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24/09/2006

Temps de choses à faire

Oui je sais, je suis pas super forte en jeu de mots. Saint Calembour, venez-moi en aide !

L'été est fini. Ca faisait déjà un moment, répondront les sarcastiques ; quoiqu'il en soit, ça m'est égal, je déteste la chaleur, et je suis soulagée que la température moyenne retrouve un niveau raisonnable (inférieur à 22°, à partir de 23 je suffoque).

Ce que marque pour moi l'arrivée de l'automne, c'est une fois de plus le signe du temps qui passe, qui fuit, qui court (le premier qui ajoute "qui nous rend sérieux" me copiera 100 fois "je ne regarderai plus le concert des Enfoirés en boucle", compris ?). Le temps contre qui si longtemps je me suis battue, et qui est aujourd'hui mon meilleur allié. Je suppose que la plupart des gens de plus de 30 ans se disent la même chose... d'autant plus si comme moi, on se sent de mieux en mieux au fur et à mesure que les années passent.

A 20 ans je suis tombée sur une citation de Paul Nizan, dont j'ai su immédiatement je le trouverai de plus en plus juste : "J'avais 20 ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie". Ca résume exactement mon sentiment par rapport au temps qui passe.

Plus jeune, le temps était pour moi une menace ; je pensais avoir tellement de choses à accomplir, dans un délai tellement court et rigide, que j'en oubliais de vivre. Les fameux objectifs que je me laissais imposer par d'autres m'obsédaient, je me sentais obligée de les atteindre le plus vite possible pour enfin... pour enfin quoi ? Je ne le saurai jamais, et je ne le regrette pas.

La façon dont je suis faite ne m'a permis d'accomplir aucun de ces défis, probablement parce que je ne le voulais pas ; je crois qu'au bout d'un moment, j'ai décidé de laisser courir le temps, de me laisser porter par lui. J'ai découvert avec stupeur que j'en retirais un intense sentiment de libération ; sans cette épée de Damoclès, beaucoup de choses devenaient possibles, subitement et sans explication. Vouloir retenir le temps n'avait pour résultat que de le faire fuir encore plus vite. D'une façon générale, lâcher prise est un soulagement incroyable.

Les années m'ont aussi apporté ce qu'on pourrait appeler un semblant de sérénité ; très longtemps j'ai été immature, incertaine, influençable, ballottée d'une incertitude à l'autre ; je me cherchais tellement que cette quête m'empêchait de me voir telle que j'étais. J'avais le regard levé vers d'improbables "modèles", je ne comprenais pas que c'était en moi que je découvrirais qui j'étais. Le temps passé à me retrouver au bout de ces impasses m'a beaucoup appris, et m'a aidée à me recentrer sur moi-même, à me trouver une cohérence, à me détacher de certains idéaux. J'ai eu 20 ans, et ce n'était définitivement pas le plus bel âge de ma vie. A 30 ans passés, je ne sais pas où se situe l'apogée, ni même s'il y en a une, mais je considère l'avenir avec calme, et sans angoisse. Le temps me porte au lieu de me freiner... j'aime toujours autant regarder en arrière, mais ce qui s'ouvre devant moi ne m'effraie plus.

Aujourd'hui je ressens toujours le temps qui passe avec une grande acuité ; les années qui défilent ne me laissent jamais indifférente, mais j'ai accepté cet état de fait, et surtout je n'essaie plus d'évaluer l'hypothétique "valeur" de ma vie à l'aune de ce que j'ai fait du temps. J'ai vécu, voilà ce que j'ai fait. Je crois que c'est la meilleure manière, en tout cas la plus humaine, d'occuper le temps. Car je n'ai pas non plus envie d'être passive face à lui ; le temps a sa vie propre, élastique, saccadée ou morne ; pour vivre avec, on n'est pas obligé de courir après en permanence, on peut s'en accomoder, ou être à contre-temps, mais au final une certaine harmonie entre la vie et le temps est possible.

Parfois la vie qui coule se rappelle à moi de façon plus formelle : certains délais professionnels restent stressants, même si on a envie de les tenir. Mais faire les choses au dernier moment n'est plus une perspective qui m'inquiète, au contraire, l'urgence est pour moi un état fécond (non, je ne suis pas enceinte, rassurez-vous). A certains moments aussi, l'inconsolable nostalgie de l'enfance me prend à la gorge ; c'est étrange d'ailleurs, l'enfance n'est pas nécessairement un temps heureux (surtout quand on ressemble à Chucky, poupée de sang), ce qui me fait dire que c'est la simple peur de la mort qui refait surface sous cette forme.

Car tout est là, n'est-ce pas ? Il faut croire que nous tenons follement à notre vie, pour avoir si peur qu'elle se termine. Parce qu'on peut bien raconter tout ce qu'on veut, on peut bien être courageux, lucide, résigné, ça reste quand même une perspective délicate à envisager.

"Vulnerant omnes, ultima necat" (oui j'ai fait du latin) : ça veut dire "Toutes blessent, la dernière tue", et ça parle des heures. J'aime beaucoup cette définition un tantinet (!) pessimiste, mais je regrette qu'elle ne précise pas que certaines rendent heureux ; la fuite du temps est inéluctable, et c'est à mes yeux une raison suffisante pour ne plus vouloir considérer le temps comme un ennemi.


Spéciale dédicace : à Hélène, à qui ces derniers jours le temps a dû sembler bien long, et qui dans les semaines à venir, le trouvera probablement aussi court que moi.

Commentaires

Voici un petit médicament que sans le savoir tu m'administres.
En ce moment, il me lamine, ce putain de temps, et j'arrive pas à lâcher prise, il n'avance pas, et me laisse à mes sentiments tristes.
Sentir autant de sérénité, là, dans tes lignes, ben ça m'en donnes un peu à moi aussi. Tu veux bien que je t'en prennes un peu, hein dis?

Écrit par : CherryOnTheCake | 24/09/2006

Waow, ça valait la peine d'attendre pour avoir ce billet à lire ! Chapeau Pomme !

Tu exprimes une fois de plus à merveille ce que je ressens, et cette phrase de Nizan m'a longtemps accompagnée.

Merci pour la dédicace, tu es choute ;-)

Écrit par : Hélène | 24/09/2006

Je t'admire de savoir prendre cette fuite du temps avec tant de philosophie.
Moi aussi à 20 ans j'adorais cette phrase de Nizan que je ressortais à mes parents quand ils avaient l'audace de me dire de profiter de ma jeunesse et de ma chance justement d'avoir 20 ans !
A 30 ans j'étais super bien dans mes pompes, heureuse de vivre ma vie d'adulte rassérénée avec moi-même, apaisée en fait.
Le jour de mes 40 ans j'ai pleuré, et je donnerais bien mon âme au diable (surtout si il s'habille en Prada (chacun ses références))pour les retrouver ces fameux 20 ans !
Bon c'est sur je ne stresse plus pour des conneries, si le dossier n'est pas bouclé à temps ça ne déclanchera pas une guerre mondiale, j'ai appris à relativiser, mais merde c'est chiant de vieillir, de se faire appeler Madame et d'avoir des poches sous les yeux (et j'en passe) !!

Écrit par : Laurette | 24/09/2006

Bon je me relis et je me trouve triste, c'est le syndrome dimanche soir pluvieux, désolée !!

Écrit par : Laurette | 24/09/2006

@Cherry : oh ben oui, prends-en tant que tu veux ! Tu me devras juste une bouteille de cava ;-)

@Hélène : c'est normal, ça s'y prêtait bien, et la phrase de Nizan m'a fait penser à toi... merci !

@Laurette : bah non sois pas désolée, le sujet est pas spécialement funny, faut dire ! Et puis ce temps... (il a carrément grêlé, je rêve ;-))
Je comprends ta vision des choses... pour l'instant je suis relativement épargnée, mais quand ce ne sera plus le cas je ne peux pas jurer de ma réaction hein ! Ca ne doit pas être facile à vivre tous les jours, j'en suis consciente.
Cela dit tu es loin de ressembler à une momie quand même, vraiment très loin !

Écrit par : pomme | 24/09/2006

C'est fou. Tes notes sont si justes! Il n'y a rien à ajouter.
Je ressens exactement la même chose.

Écrit par : garance | 24/09/2006

Merci pomme... toujours agréable de te lire. L'élasticité du temps t'a joliment inspiré. Personnellement j'attends mes 30 ans avec impatience... (qui a dit gamine? :o) )

Écrit par : funambuline | 24/09/2006

C'est très beau.
Dis moi, (on est entre nous) tu fais croire, que tu as la trentaine mais en vrai tu as 72 ans et tu viens de passer les 40 dernières années avec un maître bouddhiste ?

Écrit par : Lucette | 24/09/2006

Ah merci Pomme! Enfin un peu d'optimisme et de douceur de vivre au milieu de cette mélancolie qui est tombée sur la blogosphère en même temps que l'automne faisait tomber les premières feuilles des arbres!!!
Une de mes expressions favorites est "Chi va lento va sano. Chi va sano va lontano". C'est à dire "Qui va lentement va sûrement et qui va sûrement va loin". Autrement dit, rien ne sert de courir après ou de lutter contre le temps mais essayer plutôt le prendre!
Mon caractère, et ma démarche même, sont teintés de cette philosophie, peut-être parce que je suis né à Besançon, capitale du temps qui a même créé un Musée du Temps!!!
Par contre je ne suis pas trop d'accord avec cette phrase de Nizan : "J'avais 20 ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie". 20 ans, c'était le plus bel âge de ma vie, et 10 ans aussi, et 15 ans, et 24 ans, et 18 ans, et 12 ans... Tous les âges de la vie sont beaux, c'est ça qu'il faut réussir à comprendre. Tous les âges sont beaux dans leur différence, dans ce qu'ils nous ont apporté ou retiré, dans les bonheurs et les malheurs qui les ont accompagnés.

LA VIE EST BELLE QUOI, MERDE!!! ;-) COMPRENEZ-CA!!!! PAS TOUJOURS FACILE D'ACCORD, MAIS BELLE!!! On a quand même la chance de connaître cette aventure pas banale qu'est la vie alors ne nous en plaignons pas...

Que la force soit avec vous!

Écrit par : pedro | 24/09/2006

Très joliment écrit ce post (what's new ?), et en plus il donne à réfléchir... J'ai trop de choses qui me viennent à l'esprit pour mettre un commentaire qui se tient. Alors voici 2 ou 3 trucs en vrac :
Après 30 ans le temps passe beaucoup plus vite. Why ??
Je viens juste d'avoir 40 ans et j'ai longtemps cru que ce jour-là, je pleurerais toutes les larmes de mon corps. Je l'ai cru, jusqu'à cette longue et douloureuse maladie. Je remercie aujourd'hui le ciel d'avoir pu fêter mes 40 ans !!
Ceci étant je donnerais cher pour revoir mes 20 ans !....
Contente de t'avoir retrouvée dans notre monde virtuel.
Bise
Isabelle

Écrit par : isabelle | 24/09/2006

L'apogée? Je dirais que ça existe vers 36-38. Avant on est jeune con. Après, vieux con. Et la crise de la quarantaine est dure à vivre.

Écrit par : Lost in France | 25/09/2006

;-)
Je sais qu'à mes 20 ans la citation que j'aimais le plus était "nemo me impune lacessit" (personne ne m'injurie impunément) et dont je savait que le chardon était la fleur représentative!!!! C'est dire comme j'était à fleur de peau (oui, maintenant que j'en ai 30, je fais de formidables jeux de mots ;-D). C'était mon adolescence tardive et je me sentais très mal dans ma peau. Oui, c'est à cet âge là que je me suis fait les meilleurs amis que j'ai pour l'instant, mais j'ai encore le temps de m'en faire d'autre et jamais je ne dirai à une personne de 20 ans que c'est le plus bel âge... Au contraire, on se cherche! Et je pense que l'on devient serein le jour où on commence à se trouver (parce qu'on sait que l'on est sur la bonne voie)
Je sais pas si j'ai été bien claire là... :-$
Qu'est-ce que c'est encore bien écrit... :-)

Écrit par : Esther | 25/09/2006

Enccore une fois tes mots font écho à ce que je vis en ce moment!
Mes 25 ans approchent et je suis partagée entre une nostalgie d'un "âge d'or" (qui n'a pourtant jamais existé chez moi!), la frustration de n'avoir presque rien fait de ce qu'il aurait "fallu faire" (oui, c'est tordu) et un avenir où, je le sens, les choses vont se simplifier.
Je veux vieillir!!! je ne veux plus supporter cet âge où on est censés vivre des trucs incroyables, où on se construit! c'est bien trop tôt, ou alors déjà trop tard (je ne sais pas si je suis très claire..)
Bref, j'aurais du naître à 26 ans, ça aurait très bien convenu à mon caractère et à tout le reste!
Alors merci de dire si bien les bienfaits du temps qui passe!
(Et moi j'adore l'automne, c'est la saison où je me sens super bien, surtout parce qu'enfin on quitte les chaleurs qui liquéfient le cerveau et font gonfler les doigts!)

Écrit par : mariaba | 25/09/2006

Ce qui est génial quand on te lit, Pomme, c'est qu'on ne se sent jamais seul. Tu parles d'états d'âmes que beaucoup ressentent mais peu expriment, et te lire invite à une sorte de lâcher-prise salutaire ! Merci pour ça !

Le temps qui passe j'ai commencé à le sentir à 25 ans. Grosse remise en question, une vie qui ne démarrait pas, pas mal d'échecs, que j'avais vécu plus mal que je le pensais. Et quand j'ai eu 25 ans j'ai eu l'impression d'avoir raté ma vie (moui... je vais dans l'extrème, moi, quand ça va pas...).
Quelques années plus tard (pas tellement, hein, je vais sur mes 29 ans) ça va vachement mieux. Je commence à construire ma vie, et je me rends compte que tout un futur ne se décide pas sur des choix faits à l'adolescence. La roue tourne, et des choix, on en a toute sa vie. Aujourd'hui je sais à peu près où je vais, et je commence à accepter de ne pas suivre le chemin idéal que je m'étais choisi, ado. Et je suis heureuse. Comme toi, je pense que 30 ans c'est un âge extraordinaire, celui de la sérénité ; la preuve, j'y suis bientôt et je me sens BIEN.

Écrit par : Cely | 25/09/2006

Bon, les filles, mes 30 ans, c'est dans 3 semaines, et j'en suis malade. Le temps file et ma vie ne ressemble toujours pas à celle que j'ai rêvée (mes rêves à moi, hein, pas ceux imposés par les autres)...
Je vais lire, relire, et relire ce message chaque jour, jusqu'à ce que je sois convaincue que 30 ans c'est chouette ;-)

Écrit par : Fyfe | 25/09/2006

Tsss, comme d'hab, on reste coi face à tes posts.....Enfin, façon de parler, parce qu'on trouve toujours un truc à rajouter quand même, en chechant bien, derrière les fagots....

Ma contribution du jour sera la suivante : Mes 20 ans, c'était over méga cool, par contre, on m'a bassiné toute mon adolescence à me dire que ça, c'était les plus belles années de ma vie......Je souriais de façon conciliante en me disant "Vais-je me trancher les veines ou avaler dix paquets de Smarties pour m'overdoser?"
Dieu merci, étant une adepte de la philosphie Scarlett O'Harienne (Tomorrow is another day, I'll think about it tomorrow), j'ai patienté. Ben figurez-vous que je ne suis plus grosse (enfin, pas trop trop), ni mal dans ma peau, ni acnéique, ni mal fagotée, mes cheveux ne sont plus gras, j'ai le droit de sortir, bref, ça valait le coup d'attendre et de ne pas croire aveuglément ce que me disaient des imbécile finis!

Écrit par : Charisma | 25/09/2006

Et bien voilà, encore un billet magnifique, c'est clair que c'était bien d'attendre. Tu vois, le temps sans te lire fut long et le temps de te lire a filé. Je me reconnais aussi, à 20 ans j'étais dans la détestation de moi et dans l'adoration de tous ceux qui ne pouvaient pas m'aimer.

Je trouve que la trentaine est un passage formidables, angoissant par instants mais passionant toujours.

Je ne sais pas où nous allons, mais sois sûre d'une chose, à trente ans passés tu es quelqu'un de bien, juste quelqu'un de bien. Et ce n'est pas Enzo Enzo qui dira le contraire. Continue à écrire ces si belles choses, ta citation en latin me plait également, même si la mort, ouh là là la mort... Je préfère en rester là ! ;-)

Écrit par : caro | 25/09/2006

Tu as vraiment un donc pour exprimer le ressenti de tout un chacun !
Je pense une fois de plus de la même manière que toi. Pour rien au monde, je ne retournerai en arrière!

Écrit par : marie caroline | 25/09/2006

Juste pour dire qu'à 20 ans j'avais peur d'en avoir 30,
à 30 peur d'en avoir 40,
à 40 horrrrrrrriblement horreur à l'idée de pouvoir en avoir un jour 50,
à 50: euh, en effet un passage difficile,
et puis là j'en ai 52 et je me porte comme un charme, j'ai plein de force, le ciel n'a jamais été aussi beau, les gens aussi intéressants, la vie aussi immense, les hommes aussi craquants, bref ne flippez pas trop, todo va bene !

Écrit par : sophie L.L | 25/09/2006

Tu as parfaitement décrit ce sentiment d'impuissance qu'on peut avoir fasse au temps qui passe. En même temps, cette épée de Damocles nous fait accomplir de belles choses... penser que chaque jour est le dernier.Hum, facile à dire ! ;o)
Tiens c'est marrant, la phrase de Paul Nizan que tu cites a longtemps été mon leitmotiv, une manière de me rassurer j'imagine. Pour terminer, et en parlant des enfoirés ne jamais oublier "que le meilleur reste toujours à venir" :o)))
- Ton écriture est un vrai plaisir -

Écrit par : Fruit | 25/09/2006

Comme toujours, tu écris ce que je ressens... Comme toujours, j'arrive un peu après la bataille, puisqu'il y a déjà de nombreux commentaires... Et je me retrouve également dans ceux de Pedro et d'Isabelle: J'ai toujours l'impression qu'en ce moment, c'est mieux qu'avant : le plus bel âge, c'est celui que je suis en train de vivre, ici et maintenant. Quant à la crise de la quarantaine, je n'ai pas eu de temps à lui consacrer, toute entière occupée à me battre contre une sale maladie, qui m'a paradoxalement rendue incroyablement vivante, et apaisée. Alors le temps qui passe, je m'en fiche un peu (en tout les cas pour moi, moins pour ceux que j'aime bien sûr). Je suis là, je suis vivante, et ça, ça n'a pas de prix. qui vivra, verra...

Écrit par : PAL | 25/09/2006

une note brillantissime de claorvoyance et de pudeur ... bravo j'aurais aimé l'écrire celle la aussi ... je vais finir par être trés jaloux. ;-)))))

Écrit par : Mini Fée hamster | 25/09/2006

Comme d'habitude je suis impressionnée par la qualité de vos réactions ; une foule de choses me viennent à l'esprit, mais je serais redondante...

@garance : ça me fait plaisir...

@funambuline : oh non, gamine, quand même pas ! Cela dit, tout est relatif ;-)

@Lucette : damned, je suis découverte ;-)

@pedro : j'adore ton enthousiasme !!! C'est toi qui as raison, chaque âge a ses plaisirs. Mon grand-père dit aussi "Chi va piano va sano...", ça non plus c'est pas une question d'âge ;-)

@isabelle : merci de ce joli témoignage...

@Lost in France : la phase plateau est courte, à ce que je vois ;-)

@Esther : si si, parfaitement claire... merci !

@mariaba : j'ai pensé à ton post récent sur le sujet... encore un point commun !

@Cely : oui, c'est ça, tout n'est pas tracé ! quel soulagement... merci de ton compliment.

@Fyfe : je crois que le plus dur c'est avant... quand c'est passé, on commence à s'y faire, ainsi va la vie !

@Charisma : je vois que ta lucidité ne date pas d'hier ;-)

@caro : je ne sais pas quoi dire... ce que tu écris m'émeut beaucoup....

@marie-caro : ah non hein, maintenant qu'on y est, on y est bien, alors on y reste ;-)

@sophie L.L : voilà des mots porteurs d'espoir... merci !

@Fruit : ravie de te voir ici ! merci de ton mot.

@Pal : moi aussi, malgré mon cynisme, je suis sûre que la vie n'a pas de prix... merci de partager ton histoire.

@Mini Fée : personnellement je SUIS jalouse de ton dernier billet... on est quitte alors ;-)
Ca va mieux les quenottes ?

Écrit par : pomme | 25/09/2006

c’est toujours une surprise de lire tes posts... j’ai toujours l’impression que tu me parles à moi personnellement tellement ça ressemble à ce que je ressens sans savoir l’écrire... ce post-ci, je crois que je vais l’imprimer pour le relire régulièrement tellement il "me parle" et me pousse à réfléchir sur ce que je veux vraiment faire de ce temps qui passe, sans me laisser passivement porter par lui.
merci, et bravo...

Écrit par : Carine | 25/09/2006

Trouver la sérénité d'accepter le temps qui passe, et de se voir, soi aussi, "passer" (avec les signes sur la peau, dans les articulations ...), ça ne doit pas être possible tout de suite ...

Le lâcher-prise dont tu parles est lié à cette sérénité, sans aucun doute ... Quand vraiment on parvient à vivre l'instant présent (on nous rabache ça, mais qui en est "réellement" capable, au long cours, sans se laisser envahir par ses souvenirs, le passé, l'avenir ...) ... donc quand vraiment on parvient à vivre l'instant présent, alors le temps qui passe ne doit même plus être un souci. Une question intellectuelle, peut-être, mais plus un souci existentiel ...

Écrit par : Odile sans régime | 25/09/2006

le concept du "lacher prise" est un genre de phare dans ma vie, le but à atteindre, le truc-que-je-sais-que-ceux qui-y-arrive-vont-mieux... je sais que ça marche pour tout (amour boulot relations humaines en tout genre, amour de soi etc...) (retour de l'être aimé et mauvais oeil sur vos ennemis, madame Irma traite toutes sortes de problèmes) MAIS à ce jour et jusqu'à nouvel ordre, j'y arrive pas.
tu es un mystère pour moi pomme et ça n'est pas la première fois que je suis confrontée à cette question en te lisant: tu a dit ici que la psy, par pour toi merci, OR, tu parles comme quelqu'un d'analysé et de fond en comble si je puis me permettre, sur qui ça aurait trèèèès bien marché ce qui n'est pas toujours le cas, alors, explique moi ça, d'où tu sors cette intelligence profonde qui n'a rien d'uniquement intellectuel, si je me fais comprendre? hein? d'où?

Écrit par : julie | 25/09/2006

@Carine : oh ben je suis rouge de confusion là... merci !

@julie : tu me traites pas de débile ok ? ;-))))
Alors je sais pas du tout quoi te dire. Je suis un cas clinique, je ne vois que ça. Je crois qu'il y a beaucoup de résignation dans mon attitude, il n'y a rien de très courageux là-dedans... j'essaie de me protéger, voilà tout. Et j'aime me pencher sur moi-même, pour ne pas me perdre de vue. J'aimerais reparler de tout ça avec toi, je le ferai de façon plus privée.
J'ai éclaté de rire à ta parenthèse sur Madame Irma ;-)

@Odile : c'est tout à fait ça, je crois qu'il faut arriver à considérer le temps comme une donnée pratique, non comme un problème métaphysique. même si ça resurgit forcément, de temps en temps ;-)

Écrit par : pomme | 25/09/2006

Je me répète toujours mais il faut que je le redise ; autant la note en elle même, "force" la réflexion, mais s'y ajoute les commentaires, et là je regretterais (presque) la dimension virtuelle de la conversation !
Pour ma part, une chose que j'ai "taté" du doigt à plusieurs reprises, et notamment lorsque je crois avoir compris certaines choses qui me mettent "la rate au court bouillon"
C'est qu'il y a un MONDE d'écart entre la compréhension intellectuelle des choses et l'ACCEPTATION de ces mêmes choses.
J'avoue qu'une vie (pour moi !) n'y suffira probablement pas.
Mais ça vaut le coup d'essayer, car en chemin on gagne certaines choses auxquelles on ne pensait pas.

Écrit par : Lucette | 26/09/2006

Puis-je me permettre une apparté ? Julie, dieu merci, il n'y a pas forcément besoin de passer par la case psy pour être intelligent et lucide sur soi-même ;-)
C'est comme si on disait que seuls les gens qui ont la Foi peuvent s'en sortir, quelque part (la Foi ayant en effet été remplacéeaapr le psychanalyse) ;-)

Oui bon, je sors ;-)

Écrit par : Hélène | 26/09/2006

hélène...évidemment, ce n'est pas ce que je voulais dire... je trouve juste qu être lucide A CE POINT et surtout avoir conscience de ce truc très particulier qui est le "lacher prise" (qui s'appelle aussi autrement mais bon on va pas developper ici) est assez rare... et que souvent cela passe par la case "introspection"... pour le reste, je refuse d'avoir ce genre de conversation avec toi ici... (mais la psychanalyse n'est pas une religion b... de m...!!!) ;))) (et je rigole, je souris, je le prend bien ,hein!!!)

pomme, quand tu veux pour en reparler de manière plus privée et promis je ne reprononce plus de gros mots ici, en plus c'est super chiant les gens qui font ce que je fais, je m'en rend très bien compte, les autres je peux pas les supporter mais quand c'est moi c'est marrant, ça me fait pas le même effet... bizarre... ;))

Écrit par : julie | 26/09/2006

Evidemment d'accord avec Julie, chère Hélène: la psychanalyse n'est pas une religion, c'est même le contraire...( Il n'y a qu'à voir ce que Freud pensait des religions)
Si certains analystes en font une religion (?) ben c'est leur affaire, ça prouve juste une fois de +, qu'il y a des andouilles partout !!!

Écrit par : sophie L.L | 26/09/2006

@Lucette : tu as raison de le souligner, les commentaires apportent énormément. Pour le reste, idem, la tête et les tripes suivent rarement des routes parallèles...

Alors là les filles, la conversation prend une tournure inattendue qui me ravit positivement !

@Hélène : aucun problème pour l'aparté, je suis la première à en faire chez toi ;-) Comme toi j'ai tendance à penser que la psychanalyse est devenue une religion, et ça me gêne énormément, probablement parce que toutes les religions me gênent en fait. Je n'ai aucune affinité avec la spiritualité. Mais il est réconfortant de savoir qu'on peut arriver à un certain accord avec soi-même sans aucune de ces croyances, en effet.

@julie : oh ben non c'est pas chiant, loin de là, et tu es autorisée à dire des gros mots en plus ;-) Définitivement, je veux qu'on en rediscute, tiens-toi prête ;-))) Le peu que je connais de toi m'incite bien sûr à penser que tu as toutes les distances nécessaires par rapport à ce sujet.... Et promettez-moi de ne pas vous taper dessus si vous discutez de tout ça de vive voix, les filles !

@sophie L.L : ta conclusion me convient parfaitement ! Ce qui me gêne, c'est que certaines personnes en détresse doivent tomber sur ces andouilles, dans leur quête de mieux-être...

Cela dit, je suis de parti-pris, je suis trrrrès méfiante avec toutes les techniques qui consistent à soigner l'âme... même si je sais que ça peut en aider certains, bien sûr.

Écrit par : pomme | 26/09/2006

pomme détrompe toi je n'ai aucune distance par rapport à ce sujet, je suis totalement sous l'emprise de la passion la preuve j'arrive à transformer les commentaires sur ton post en débat sur la psychanalyse, je suis désolée c'est une maladie que j'ai en ce moment mais demain j'arrête! ;))

Écrit par : julie | 26/09/2006

@julie : ne sois pas désolée, il n'y a pas de raison ! Si j'avais l'impression que tu fais du prosélytisme, je le dirais, mais ce n'est pas le cas !

Écrit par : pomme | 26/09/2006

Mmmmm, Pomme, je ne crois pas du tout que la psychanalyse -telle que je l'entends- "soigne" l'âme ...

Je crois même au contraire qu'elle "enseigne" précisément, qu'on ne peut pas la soigner, l'âme !

On est insoignables justement, nous les humains,à jamais blessés de certaines choses et c'est cela qui fait notre humanité...Enfin je crois !

Écrit par : sophie L.L | 26/09/2006

argh je voulais arrêter mais là je peux pas, exactement sophie L.L c'est EXACTEMENT ça, lacher prise c'est accepter ça, nous sommes humains, blessés et incomplets nos désirs sont sans limites mais la réalité nous limite, lacher prise c'est accepter ça sans (trop) souffrir et cette fois j'arrête définitivement promis!!

Écrit par : julie | 26/09/2006

Ah d'accord, j'avoue que je n'avais pas saisi la nuance. Malheureusement, ça me ramène à ma conclusion première : on peut très bien y arriver tout seul non ?

Nooooon vous fâchez pas ! Promis, j'arrête ;-)

Écrit par : pomme | 26/09/2006

Pour Fyfe : j'ai eu 30 ans il y a 10 jours, et j'étais complètement paniquée dans les semaines qui ont précédé. Mais Pomme a raison : maintenant que c'est passé ça va beaucoup mieux ;-)

Écrit par : Catherine | 26/09/2006

J'aime assez la tournure qu'à pris cette discussion.
Je suis totalement hatée mais c'est un curé (un pretre ouvrier, parrain d'un cousin et phylosophe de surcroit, ça existe sont pas tous pédophile) qui a permis a ma grand-mère à accepter la mort.
J'imagine que si un jour j'ai besoin d'aide, que ce soit un curé, un psy ou peut importe la personne si elle m'apporte la sénérité qui me manque pourquoi résister ?
Si la religion ou la psycanalyse permetent à ceux qui y font appel à justement "lacher prise" et à se reconcilier avec eux même pourquoi pas ?
J'ai une peur atroce de la mort, donc du temps qui passe, justement parce que je ne crois en rien et que pour moi après il y a RIEN !! Et ce rien c'est pas possible à imaginer.
J'entendais hier matin Pierre Arditi qui racontait qu'à la question de la mort sa mère lui avait répondu que c'était comme dormir mais sans rêver, depuis il est insomniaque !!
J'ai du mal à croire les personnes qui affirment ne pas avoir peur de la mort, je comprends mieux ceux qui à cause de cette peur boivent ou fument avec excés, tout en sachant qu'ils partiront plus vite.
Bref je m'égarre quelque peu. Tellement de choses à dire...
Pour résumer pour moi le temps qui passe me rapproche du RIEN et pas de la serenité, enfin pas pour l'instant en tout cas.

Écrit par : Laurette | 27/09/2006

@Catherine : oui hein, c'était juste un mauvais moment à passer ;-) Et bon anniversaire, malgré les 10 jours de retard ! Je suis contente de te revoir ici ;-)

@Laurette : tu as raison, qu'importe le flacon... je suis d'accord avec toi, la mort est une perspective terrifiante pour la plupart des gens, qu'on soit bien ou pas avec soi-même n'y change pas grand-chose à mon avis...
Quant à ce rien... en revanche il ne me fait pas peur, pour la simple et bonne raison qu'on n'a plus de conscience, "après"... enfin, selon moi, chacun voit midi à sa porte ; la religion, comme la politique, est un sujet très délicat, tant ça semble toucher à l'intégrité morale des gens. Ca me fait très plaisir de pouvoir en discuter de façon policée.

Écrit par : pomme | 27/09/2006

Les "filles" j'ai bientôt 63 hivers au compteur .Je ne suis pas atteinte du T'AS MAL OU ? Des chagrins , des deuils,des misères en tout genre comme tout le monde.
Mais que la vie est belle !
Chaque jour une surprise!
Comme la lecture de votre blog en cliquant chez Matoo.

Écrit par : mume | 27/09/2006

Pourquoi la machine zape le T'AS MAL OU ?

Écrit par : mume | 27/09/2006

@mume : voilà qui est réparé ;-) Je suis ravie de ta visite (je me permets le tutoiement, de mise sur la blogosphère), et du fait qu'elle soit une (bonne, j'espère) surprise !
J'espère de tout coeur avoir la même vision des choses à 63 printemps.... à presque 33, je m'efforce de voir les choses de cette façon, je trouve que c'est une excellente manière d'aborder la vie !

Écrit par : pomme | 27/09/2006

Merci Pomme, c'est vraiment gentil :-)
Je ne manifeste pas beaucoup, parce qu'en général je trouve assez juste ce que tu écris et je ne trouve rien à ajouter ;-) Mais je te lis toujours, et je viens souvent vérifier s'il y a un nouvel article !

Écrit par : Catherine | 27/09/2006

@Catherine : ça me fait plaisir ce que tu me dis ! Merci ;-)

Écrit par : pomme | 28/09/2006

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