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31/05/2006

Dilution

Alors ça c'est vraiment un truc que je n'arrive pas à comprendre. Je pense plutôt bien me connaître, mais il y a encore des aspects de moi que je ne parviens pas à cerner.

Je m'explique : j'ai l'impression que l'amour me fait m'oublier totalement. Attention, là je parle du petit amour banal, les histoires pas très glorieuses, celles qui laissent un goût amer. Parce que l'amour vrai, le grand le beau le seul l'unique (je devrais déposer un copyright à l'INPI non ?), ça me fait pas du tout ça ! Non, cet amour-là, il me rend meilleure.

Mais bref, le petit amour à deux balles, lui, il me rend conne. Eh oui. C'est affreux. Quand je pense aux renoncements, aux compromissions, aux trahisons avec moi-même par lesquelles je suis passée pour les yeux (même pas beaux) de certains garçons avec qui j'ai vécu des choses, je frémis d'horreur et d'incompréhension.

Sans que je m'en aperçoive (ou parce que je n'ai pas voulu m'en apercevoir), au début de ces quelques histoires, j'ai abandonné sans même qu'on me le demande mes envies, mes principes (et Dieu sait si j'en ai !), mes goûts, mes habitudes, pour me fondre dans une nouvelle et monstrueuse identité : le nous. Le nous peut certainement être bien vécu, du moins faut-il l'espérer ; mais pas par moi, et surtout pas quand l'autre participant en reste au je. On peut même pas l'accuser en plus, lui il a rien demandé ! Donc il continue à vivre sa vie à peu près comme il l'entend, et toi (enfin, moi en tout cas) tu continues à te plier à des impératifs qui n'existent que dans ta tête, pour préserver une relation qui au final ne cassait pas trois pattes à un canard. A chaque fois (il n'y en pas eu cinquante non plus cela dit), j'ai eu l'impression de me diluer, de me perdre dans cette mystérieuse entité qu'est le couple.

Peut-être que je pense inconsciemment qu'il faut que je fasse des efforts pour qu'on m'aime. C'est étrange parce que consciemment je ne le pense pas, ceux qui m'aiment, tant mieux (qu'ils prennent le train ou l'avion, peu importe), et ceux qui m'aiment pas, tant pis, même si parfois c'est dur à accepter. Il y a aussi des cas où c'est plutôt réjouissant d'ailleurs. Peut-être que j'ai le sentiment que tout repose sur mes épaules, que c'est moi qui suis capable d'assumer la relation, et là ça ressemblerait dangereusement à de l'orgueil, comme qui dirait.

Ou alors ça vient du fait que JE le vis mal, et pas d'autres. Autour de moi (mais pas tout près quand même) il y a des gens que ça n'a pas l'air de gêner de ne former qu'une seule et même personne avec leur moitié d'orange. Je suis partagée, puisque je l'ai vécu, mais aussi terrifiée qu'on puisse l'accepter, parfois depuis de nombreuses années. C'est tellement important de ne pas s'oublier. J'ai besoin de me sentir être une personne distincte. J'ai besoin d'espace. J'ai besoin d'être moi, et pour ça je n'ai besoin de personne d'autre, puisque donc ça m'en empêche.

Là où ça devient problématique (oui d'accord, ça l'était déjà un peu), c'est que ça va être super dur de replonger. J'essaie de ne pas devenir trop dure, trop rigide. Avec les gens que j'aime, je pense arriver à rester tendre, malgré tout... sûrement parce que j'arrive à me protéger, à préserver mon individualité, et donc à me sentir en pleine possession de mes facultés émotionnelles et intellectuelles... mais si un (charmant, drôle et intelligent, si possible) jeune homme repointe un jour le bout de son nez, je ne peux pas jurer que je redeviendrai pas instantanément stupide...

27/05/2006

Blogrolls (en anglais dans le texte)

J'A-DO-RE faire des listes. J'ai toujours adoré ça ; c'est à se demander pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de faire celles qui s'étalent à présent à droite et à gauche de ce texte...

En fait, au moment de créer ce blog, je me suis dit pompeusement que j'avais envie qu'il n'y ait que des mots dessus. J'aime les mots, à la folie. Je considère cet espace comme un exercice de forme plus que de fond (c'est pas très clair si ?). Mais bon, faut pas se leurrer, si on écrit, c'est pour être lu, et donc pour partager un minimum de choses. Donc, au fur et à mesure que m'arrivaient les retours, la plupart du temps extrêmement gratifiants, des gens qui prennent le temps de me lire, j'ai eu envie de partager avec eux -avec vous !- certains de mes goûts, de mes passions, de mes idoles. Ca reste forcément incomplet, anecdotique et non représentatif mais voilà, c'est fait. Je me suis épatée toute seule, parce qu'étant donné mon intrinsèque incapacité informatique, c'était pas gagné !!!


Spéciale dédicace : à Hélène, qui m'a adressé une avalanche de compliments que je ne suis pas certaine de mériter... l'expérience a été violente, parce qu'être soudainement exposée, ça a des conséquences un peu extrêmes, que mon ego a eu du mal à assumer... mais l'empathie et le sentiment de partage que j'ai ressentis en valaient largement la peine ! Merci Hélène, de tout coeur, et aussi à vous qui m'avez lue, appréciée, et qui l'avez fait savoir...

J'allais oublier : merci aussi à tous ceux qui ne l'ont pas fait savoir ! pour faire souvent partie des silencieux dans ce genre de situation, je sais que vous n'en pensez pas moins... cette fois j'arrête, la taille de mes chevilles devient digne de celles d'un éléphant....


25/05/2006

Défi(b)

Les mathématiciens sont de grands pervers.

Mais sûrement pas autant que les poètes.

Trêve de débats stériles : l'exercice m'intéresse.

 

Nous

Nus

Repus

Caressants

Enlacés vraiment

Dans la pénombre d'un jour d'été

Ca ressemblait à s'y méprendre à l'éternité

 

Oui, OK, c'est gnangnan, cucul la praline, mièvre et dégoulinant.

Mais je m'en fiche, je suis hyper fière de moi. C'est pas si souvent.

23/05/2006

Je ne veux pas travailler

alors si je vous racontais un peu ma vie ?

C'est pas ce qu'il y a à dire... mais VRAIMENT, je n'ai pas envie de bosser. Depuis hier, en fait ; peut-être la perspective d'une semaine de trois jours (vive les ponts du mois de mai !). Ou alors je me suis subitement rendue compte que ce que je fais est totalement inintéressant. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas la météo qui me dissuade de travailler ; tu parles d'un printemps pourri ! Bien la peine d'habiter le Sud-Ouest, si j'avais su j'aurais choisi Dunkerque, au moins je saurais pourquoi il fait 12° à cette époque de l'année.

Alors pour me consoler (et aussi parce qu'il fallait bien), entre midi et deux je suis allée faire les magasins pour trouver un cadeau à ma môman. Ca, c'est fait. Je me suis un peu attardée, j'ai flââââné, mais il a quand même bien fallu manger.... et là, c'est le drame : je suis allée au Mc Do. Autant dire que maintenant, j'ai l'impression d'avoir avalé une famille de rats morts. Sans compter que je suis quasiment persuadée que j’ai déjà pris une taille de plus à cause de toute cette graisse solidifiée et aromatisée. Qu’il est loin mon régime... finalement j’étais bien au milieu de mon poisson au court-bouillon et de mes poireaux à l'eau....

Me voilà donc revenue devant mon écran, somnolente et rêveuse, prête à tout pour ne pas faire le moindre truc.... mes collègues et moi, on va bien trouver des occupations : se répartir les congés, dire du mal de toute la boîte, comparer les mérites respectifs du lin et du coton, que sais-je encore.... C’est fou comme je me suis réconciliée avec la gent féminine depuis que je travaille dans un bureau, je n’aurais jamais cru que ce soit possible. Donc c’est déjà pas mal...

Et puis je m’occupe en pensant à tous les moments agréables qui m’attendent... un dîner très spécial, demain soir, avec deux êtres chers.... le concert de Bénabar vendredi.... une invitation à laquelle je tiens samedi... les surprises bonnes et mauvaises semées sur mon chemin par la vie, cette farceuse... et aussi ce putain de beau temps qui va bien finir par arriver un jour tout de même ! ! ! Là au moins, je saurai pourquoi je ne veux pas travailler.

21/05/2006

Ne s'use que si l'on s'en sert

C'est une théorie personnelle, qui a mûri dans mon esprit tortueux voilà quelques mois. Attention, ça parle d'amour.

Mais l'amour vrai, vous voyez ? Le grand le beau le seul l'unique. Que j'ai eu la chance insigne de connaître. Seulement voilà, pour des raisons qu'il serait fallacieux d'exposer ici, cet amour ne s'est réalisé que brièvement, et incomplètement (inutile de sauter sur votre dico, ce mot EXISTE). Brisé en plein vol telle une perdrix cendrée mortellement touchée par le tir d'un chasseur fourbe – je crois que je n'ai pas totalement évacué les hectolitres de gin tonic ingurgités la nuit dernière -, cet amour me reste comme une expérience enchanteresse, revêtant même un aspect mythique à mesure que le temps passe. Je sais pourquoi. C'est parce qu'il ne s'est pas consumé.

C'est tout simple, en fait. Quand on aime quelqu'un, et qu'on vit cet amour jusqu'au bout, il s'épuise de lui-même. Tout est dit, tout est fait, je n'ai plus rien à te donner et on n'ira jamais à Venise (outre Dalida, Marc Lavoine est aussi une de mes idoles). Point barre, retour à la case départ. On pleurniche un mois, et ensuite on est rendue à la vie : perte de poids consécutive à l'abus de nourriture chocolatée, épilation du maillot et achat de chaussures de prostituée, et hop, la chasse du samedi soir est ouverte. The show must go on.

Mais quand on n'a pas fini d'aimer, quand on est en plein boum, quand on vit un pur émerveillement, la rupture ne résoud rien. Etrangement, les sentiments s'exacerbent de n'être pas concrétisés. C'est un cercle vicieux, la souffrance se nourrit d'elle même. Et ça ne passe pas. Et ce n'est même pas gênant. C'est même rassurant, à vrai dire, car tourner la page, ce serait d'une certaine façon renier ces sentiments, considérer qu'ils n'ont jamais existé, et surtout accepter qu'ils doivent s'éteindre. L'espoir fait vivre, c'est bien connu. Du coup, on magnifie, on entretient la flamme, on se repaît de ces moments délicieux...

Alors bien sûr, si on s'était entretués à cause d'une chaussette sale au milieu du salon, d'un regard biaiseux vers le cul d'une autre ou du potentiel érotique de Ségolène Royal, ça serait tellement plus simple. L'amour du début aurait fait place à la vie quotidienne. Ca dédramatise totalement non ? C'était bien, on était jeunes on était beaux on sentait bon le goudron chaud, mais on a épuisé les joies de l'amour naissant, la routine a eu raison de nous, restons amis, lâche immédiatement cette cuillère en bois, elle me vient de ma grand tante Josette, je peux te tuer si je veux ! La colère remplace avantageusement le tristesse.

Ce qui est paradoxal quand rien de tout ça n'est arrivé, c'est qu'on s'en félicite en plus ! Quel bonheur d'avoir échappé à tous ces instants sordides ! On a vécu un amour éthéré, aérien, presque iréel. On y pense tout le temps. On n'a qu'un souhait, que ça recommence. Et que ça ne s'arrête jamais....

Mais bon, soyons lucide, ça ne recommencera pas, puisque la vie est une chienne. Alors on garde son amour au chaud, on le berce, on le cajole. On sait que ça finira par passer, un jour, un de ces quatre. On verra bien. Pour l'instant on est bien comme ça. Pas de rancune, pas de colère, pas d'aigritude (là vous pouvez chercher dans le dico, ça n'existe pas). Juste des souvenirs, qui eux, ne s'usent jamais, même si on s'en sert beaucoup.

 

Spéciale dédicace : à ma soeur, qui m'a inspiré cette note, au cours d'un de ces moments d'aveuglante vérité si caractéristiques d'une alccolisation excessive (bref, on s'est saoulées et on s'est raconté nos vies, quoi !)

14/05/2006

Divine complicité

Quel mot merveilleux...

Ca tient à rien. Un mot, un regard, une photo. Un souvenir qui surgit. Un fou rire qui arrive. La nostalgie d'un moment de bonheur...

Alors merci aux gens que j'aime et qui m'aiment. Merci pour l'année de la mort de Bobby Lapointe, merci pour le klug, merci pour foin de, merci pour à la casse connasse, merci pour le pichet of Côtes du Rhône, merci pour ce cliché qui vogue au fil de l'eau...

C'est un peu obscur, j'en conviens. Mais j'avais envie de le dire. Je suis sûre que vous me comprenez...

11/05/2006

Dalida et moi

Dalida et moi, on aurait pu être amies. Si si. Bon, si elle n'était pas morte voilà un peu plus de 19 ans, bien sûr.

Je me souviens du jour de sa mort avec une étonnante acuité, comme du jour de la mort de Coluche (20 ans le mois prochain, pour ceux qui veulent rajeunir !). Pourtant j'étais gamine à l'époque... mais l'impression que ça m'a laissée est incroyablement vivace.

Oui, Dalida et moi on aurait pu être amies. Elle m'aurait donné son secret pour faire perpétuellement du 36, et pour avoir des cheveux. Elle m'aurait expliqué comment on peut être tellement sensuelle, tout en étant la jumelle oculaire de Joe Dassin (mais si je me mets à parler de lui, j'y reste jusqu'à demain matin. Un homme, un vrai ! ;-). Elle m'aurait montré comment être une véritable tragédienne. Elle m'aurait présenté Orlando, comme ça j'aurais pu l'insulter les yeux dans les yeux. J'aurais visité sa maison de la rue d'Orchampt, au lieu de baver devant comme une groupie, lors de promenades définitivement merveilleuses. Elle m'aurait chanté "Parle plus bas" en italien. Elle m'aurait dit sa solitude, son manque, son vide. Elle m'aurait parlé de l'Egypte, de l'Italie et du Paris des années 50. Elle m'aurait trouvée drôle. Elle m'aurait invitée à de folles soirées avec Bertrand Delanoë quand il était beau, Pascal Sevran quand il n'était pas un vieux con réac, et Max Guazzini avant qu'il crée NRJ. Qu'est-ce que ça aurait été bien...

Mais moi aussi j'aurais pu lui apprendre des choses. Parfaitement. J'aurais pu lui expliquer qu'il ne faut pas être esclave de l'amour des gens, ni de leur désir. Je lui aurais dit qu'on ne peut pas sauver un homme, même avec tout l'amour du monde. Je lui aurais dit que même pour ne pas vivre seule, il y a des choses auxquelles on ne doit pas céder. Je lui aurais dit que ne pas avoir d'enfant n'est pas forcément une tragédie. Je lui aurais dit que quand trois hommes de votre vie choisissent de mourir, on n'y est pour rien. Je lui aurais dit que vraiment, elle était toutes les femmes. Je lui aurais dit l'admiration inextinguible que j'éprouve pour elle, pour ses chansons, pour ce qu'elle était. Je lui aurais parlé d'une enfance provinciale à la fin des années 70. Je lui aurais parlé de l'ennui, de la colère, de la culpabilité, en précisant que tout ça n'était pas une fatalité, qu'on ne devient pas nécessairement la femme qu'on était destinée à être quand on était petite fille. Et puis je lui aurais dit que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, bien sûr. Et bien sûr, elle ne m'aurait pas cru... elle était si désespérée.

Mais quoiqu'il en soit, on se serait aimées. On se serait comprises. On se serait peut-être réchauffé le coeur...

Oui mais voilà, tout ça, ça n'arrivera jamais...c'est embêtant de n'aimer que des chanteurs(euses) mort(e)s...


La prochaine fois, Mère Teresa et moi. Ca risque d'être plus court.

10/05/2006

Blouz...

Oh la la vague à l'ââââââme.... c'est affreux.

Je sais pas pourquoi, tout d'un coup, depuis ce week-end. J'ai dû trop boire. En fait, c'est une certitude, j'ai trop bu, et je me demande si ça m'a pas foutu le moral au ras des pâquerettes. Si je recommence à avoir le vin triste, alors je suis pas sortie de l'auberge...

Alors voilà, envie de rien. Ou si, d'un seul truc : être sur une plage de Ko Samet, bercée par le bruit des vagues et le bruissement des arbres. Et rêver... Aucune perspective n'arrive à me sortir de cette mélancolie, pas même l'idée d'aller voir mon cher Bénabar en concert à la fin du mois, ni même la possibilité d'aller passer quelques jours à Madrid avec ma soeur à la fin de l'été. Même les jolies chaussures que j'ai acheté ces derniers temps n'arrivent plus à me réjouir. Où va-t-on ????

Bon, ben finalement je vais attendre que ça passe. Je vais me replonger dans les textes de Desproges, écouter de vieux albums de Renaud et manger des trucs au chocolat. Au bout d'un moment, ça devrait finir par aller mieux, et à ce moment-là j'arriverai sûrement à pondre un texte un peu plus intéressant que cette lamentable petite note larmoyante et auto-apitoyante... tiens j'ai quand même réussi à inventer un mot ! C'est que ça ne doit pas être si grave que ça.

03/05/2006

Technicien, tête de chien

J'en peux plus des techniciens. Quelqu'ils soient. Cette condescendance, ce mépris affiché, cette morgue envers nous qui avons commis l'impardonnable erreur d'apprendre à lire et à écrire plutôt qu'à réparer un ordinateur.

Car bien sûr, mon courroux est essentiellement dirigé vers cette espèce étrange d'homo technicus : les informaticiens.... rien qu'à écrire le mot, je frissonne d'horreur. Malgré les apparences, les informaticiens ne sont des pas êtres humains comme les autres (pas comme moi en tout cas). L'informaticien sait. Il détient le savoir technologique ultime de notre époque troublée. Et qui détient le savoir détient le pouvoir, comme disait Maurice Chevalier. Ah non, c'était pas lui.

Bref, la compétence quasi-magique (même à ses propres yeux, dans certains cas) de maintenir en l'état des machines sans qui le monde s'écroulerait en quelques secondes le rend insupportable de suffisance et d'arrogance. Il prend les pauvres utilisateurs pour des sous-hommes, et ponctue ses interventions (fréquentes, hélas, qu'est-ce que ça peut être en panne un ordinateur ! Magouilles et compagnie tout ça !) de commentaires désobligeants, voire sarcastiques, sur votre façon de vous servir de l'engin, et sur votre incapacité quasi-génétique à vous dépatouiller d'un inoffensif petit message d'erreur. Ca alors ! Incroyable, le monde entier n'est pas informaticien !!!! Que fait donc la police ?

Mais la nuisibilité de l'informaticien ne s'arrête pas là. Oh que non, ce serait trop beau. En plus de son attitude anti-sociale, l'informaticien fait montre d'une redoutable incompétence. Oui, j'ose ! Je l'affirme, la moitié du temps, il ne sait pas plus que vous et moi ce qui se trame dans le bide de ces foutues machines. Alors il trafique deux trois trucs, ou alors vous serine à chaque panne : « Reboote ton micro », incantation païenne aussi inquiétante que mystérieuse. Et là, comme il n'y a pas de justice, un miracle se produit et le problème disparaît.... ( pardon, sans accent, disparait !). Et de toute façon, si ça ne marche pas, il a TOUJOURS une explication toute prête :

  • avoue, tu as téléchargé un .exe !!!! (tu peux parler français stp ?)
  • à force de visiter des sites bizarres, ça devait arriver, tu as chopé un virus (ah je me disais aussi, j'ai les ganglions enflés)
  • tu as trop de fenêtres ouvertes en même temps (excuse-moi, j'essaie de bosser si ça te fait rien).

Et l'excuse ultime :

  • C'est encore un problème avec ces saloperies de profils itinérants Windows !!! A mort Bilou !!! (ok, mais laissez-lui le temps de me coucher sur son testament).

Donc je résume : un problème informatique se présente. Déjà, c'est énervant. POURQUOI ? Qu'avez-vous fait de mal ? Dieu vous en veut-il ? Avez-vous regardé la finale des célébrités dans la jungle jusqu'à la fin ? Ca restera une énigme. Qu'à cela ne tienne, vous composez le numéro du service informatique ; un de ses funestes éléments vous répond, et vous écoute distraitement exposer votre souci. Invariablement, sa réponse est « Reboote ton micro ». Depuis le temps, vous avez enfin compris ce que ça veut dire : éteins et rallume ton ordi. Mais bon, en français courant, ça fait pas assez pro, tu vois. Vous vous exécutez, plein d'espoir et de bonne volonté. Mais que nenni ! Ca ne résoud rien. La mort dans l'âme, l'informaticien vous dit qu'il va directement passer dans votre bureau, avec une infinie lassitude dans la voix ; c'est vrai quoi, devoir faire ce pour quoi il est payé, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! Une trentaine de minutes plus tard (dans le meilleur des cas), il arrive en traînant des pieds, l'oeil goguenard et la remarque perfide au bord des lèvres (regardez bien sa bouche la prochaine fois, vous distinguerez la dite remarque prête à sortir). Il se met à bidouiller la machine, à refaire les trucs que vous avez déjà fait avant de vous résoudre à l'appeler au secours, mais là, bien sûr, comme la vie est une chienne, CA MARCHE !!! Oui, je sais, ça semble incroyable, mais c'est ainsi. L'informaticien se distingue du commun des mortels par le fluide magique qui lui sert à réussir là où les autres ont échoué, en faisant exactement les mêmes choses. Scrogneugneu. Je me demande comment ils détectent la présence de ce fluide, pendant les examens d'informatique.

Vous voilà donc réduit une fois de plus à votre triste condition de généraliste (par opposition à technicien, bien sûr), la tête pleine de références historiques, de théories philosophiques et de citations de Paul Nizan. Que des trucs qui servent à rien, c'est bien connu...

Il faut avoir de la compassion pour les techniciens... peut-être ne connaîtront-ils jamais la beauté et l'infinitude de toutes ces connaissances abstraites, si irréductibles à des 0 et des 1. Techniciens, informaticiens, mes frères, je ne vous hais point ! Je désespère seulement de vous comprendre...

J'ai failli devenir grandiloquente là non ? Alors j'arrête... je sais que ce ne sont que généralités... exceptions à ce portrait, manifestez-vous, je brûle d'être certaine de votre existence !