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28/03/2006

Moi, ma vie, ma graisse

Il y a des moments comme ça, c'est MAINTENANT, il faut maigrir. C'est là que j'en suis.

On entend souvent : « Chacun sa croix » ; c'est bizarre mais moi j'ai carrément l'impression d'en avoir plusieurs... bref, la plus lourde à porter (...) reste quand même la fatalité de prendre cinq kilos dès que je mange deux bananes. C'est une lutte sans fin... une lutte contre soi-même, contre la choucroute et les tartelettes à la framboise... une lutte sûrement aussi contre son psychisme ; toutes les explications psychanalytiques peuvent y passer ; moi j'en reste à la nécessité de prendre de la place... ou peut-être une autre place que celle qu'on vous a donnée dès votre naissance...

En tout cas, je peux invoquer l'esprit de Sigmund autant que je veux, le résultat c'est que j'ai cinq kilos à perdre. Oh c'est pas la première fois, loin de là, j'en ai déjà eu vingt à perdre, et d'ailleurs je les ai perdus (notez la notion récurrente de perte... oui pardon j'ai dit que j'arrêtais de me prendre pour Freud). Là ça va, c'est bénin, on me voit encore les yeux, mais bon, si je ne fais rien, tous mes petits habits d'été vont retourner à la poussière... et ça pas question, j'ai pas d'argent à consacrer à l'achat d'une nouvelle garde-robe, et trop d'amour propre pour me résoudre à cette conclusion honteuse.

Donc voilà. Je suis au régime.... AU SECOURS !!!!!! Ne me laissez pas crever au milieu de blancs de poulet à la vapeur, de courgettes à l'eau et de yaourts 0% !!!! Rendez-moi mes pizzas et mes crèmes caramel !!!! Et mes samedis soirs à 3 grammes ! Parce que c'est ça aussi le régime, fini la gnôle !!!! Trop dur non ?

Eh oui pas super drôle... cela dit s'apercevoir soudain que la taille 42 coince aux entournures (et ailleurs), c'est pas top fun non plus... à la fin de ma dernière période de supplice alimentaire, après avoir perdu 20 kilos donc (je m'en goberge, je m'en gargarise, oserai-je dire je m'en nourris), je me suis dit que là c'était la dernière fois, que maintenant il fallait simplement arrêter de grossir... FACILE A DIRE !!!! L'hiver a été fatal, et ces putains de 5 kilos sont bel et bien là (et là aussi, ah tiens par là aussi, j'avais pas vu). J'essaie de rester zen, j'attends le déclic... ça y est il est arrivé, donc j'entame ma dégringolade pondérale... qui signifie aussi, hélas, une mort temporaire de toute vie sociale. Je me concentre sur mon but, je pense à ce petit pantalon en lin, qui l'été dernier avait déjà tendance à être un tantinet étriqué... je pense aux nourritures spirituelles, au bien-être qu'on ressent au début de tout régime (scientifiquement prouvé, je me souviens plus très bien, une histoire d'adrénaline, ou d'endorphine, mais pas de morphine en tout cas !), au bonheur intense qui va m'envahir lorsque ma balance affichera les chiffres habituels (10 kilos de plus que la « normale », poids perpétuel). Quand j'ai fini de penser à toutes ces fadaises, je me dis que pour tenir le coup, je pourrai toujours fumer un peu plus, ce qui risque d'être assez difficile à réaliser finalement... il y a aussi des phases d'auto-flagellation : maigrir c'est une préoccupation de sale petite occidentale qui étouffe sous des tonnes de bouffe pendant que les enfants africains crient famine... j'en ai rien à foutre de ces radasses en couv' des magazines, plutôt crever que d'être comme elles... (aucun risque de toute façon !)... ma masse adipeuse est uniformément répartie, c'est ça qui compte... (peut-être qu'en fin de compte c'est ça le problème... non ?)... les gens qui m'aiment, ils m'aiment comme je suis (parce qu'ils m'ont jamais vue toute nue ?)... j't'en passe et des pas mûres ; tout ça pour en revenir à l'atroce réalité : J'AI 5 KILOS A PERDRE BORDEL !!!

Je n'ai vraiment pas le sentiment de vouloir me conformer à un modèle, d'avoir besoin de me rapprocher d'un idéal... mais ces 5 kilos, ils m'embêtent, parce qu'à cause d'eux, je m'aime moins... et ça, c'est bien pire que de réaliser qu'on ne fera jamais du 36....

26/03/2006

Calme et tranquille....

Je me sens bien ce soir... contre toute attente j'ai passé un week-end formidable ; j'ai découvert qu'on pouvait tisser des liens étroits et fertiles avec des gens qu'on estimait trop différents de soi pour que ça arrive ; je me suis trompée, et j'en suis heureuse, heureuse d'avoir passé un moment agréable et délié, heureuse de ma capacité à pouvoir encore le vivre....

J'ai découvert aussi que les amis du samedi soir peuvent être les amis d'une vie ; moi qui croyais qu'ils ne pensaient à moi qu'autour d'une bouteille de vin blanc, je réalise qu'en fait je compte dans leur vie, autant qu'ils comptent dans la mienne ; je les remercie et je les aime...

J'ai découvert que l'amour existe hors de tout cadre, et qu'il ne faut pas craindre qu'il ne se matérialise plus, car c'est une autre façon de le garder intact... je me sens plus libre, comme soulagée, même si j'ai du mal à l'admettre... ça fait du bien de lâcher prise.

Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie si confiante en l'avenir... même au travail le futur se présente soudain sous un jour presque radieux ! Et puis c'est le printemps, il fait beau il fait chaud, et je vais acheter un vélo. Je vais vivre, parce que j'en suis capable, parce que j'en ai envie, et parce que refuser de le faire serait une insulte à la face de quelqu'un, qui lui n'en a plus l'envie ni la force... pour l'amour de lui il faut que je pense à moi.... c'est sans doute le plus beau cadeau qu'il m'ait fait. Il m'a révélée à moi-même...

Tout ira bien... je ne serai plus triste, je n'aurai plus peur, rien ne sera perdu... Voilà pourquoi je me sens si calme et tranquille ce soir.

25/03/2006

Plein de vide

... tel est le gouffre qui s'ouvre devant moi.

Vide, de tout ce qui a été, et qui vivra pour toujours. C'est un fait qui ne peut plus changer. C'est bien ainsi.

Mais plein, de tout ce qui arrivera. De ce qui va changer. Malgré tout ce qui ne changera pas. Plein de tout ce que j'ai à vivre, puisqu'il faut bien...

Au-dessus de ce précipice, je marche sur un fil, depuis des mois. J'en ressens une fatigue sans fond. De ma vie je n'ai jamais été aussi fatiguée. Mais jamais aussi heureuse de l'être... fatiguée aussi de toutes ces contradictions.

En équilibre sur mon fil, jusqu'ici j'ai réussi à ne pas tomber. Tout juste ai-je trébuché... mais j'ai réussi à garder mon calme, un exploit à la hauteur de ce qui restait à sauver. Aujourd'hui je sais que j'y suis arrivée ; peut-être est-il temps d'emprunter un autre chemin, où j'ai moins de risques de tomber, de tomber du mauvais côté, celui qui fait mal.

Je ne sais pas si je suis capable de quitter ce fil... si je le fais, je sais qu'il y aura toujours des moments où je le réemprunterai avec bonheur. Et peut-être qu'à ce moment il sera plus évident de ressentir ce bonheur ; peut-être sera-t-il plus simple, plus clair, moins coupable. Peut-être qu'il ne se confondra plus avec le bonheur qui a pris vie, ces quelques instants cristallins, limpides, d'une clarté absolue.

Je n'oublierai pas.

Je ne veux plus avoir peur.

Je ne veux pas céder à la petite voix qui me dit de baisser les bras.

Je ne veux pas avoir à choisir.

Je sais que le silence s'impose.

Je n'oublierai pas. Jamais.

22/03/2006

C'est pas marrant tous les jours

En commençant ce blog je m'étais dit qu'il serait drôle... j'avais envie d'une certaine légèreté, de parler de sujets futiles, sur un ton futile, de tourner les choses en dérision... normalement c'est un truc que je fais très bien. En tout cas quand je parle. Mais en fait je m'aperçois qu'à l'écrit, c'est pas du tout pareil... ou alors, peut-être que le fait d'écrire me rend plus sombre. Peut-être que ça fait ressortir toutes les casseroles que je traîne. Peut-être aussi que je m'autorise à exprimer des sentiments plus tristes, parce que je n'aime pas parler de ma peine. Ou dès que j'en parle, je dis trois mots et puis tout de suite je dérisionne. J'ai toujours l'impression que les gens qui m'écoutent ne comprennent pas ce que je ressens, qu'ils voient les choses tellement différemment... et puis de toute façon ça me gêne, j'ai pas envie d'être une geignarde. Je préfère garder ce genre de réflexions pour moi, apprendre à vivre avec, et éviter d'emmerder le monde.

Tout ça pour dire que j'aimerais bien être un peu plus marrante ! Je vais m'appliquer ! Par exemple je pourrais vous raconter la fois où ma voiture (avec moi dedans) est tombée dans un fossé plein d'eau, et où j'ai cru me noyer (j'avais vu Titanic deux jours avant). Je pourrais vous raconter que j'ai bataillé 15 jours pour pouvoir téléphoner lorsque ma ligne a été dégroupée, parce qu'en fait mon téléphone n'était pas relié à mon modem, mais que j'ai quand même insulté tous les pauvres garçons et filles de la hot line de mon FAI. Je pourrais vous dire qu'un samedi soir, vers 5 heures du mat', dans un parking souterrain, j'ai enlevé mes pompes à talons et j'ai imité Josiane Balasko qui fait la majorette dans Nuit d'ivresse (un titre qui résumait bien la soirée). Je pourrais vous raconter qu'un jour, en commandant une pizza, j'ai épelé les initiales de mon nom avec des prénoms pour que mon interlocuteur comprenne, et qu'il m'a répondu : « Ben dis donc vous avez beaucoup de prénoms vous ! »...

Pour aujourd'hui c'est déjà pas mal ; tous les gens qui me connaissent et qui lisent ces lignes doivent déjà être morts de rire, puisqu'ils ont entendu (ou vécu !) toutes ces histoires... Pour les autres, essayez d'imaginer....

19/03/2006

Carrière de la vie

Aujourd'hui j'ai refait mon CV. Peut-être est-ce le fait de l'avoir lu et relu, mais à la fin j'avais l'étrange impression qu'il parlait d'une autre personne... c'est tellement pas moi, ces quelques lignes sèches, factuelles, datées, balisées, démonstratrices ; je suis tellement autre chose que ça... recruteurs, recruteuses, quand vous me lirez, aurez-vous conscience que ce concentré abscons et hermétique ne reflète qu'une infime partie de ce que je suis ? D'accord, vous vous foutez de savoir que j'aime les framboises, que je dors à droite et que je suis obsédée par la ligne de mes sourcils, mais tous ces détails, c'est moi aussi....

Quand j'étais jeune et naïve (avant d'être moins jeune et presque toujours aussi naïve), je croyais que ma personnalité, mes goûts, mes connaissances seraient des atouts dans ma vie professionnelle ; à mes dépens j'ai découvert que ce n'était pas vrai. Il faut simplement jouer le jeu. Je déteste ça. J'y suis obligée, et du reste je le fais très mal, mais vraiment j'ai horreur de ça...

 

18/03/2006

Comme je veux

Connais-toi toi-même, nous a dit ce bon vieux Socrate ; pendant longtemps je n'ai pas compris ce que ça voulait dire.... et puis j'ai fini par piger, justement au moment où j'ai eu l'exacte impression d'enfin m'être cernée ; ça a pris du temps et quelques bonnes claques dans la gueule, mais c'est finalement arrivé. J'ai alors pensé que j'aurais bien aimé, durant toutes ces années, savoir, comprendre ce que signifiait ce mystérieux impératif ; je me suis dit que ça m'aurait aidée à progresser sur ce chemin, que ça m'aurait donné l'envie d'atteindre ce but... aujourd'hui j'ai compris que ce n'était qu'illusion, qu'on ne peut comprendre toute l'importance de se connaître soi-même quand justement c'est le cas ; étrange paradoxe...

Mais en la matière, comme dans la plupart des situations de la vie, il n'y a pas de phase plateau ; rien ne dure qui n'évolue, comme dirait l'autre. Bien sûr c'est gratifiant de se connaître, de savoir ce qu'on veut, et surtout ce qu'on ne veut pas, d'avoir des convictions, d'atteindre une certaine stabilité émotionnelle (équilibre à côté duquel un château de cartes ressemble à un bunker) ; mais au moment de savoir qui on est, subitement on réalise aussi tout ce qu'on n'est pas... pour certaines choses ce n'est pas grave : ne pas être Jean-Marie Messier, Jean-Paul II ou Condoleezza Rice, par exemple, ce n'est pas un regret ; mais quand même, se rendre compte qu'on ne sera probablement jamais une mère aimante et dévouée, une militante acharnée et entièrement acquise à une cause juste, ou tout simplement qu'on n'est intrinsèquement pas faite pour le bonheur, ça fout un coup....

Mais bon voilà, c'est bête à dire mais on est comme on est ; s'il y a des tas des choses qu'on ne pourra jamais faire, il reste quand même la précieuse liberté de faire les choses à sa façon... ça j'ai l'impression que c'est possible la plupart du temps. Mon pessimisme sans fond me souffle que tout ce qu'on peut entreprendre, projeter ou construire est vain puisqu'on va mourir ; mais au moins, même dans les plus petits gestes quotidiens, on peut s'exprimer, agir conformément à ses penchants. Ca peut paraître dérisoire mais c'est là que je puise la plupart des moments de bonheur qui me sont proposés.... je me lève le matin et je me couche le soir, mais dans l'intervalle, j'aurais bu mon café brûlant et sans sucre, je me serais tendrement moquée des gens que j'aime, j'aurais pas mis ma ceinture de sécurité parce que ça m'étouffe, j'aurais continué de m'envoyer un paquet par jour même si je tousse, j'aurais fait une blague foireuse au milieu d'une discussion de boulot avec mon chef, et je me serais même offert le luxe d'une pseudo-brouille avec ma soeur, dont la souplesse d'esprit me heurte parfois.... si les gens qui m'entourent n'acceptent pas tout ça, c'est qu'ils ne m'aiment pas ; là-dessus au moins je suis tranquille....

Bien étriquée cette liberté, me direz-vous.... peut-être, mais au milieu des contraintes professionnelles, des pressions sociales et des interdictions politiquement correctes, c'est déjà énorme... et puis pour ne faire que ce qu'on veut, il faudrait être ermite dans le Larzac, et ça c'est sûr que c'est pas ma vie ! Je sais qui je suis, et donc qui je ne suis pas, et je sais aussi comment j'aime faire les choses, le façon dont j'aime vivre au jour le jour, et je crois que je préfère ça à l'élaboration d'un projet de vie linéaire et laborieux... j'aime ressentir de l'humilité face aux surprises, bonnes ou mauvaises, que réserve la vie. Peut-être qu'un jour, une péripétie me donnera l'occasion de m'apercevoir que je suis capable d'être ce que je pensais justement ne pas être.... rien que pour ça, ça vaut le coup non ?

14/03/2006

Mon nom est Rigide, Psycho Rigide

Voilà un qualificatif étrange qu'on m'a souvent attribué... c'est très péjoratif ; mais moi je ne peux m'empêcher d'y voir aussi la marque de certaines de mes qualités. Comme l'honnêteté, la constance, le refus de certains compromis, la fidélité à mes valeurs. La vie en société nous oblige à un minimum de souplesse, sous peine de finir atrocement seule, dévorée vivante chez soi par son berger allemand comme Bridget Jones ; sans en arriver là, je persiste à penser qu'il faut quand même garder à l'esprit ce que l'on est, ce que l'on veut ou qu'on ne veut pas, les conséquences que nos actes peuvent avoir sur les autres. Jusque là, tout va bien.

Là où ça commence sérieusement à déraper, c'est quand ce qui vous semble être une attitude franche, claire et responsable vous revient en pleine face (et ça fait mal, une attitude lancée à pleine vitesse dans la figure !), tout simplement parce que les gens ne se comportent pas de la même façon. Ce que vous considériez comme important est balayé, parce que tout à coup les gens qui étaient d'accord ne le sont plus. Pourquoi donc ? C'est simple : parce que ça les ARRANGE. Je hais ce mot. Je hais les arrangements. Comme je ne suis évidemment pas exempte de reproches, il m'arrive moi aussi d'y céder. Mais au moins je m'en rends compte. J'essaie de minimiser les dégâts. Je ne considère pas les sentiments négatifs que ça peut provoquer comme quantité négligeable. Si c'est arrivé, je m'en excuse, et je m'en voudrai jusqu'à ma mort...

Vous me trouvez.... naïve ? Candide ? Idéaliste ? Un peu pomme pour tout dire ?

Eh ben je vais vous dire : vous avez raison. Mais j'aime être comme ça. Je ne compte pas changer. Je sais depuis longtemps que ça me fera toujours souffrir. Mais je préfère encore ça à l'idée de faire souffrir les autres, qui, même si c'est inévitable, m'est décidément insupportable.

12/03/2006

Solitude, ma compagne

 

Récemment j'ai vu un film, dont j'ai oublié le titre, où un des personnages, joué par Mathilde Seigner, disait à peu près ceci : « Maintenant que je sais monter une étagère Ikéa toute seule, à quoi pourrait bien me servir un homme ? »

Loin de moi l'idée de reprendre à mon compte cette phrase lapidaire, et puis de toute façon je ne sais pas monter une étagère Ikéa toute seule (puisque les ingénieurs suédois doivent compter parmi les pires pervers que la Terre ait porté), mais j'avoue en partager l'esprit ; le problème là-dedans, c'est moins « les hommes » (entre guillemets puisque c'est un concept parfaitement abstrait, sans aucune réalité, en tout cas dépassant toute possibilité de généralisation) que le fait de vivre seule...

Quand je lis en couverture d'un magazine un titre du style « Ces gens qui ont choisi le célibat », ça me fait beaucoup rire ; comment peut-on oser affirmer qu'on a CHOISI d'être seul ? Je m'explique : on « devient célibataire » 

-soit après une rupture ; même si on est à l'origine de la séparation, on le décide rarement dans le but d'être célibataire, non ? On le décide parce qu'on n'aime plus, qu'on ne s'entend plus, parce qu'on en a marre de ramasser des chaussettes au milieu du salon ou de se faire engueuler parce qu'on rentre huit minutes en retard, mais pas parce qu'on se dit : « Tiens, si je choisissais d'être célibataire ? ». Bref, il ne faut pas confondre les causes et les conséquences.

-soit parce qu'on l'a TOUJOURS été, et là c'est probablement parce qu'on n'a rencontré personne qui ait trouvé grâce à nos yeux. Ce qui est parfaitement compréhensible, je vous l'accorde.

Quoiqu'il en soit, on ne choisit pas de tomber amoureux ou de ne plus l'être, donc on ne choisit pas d'être en couple ou d'être célibataire, épicétou.

Tout ça pour dire que vivre seul, c'est comme le reste, on s'habitue ; parfois même, et c'est mon cas, on y prend, au fur et à mesure, un plaisir immodéré, une liberté inouïe ; le quotidien morose devient une plage de possibilités infinies (enfin... presque) ; on a BESOIN d'être seul, de ne se concentrer que sur soi... personnellement la solitude m'a beaucoup construite.... et surtout, SURTOUT, il n'y a personne pour vous emmerder copieusement alors que vous avez bien mérité d'être tranquille. La solitude est une drogue dure...

Alors bien sûr, il y a accoutumance et il faut augmenter les doses.... jusqu'à refuser totalement d'envisager à nouveau la vie à deux dans un hypothétique futur ; même le plus pur des amours ne change quoi que ce soit à cet état de fait... je dirais même qu'il le renforce, puisque partager le meilleur avec l'être aimé dissuade encore plus de partager un appartement, un compte joint, des factures et des belles-familles. Pourquoi s'infliger tout ça alors qu'on peut entretenir une relation merveilleuse qui permet à chacun de préserver son indépendance, sa respiration propre ?

Et encore, là je ne parle que de l'éventualité d'une vie à deux ; mais avec le temps (va, qui s'en va...), j'en viens même à douter de pouvoir un jour remettre en cause le fragile équilibre, si chèrement acquis, qui repose autour de ma petite personne, pour « m'engager » (quel mot débile) à nouveau dans une relation durable avec un homme, cet animal étrange... Mais ce matin s'est produit une chose inhabituelle : au retour du marché, chargée d'appétissantes provisions, j'ai pensé un instant que pour une fois, j'aurais apprécié une compagnie tendre, complice et aussi gourmande que moi pour ce froid dimanche ; ça n'a duré que quelques secondes, le temps que je réalise que cette compagnie rêvée avait toujours le même visage... de ce visage aussi, il faut que je guérisse.

 

11/03/2006

Chassez le naturel

Comme tous les samedis soirs à la même heure, je suis prête à sortir ; comme à chaque fois je suis habillée, maquillée, parfumée, pomponnée à mort ; comme d'habitude je me demande : à quoi bon... qu'est-ce qui me pousse à continuer à me farder de la sorte... moi qui aime tellement être moi-même....

En écrivant ça, je réalise qu'il me serait impossible de sortir sans tous ces masques, j'aurais trop peur que les gens me jettent des pierres ! Quel est donc le mécanisme qui nous pousse à penser que les autres n'aiment pas notre nature profonde... pourquoi en suis-je arrivée à penser que mon visage, débarrassé de tous les fluides, toutes les poudres, tous les fards, ne peut être regardé avec bienveillance ?

Pour le savoir, il faudrait que je m'autorise à faire autrement.... 

10/03/2006

C'est fait de tout petits riens

Le monde est moche, mais parfois aussi il est beau.

Très beau.

Je ne vais vous faire le coup de le vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie, mais quand même si.

Il faut essayer d'y croire.

En pensant par exemple à ça :


  • les bisous dans le cou

  • les mains sur les hanches

  • les enfants qui rient

  • un ordinateur qui fonctionne

  • les melons, les pêches, les cerises, les framboises

  • une tasse de café fumant, un matin d'été sur une terrasse en plein soleil

  • du champagne bien frappé, les yeux dans les yeux, une nuit...

  • Nicolas Sarkozy fait 1m60 (j'ai pas vérifié mais il est impossible qu'il soit plus grand)

  • le chauffeur de bus vous a attendu à l'arrêt, au lieu de redémarrer dans des trombes d'eau, alors que votre poumon droit vient de rendre l'âme après le sprint que vous piqué

  • soudain, un inconnu vous offre des fleurs. Bon ok, ça n'arrive jamais.

  • dimanche, 16 h, il vous reste des cigarettes

  • votre boss vous félicite. Ah tiens, ça non plus ça n'arrive jamais ! Alors disons qu'il passe la journée sans vous lancer des regards furibards ou vous faire des remarques perfides

  • une interview télévisée de Noël Mamère à 8 heures du mat. Qu'on soit d'accord ou pas, ça booste pour la journée

  • un fou rire avec des gens qu'on aime

  • une discussion politique exaltée pendant un apéro qui dure jusqu'à 23 h

  • être réveillé par le chant des oiseaux (mais pas avant 11 h svp)

  • s'endormir sous les caresses de son(sa) chéri(e)

  • faire le marché. Mais un vrai marché, dans un bled à la campagne, avec des légumes biscornus encore tout pleins de terre, et des fruits qui ont goût à fruit, et des gens avec un accent qu'on comprend pas toujours très bien


  • aller à la plage en fin de journée, il n'y a plus grand monde, la mer est tiède, le soleil se couche, pour un peu on s'endormirait dans l'eau tellement on est bien


Voilà, on pourrait trouver bien d'autres choses, encore plus réconfortantes ; l'essentiel c'est qu'elles existent, et qu'elles nous fassent oublier, l'espace d'un instant précieux, les fâcheux, les méchants et les crétins, toutes les guerres qui embrasent ce sale monde, les enfants malheureux et les bénéfices records de la World Company...