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11/06/2006

Risque zéro

Il y a dans ce bas monde une foultitude de choses qui me révoltent ; rien de bien original finalement. Là où j'ai l'impression de me démarquer (et j'adore ça, me démarquer, vous l'aviez sûrement noté), c'est que ma capacité d'indignation semble croître à mesure que je vieillis. Or il semblerait qu'habituellement, ce soit le contraire qui se produit ; si j'en crois ce qu'on m'a appris (et on me l'a appris dans une vénérable institution, donc c'est forcément vrai), les velléités de rebellion de la moyenne des gens s'émoussent au gré du temps qui passe, et aussi suivant la courbe ascendante de leur niveau de vie ; mais je ne vais pas me lancer là-dessus, c'est dimanche, il fait beau, et il faut que je fasse du vélo ; si je commence à disserter sur le pognon, je n'aurais plus assez d'énergie, même pour pédaler sur du plat.

Quoiqu'il en soit, je ne suis pas concernée par cet état de fait, probablement parce qu'il me manque encore quelques cents (j'ai horreur de ce mot, ça me donne l'impression d'être américaine) pour atteindre mon premier million (y compris de francs) ; je suis donc fortement encline à me sentir outragée par la moindre peccadille, diraient les mauvaises langues, ou par des événements proprement scandaleux, corrigerais-je drapée dans ma dignité. De toute façon je trouve les gens beaucoup trop résignés ; même si ce n'est pas suivi d'actions concrètes, un peu de révolte, c'est toujours bon à prendre.

Ces derniers temps se dessine une tendance qui me hérisse : le risque zéro. On voudrait nous faire croire que toute activité humaine peut exister, débarrassée de tous ses dangers intrinsèques. Les exemples fourmillent, et au premier rang la vie tout court : la psychose autour des maladies, des épidémies et de la mort dans d'atroces souffrances est telle que les précautions prises pour éviter ça frisent le ridicule. Mais enfin, c'est pas une surprise, on va tous mourir un jour ! Alors oui, d'accord, si possible en bonne santé, le plus tard possible et pendant son sommeil, mais peut-être aussi dans des circonstances plus pénibles... c'est comme ça, et il vaudrait peut-être mieux apprendre à l'accepter que de perdre de précieux moments de vie à se surprotéger, à s'épargner, à s'économiser, parce qu' à ce train-là on finira par ne plus rien tolérer. On ne pourra plus mettre un orteil dehors sans attraper le croup. On sera obligé de porter un masque à oxygène pour faire des ballades à la campagne (vous vous rendez compte, tous ces animaux qui produisent des gaz à effet de serre), et de prendre des anti-dépresseurs avant même d'entrer dans la vie active, en prévision de la tyrannie, du harcèlement et de la pression qui y règnent. Ce n'est pas une solution, et en plus ça enrichit les labos pharmaceutiques, qui s'empressent de redistribuer cette manne à leurs actionnaires plutôt que de sauver les enfants d'Afrique, faut-il le rappeler. Tout ça pour quoi ? Pour mourir le plus vieux possible. Je n'arrive pas à comprendre, peut-être parce que je suis relativement jeune ; mais une population de 80 ans d'âge moyen, je vois pas très bien l'intérêt.

Ca, c'est pour l'idée générale, ça se décline bien sûr à toutes les sauces : la sécurité routière (moi je m'en fous, je roule à vélo), le tabagisme passif (je fume comme un sapeur, c'est du tabagisme actif), la vaccination à tout-va (bientôt on va être vacciné contre la réflexion, vous allez voir), l'hygiénisme ridicule auquel on est astreint, même dans son environnement habituel (je vois pas comment je pourrais m'intoxiquer avec mes propres microbes), j't'en passe et des pas mûres. Et ça commence dès la naissance : il n'y a qu'à voir les impératifs et autres diktats dont on bourre le crâne des jeunes mères, avant même qu'elles accouchent, et qui doivent en cauchemarder toutes les nuits que leur enfant ne soit embastillé dès son troisième anniversaire par des sbires du petit Nicolas. Comment ça, ils étaient en rupture de Ritaline à la pharmacie d'en bas ? C'est pas une excuse... en taule !!!

Je pourrais en trouver des tonnes... le paradoxe dans cette histoire, c'est qu'il me semble qu'on en oublie de se préoccuper des choses vraiment risquées. Ce serait fait exprès que ça m'étonnerait qu'à moitié, d'ailleurs ; mais bon, la théorie du complot, ça va bien deux minutes, donc je n'épiloguerai pas. En tout cas, pendant qu'on est obnubilé par notre taux de cholestérol, le nombre de points sur notre permis de conduire ou le niveau de notre bouteille d'eau de Javel, au moins, on ne pense pas à contester la soi-disant infaillibilité des systèmes de sécurité des centrales nucléaires, la légitimité de l'existence de la sphère financière, ou le fait qu'on continue à piller, à exploiter et à tyranniser le tiers-monde pour faire perdurer un mode de vie absurde et voué à imploser sous le poids de ses propres contradictions.

Je crois que j'ai le cerveau qui commence à fumer, il faut que je fasse gaffe, j'ai pas d'extincteur chez moi (rigolez pas, c'est en passe de devenir obligatoire) ; loin de moi l'idée de nier tous les effets bénéfiques des progrès de la médecine ou de la prévention routière, encore plus loin la volonté de me poser en donneuse de leçons, parce que je ne suis pas plus maline que la moyenne, moi aussi je cède parfois à cette paranoïa ; mais j'essaie quand même de prendre du recul. La vie EST risquée, puisqu'elle se termine par la mort, mais c'est aussi ce qui en fait le prix. Je crois qu'il ne faut pas se tromper de danger. Je crois que le plus gros risque, c'est qu'il n'y en ait pas.

Commentaires

"les injustices sociales me révoltent ! ne changera-ce donc jamais"

je te laisse compléter :-)

Écrit par : Dolgo | 11/06/2006

Tu as oublié de parler de son pote le principe de précaution... ^^

Je ne sais pas quel est ton âge (et je me garderais bien de te le demander!), mais je suis jeune (hum...) et je m'énerve déjà, tout comme toi, contre ces mesures protectrices qu'on prend pour tout. Ce n'est donc pas une question de vieillissement, mais de prise de conscience qu'on nous bourre un peu le crâne.
Pas facile de se faire entendre, il faut crier plus fort que le voisin, alors tirer une sonnette d'alarme est un moyen...

Écrit par : Casual | 11/06/2006

@Dolgo : hommage !!!

@Casual : je te suis éternellement reconnaissante de ne pas me demander mon âge. J'ai 32 ans, donc je suis également d'une jeunesse ébouissante ; merci aussi pour le principe de précaution, je l'avais sur le bout du clavier ! Cela dit l'expression m'énerve tellement que ça doit être un acte manqué...

Écrit par : pomme | 11/06/2006

Super Pomme, un billet de toi avant de finir la semaine !
Un billet riche et complexe et très bien écrit, comme dab'.Merci.
Mais je suis pas d'accord complétement: ce n'est pas le risque qui fait le prix de la vie, du moins pas si on réfléchit sous l'angle encore aujourd'hui de l'espérance de vie comparée d'un ouvrier ou d'un cadre sup. Ce qui est insupportable, c'est les risques que le cadre sup fait prendre à l'ouvrier ou à la caissière de grande surface.
Et autre chose: bon, je n'ai pas 80 ans,mais oh la la attention, qui est-on pour penser que 80 ans c'est moins bien que 20 ou 30?
T'en penses?

Écrit par : sophie L.L | 11/06/2006

En fait je te trouve très pratique, je pensais faire une note dans cette perspective, mais :
1) tu l'as fait en prem's
2) c'est 100 fois mieux écrit que je ne l'aurais fait
3) c'est pertinent
4) je suis affreusement jalouse
5 je vais aller me pendre
6) non j'ai réfléchi, tu veux bien devenir mon amie ?

Écrit par : Lucette | 12/06/2006

Lucette, on va monter un club des jalouses, et on deviendra copines avec elle pour qu'elle nous inonde de ses ondes créatrices et littéraires, d'accord? Ety pis comme ça, si ça ne fonctionne pas, on pourra toujorus avoir un prix de groupe sur les cordes pour se pendre.

Sinon, pomme, encore une fois, je suis totalement d'accord avec toi, moi je veux po vivre dans un monde aseptisé, je veux que mon Prince arrête de me jeter mes yaourts sous prétexte qu'ils sont périmés le lendemain et que je risque le tétanos en les regardant, et fumer des cigarettes en paix dans ma campagne polluée par les vaches!

Écrit par : Charisma | 12/06/2006

@ pomme : Hey dis est ce que notre ami commun F. il commente chez toi ? Parceque chez moi ... heu ben je peux me brosser lol ... ;-)

Écrit par : Mister la Fée | 12/06/2006

Voilà une Pomme sous un trait nettement franchouillard : en ouverture "l'esprit de Mai" comme diraient quelques-uns - détestables - : "même si ce n'est pas suivi d'actions concrètes, un peu de révolte, c'est toujours bon à prendre" ... , accompagné quelques lignes au-dessous d'une réduction de signifiés - une figure enviée de l'élégance oratoire française - (oui je sais Ferdinand de Saussure n'était pas français mais suisse et ses enseignements sont pour nous autres restés en Berne ... héhé) opérée par une assimilation discrète mais définitive du "risque zéro" avec un supposé souhait d'immortalité - tout du moins d'espérance vie longue - réduit donc dans un seul signifiant : NON, je n'en veux pas ! ; et enfin, last but no least, trois figures rhétoriques prisées au niveau national : la litote de l'avant-dernier paragraphe "Je pourrais en trouver des tonnes (mais) ...", qui amorce la prétérition du dernier : "Loin de moi l'idée de ... mais j'essaie quand même de ...", et enfin l'hyperbole conclusive "le plus gros risque, c'est qu'il n'y en ait pas" !
Alors "franchouillarde" oui mais aussi sacrément habile et convaincante ! et comme à mon habitude maintenant je me laisse porter par les baisers de ses lignes, de ses phrases, de sa respiration, et sans doute de son travail d'écriture ....
A mon tour, tardif, de te dire merci avant de rêver à te suivre sur tes autres billets...

Écrit par : zulunation | 12/06/2006

"La vie est une maladie mortelle".
J'ai toujours aimé cette phrase bateau au possible mais qui m'aide à relativiser.

Écrit par : Laurette | 12/06/2006

@sophie L.L. : je crois comprendre ce que tu veux dire ; cela dit je ne crois pas que la disparition du risque entraînerait celle des injustices sociales... ça serait trop beau ! Quant à avoir 80 ans, ça ne doit certainement pas être pire qu'en avoir 20 ou 30 en effet, mais la manie de vouloir à tout prix allonger la vie (voire même supprimer la mort) me révulse au plus haut point, car les milliards que coûtent ce genre de travaux seraient certainement plus utiles pour améliorer la vie de la population mondiale.... donc aucune volonté d'ostracisme envers les vieilles personnes, bien sûr !

@Lucette, Charisma : attention quand même à la corde, elle comporte des risques majeurs !!! Non, sans blague, merci de vos compliments.

@la Fée : rassure-toi, moi aussi je peux me brosser, Martine ! Remarque, je me demande si ce n'est pas un moindre mal finalement... ;-)

@Laurette : je souscris totalement !

@zulunation : les baisers de mes lignes ne sont rien à côté de la caresse de tes yeux sur mes mots...

Écrit par : pomme | 12/06/2006

Pomme, ouf, je crois que tu m'as compris. Et bien sûr tu as raison: la disparition du risque n'entraine pas celle des inégalités sociales, et même au contraire: voir par exemple le coût justement exhorbitant des produits bio, et autres thalasso (personnellement j'aime pas du tout en + !)

Chapeau: Zulunation est un sacré exégète de tes billets !!

Écrit par : sophie L.L | 12/06/2006

@sophie L.L. : c'est drôle, je pensais justement, après t'avoir répondu, que cette prétendue volonté d'annihiler les risques creuse ces inégalités... par exemple il devient quasiment impossible, pour une famille "normale", de manger des fruits et des légumes frais chaque jour vu leur prix exorbitant, au prétexte de la sécurité alimentaire... ou de la rentabilité de la grande distribution, va savoir... une fois de plus mon mauvais esprit m'égare !

Écrit par : pomme | 12/06/2006

Je suis hyper d'accord avec toi pomme, et en plus je viens de découvrir ALison Lurie en vignette sur ton blog, ce qui prouve s'il était beson que tes références sont excellentes et que nous sommse soeurs d'âme (moi aussi je veux être sa copine! Laissez-la moi ! Laissez-la moi !) ;-)

Mon pôpa me disait quand j'étais ado et que j'avais peur de tout : "le pire des risques est de ne pas en prendre". L'avait ben raison.

Écrit par : Hélène | 13/06/2006

Je suis bien d'accord Pomme ! une de mes devises est d'ailleurs : "ne soyons pas sérieux, il n'y aura pas de survivants !"

Écrit par : Alinéa | 13/06/2006

@Hélène : poussez pas, y'en aura pour tout le monde ! ;-)
Je suis super contente que tu aimes Alison Lurie, en fait j'avais un peu l'impression d'être la seule à connaître...
Ton pôpa me semble être quelqu'un de très inspiré !

@Alinéa : elle me convient plutôt bien ta devise... tu partages ou c'est comme pour GC ? ;-)

Écrit par : pomme | 13/06/2006

Je partage, je partage !

Moi aussi je connais Alison Lurie, j'aime beaucoup la littérature féminine anglosaxonne, de Jane Austen à Sebold, au moins !

Écrit par : Alinéa | 13/06/2006

C'est ce qu'on appelle un grand écart ! De Sebold je n'ai lu que "La nostalgie de l'ange", il faudra que je m'intéresse à la suite... quant à Jane Austen c'est un peu trop classique pour moi... j'ai un GROS problème avec le 19° siècle... cela dit entre les deux je dois pouvoir trouver !
Trop littéraire la blogosphère aujourd'hui !!!

Écrit par : pomme | 13/06/2006

Je ne trouve pas Austen "classique", ses romans sont bouleversants de modernité à mon sens, en matière, par exemple d'étude des caractères humaines, et d'humour.

Il faut, selon moi, éviter le trop mièvre "Raison et sentiments", et privilégier Northanger Abbey, Persuasion et bien sûr Orgueil et Préjugés, pour mieux se rendre compte de la modernité de l'auteur.

Écrit par : Alinéa | 13/06/2006

D'habitude j'ai du mal à suivre les conseils en matière de lectures... mais là tu me donnes vraiment envie de revoir mon jugement ! A suivre....

Écrit par : pomme | 13/06/2006

salut pomme que j'ai rencontré chez hélène... ben dis donc ici aussi on parle de littérature!! à mon avis vu vos références vous connaissez forcément Nancy Huston, mais au cas où, précipitez vous, c'est trop bon! (l'empreinte de l'ange, la virevolte...)bon juste une petite citation d'alphonse allais pour finir et je vais me calmer avec un verre de rouge, ça me fait toujours ça quand on parle bouquin! ;)

"ne prenez pas la vie au sérieux, de toutes façons vous n'en sortirez pas vivant"

Écrit par : julie biblobus | 13/06/2006

@julie bibliobus : ravie de te croiser ici ! merci de présumer que je connais Nancy Huston, mais en fait pas du tout ! je vais donc l'ajouter à ma liste de livres-à-lire qui a connu aujourd'hui une croissance vertigineuse.
La citation est donc d'Alphonse Allais... eh ben elle est formidable ! Et le verre de rouge est aussi une excellente idée ;-)

Écrit par : pomme | 13/06/2006

oups j'avais pas vu qu'alinéa avait déja mis la citation... décidemment je l'adore aussi celle là (alinéa, pas la citation!)

Écrit par : julie biblobus | 13/06/2006

Géniale cette citation !

Pour le verre de rouge je peux pas vous suivre, je suis au blanc ce soir, or "rouge sur blanc, tout fout le camp".

Hi hi ;-)

Écrit par : Hélène | 13/06/2006

Entre les verres de vin, les citations et la littérature, c'est un vrai café philo ici !

Hélène tu remarques que ton sujet littéraire fait tâche d'huile... ou devrais-je dire de vin ;-)

Écrit par : pomme | 13/06/2006

Moi, ce soir, c'était Martini... Il faut de tout !

Écrit par : Alinéa | 13/06/2006

Je constate avec soulagement que tu as renoncé au mojito, ce cocktail satanique, pour en revenir au bon vieux vermouth !!!
Ben je vais peut-être vous étonner, mais moi je bois jamais en semaine... je suis une alcoolique week-endaire exclusivement...

Écrit par : pomme | 13/06/2006

C'est vrai que le risque zéro n'existe pas. On essaie de limiter la casse, c'est tout. Mais on est tout petit, il faut en être conscient.
Cependant, j'ai décidé que je n'étais pas mortelle. Oh, je sais bien, si on me plante un couteau dans le coeur, où si un semi-remorque m'applatit comme une crèpe, il y a peu de chance que j'en réchappe.
Mais bon, si les p'tits cochons ne me mangent pas, pourquoi mourrais-je ? Elle est très bien, ma vie, je veux qu'elle dure. Ne pensez-vous pas que c'est parce que tout le monde pense qu'il est mortel qu'il meurre un jour ??? S'il se disait "je suis immortel", le monde, et bien, il serait toujours là. T'imagine la nana : 130 ans, des rhumatismes de partout, parcheminée comme une folle, et toujours à trainer sa malheureuse carcasse. Dieu l'a oubliée. Il la maintient toujours dans son corps. Pas de repos éternel pour la malheureuse !
Je sais que ce que je raconte est complètement idiot. Il paraît qu'on est réellement mortel. Mais pour moi, c'est une façon de l'oublier, chacun son truc.

Écrit par : poupou | 14/06/2006

Tu as 100% raison, c'est super énervant cette manie de ne jamais vouloir prendre de risques. Le pire ce sont les gens qui rêvent de changer de job et ne font strictement rien sous prétexte qu'ils sont en CDI ! Il n'y a même pas de risque de mort, juste l'opportunité de changer de vie... Avec au pire une période de restriction... Le CDI est en voie de disparition, il va falloir d'y habituer !!

Écrit par : Caroline | 14/06/2006

Que les gens perdent leur capacité à s'indigner? Tu veux rire? J'étais justement en train de t'écrire (excuses le tutoiement mais je suis assez vieux pour tutoyer pratiquement n'importe qui en vertu du respect que l'on doit à ses aînés et de l'irrrespect corrolaire que les aînés doivent à leurs cadets sinon ou va t-on, hein, où c'est qu'on va, ça y est, me voilà tellement indigné que si j'étais pas moi j'en viendrai à voter FN, ce qui amène à la l'intéressante question suivante: les gens qui font de l'internet auraient ils moins tendance à voter FN que les autres et je suppute que oui), donc j'étais en train de t'écrire quand il y a eu coupure de courant et j'ai tout perdu, et là j'étais proprement indigné quoique c'était pas rapport aux bébés phoques ni rien mais j'ai crié au moins trente fois phoque depuis mon balcon en direction des mecs qui font les travaux en bas de mon immeuble, quoique à la reflexion c'est peut-être pas si grave parce que ça du fait que j'étais perdu dans les méandres inextricables d'une phrase confuse dont l'issus ne pouvait être que trois points de supension, mais ou -en substance- je disais que si avec ça je ne parvenais pas à induire chez au moins une personne un état de stupeur catatonique, c'était à desesperer de tout...

Les gens sont profondément indignés, indignés de façon proprement pathologique à mon sens. Une indignation généralisée qui a pour cible les fonctionnaires, les charges, les jeunes, les balieues, les rmistes, vous connaissez le refrain. Et pourquoi j'ose qualifier cette révolte de "pathologique"? Parce qu'elle n'est dans l'ensemble ni objective, ni "objectivable", simplement l'expression d'une frustration ou/ou d'une peur, d'une incompréhension. Et l'indignation, y en a marre, ça m'indigne profondément même toute cette indignation qui pourrait être mieux ciblée d'une part (par exemple, les causes que tu exposes dans ton post), et qui, d'autre part, pourrait être moins stérile, car râler sans cesse, c'est la plaie, et peut-être est-ce ici que je voulais en arriver, en tout cas voilà où j'en suis, la tenue d'un blog est-ce totalement stérile, une autre manière de rêler, ou est-ce une forme d'action ?

Écrit par : Marsel_X | 14/06/2006

Désolé, un petit ps: "La vie est une maladie sexuellement transmissible" (graffiti anonyme, metro de Londres, 1973).

Prise de risques? Hmm... pas évident comme sujet, sauf que j'ai vu hier soir une équipe de France, qui a les meilleurs buteurs du monde, incapable de marquer du fait que les joueurs veulent manifestement rentrer balle au pied, en marchant dans le but. Zero prise de risque, surtout ne pas perdre le moindre ballon, ce serait la consigne que ça ne m'etonnerait pas du tout.

Écrit par : Marsel_ex | 14/06/2006

@poupou : ça m'a l'air d'une très bonne méthode ! Pour faire de grandes choses il faut vivre comme si on n'allait jamais mourir, a dit en substance quelqu'un dont j'ai oublié le nom.

@Caroline : là on ne va pas être d'accord... je pense que la disparition programmée du CDI est un vrai risque, et pas du tout une opportunité, puisqu'elle s'imposera aux gens... je note avec bonheur qu'elle a soulevé la protestation des foules, perso je m'en réjouis.

@Marsel (ça prend pas un c ? ;-)) : ça c'est du commentaire !!! Si on parle de la technique qui se rebelle au moment où on a le plus besoin d'elle, je vais être intarissable (donc je vais garder ça pour un prochain post) ; quant aux sujets d'indignation que tu cites, ils me semblent justement être de pratiques dérivatifs aux problèmes de fond... enfin ça n'est que mon avis ; moi je ne trouve pas que ce soit stérile de simplement râler, en tout cas ça l'est moins que ne pas râler du tout ! Et pour mon cas personnel, tenir un blog ne "sert à rien", d'une façon collective s'entend, car au niveau personnel c'est une démarche totalement égoïste, mais très gratifiante pour l'ego.
J'ai trouvé le graffiti génial ! par contre le foot, rien à fout', mais ce que tu en dis m'a l'air très juste !

Écrit par : pomme | 14/06/2006

Comme disait un de mes collègues "La peur du risque n'écarte pas le danger" (je ne sais pas s'il citait quelqu'un de connu).
Merci pour ton post !

Écrit par : Brigitte | 14/06/2006

Roooooh ! Tu bois pas la semaine pomme ? C'est bien ça, j'admire ! (pour de vrai)

Écrit par : Hélène | 17/06/2006

tiens hélène je m'étais fait la même réflexion, et j'avais pas osé souligner de peur de passer pour une arsouillotte, mais moi aussi, ça m'impressionne!

Écrit par : julie bibliobus | 17/06/2006

@Hélène et julie : en fait je bois qu'avec des gens... et comme la semaine, en général, je suis toute seule chez moi bien tranquille avec personne pour me pomper l'air (et Dieu sait que j'aime ça, qu'on me pompe pas l'air !), je bois de l'eau. Mais bon, pas d'inquiétude, je me rattrape généreusement le ouikende ! Dans pas plus tard que quelques heures j'aurai certainement un bon coup dans l'aile... donc je suis un peu une arsouillotte (j'adore ce mot !) quand même ! D'ailleurs je boirai un verre (ou plusieurs) à votre santé tiens ! Bon we à vous !

Écrit par : pomme | 17/06/2006

ok je fais pareil, et si ça se trouve j'irais même dire bonjour de ta part à la maison de dalida ;)

Écrit par : julie bibliobus | 17/06/2006

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