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29/06/2006

Etre une femme

Quand j'étais jeune, j'adorais Michel Sardou. Oui, je sais, ça paraît complètement dingue, mais c'est vrai. En vieillissant, j'ai bien sûr gagné en sagesse et en bon goût (bien sûr), j'ai donc pris mes distances avec l'oeuvre (?) de ce chanteur ; cependant, quand cette chanson résonne, plus souvent qu'on ne pourrait le croire, dans un bar obscur et moite aux dernières heures de la nuit, une sorte de frénésie incontrôlable s'empare de mes pieds, de mes bras, de ma voix, bref de mon corps tout entier qui, dans une véritable transe, se met à danser (si on peut appeler ça comme ça) et à hululer ces paroles. Je vis le truc, tu vois ? Il faut dire qu'en général j'ai un petit coup dans le nez à cette heure-là, ça doit aider.


Enfin c'est pas du tout le sujet (avouez que vous avez eu peur), le but c'est de parler de féminité. Ou de féminitude. Du fait d'être une femme.

C'est pour moi une interrogation ancienne, bien entendu ; peut-être pas si ancienne que pour la moyenne des filles, quand j'y réfléchis ; je crois que je me suis posé la question plus tard... j'ai longtemps été ce qu'il est convenu d'appeler un "garçon manqué" (peut-il exister une expression plus infâme ?), et puis soudain, d'un coup, j'ai eu des nénés et envie de me maquiller. J'ai pas du tout senti la transition entre ces deux états de fait, donc j'ai pas eu le temps de réfléchir entre temps, il fallait d'abord que je me débrouille concrètement avec ça.

Et puis, peu à peu, l'idée que je me fais de la féminité s'est esquissée ; elle a varié selon les époques et les événements, jusqu'à acquérir une complexité et une richesse tout à fait satisfaisantes ; de la même façon que j'ai horreur d'entrer dans un moule, de me conformer à une identité ou de me cantonner à un rôle, je déteste que ma condition de femme me réduise, ou me limite. C'est peut-être pour ça que je rechigne parfois à me définir en tant que femme, j'estime être en premier lieu un être humain ; c'est pour cette même raison que je déclare ne pas être féministe ; et enfin c'est probablement à cause de ça que j'ai si peu d'amiEs.

Je ne me suis jamais vraiment bien entendue avec les filles. Je les ai souvent trouvées mesquines, serviles, minaudantes, jalouses, capricieuses. Terriblement femelles. Avec le recul je me dis que c'est incroyable ; à l'adolescence j'ai dû cristalliser ces impressions jusqu'à fuir les amitiés féminines, ce n'est pas possible autrement. Je me sentais différente, et dès que j'en ai eu l'occasion j'ai pris le large et suis allée voir ailleurs si l'amitié était plus verte. Elle l'était...

J'ai donc évolué avec très peu de filles autour de moi, à quelques exceptions près : une tendre amie d'enfance, que je revois régulièrement, et qui a une vie si diamétralement opposée à la mienne que les rencontres sont forcément enrichissantes ; une copine formidable rencontrée il y a quelques années, mais que je vois peu, ce qui nous permet sans doute d'éviter bien des dissensions ; et puis bien sûr il y a ma chère petite soeur, mais là c'est pas pareil, ce qui existe entre nous est d'une telle évidence...

J'ai toujours eu conscience de "manquer" de copines, mais paradoxalement ça ne m'a jamais manqué ; j'ai dû développer tant de préjugés que ça m'a probablement poussée à éviter soigneusement toute ébauche d'amitié féminine. Je me trouvais quand même un peu bête d'être aussi rigide sur la question, mais ça n'allait pas plus loin.

Mais depuis quelques mois, tout ça est en train de changer. D'abord, le fait de tâter de la vie de bureau m'a fait subitement rencontrer beaucoup de filles, dont un certain nombre m'ont radicalement plu, justement parce qu'elles étaient les contre-exemple vivants de mes conceptions. Bon, j'avais déjà travaillé avec des nanas, évidemment, mais cette fois-là, ça a été différent, peut-être tout simplement parce que j'y étais prête, et ça m'a fait réfléchir ; tout comme m'ont fait réfléchir des discussions avec un être cher à mon coeur, fasciné par la force et la profondeur des amitiés féminines.

Et puis surtout il y a vous, les filles qui me lisez et me faites le plaisir de laisser vos impressions. Dans votre immense majorité, vous êtes là grâce à Hélène, que je ne remercierai jamais assez pour ça, et pour me donner envie de changer complètement d'avis sur les femmes. Maintenant, je sais qu'il existe des filles simples, drôles, gentilles et franches, et qui le sont les unes avec les autres. Ca peut paraître inouï, mais jusqu'ici je n'étais pas sûre que ça puisse être possible. Je suis positivement ravie qu'en fait, ça le soit. Et que les échanges que nous avons soient si gratifiants. Ce qui ne doit bien sûr pas empêcher les garçons de participer ! Ca me manquerait.

Tout ça pour dire (eh oui, c'était une digression. Mais primordiale !) que ça me ramène une fois de plus à m'interroger sur la féminité, et à me dire que décidément, c'est une notion pleine de sens et de paradoxes. A penser que ça ne devrait pas être un sujet. A être agacée de reconnaître que ça en est bien un. A l'époque (bien lointaine !) où je considérais encore la distinction homme/femme comme purement physiologique, je situais ma féminité dans mon ventre, sans doute parce que je commençais à être attirée par l'éventualité de la maternité. Je suppose que comme moi, pas mal de filles ont dû penser qu'elles deviendraient femme en même temps que mère... ça me semble à des années-lumière aujourd'hui...

Les années ont passé, et avec elles, le désir, et de toute façon l'éventualité, d'être mère, ce n'est définitivement pas mon karma ; pour autant je ne pouvais pas renoncer à ma féminité ; je me suis donc tournée vers d'autres pistes. J'ai exploré ma féminité plastique. Elle s'est révélée bien vaine, même si j'y suis toujours extrêmement attentive ; à vrai dire elle s'est même retournée contre moi, et je me suis juré qu'on ne m'y reprendrait plus. L'apparence peut devenir une telle prison, je n'avais pas envie de m'y laisser enfermer... elle me semble indispensable dans un souci de respect des autres et de soi-même, et de plaisir de se sentir jolie, les bons jours, mais j'avais envie d'aller plus loin...

A écrire tout ça, je réalise que j'ai beaucoup réfléchi au sujet, finalement. J'y ai réfléchi d'un point de vue strictement individuel d'ailleurs, comme je l'ai déjà dit les communautés me hérissent, je n'ai pas particulièrement envie de me trouver des points communs avec quelqu'un uniquement parce que ce quelqu'un est aussi une femme ; et puis personne ne m'avait rien demandé, je suis bien consciente de ne pas être Simone de Beauvoir, même si je suis totalement d'accord avec elle lorsqu'elle dit : "On ne nait pas femme, on le devient". Je crois qu'aujourd'hui, ma féminité siège essentiellement dans mon cerveau. Que je le veuille ou non, mon esprit est féminin, moi qui suis pourtant dotée de capacités considérées comme masculines (pas de panique ! le sens de l'orientation, le fait de ne jamais pleurer, la résistance à l'alcool, ce genre de préjugés débiles). C'est mon esprit, mon cheminement, mon vécu, qui ont fait de moi une femme, et qui m'ont aidée à m'accepter en tant que telle, à en être fière (encore !), à en être heureuse, en dehors de toute comparaison. Et c'est peut-être ça, la clé de la féminité, ce paradoxe : accepter de se définir en excluant la sempiternelle référence masculine. Que je sache les hommes ne se définissent pas grâce à leurs différences avec le sexe féminin ; non, ils se définissent par rapport à la taille de leur bagnole, qui comme chacun sait est un commode substitut phallique ! (bon ben ça va, on peut rigoler un peu quand même).

Moi en tout cas, j'aime bien cette idée, être juste une personne, et ne pas me laisser arrêter par le fait d'être une femme. Ca me permet d'envisager les relations avec les hommes sous un jour plus serein (et Dieu sait que j'en ai besoin), et d'assumer ma féminité dans ce qu'elle a de plus féminin quand le coeur m'en dit. Je fais ce que je veux. J'ai le droit. Je suis un être humain. Du coup, aujourd'hui, je vis ma féminité de façon apaisée ; et voilà justement que la féminité des autres m'apparaît sous un jour totalement nouveau... si j'étais optimiste, je dirais que la boucle est bouclée.


Commentaires

Mon amoureux me faisait remarquer que je me posais beaucoup trop de questions ...je me sens moins seule ce soir ... :-)

(que l'on soit clair ceci n'est pas une critique négative et je te félicite d'ailleurs pour ce beau cheminement)

Écrit par : Stéphanie | 30/06/2006

Décidément, le niveau d'honnêtitude et de parler vrai grimpe encore!
Je me rends compte que je ne me suis jamais posée autant de questions sur le sujet (c'est grave docteur?), complexes adolescents mis à part...
Ma féminité s'est épanouie un peu toute seule, parsemée de quelques amitiés féminines (mais pas du tout une "girl attitude" qui tendrait plutôt à se développer maintenant) et surtout d'histoires d'amour: pour être claire, la découverte du plaisir!
Physiologique la féminité??? oui, si l'on pense règles/ maternité/ ménopause et pourtant ce serait vraiment réducteur, quoiqu'il me semble que beaucoup de femmes l'envisagent (tristement) sous cet unique angle et souffrent des changements de leur corps.
L'esprit féminin ferait donc toute la différence... Moi je suis heureuse d'être telle que je suis, femme hybride, un peu enfant, un peu homme, un peu animale aussi (non, pas plante!) et j'aime que les mots qui me définissent aujourd'hui soient différents de ceux d'hier et de demain. C'est ça aussi la féminité, la souplesse... et les contradictions!!

Écrit par : mariaba | 30/06/2006

Bizarremment, j'ai redécouvert le bonheur des amitiés féminines depuis que je vis avec un garçon formidable. Un psy m'expliquerait pourquoi, là je n'ai pas tellement envie d'y réfléchir. J'adore mes copines, la légèreté et la profondeur de nos relations, nos différences, nos points communs. J'ai rencontré de sacrées garces, des sournoises, des jalouses (c'est très répandu), mais pour rien au monde je ne renoncerais aux moments passés entre filles.

Écrit par : Le confit | 30/06/2006

Merci pomme, pour (encore) ce joli post!
Juste une petite anecdote sur le côté on devient femme en devenant mère... Ma PETITE soeur (que j'adore) est devenue mère il y a deux ans (du plus beaux bébé du monde, j'vous jure, je crache par terre!), et là, mes ennuis familiaux ont commencé, pas avec elle, mais avec mes très nombreuses tantes, oncles et ma grand-mère qui ont tous, d'une manière ou d'une autre posé LA question: et toi, tu t'y mets quand?
Le summum c'était une de mes tantes (qui était femme active et qui a TOUT quitté pour son mari et ses fils, elle vit à l'étranger depuis 8 ans) qui m'a envoyé ce qu'elle croyait être un joli mail en me disant: profites de ta vie aujourd'hui, des amusements de célibataires, parce que quand ça t'arriveras, tu ne pourras plus, et là, tu comprendras LA VIE D'ADULTE...
Ce mail date de janvier, je n'ai pas encore réussi à lui répondre. Ma soeur a bien ri, elle m'a permis de mieux le prendre... c'est devenu un gag récurrent entre nous deux aujourd'hui... mais je n'ai pas encore répondu à ma tante!
En me réjouissant de te relire, pomme!

Écrit par : funambuline | 30/06/2006

@Stéphanie : rassure-toi je ne l'ai pas mal pris ! je reconnais que j'ai tendance à me faire des noeuds au cerveau ;-). Merci des félicitations !

@mariaba : voilà, c'est exactement ça ! exprimé de façon plus claire et plus nette, car j'ai le sentiment d'avoir été bien confuse dans ce post... tant de choses se mélangent... en tout cas je constate que nous avons la même vision des choses, enfin si j'ai bien compris ;-)

@Le confit (je réclame la permission de t'appeler A...k, puis-je ?) : en effet je crois que la proximité de l'homme formidable est propice aux amitiés féminines, et au diable les psys ! Je suis soulagée de voir que je ne me fais pas lyncher pour ce que j'ai dit de certaines filles, mais je suis tellement contente de changer d'opinion qu'il fallait bien que j'expose mon cheminement. Je pense comprendre, au moins de façon intuitive, les délices de l'amitié entre filles... maintenant il va falloir que je m'y mette sérieusement ;-)

Écrit par : pomme | 30/06/2006

@funambuline : c'est clair qu'il vaut mieux en rire ! la pression sociale autour de la maternité est un véritable rouleau compresseur... c'est toujours plus surprenant venant de femmes, notamment celles qui semblent "affranchies" de ce genre d'impératifs. Peut-être est-ce une question de génération... mais à l'écrire je m'aperçois que ça n'est bien sûr pas ça...
J'aurais bien aimé t'aider à trouver une réponse adéquate pour Tatie... mais là j'avoue que je ne vois pas, j'en reste sans voix !

Écrit par : pomme | 30/06/2006

Ces femmes comme toi qui décident sciemment de ne pas être mères attirent ma curiosité. Elles sont si rares ! Tout autour de moi, toutes sont MERES, MERES, MERES, et si fières de l'être.
Moi, je n'arrive pas à avoir d'enfant. Mais avec mon mari, plutôt que de s'en désoler, on a choisi de prendre les choses du bon côté. Notre vie maintenant est axée sur le "non-enfant", et ça nous ferait drôle si d'un coup, je tombais enceinte (j'ai 42 ans).
Mais je ne pense pas qu'être mère rend plus femme. C'est pas non plus une question de tour de poitrine (voir Jane Birkin, si délicieusement féminine). Ni de longueur de cheveux (les femmes ont les cheveux court, les beatniks, longs).
Ca va se nicher où, la féminité, je ne sais pas.
Sinon, en 2 coups de cuillères à pot, je trouve les femmes chieuses, superficielles, dépensières (pour les défauts), et elles font toujours les choses de façon plus chiadée et soignée (pour les qualités). Les mecs sont bruts de pomme, jem'enfoutistes, fanfarons (pour les défauts), et plus démerdes (pour les qualités).
C'est un portrait taillé à la serpe, bien sûr. Il y a des exceptions partout.

Écrit par : poupou | 30/06/2006

Ah, enfin un nouveau billet :-)

Bon j'avais commencé ma réponse tout à l'heure, et puis j'ai pas eu le temps de finir, et entre temps poupou a répondu un peu ce que je voulais écrire. Donc tant pis si ça fait redite...

J'ai beau y réfléchir, j'ai du mal à définir la féminité. Il y a quelque temps, Hélène se demandait si ça pouvait tenir à une coupe de cheveux, déjà, je crois qu'on peut dire non ;-)
En fait je serais tentée de la réduire au deuxième chromosome X, donc aux différences physiologiques dont tu parles (parce que le sens de l'orientation et tout ça, j'y crois pas trop non plus...). Et en particulier au fait de POUVOIR mettre un enfant au monde. En dehors de ça, je pense qu'il n'y a pas forcément plus de points communs entre deux femmes qu'entre deux êtres humains en général.
Quant au désir d'enfant, et au fait de devenir parents (comme poupou le rappelle, les deux ne vont pas forcément ensemble), ça me parait partagé entre les hommes et les femmes, donc pas une caractéristique de la féminité.

Par contre je me sens plutôt féministe, mais je vois ça comme une réponse à une société qui différencie beaucoup les hommes des femmes (et pas du tout comme une guerre hommes-femmes). Et je n'ai jamais pensé qu'il fallait être une femme pour être féministe, je trouverais tout à fait naturel que des hommes le soient aussi...

Continue de nous livrer tes reflexions diverses, j'aime beaucoup te lire :-)

Écrit par : Catherine | 30/06/2006

@poupou : oui il y a des exceptions, et même beaucoup je pense, mais j'ai bien aimé ton résumé ;-)
La maternité... c'est un si vaste sujet ; je comprends le désir d'être mère, mais pas du tout celui de l'être à tout prix, comme si justement la féminité se réduisait à ça... quant au désir d'enfant contrarié, je ne peux l'imaginer mais je suppose que le surmonter est difficile et douloureux ; cela dit tu m'as l'air d'y arriver plutôt bien !

@Catherine : merci ! en fait des tas d'hommes sont féministes, plus qu'on ne pourrait le croire à mon avis, et bien sûr que c'est très bien !
Quant à la féminité, décidément son charme a l'air de résider dans le fait qu'il est si compliqué de la cerner ;-) et pas dans la longueur des cheveux, heureusement pour moi, et pour pas mal d'autres d'ailleurs, si j'en crois les commentaires à ce fameux billet d'Hélène !

Écrit par : pomme | 30/06/2006

Et bien moi, plus je vieillis, plus je me sens féministe. Pas forcément revendicative, pas parce que je pense qu'on a besoin d'être défendues. Mais parce que je trouve que les femmes ont encore très souvent bien du mérite. Du mérite d'occuper des postes identiques à ceux des hommes avec pourtant des salaires bien moindres, du mérite d'essayer de combiner vie de mère et vie de femme, du mérite de s'émanciper de familles parfois trop religieuses, du mérite de ne pas avoir peur des retombées de cette émancipation. Bref, je le dis, j'aime les femmes. Bien sûr, j'ai eu, moi aussi, des rapports conflictuels avec des "femelles" comme tu dis, et j'ai longtemps préféré l'amitié des hommes à celle des femmes. Mais je ne sais si c'est la maternité, ou les années qui passent, j'aime de plus en plus les liens qui se tissent entre femmes, des liens parfois mystérieux, qui tiennent au fait qu'on sait, les unes et les autres, que parfois le chemin est cahoteux...

Et par exemple, toi, Pomme, tu es de ces femmes que j'aimerais connaitre.

Écrit par : caroline | 30/06/2006

pomme si on avait été moins timides à l'époque on aurait peut être pu être amies, qui sait? surtout que la première année j''étais très seule.
sinon, pour ma part je fais partie aussi des femmes qui ont décidé de ne pas avoir d'enfants, et je ressens bien entendu la pression sociale. Il est automatique dans la tête des gens d'associer femme trentenaire et maternité prochaine. Si je dis que je n'en veux pas, on prend un air étonné, on me demande pourquoi, on me dit que je peux encore changer d'avis. Mais est ce que je demande aux parents pourquoi ils ont choisi de faire des enfants, moi? heureusement j'ai réglé la situation avec ma famille qui ne m'ennuie plus avec ça.

Écrit par : maryline | 30/06/2006

Est-ce que tout ça ne pourrait pas s'appeler la maturité, le fait de s'accepter en tant que femme, telle qu'on est tout simplement ?
Je suis une fille, j'aimais les poupées quand j'étais gamine, et jamais l'envi d'être garçon a traversé mon esprit (sauf peut être le côté sexuel par curiosité). Pourtant je sais lire une carte (même IGN), je sais jurer comme un charetier et je tiens aussi bien l'alcool que mon homme !!
Je n'ai jamais eu envi d'être mère et pourtant je le suis 2 fois, ça serait un peu compliquer d'expliquer comment j'en suis arrivée là. Je suis égoïste, et raleuse et je compte à mon actif 2 amies et 2 copines.
Mais aucun doute je suis bien une fille, avec tous ses paradoxes et ses contradictions.
En fait j'aime les femmes en général mais rarement en particulier.

Écrit par : Laurette | 30/06/2006

Eh bien pour moi la douceur de la compagnie des femmes me parait évidente, j'en admire beaucoup,j'éprouve facilement de la tendresse pour elles et souvent elles me font rire. Je ne les vois jamais comme des rivales.La féminité ne m'intrigue pas. Je la trouve si évidente, éclatante partout...
Ce qui m'intrigue beaucoup plus, ce qui est mystérieux et énigmatique pour moi, c'est ...être un homme. C'est quoi être un homme aujourd'hui? Alors là, je trouve ça très intéressant comme question !

Écrit par : sophie L.L | 01/07/2006

@caroline : ça me fait très plaisir...
Moi aussi j'ai l'impression de me rapprocher des autres femmes au fil du temps, ça me plaît parce que c'est une évolution naturelle, que je n'ai pas spécialement recherchée. Je suis entitèrement d'accord sur le fait que les femmes ont du mérite, dans l'ensemble je trouve que ce sont elles qui portent pas mal de trucs à bouts de bras, en se débrouillant toujours pour être là. Quant au féminisme... encore un vaste sujet ; ce qui est sûr c'est qu'il y a une vraie cause à défendre, ça ne fait aucun doute ; quant aux façons de le faire et aux conséquences que ça a, je ne peux m'empêcher d'être plus sceptique...

@maryline : c'est génial d'arriver à mettre les choses au clair avec ses proches, ça libère de plein de choses ! même si ce n'est pas toujours facile, bien sûr, au final c'est quand même plus sain...

@Laurette : ah oui tiens, ça pourrait bien s'appeler la maturité ! ;-). Je vois qu'on partage beaucoup de points communs... pas seulement le langage de charretier et le lever de coude ;-)

@Sophie L.L : moi c'est seulement la masculinité de certains hommes qui m'intrigue. Ceux qui ont un côté féminin très affirmé par exemple, et qui l'assument parfaitement (non je ne parle pas encore des homos ;-)). Je trouve ça fascinant, même si les moeurs ont évolué ça ne doit pas être évident tous les jours d'être un peu plus subtil que la "moyenne" des hommes... tu as raison de dire que la féminité est présente partout, je partage cette vision des choses ; le problème à mon avis c'est que tout le monde ne le voit pas du même oeil.

Décidément que de questions posées pour un état de fait si naturel... je crois qu'il y a encore pas mal de choses confuses dans mon esprit, même si au jour le jour je les vis bien...

Écrit par : pomme | 01/07/2006

le problème souvent avec les autres filles, c'est justement les difficultés qu'elle ont avec leur féminité... n'ayant pas compris que LA femme n'existe pas et que c'est à chacune d'inventer sa manière de l'être, femme, elles viennent souvent vérifier auprès des autres si elles ne le seraient pas un peu plus qu'elles... et c'est ce qu'il y a de bien dans les rencontres féminines qu'on fait par l'intermédiaire des blogs... cette dimension est forcément absente, du regard et donc de la comparaison (le regard que vous surprenez sur vos fesses par exemple, si vous vous levez pour aller aux toilettes alors que vous êtes tranquillement en train de boire un verre avec une... copine!)
pour ce qui est de celles qui confondent être mêre et
être femme, je dirais que c'est aux enfants de celles-là que ça nuit le plus... comment arriver à grandir si en devenant adulte on prive sa mère de non pas seulement du "maternage" mais AUSSI de sa féminité?
vaste sujet, ça pourrait durer des heures ces discussions... et c'est vrai, pomme, qu'on se surprend à penser que décidemment, ces filles virtuelles pourraient être des amies...

Écrit par : julie bibliobus | 01/07/2006

Hello pomme!

Je viens sur conseil de ma GRANDE soeur!
Celle qui n'a pas de vie, car célibataire et pas maman (hum...)!

Je t'avoue qu'avec mon petit courant autour de moi, je n'ai pas eu le temps de tout lire (hum, en plus ayant perdu le neurone qui me restait lors de ma maternité, j'aurais sûrement pas tout compris).

La féminité dépend de tant de choses, la chose qui m'a le plus frappée c'est quand je vivais à Montréal. Les femmes là-bas (scusez la grosse généralité que je vais sortir, mesdames les québécoises), sont beaucoup plus émancipées qu'en Europe, et les hommes sont pas mal plus chiffes molles qu'ici.

Moi qui ait aussi toujours considérée comme un garçon manqué, je me suis sentie fleur bleue et atrocement godiche quand j'étais entourée de québécoises.

En rentrant chez moi, je me suis rendue compte que la féminité de chacune se dégage par notre vision d'elle!

J'ai pas l'impression d'être claire... Bref! Merci Pomme de m'avoir montré que l'on ne doit pas se sentir traître d'être devenue une femme après tant d'année en garçon manqué!

et merci funambuline de m'avoir montré ce site! (je réfléchis toujours à une réponse pour notre tante adorée, si si).

Écrit par : anais | 02/07/2006

@julie bibliobus : "le problème souvent avec les autres filles, c'est justement les difficultés qu'elle ont avec leur féminité..." : c'est exactement ça ! et idem pour la maternité ; dès qu'on fait peser sur les autres ses propres difficultés, ça peut très vite faire des dégâts...
C'est tellement agréable de se trouver tous ces points communs, c'est vrai que ça démarre comme ça l'amitié...

@anaïs : ça alors, des visiteuses de la même famille ;-). C'est rigolo ! Si, tu es plutôt claire, moi ce que j'ai compris c'est que tu voulais dire que notre féminité prend aussi son sens dans le regard des autres, notamment dans celui des autres femmes, peu importe qu'elles aient un neurone ou plusieurs ;-). Je pense qu'il ne faut pas se sentir "traître", ainsi va la vie !

Écrit par : pomme | 02/07/2006

Super intéressants tous ces commentaires, merci pomme de les avoir sucsités grâce à ton article !

Ca alors je ne me suis jamais posé la question de savoir ce qui définit une femme (un être humain de plus grande valeur qu'un homme peut-être ? roh allez, avouez que ça vous est déjà arrivé de le penser ;-)), mais j'adore ça, et j'aime énormément les femmes et leur compagnie.

J'ai rencontré peu de femmes idiotes (mais c'est rigolo parce que j'ai justement un billet en réserve là-dessus, décidément nous sommes télépathes pour de bon pomme ;-)). Il faut dire aussi que quand ça arrive, je ne les fréquente pas longtemps ;-)

En revanche je suis profondément féministe, et, par un coup de bol hallucinant, mon mec aussi ;-)

Écrit par : Hélène | 03/07/2006

PS : je t'ai même pas remerciée pour tes remerciements, quelle mal élevée je fais ;-)

Écrit par : Hélène | 03/07/2006

Etre une femme… En lisant ce titre, j’ai eu peur de ne pas parvenir au bout de ton billet. Mon côté misogyne (pourtant si peu développé) se disait « encore une prise de tête de nana »… Et puis je me suis lancé et j’ai été happé par cette réflexion fine, sincère, humaine. Car je me suis finalement complètement reconnu dans cette interrogation sur la féminité, ta féminité. Non pas que moi-même je me sois interrogé sur la féminité (encore moins sur ma féminité…), mais parce qu’au delà de la féminité, tu parles de la recherche de soi, de son identité : comment se définir ?, par rapport à qui ? à quoi ? y a-t-il des critères ?… Je n’ai évidemment pas de réponses à ces questions (je ne suis pas dieu tout de même !… contrairement à ce que beaucoup croient ;-), mais comme toi, je me suis interrogé (après des années à vivre hors de moi) et j’en suis arrivé à la même conclusion : je suis avant tout une personne et je ne vais pas me laisser arrêter par le fait d’être un homme (si tu me permets de te plagier).

Écrit par : Frank | 03/07/2006

@Hélène : je trouve les commentaires passionnants moi aussi, à vrai dire bien plus que ce que j'ai écrit, j'ai cafouillé sur ce coup-là... L'impatience m'étreint à l'idée de ton billet sur les filles idiotes ;-). Je trouve naturel de ne pas s'interroger particulièrement sur la féminité, peut-être est-ce mon "déficit" d'amies qui m'y a poussée... quant aux hommes féministes, je n'aurai qu'un mot : for-mi-da-bles !

@Frank : oh oui je te permets, et puis ce que tu écris est si beau et si sincère... tu as bien raison de ne pas te laisser arrêter par le fait d'être un homme, du reste j'ai l'impression qu'il n'y a pas grand-chose qui t'arrête ;-))).
Mille mercis de ton commentaire... fais-en d'autres, plein !!!

Écrit par : pomme | 03/07/2006

Je me suis posée cette question de la féminité relativement tard et assez récemment quand j'ai été confrontée à ma stérilité.

Pour beaucoup, le fait d'être une femme passe par la maternité, alors je me suis dit: je ne serai alors jamais une femme "entière" si j'en crois ces gens-là.

Et bien pas du tout, pour moi être une femme c'est autre chose, c'est avant tout se sentir femme et ça passe par le coeur et souvent par l'amour mais aussi par une façon de penser, de ressentir ...

Sujet très intéressant, merci !

Écrit par : capucine | 05/07/2006

@capucine : je suppose que devant ce genre d'épreuve, on relativise tout un tas de choses... les conclusions que tu en tires me semblent très justes ! Merci à toi d'avoir partagé ta vision des choses.

Écrit par : pomme | 05/07/2006

Merci pour ce post! merci parce que c'est un sujet qui m'interroge souvent, merci de l'avoir développé de façon si touchante. Pour revenir à l'adolescence, le jour où je suis "devenue une femme" a été le plus grand drame de ma vie de l'époque. J'ai commencé à me dire qu'il y avait quelque chose qui clochait quand j'ai constaté la joie de ma mère. Comme toi je n'y ai pas réfléchi, mais je sentais que cette histoire là ne faisait que commencer, et que j'allais y penser bien souvent.

Écrit par : Dietcoke | 07/07/2006

@Dietcoke : merci à toi de l'avoir lu ! c'est effectivement le genre d'événements auxquels on repense des années plus tard, avec une vision des choses bien différente... et tant mieux, c'est tellement plus facile d'assusmer tout ça à mesure que le temps passe...

Écrit par : pomme | 07/07/2006

Je découvre peu à peu ce blog, et là je tombe sur un sujet totalement différent, et pourtant, certains thèmes, certains accents, qui reviennent sont comme les éléments d'une vaste toile tissée de posts en posts, et dont la cohérence profonde tient à une véritable personnalité.
Ainsi pomme tu écris:

je suis bien consciente de ne pas être Simone de Beauvoir,

ça n'a l'air de rien, mais on retrouve la même humilité, associée au refus de l'identification idolâtre que lorque tu disais ne pas être comme mère thérésa, et pourtant faire de ton mieux, pour être attentive au monde et aux problèmes qui t'entourent.

Comme dit Sartre de manière si limpide, l'homme (l'être humain, entendons nous^^) existe d'abord, et se définit ensuite.
Nous ne devons pas accepter de nous laisser définir par autrui, c'est se ranger dans des tiroirs bien étiquetés, pour être une cible commode pour les marchands de téléphones portables mondialisés.
J'ai tellement refusé ce modèle absurde de femme, que je ne me maquille pas, je ne cherche pas à être à la mode, non vraiment, je n'ai pas cette prétention! et puis ce genre de prétention est si commune!
Je refuse la mode, et je m'habille, très consciemment, comme un sac. Je fais fuir les gens superficiels de cette manière.
Si la féminité existe, elle doit être naturelle, et exister indépendamment des signes voyants de la société, je la laisse agir, sans l'entretenir.

Écrit par : nano | 12/07/2006

Bonsoir, tous !
Je suis la soeur jumelle de Nano et je ne peux pas m'empêcher d'écrire, après avoir lu par dessus son épaule !
Je tiens à vous dire un grand merci, car vous avez réussi à faire parler ma soeur, qui npasse presaue pour autiste tellement elle est repliée sur elle même.
En fait, vous ne pouvez pas imaginer à quel point nous sommes différentes, même si jumelles.
Cela s'est vu dès notre enfance, quand elle se cachait sous le lit et mangaeait sa pomme en silence, or tout le monde sait ce que la pomme siginifie, non ?
Bref, laissons Eve avec Adam, le serpent c'était moi.
Je vous dis donc que je ne suis pas d'accord avec ce qu'elle ldit à : "J'ai tellement refusé ce modèle absurde de femme, que je ne me maquille pas, je ne cherche pas à être à la mode, non vraiment, je n'ai pas cette prétention! et puis ce genre de prétention est si commune!
Je refuse la mode, et je m'habille, très consciemment, comme un sac. Je fais fuir les gens superficiels de cette manière"
Je vous prie de la convaincre de se pomponner un peu, elle a l'air d'un sac, croyez pas que c'est une blague !
Une femme doit être un minimum joile et se maquiller et bien s'habiller !
Moi j'aime bien chasser les soirs de pleine lune comme Cat Woman !

Écrit par : Néné | 13/07/2006

@nano : je me sens totalement en accord avec ce que tu écris, vraiment tes propos résonnent en moi... il y a bien sûr des tas de façons de vivre sa féminité, y compris en dehors du cadre que voudraient nous imposer les marchands de téléphones portables ou de mascara ; mais ce qui me choque le plus, c'est que l'apparence qu'on adopte vous place systématiquement dans les cases dont tu parles. Par pur esprit de contradiction, je crois que je tends à être de plus en plus "féminine" à mesure que mes opinions sur le sujet se radicalisent. Vouloir faire exploser les vieux schémas en étant pomponnée à mort, c'est mon truc à moi. Je ne suis pas nécessairement ce que j'ai l'air d'être, mais je le suis aussi. Et pas seulement. J'ai très mal à la tête tout d'un coup, j'ai trop réfléchi ;-)

@Néné : tiens tiens... quelle étrange intervention ! J'aime à croire que tu as déjà donné ton opinion à ta soeur, sinon elle risque d'être un peu choquée, tu ne crois pas ?
Je suis enchantée qu'elle se soit exprimée ici, même si j'ai du mal à croire qu'elle soit autiste ! Pour le reste, c'est une question de choix ; si le sien est fait, et assumé, je ne suis pas sûre que vouloir la convaincre d'en changer soit une solution.... personnellement ça m'inciterait plutôt à m'y enferrer ! Je comprends ton avis sur le fait que les femmes doivent (encore que ce ne soit pas un "devoir") prendre soin de leur apparence, mais là où le bât blesse, c'est que je me dis qu'on leur demande ça juste parce qu'elles sont des femmes... je ne vois pas pourquoi on devrait se laisser dicter son mode de vie à cause d'un chromosome... soit on est coquette, soit on l'est moins, et on reste de toute façon un être humain... sauf toi quand tu te transformes en Catwoman ;-)

Écrit par : pomme | 13/07/2006

Pomme : Oui, ma sœur sait ce que je pense, on en a parlé toutes les deux. Ce que je voulais dire est qu’il ne faut pas absolutiser et nier une partie de soi même parce qu’il y aurait une pression, plus ou moins réelle, pour te faire rentrer dans un moule.
La réaction de rejet, telle qu’elle la conçoit, l’enferme aussi bien qu’une acceptation de ce schéma féminin.
J’ai beau lui acheter des fanfreluches en dentèle et satin, des bijoux, de la maquiller quand elle l’accepte, elle m’inquiète par son manque d’intérêt.
La semaine dernière, je l’ai sortie dans un bar avec des copains à moi, j’en avais trouvé un qui n’était pas moche, pour elle, mais en vain.
Bon sang, je lui ai dit, mais personne ne te demande de passer ta vie avec, sors un peu de ta réserve, l’exercice de nuit te fera du bien ! ça développe l’intellect !
A propos, que pensez-vous du tantrisme ?
Est-il une voie de développement personnel et si oui quels seraient ses bienfaits pour nous les occidentaux ?

Écrit par : Néné | 13/07/2006

@néné : tu me rassures !
Bien sûr que sa réaction l'enferme aussi, mais toutes nos réactions nous enferment dans un schéma... c'est pourquoi, à mon avis, il faut cesser d'établir un lien entre des apparences et une hypothétique vérité... si elle a choisi d'être ainsi, c'est qu'elle a de bonnes raisons, et elle ne doit pas être dupe du fait que ça ne la libère pas de certains carcans.... cela dit c'est bien par amour sororal (oui ça existe) que tu t'efforces de lui proposer d'autres voies, cela se sent et ça doit déjà la combler !
Sinon, pour le tantrisme : pas d'avis. J'y connais rien, et moi de toute façon, les trucs en isme...

Écrit par : pomme | 13/07/2006

Néné: si tu n'étais pas ma soeur, je crois que je serais tentée d'être violente à ton égard, malgré mes principes.
Je sais bien que tu tombes dans tous les traquenards érotico-mystiques possibles et imaginables, mais tu n'es pas obligée pour autant de lancer sur ce blog de qualité ta propagande sur le yoga, le tantra, et le kama sutra; tu te précipites avidement dans tous ces asservissements de pacotille, parce que tu as trop conscience de ton vide intérieur.
Moi je te donne ici un conseil puisque tu m'en donnes gentiment: lis Pascal, surtout le passage sur les divertissements, tu comprendras beaucoup sur la vie.

Pomme, je suis désolée de dire ses vérités à ma soeur, mais elle me édsespère trop! sinon le refus des mots en -isme est aussi une forme de systématisme, il faut prendre garde à si-même.

Écrit par : Nano | 13/07/2006

Baise Pascal dit aussi : " Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout"
Mets-toi au milieu ou regarde le "tout à l'égard du néant !" C'est plus juissif, ma soeur !

Écrit par : Néné | 13/07/2006

Evidemment, si on ne s'occupe que de néants comme toi, on se sent tout. Mais c'est bien là ne voir la réalité de manière univoque, et non paadoxale, c'est à dire le meilleur moyen de la manquer.
Je me souviendrai toujours de ton refus d'aller dans le désert, c'est pourtant là qu'on prend conscience de notre propre petitesse, tu a toujours voulu fuir cette image impitoyable, et tu t'éborgnes volontairement.

Écrit par : Nano | 13/07/2006

Ben, le désert c'est parce que je n'aime ni le sable dans mes chaussures, ni les chameaux, ni la chaleur, ni l'incofort d'une tente, ni d'une tante, ni la bouffe qui donne la chiasse ! Et pour contempler ton "néant", j'avais pas besoin d'aller dans le désert, je te vois tous les jours !
Et les voyages organisés j'aime pas non plus, je peux les désorganiser moiu même !
Dommage qu'il n'y ait pas de smileys ! green smiley là

Écrit par : Néné | 13/07/2006

Non mais vous devenez dingues ou quoi ? Si vous avez des choses intéressantes à dire, vous êtes les bienvenues, si c'est pour vous étriper, vous êtes priées d'aller le faire ailleurs. Merci.

Écrit par : pomme | 13/07/2006

@ Pomme : Mais non, on s’étripe pas, on a une discussion sororale ! Je suis désolée si tu as eu cette impression. On adore ton blog, toutes les 2, enfin un endroit où on peut parler à coeur ouvert, sans greffe !
Et oui, on a quelque chose à dire, c’est pour ça qu’on est là !
Le problème est qu’à force d’être lisse, on perd la boussole, et vous êtes trop lisses, vous parlez comme si vous viviez pas, et Nano a besoin parfois d’être secouée, car qu’est-ce la vie quand la mort nous guette ?
Toi, Pomme, par exemple, si tu devais mourir demain, que dirais-tu au bon Dieu à la longue barbe blanche ? Que tu aimes pas le sport, pas la montagne, pas la campagne, que tu n’es ni sœur Thérèse, ni Simone Weil, ni de Beauvoir, ni Zidane … Ben, ça se voit.
Tu as fait quoi de ta vie ? Tu dirais : j’ai fait un blog où des gens venaient pour discuter de notre mal être ?
Et Nano elle dirait quoi ? qu’elle a contemplé son désert intérieur ? Qu’elle s’habille comme un sac de patates ?
Vous touchez à des questions existentielles très brûlantes et vous vous contentez de les refermer vite, sans donner des réponses ? Vos réponses !
Je crains ne pas être claire, alors je vais préciser.
Pourquoi vivez-vous et avez-vous un but ?
Que faites-vous pour l’humanité ?
Que faites-vous pour les petits chats et chiens, pour les petits enfants qui sont abandonnés attachés à un arbre au bord de l’autoroute, pour les vieux déshydratés en plein hiver ou en été, peu importe !
Que faites-vous pour la sauvegarde des espèces en voie de disparition ?
Et pour vous-mêmes ?

A vous lire, j’ai un peu l’impression d’écouter ça :

Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en allerons

Faut vaincre ce qui nous retient et nous rend malades, faut positiver ( j'adore ce terme ! )
Vive Carrefour !

Écrit par : Néné | 13/07/2006

@Néné : je pense que tu juges un peu trop vite. Personnellement je pense être quelqu'un de plutôt rugueux, et je me secoue très bien toute seule, merci. Tu parles de but, que ce soit dans la vie en général, ou dans ce blog : moi je n'ai pas de but, à partir celui de vivre le moins mal possible, en étant un minimum en accord avec les gens qui comptent pour moi, et en me comportant d'une façon à peu près conforme à mes idées, du moins quand c'est possible. C'est ma façon de trouver ma place dans le monde, de faire des choses pour moi-même et pour les autres. Et ce n'est pas parce que j'en parle ici, et d'autres avec moi, que je ne le vis pas. Cet espace n'est pas toute ma vie, dieu merci, et ce que je fais réellement, je n'en parle pas toujours, donc tu ne peux pas le savoir, et encore moins le présumer. Quant à apporter mes propres réponses, je pense bien oui, ce qui veulent le faire aussi peuvent créer leur propre blog, c'est un peu fait pour ça en somme ;-)
Je vois que tu es quelqu'un de très exalté... je trouve ça très positif moi aussi, mais par contre je ne crierai pas "vive Carrefour" avec toi ;-). Je suis heureuse que tu aimes me lire, et surtout que tu saches exprimer une opinion dissonante avec tact.

Écrit par : pomme | 14/07/2006

C'est bien trop compliqué pour moi tout ça... mon pauvre cerveau lent ne saurait atteindre à de tel sommets de l'esprit...

Écrit par : Sammy | 03/08/2006

@Sammy : ah, le tien non plus ? Ben ça me rassure, parce qu'à relire ces derniers commentaires deux mois plus tard, je me dis que c'était un parti en sucette ;-)

Écrit par : pomme | 03/08/2006

Très belle note!... au moins 18/20! ;-). Plus sérieusement, cette note me touche au plus profond de mon être car j'ai l'impression que j'aurai pu écrire plus ou moins la même chose (avec moins de talent, ça va de soi) à propos de mon homosexualité... Comme quoi, oui, nous sommes avant tout des êtres humains: femmes, hommes, heteros ou homos, nos différences ne sont que surfaciques et dans le fond nous sommes très semblables.

Écrit par : pedro | 14/08/2006

@pedro : c'est exactement ce que j'ai voulu exprimer... les barrières que la société dresse autour de ces "catégories" m'insupportent ; c'est peut-être pour ça que je me sens aussi bien en compagnie des homos qui, il me semble, ne s'y laissent pas si facilement enfermer, même s'ils ont leurs propres cases... enfin, de toute façon, dès qu'il y Dalida en musique de fond, ça suffit à mon bonheur ;-)))
Les préjugés ont la vie dure ! Merci de ton commentaire, il me touche beaucoup.

Écrit par : pomme | 15/08/2006

J'ai bien aimé te suivra dans ta réflexion, dans ton retour sur elle, sur ton parcours ... :) C'est amusant, j'ai l'impression que pour la question de devenir femme en devenant mère, c'est l'atmosphère qui veut ça, les réflexions des gens autour ... Parce que pour moi, être femme, ce n'est pas devenir mère. Pas seulement en tout cas et pas uniquement à cet instant mais pas avant ...

C'est intéressant aussi de constater l'opposition femme/mère. Comme si l'une excluait l'autre ... En même temps, je peux parler, je ne suis pas encore mère ... Mais je trouve ça amusant quand même. Je me permets de le dire maintenant, ça ne m'empêchera pas de changer d'avis (peut-être, ou pas) d'ici quelques années ;-)

Écrit par : Odile | 16/08/2006

@Odile : merci pour ton commentaire, pertinent et intelligent, comme d'habitude !
Oui tu as raison, l'instinct maternel c'est culturel, et non naturel. Heureusement que la féminité ne s'arrête pas à ça, au moins pour nous ;-) Personnellement, mon avis sur la maternité -MA maternité- a beaucoup fluctué, et je crois qu'à présent il est fixé... je te sens très mature pour ton âge, mais tu fais bien de te réserver la possibilité de changer d'avis.

Écrit par : pomme | 16/08/2006

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