surviennent quand on prend trop les choses à coeur. J'ai longtemps eu peur que ça fasse de moi quelqu'un d'insensible, de tari, avoir le coeur sec c'est pas tellement réjouissant comme perspective ; mais je pense avoir trouvé le juste milieu entre la perpétuelle vallée de larmes et le je-m'en-foutisme béat. Ca n'est pas toujours facile, les gens ne comprennent pas forcément que vous en ayez marre d'être une éponge à émotions. Cela dit, ce sont les mêmes qui n'en peuvent plus de vos états d'âme sans fond dès qu'ils oublient de vous dire bonjour, donc je me crois autorisée à penser qu'ils sont secrètement soulagés. La gravité m'accompagne toujours, mais j'arrive à en minimiser les manifestations ; c'est un bon compromis, parce que même si la légèreté reste un idéal, elle m'effraye un peu. C'est un état d'esprit tellement contradictoire avec mon moi profond, que j'aurais peur qu'il me dénature. Me perdre est la chose qui me terrifie le plus...

Et puis le bon côté des choses, c'est que ça m'oblige à la dérision ; pour pouvoir supporter le poids de mes affects, je me tourne vers la rigolade, qui du coup devient aussi une affaire sérieuse, on ne plaisante pas avec l'humour. Je ne recule jamais devant une blague, même foireuse, à mon sens ça n'est jamais déplacé. Parfois je me dis que c'est tout ce qui nous reste, la possibilité de rire de tout, tout le temps, et surtout de nous-mêmes. C'est ce qui fait de nous des êtres humains, pour plagier Rabelais qui disait beaucoup plus simplement que le rire est le propre de l'homme.

La physique est implacable, un kilo de plume sera donc toujours aussi lourd qu'un kilo de plomb ; mais comme l'âme humaine, elle, est fuyante et trompeuse, un kilo de plume aura décidément toujours l'air plus léger.


Spéciale dédicace : à ma mère, pour qui cet aspect de moi est probablement assez obscur, malgré le fait qu'elle me connaisse évidemment très bien. Je suis heureuse de penser que depuis quelques temps, mes mots et ses yeux nous rapprochent l'une de l'autre.


Commentaires

tes mots sont aussi lourds que de l'or (c'est plus beau que le plomb quand même) et aussi légers qu'une crêpe au nutella (c'est beau de rêver...)
comme tu dis à la fin, la dérision et l'humour sont essentiels.
très jolie note as usual

Écrit par : Dorothée | 08/10/2006

Tu m'as touchée, avec cette note. Très bien écrite, avec beaucoup de sincérité et de justesse. Merci!
Je crois que c'est un trait de caractère que je partage un peu, en tous cas en ce qui concerne les relations humaines. Je ne sais rien prendre simplement. Le moindre mot, le moindre regard devient immédiatement une équation au quatrième degré que je me dois de résoudre. Et bien sûr, c'est dix fois pire quand il s'agit de mes agissements propres avec les autres. Je complique tout. Du coup, comme toi, je me pose un millier de questions sur les gens qui m'entourent, l'opinion qu'ils ont de moi, ce que je représente pour eux, en me plaçant toujours au plus bas de l'échelle, évidemment. Au bout du compte, ça en devient usant!
Parfois, je me raisonne, et j'essaie de relativiser. Mais on ne se refait pas, n'est-ce pas? Qu ne donnerais-je pas parfois, pour un peu de simplicité d'esprit!

PS: je n'y attachais aucune d'importance jusqu'à il y a peu, peut-être toi non plus... Mais par simple curiosité, ton signe astrologique serait-il scorpion?? (tu n'es pas obligée de répondre)

Écrit par : Emma Bovary | 08/10/2006

encore une fois, pomme m'a tuer.
bon je vais relire tout ça plusieurs fois comme d'habitude, le temps de bien digérer... et de me demander une nouvelle fois si tu habites dans ma tête ou quoi???

Écrit par : julie | 08/10/2006

Emma : moi je suis scorpion :) scorpion power powaaaa ^^
Sinon Pomme, trés joli "texte", monologue...Je connais beaucoup de personne qui sont comme ça, qui s'adaptent à la personne et à la situation en fait...C'est sans doute une bonne chose, mais à vouloir tout saisir, tout controler aussi celà me vite devenir une prise de tête...donc ZzzZEeeeEnnnnNN :)

Écrit par : Mline | 08/10/2006

Ah trop fort, pomme habite aussi dans ta tête julie ? C'est l'effet que ça m'a fait quand j'ai découvert son blog ;-)

Alors oui la légèreté ça peut venir, je m'en suis rendu compte, et l'humour sauve tout.

Et ta dernière phrase est totalement sublime.

Écrit par : Hélène | 08/10/2006

@dorothée : ça c'est du compliment... merci ! Pour le nutella je préfère ne pas y penser, ça devient aussitôt un drame ;-)

@Emma Bovary : non, on ne se refait pas, en effet... je crois que l'essentiel c'est de ne pas trop le regretter ! Merci de tes compliments, je suis contente que tu te sois retrouvée dans mes mots.
PS : je suis Capricorne, mais ascendant Scorpion, maintenant que j'y pense... à une époque je me suis beaucoup intéressée à l'astrologie, donc je pense comprendre le sens de ta question.

@julie : bah non, je pourrais jamais habiter dans ta tête, j'ai les hanches trop larges, j'y rentrerai pas ;-))) Je viens de voir ta note sur BK, elle m'a beaucoup interpelée... je commente demain !

@Mline : ah oui, zen, si seulement ;-) C'est sûr qu'on ne peut pas tout contrôler, et c'est bien le problème... contente que ça t'ait plu ;-)

@Hélène : nan, dans ta tête je pourrais pas y entrer non plus ;-) Merci...

Écrit par : pomme | 08/10/2006

Ben voyons! Primesautière, c'est que tu es la première à sauter sur le serveur pour te faire remplir le verre.
Pas la peine d'avoir fait lettres sup pour savoir ça.
bises

Écrit par : jean-christophe | 08/10/2006

Eh bien voilà: ce billet, ce très beau autoportrait, grave et léger, élucide définitivement pourquoi on t'aime !

Écrit par : sophie L.L | 08/10/2006

Ce n'est pas que je m'intéresse particulièrement à l'astrologie. A vrai dire, je n'y pense pas souvent. Mais dernièrement, j'ai découvert des coïncidences, ou plutôt des similitudes troublantes entre plusieurs scorpions, et j'ai commencé à y croire un peu.
Donc tant pis, je me suis plantée! Mais apparemment, tu habites déjà dans la tête de pas mal de monde, par ici, ce qui explique que j'ai pu penser à une similitude de signe, alors qu'en fait, c'était tout bonnement une colocation de plus! ;-)

Écrit par : Emma Bovary | 09/10/2006

Il y a un livre qui vient de sortir sur ce thème, les autres leurs mots leur pouvoir d'Alice Ferney ... pas encore lui mais le sujet m'intéresse ...
Très jolie note ... Je me sens proche de beaucoup de tes phrases ... et de tes parenthèses surtout !
Bises

Écrit par : Bounty | 09/10/2006

... je voulais dire pas encore LU ! Mais je compte l'acheter sous peu ...

Écrit par : Bounty | 09/10/2006

wouah, j'ai trouvé ma jumelle!

Écrit par : marie caroline | 09/10/2006

@jean-christophe : ;-))))))) Je vois que as profité de ton week-end au calme pour lire le dictionnaire !!! Bises pareil.

@sophie L.L : c'est si gentil...

@Emma Bovary : ben ça me fera un point de chute de plus ;-) Il y A sans aucun doute des coïncidences troublantes...

@Bounty (miam ;-)) : tu dois parler de "Les autres"... (merci Julie !)... j'ai lu "Grâce et dénuement" récemment, j'ai adoré, je pense que moi aussi je vais me laisser tenter par le dernier Ferney. Je suis heureuse que ma note t'ait plu... merci de ta visite, à bientôt !

@marie caroline : ;-)))) Quelque chose me dit qu'on est nombreuses dans ce cas...

Écrit par : pomme | 09/10/2006

Oui moi aussi j'avais lu Grâce et Dénuement je suis prof de french et cela était conseillé en lectures 3èmes (collège). J'ai bcp aimé ce livre et oui c'est bien Les Autres ... Je vais vraiment l'acheter je pense ... Je me sens très concernée par le sujet.
Je te rends visite très souvent ... tu es dans mes favoris, j'aime beaucoup ta plume ... f'in ta souris lol !
Bises

Écrit par : Bounty | 09/10/2006

Prends-tu également les BONNES choses de façon excessive? C'est important de voir aussi le bon côté des gens, des relations, de tout quoi. Pour éviter le je-m'en-foutisme et les noeuds au cerveau.
Je ne suis pas claire, excuse moi, il est tard.
Ta dernière phrase est superbe...
Isabelle

ps : comment va ton dos ?

Écrit par : isabelle | 09/10/2006

Trop émue et trop touchée par ce billet, Pomme, pour parvenir à le commenter. A mon avis, tes hanches ne sont pas trop larges pour habiter dans mon coeur. Cette phrase est, sortie du contexte, à la limite du gore, mais je me comprends, j'espère que toi aussi.

Je suis du genre après une soirée à me refaire tous les dialogues dans ma tête pour être sûre de ne pas avoir merdé à un moment ou à un autre, pour vérifier si, sans le vouloir je n'ai pas été trop ceci ou pas assez cela.

Reste comme tu es, et je suis d'accord avec Hélène, ta dernière phrase est magnifique.

Écrit par : caro | 10/10/2006

J'ai été émue par ton post Pomme, vraiment. Parce que c'est superbement écrit (comme d'habitude) mais pas que. Je me suis retrouvée dans certains des comportements que tu décris et à en croire d'autres commentaires, je ne suis pas la seule ! C'est rassurant dans un sens. Je prends souvent à la dérision ce qu'on me dit sur le moment, j'en rigole, j'amplifie même. Ca fait rire. C'est seulement après quand je me retrouve seule face à ces conversations et ces critiques –qui la plupart du temps n’en sont pas-, que je me le remémore que cela fait mal. Mais je me soigne.
En fait, c'est la vie me soigne, l’expérience, les obstacles que l'on rencontre. J’apprends à devenir légère, à relativiser et c'est un pur bonheur. Je crois que c'est comme tout, à partir du moment où on prend conscience d'un comportement, d’un aspect de nous, on est déjà en train de "le traiter"...

Écrit par : Fruit | 10/10/2006

En lisant les commentaires de tes lectrices depuis quelques temps, toutes ces lectrices qui te comprennent si bien ou que tu comprends si bien, je me dis que ton talent est peut-être là: dans cette capacité de poser les mots qui collent à la vie. Ces mots qui nous font re-vivre ensuite ces moments-attitudes-émotions, avec en bonus, ta tendresse, ta lucidité et (évidemment) ta poésie. Toujours un plaisir de te lire!

Écrit par : funambuline | 10/10/2006

@Bounty : c'est très gentil, je suis flattée d'être appréciée par une professeur de français !
En revanche... donner à lire du Ferney à des ados de 14 ou 15 ans... ça me laisse perplexe, il me semble que c'est un peu jeune pour pouvoir apprécier son écriture ! Cela dit je suis un peu réac ;-)
Bises aussi, à bientôt !

@Isabelle : il va mieux, c'est gentil de prendre des nouvelles !
Si tu es claire ! Je ne suis pas certaine de prendre les bonnes choses autant à coeur, hélas... bizarrement, il m'en faut peu pour être heureuse, mais je ne ressens pas les bonnes choses de façon aussi extrême, non. Tordue, je te dis ;-)

@caro : oh oui je te comprends... merci beaucoup...

@Fruit : oui, se rendre compte des choses aide à les désamorcer j'imagine... c'est un long chemin, mais il vaut la peine d'être parcouru ! Merci de tes compliments...

@funambuline : qu'est-ce que c'est gentil ce que tu me dis là... c'est à mon tour d'être émue...
Je suis contente que tu sois revenue, j'ai craint un instant que ma blague sur les Suisses ne t'ait vexée... c'était te sous estimer, je m'en rends bien compte, mais tu vois, la tendance à la dramatisation trouve un théâtre idéal dans un blog, ça rend un peu dingue en fait ;-)

Écrit par : pomme | 10/10/2006

C'est marrant, je voulais écrire un billet sur le sujet aussi!
Je ne suis pas Atlas qui porte le monde et ses malheurs sur son dos, mais c'est limite. Il faut toujours que je trouve quelque chose de très sérieux, de profond même, dans un détail, même le plus futile!
Et si je sais rire (plutôt bien même! et encore plus quand j'ai bu) je ne pourrai jamais être légère!
Mais quand ça arrive, même un tout petit petit peu, quand pendant une heure j'arrive à être simple, à profiter, à parler de choses sans intérêt aucun (souvent avec des copines ultra légères, qui envient ma gravité..), je suis super heureuse. Mais ça ne dure pas... et finalement tant mieux, je suis comme ça et bien contente de l'être, de toute façon ça ne changera pas!

Écrit par : mariaba | 10/10/2006

ça m'avait plutôt fait rire, ta blague... Merci pour ton commentaire, suis toute rougissante!

Écrit par : funambuline | 11/10/2006

Définitivement tu es la reine des Pommes .... ;-)

Écrit par : Mini Fée | 11/10/2006

@mariaba : oui l'important c'est de l'accepter, et de ne pas essayer à tout prix de changer. C'est marrant ce que tu me dis sur Atlas : la semaine dernière, un ami me disait à propos de mon mal de dos "en avoir plein le dos, ce n'est pas innocent comme expression..." je crois qu'il avait bien raison.
Tu vas l'écrire ce billet j'espère !

@funambuline : avec plaisir !

@Mini Fée : merci ! Je rêve ou c'est le titre d'une vieille chanson de Lio ?

Écrit par : pomme | 11/10/2006

ll ne fallait pas écrire tout ce billet Pomme ... fallait juste mettre ta date de naissance ... J'aurais compris pourquoi j'avais l'impression de me lire ...

Écrit par : Stéphanie | 11/10/2006

Tu l'as très bien décrit!! je me contenterai plutôt de quelques allusions... Parfois on écrit pour se comprendre soi-même un peu plus, au travers des commentaires des autres, et des réflexions qu'ils nous inspirent (ou qu'on s'inspire toutes seules!) mais là je me suis comprise et reconnu dans tes mots! plus besoin de l'écrire alors.. puisque tout est dit!

Écrit par : mariaba | 12/10/2006

Très belle note...
introspective, et j'espère pour toi bénéfique !
J'ai parfois la sensation de m'y retrouver aussi...
mais je n'ai jamais su l'exprimer avec tant de vérité, de mots justes, sans apitoiement ou trop d'humour.
Merci d'avoir écrit ces mots !

Écrit par : Vali, la moman de Samy-la-fripouille | 12/10/2006

Je vois tout à fait ce que tu veux dire, et je pense avoir aussi une bonne part de ce trait de caractère ... alors que, moi aussi, cela ne se voit pas spécialement au premier abord, ce serait même le contraire d'ailleurs. Le fait que je plaisante souvent, sois souriante et apparemment pas stressée (j'insiste sur le "apparemment", car je suis assez loin des apparences), ne signifie pas que je sois si je-m'en-foutiste dans le bon sens du terme.

Alors heureusement, et un peu comme toi, j'ai pris du recul et aborde les choses plus simplement avec le temps (enfin je dis "avec le temps", d'accord je n'ai "que" 22 ans, mais je réfléchis et me questionne depuis 8-9 ans sur des questions existentielles telles que pourquoi faut-il mourrir, pourquoi machin parle-t-il comme ça, pourquoi truc se comporte-t-il ainsi, pourquoi bidule ne m'a pas souri aujourd'hui - c'est très varié).

Pour ma part, je me suis demandé un bon moment d'où pouvait me venir ces questionnements, notamment sur la vieillesse, la mort etc (déjà quand j'avais 9-10 ans, je parlais de "quand je serai vieille" et rarement de "quand j'aurai des enfants" ou autre, bref je sautais une large étape - et les copains me trouvaient très bizarre dès que je commençais à parler de ça).

J'ai réalisé il y a quelque temps, au cours de ma psychothérapie, que cela avait un lien, qui m'apparaît maintenant comme limpide, avec le discours que tenait mon père quand on était petits, mon frère et moi. Son habitude de dire "si la terre n'a pas explosé" (quand on disait "ouais ! demain on part en vacances !" mon père n'oubliait pas de rajouter "si la terre n'a pas explosé" ... ça te calme tout de suite :-p), et puis de nous parler de la vieillesse, du fait qu'on n'était pas en caoutchouc et tout ça ...

Bon OK, après je pense qu'il y a une disposition personnelle. Mon frère, par exemple, n'a pas du tout "fini" comme moi ;-) Nos préoccupations sont bien différentes. J'en déduis donc que ce ne doit pas être la seule raison, ou que j'ai été plus sensible que lui à certaines paroles ... mais cette sensibilité particulière vient bien de quelque chose qui m'est propre, alors !

Bref, je comprends ce que tu veux dire, et à mon avis, tout n'est pas perdu ! ;-)

Écrit par : Odile sans régime | 12/10/2006

Ton concept de QCM humain, bof! Si la vie était aussi simple qu'un QCM, ça se saurait! Sinon, sur le fond, je sais pas trop quoi te dire, sinon que chacun mène sa vie comme il le peut!

Écrit par : pedro | 12/10/2006

@Stéphanie : presque jumelles finalement ! Enfin, pas de la même année me semble-t-il... je suis toujours touchée quand on se reconnait dans mes mots.

@mariaba : oh, ça m'aurait plu, tout de même ! De toute façon, lire tes posts est toujours un plaisir !

@Vali : c'est très gentil... Merci de ta visite, c'est si agréable de voir de nouvelles têtes ;-)

@Odile : ah, Odile ! Comme toujours ton commentaire me scotche ;-) Je suis fascinée qu'une personne de 22 ans puisse faire preuve d'autant de maturité. A cet âge là, j'étais complètement débile (dédicace à quelqu'un qui se reconnaîtra ;-)).
Bref. Comme tu le dis, je pense vraiment que c'est une sensibilité propre à chacun en effet. D'une façon générale, plus ça va, plus je pense que les causes extérieures sont une excuse un peu facile, mais bon, ça aussi, c'est une sensibilté qui m'est propre ;-)

@pedro : euh oui enfin, c'était une blague, tu sais ! En effet, ça se saurait si ça se résumait à ça ;-) Du reste je ne souhaite à personne de se résumer à ça, on n'est pas des machines hein !

Écrit par : pomme | 12/10/2006

"J'ai tendance à me questionner souvent sur la nature de ce qui nous lie. Les désaccords sont difficiles à accepter, et l'éventualité de rapports de force m'anéantit, je ne les supporte pas. Je prends garde au moindre faux pas, j'ai parfois l'impression qu'il pourrait me faire perdre à jamais l'affection et l'estime des gens "

... J'aurais pu l'écrire.
Sans vivre dans une constante tragédie grecque, je me retrouve en train de retenir mes larmes après t'avoir lue ... Va comprendre.

Écrit par : Madame Patate | 14/10/2006

@Madame Patate : c'est très émouvant ce que tu me dis... moi non plus je ne sais pas l'expliquer...

Écrit par : pomme | 15/10/2006

Difficile de dire quelque chose après ça.
Sauf que, c'est première fois que je viens sur ton blog, et dès la première note, tu m'a donné l'impression de lire ma vie (égocentrique moi? non!!!). Tu es sûre que tu n'as pas tendance à te faufiler dans la tête des gens?

Je pense que ce n'est effectivement pas donné à tout le monde de chercher à se connaître soi même. Il faut être curieux et courageux (ou compètement torturée, au choix). C'est quelque chose qui est assez effrayant, d'oser regarder en face ses défauts comme ses qualités, et de ce dire que l'on est peut être pas ce que l'on pense (ou aimerai) être. Et peut être tout simplement qu'il faut déjà savoir plonger dans les méandres de la mélancolie et de la souffrance (par l'extrème émotivité?, suis même pas sure que ce soit un vrai mot ça) et en ressortir, pour affronter ce que "se retrouver en face de soi" peut faire ressentir. Il est peut être plus simple d'être "légère", et éviter ce genre de questionnements (oui, en plus d'être égocentrique, je donne parfois dans la sous-philosophie pascalienne), mais au final, je crois que je ne regrette en rien d'être comme je suis (bon d'accord, de temps en temps, je l'avoue).
Mais par contre, je dois avouer que je suis arrivée au même point par un chemin différent. J'ai du mal à définir ce que je ne suis pas (je peux définir ce que je voudrais être, et on peut peut être en déduire que si je veux l'être, c'est que je ne le suis pas, mais j'ai des doutes), et ce que je pense être, je l'ai vu en cherchant le pourquoi de mes actions et réactions. En bref, ce qui me poussait à être comme je suis.
Et aujourd'hui, aux vues de la complexité de ce que je suis et des facteurs (ma "personnalité" propre et mon "éducation" et mes "expériences") qui influent sur mes décisions, je peux dire sans trop me vanter, que j'ai une petite idée précise de ce qui me pousse à faire ce que je fais (et ça m'empêche pas de le faire, même si c'est idiot), donc peut être à me connaître moi même...

Je ne suis pas sûre que tout ça était très clair...

Écrit par : Lilo | 18/10/2006

@Lilo : enchantée de cette rencontre virtuelle, qui précède la "vraie" ;-) Ton commentaire (encore une fois !) m'a coupé le souffle, je le trouve très profond et très intime.
Je ne sais pas si c'est effrayant de se regarder, moi c'est le contraire qui me terrifierait : me voiler la face... et c'est vrai que ça découle, pour moi en tout cas, d'avoir été confrontée à ma propre souffrance.
Connaître ses moteurs, ses antécédents, les avoir analysés, ça permet bien sûr d'avancer, en revanche je ne crois pas que ça aide à changer. Du reste ça n'est pas ce que tu voulais dire. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne choisit pas certains des traits marquants de sa personnalité, et que la seule façon de vivre en paix c'est de les accepter. Tu as bien raison de ne rien regretter !

Écrit par : pomme | 18/10/2006

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