Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/02/2006

Moi, ma souffrance, ma douleur et ma tristesse

Aujourd'hui j'en ai marre de tous ces gens qui essaient d'accaparer mon attention, de me faire porter une part de leur peine (voire la totalité). Marre de tous ces gens qui croient que l'amour les affaiblit. Marre de tous ces gens qui croient que demander de l'amour, c'est se rabaisser. Marre de tous ces gens qui croient que respecter l'amour, c'est s'oublier.

Non seulement tous ces gens, d'après moi, se trompent, mais en plus ils me volent ma propre peine. Ils heurtent les convictions profondes qui font que moi aussi, je souffre. Vouloir se battre pour obtenir de l'amour, je ne suis pas d'accord. Penser que quelqu'un s'aveugle lui-même parce qu'il refuse d'entendre votre amour, je ne suis pas d'accord. Balayer des liens étroits et anciens d'un revers de main parce qu'on a besoin de prendre une grande bouffée d'air, je ne suis pas d'accord. Etre malhonnête, je ne suis pas d'accord. Et ensuite vous osez venir me dire, à moi, que vous souffrez ? Comme c'est mal me connaître, et méconnaître ce qui me fait souffrir…. Finalement je me rends compte que cette attitude me fait encore plus de mal que toutes les raisons que j'ai de souffrir. Ca peut paraître paradoxal… mais toutes ces raisons, avant de me faire du mal, étaient pour moi des sortes de "principes", de lignes directrices ; ne pas croire en elles aurait pu m'éviter de souffrir d'ailleurs ; toujours est-il que c'est comme ça, et que je ne peux comprendre que certains souffrent pour des motifs exactement inverses…

J'ai le sentiment que la souffrance que j'éprouve devient un repère, une balise ; ma vie s'arc- boute autour de cette douleur, puisqu'elle est née de choses auxquelles je crois profondément. Au fur et à mesure que j'essaie de dompter ma peine, elle prend une place de plus en plus grande, mais de moins en moins douloureuse ; elle devient une compagne… peut-être est-ce pour ça qu'au bout d'un moment, il est impossible d'y renoncer, d'envisager sa vie sans tristesse… parce que ça signifierait qu'on réduit à néant les raisons de cette tristesse….

Bon… étaler mon pathos ne me réussit plus de toute façon ; je ne crois plus que la compréhension ou l'empathie des gens à qui on le confie soit d'une quelconque utilité, j'ai même plutôt l'impression du contraire ; du coup j'ai perdu l'envie, la patience, la capacité d'écouter mes proches faire de même : d'abord je ne sais jamais quoi leur répondre, mis à part que les solutions sont en eux, et certainement pas dans la vodka-tonic, les œuvres intégrales de Tolstoï ou les jupes de leur mère ; ou alors, et c'est pire, que des solutions (ou même une seule), il n'y en a pas toujours. Et ensuite, je ne suis personne pour dire quoi que ce soit, sur qui que ce soit, et quelle que soit la situation ; les gens désemparés ont souvent envie (et croient avoir besoin) qu'on leur dise quoi faire, qu'on leur donne une sorte de marche à suivre ; et ça, il est CERTAIN que ça n'est jamais une solution… alors quand des gens viennent me confier leur malheur, leur ressentiment ou leur déception, égoïstement j'ai envie de leur dire : "laissez-moi avec ma propre peine… la vôtre me distrait de la mienne, et j'ai besoin d'en être consciente, de la surveiller, de la voir vivre… pour m'habituer à elle, ne plus avoir besoin de la déjouer, et faire en sorte qu'elle ne soit plus un fardeau…."

Je ne veux pas être inhumaine ; j'essaie d'écouter les gens, notamment quand je pense pouvoir réellement les aider, comme ça vient de m'arriver pas plus tard qu'hier ; mais la plupart du temps, ça ne fait que faire écho à ma souffrance, et parfois de façon dissonante en plus… pardon à tous les gens que j'aime de ne plus savoir faire ça… tout ce que je peux vous dire, mais comme d'habitude d'ailleurs, c'est que le meilleur (le seul ?) remède c'est encore d'essayer d'en rire… Forcez le trait, moquez-vous de vous, soyez pathétique une bonne fois pour toutes, et il y a de grandes chances pour qu'après ça aille un peu moins mal. Jusqu'à la prochaine fois, bien sûr…

Commentaires

... allons-y sur la pointe des pieds, aujourd'hui Pomme pétille comme un bon cidre paysans ... le gaz carbonique de la fermentation a fait sortir à l'abrupte, d'un coup brutal et violent, le liège du goulot ... et là, maintenant face à nous, le liquide s'écoule avec son bouillonnement vital ...
Je ne doute pas que demain d'autres lignes nous révèlent clairement ses véritables origines : le cidre vient de la pomme, la pomme du pommier et le pommier du Paradis ...

Écrit par : zulunation | 26/02/2006

Les commentaires sont fermés.