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03/08/2007

Estoy de vacaciones

Oui je parle espagnol couramment. Enfin disons que je sais commander à manger et à boire, et dire merci. Ca suffit amplement, vous en conviendrez.

Ce n'est pas un vrai post que vous êtes en train de lire, mais ça me fait plaisir quand même de l'écrire !

Tout d'abord je pars en vacances, je voulais donc vous prévenir que je ferme les commentaires... enfin, si j'y arrive, je n'ai encore jamais essayé et rien n'indique que j'y parvienne à coup sûr. Je vais donc tenter de garder mon calme et de ne pas bousiller mon PC en ce jour tant espéré de départ en congés.

Ensuite je voulais vous dire que la plateforme Mabulle est manifestement toute cassée, puisqu'on n'a plus accès aux blogs hébergés par elle. J'ai reçu un message de Caroline (pour l'instant le lien ne marche pas, si vous avez bien suivi) disant qu'elle partait aussi en vacances ; elle vous envoie plein de mercis et de baisers, et elle vous donne rendez-vous fin août, début septembre...

Quant à moi je compte sur ma migration temporaire vers le Sud (oui je vais en Espagne, à Toulouse tout le monde va en vacances en Espagne) pour retrouver un peu d'inspiration. C'est-à-dire que normalement, il va m'arriver des loufoqueries que j'aurai envie de vous raconter.

Si vous aussi vous avez la chance d'avoir des vacances, je vous les souhaite bonnes. A ceux qui n'en ont pas, courage, la prochaine fois ce sont les autres qui resteront pendant que vous chargerez vos bagages dons votre voiture avec un rire démoniaque de vengeance assouvie.

Je vous bise !

19/06/2007

Coup de mou

Mais alors un gros, gros coup de mou, voyez ?

Depuis quelques semaines je m'interroge beaucoup sur l'avenir de ce blog. C'est un sujet sur lequel je me suis toujours posé des questions, du reste ; mais disons qu'aujourd'hui, je me sens comme tarie.

Ecrire me manque beaucoup, mais pour l'heure je n'ai rien à dire. Comme il est bien sûr hors de question que je me force, je vais laisser courir un peu, et voir venir. A la fin de la semaine, je pars en congés jusqu'à début juillet, et au retour j'aviserai... si ça se trouve, j'aurai des tas de trucs à raconter. Ou pas. Je ne suis pas capable de dire mieux pour le moment...

Je m'en veux un peu de créer ce « suspense ». Mais je n'ai pas d'autre choix. Je n'arrive pas à décider tout à fait que c'est terminé, tant je tiens à ce qui s'est passé sur ces pages depuis plus d'un an ; mais je ne veux pas non plus prolonger artificiellement la tenue de ce blog, pour une autre raison que l'envie. C'est le seul moteur que je veux avoir dans la vie.

A bientôt...

03/06/2007

Fiche de lecture

Ca alors, un questionnaire ! Y'avait longtemps non ? Merci Annelise ;-)

Pour être honnête, ce n'est pas mon exercice favori ; mais celui-ci est particulier puisqu'il parle de livres. A bien y réfléchir, je suis très étonnée de ne pas parler ici de mes lectures. Lire, pour moi, ça s'apparente un peu à respirer ; j'ai toujours lu, depuis que je sais le faire, quasiment tout ce qui me tombait sous le main, de façon très compulsive, sans jamais me lasser. Il se passe rarement un jour sans que je lise, c'est essentiel à mon équilibre. S'il me fallait choisir entre lire et écrire, je choisirais lire, sans aucun doute.

Si je suis boulimique de lecture, j'arrive quand même à choisir parmi l'offre pléthorique que propose l'industrie de l'édition... je vais sûrement oublier quelques titres, mais je vais faire de mon mieux.

4 livres de mon enfance

Je dirais plutôt les collections de mon enfance... les mêmes que vous, très probablement.

Oui-Oui. J'adorais Oui-Oui. Il y a quelques mois, avec des amis, nous avons désespérément cherché le nom de l'ami de Oui-Oui, ce charmant petit personnage aux joues rouges. Vous savez quoi ? Il s'appelait Potiron. Complètement dingue.

Le Club des Cinq. Entre eux et le Clan des Sept, il fallait trancher, j'ai choisi mon camp. En revanche, j'ai totalement oublié de quoi ça pouvait bien parler. Genre ils faisaient des enquêtes, non ? Ca doit être ça.

La comtesse de Ségur. Aaaah... cette chère comtesse, si surannée, si douce et si réactionnaire. Un monument de conservatisme, de morale périmée et de sexisme. Un vrai bonheur.

Et le quatrième ? Bah je sais plus. Quelque chose de très académique, à l'image des trois premiers...

4 livres de mon adolescence

L'étranger, de Camus. Ce livre a été une révélation pour moi ; je ne saurais pas dire pourquoi, mais il a remué des tas de choses enfouies. Je me rappelle de l'émotion intense que j'ai ressentie après l'avoir terminé, et qui m'a fait penser : c'est donc ça, un prix Nobel...

Thérèse Desqueyroux, de François Mauriac. Oui, j'étais hyper fun quand j'étais ado. Je l'ai relu récemment, et à nouveau j'ai été frappée par la force de l'écriture, l'universalité du propos, la profondeur des personnages.

Tous les Pagnol. J'ai vécu des années en Provence par procuration... aujourd'hui je n'ai plus envie de relire tous ces petits bijoux, je crois que j'ai peur d'en abîmer le souvenir.

Tarendol, de René Barjavel. J'ai ensuite lu Le grand secret et La nuit des temps, mais Tarendol reste un souvenir émerveillé. Je viens de relire Ravage, et ce livre m'est soudain apparu comme atrocement rétrograde et moraliste, ça m'a saoûlée. Donc je suis mitigée sur Barjavel, en fait.

4 livres de ma vie étudiante

Alors d'abord tous les bouquins de droit constitutionnel, d'économie, d'histoire des idées et de géopolitique que tout étudiant de Science Po digne de ce nom doit se fader. Des souvenirs grandioses, on s'en doute.

Patrick Cauvin. C'est à cette époque que j'ai découvert cet auteur que j'adore, et dont j'ai depuis dévoré tous ses ouvrages, sans exception. Le premier que j'ai lu c'est Rue des Bons Enfants, qui est formidable, mais de toute façon ils le sont tous. Attention, ce n'est pas de la graaaaaande littératuuuure, mais on s'en fout, c'est très bien écrit et ça vous embarque dès la première page, perso c'est tout ce que je demande.

Conflits de famille. C'est aussi pendant cette période que j'ai découvert Alison Lurie, un génie d'ironie et de satire sociale, tout en finesse et en férocité. A la suite de celui-ci j'ai systématiquement lu tous les autres ; je conseille notamment La vérité sur Lorin Jones. En revanche le dernier, La vérité et ses conséquences, m'a un brin déçue.

Les écrivains américains. A l'IEP nous avions un cours d'introduction à la littérature (pas que des enseignements barbares finalement), et à cette occasion j'ai découvert l'existence d'Irving, Roth et Auster, entre autres. Je ne les aime pas tous en bloc, c'est vraiment au cas par cas. Mention spéciale pour Le monde selon Garp et Léviathan, tout de même.

4 livres récents que j'ai aimés

Tout ce que j'aimais, de Siri Hustvedt. Merci, Julie, de m'avoir fait découvrir cette pépite. Ce bouquin est un chef d'oeuvre, c'est bien simple. L'auteure mêle au récit de vies ordinaires toute une réflexion sur une époque, une ville, une mentalité, avec de virtuoses digressions sur la sociologie et la psychologie. J'ai rarement lu un livre dégageant une telle force, une telle personnalité.

King Kong Théorie, de Virginie Despentes. Sur elle, je n'avais que de vils préjugés d'écriture facile et de sujets racoleurs ; Les Jolies Choses m'était tombé des mains il y a quelques années, mais celui-ci, j'avais vraiment envie de le lire. Je n'ai pas été déçue, et au-delà, j'ai totalement adhéré à son triste constat, qui en gros et selon moi, expose l'impossibilité présente et future de l'existence de relations apaisées entre hommes et femmes. Le fait qu'elle y détaille sans fausse pudeur son cheminement vers la féminité m'a beaucoup touchée, et j'ai découvert une femme qui n'a pas besoin de singer les modèles préétablis pour se sentir être. Et rien que ça, ça fait du bien.

Moi, Charlotte Simmons, de Tom Wolfe. De lui, j'avais déjà adoré Un homme, un vrai. Mais son dernier ouvrage est tout aussi féroce dans la description de la société américaine nantie et bien pensante. Le personnage éponyme est confondant à la fois de bêtise, d'ambition, de sainte-nitoucherie, de conformisme et de vanité. Une adorable jeune fille.

Traité de savoir-survivre par temps obscurs, de Philippe Val. Alors là, pour être franche, je ne pense pas avoir tout bien compris des tenants et des aboutissants de la thèse de l'auteur, mais j'en ai pigé assez pour être éblouie par la démonstration, et aussi par l'érudition de ce type. Cette lecture a également réveillé en moi le fol espoir que l'humanité n'est peut-être pas totalement perdue pour elle-même... mais c'est pas gagné, disons-le tout net.

4 collections de BD que j'adore

Oh ben aucune, je ne lis pas de BD. J'aime pas les images, je ne suis pas du tout une visuelle, moi j'aime quand il n'y a que des mots. Cela dit j'ai lu pas mal d'Astérix, c'est ma seule référence en la matière. Mais je me rattrape comme je peux en suivant goulûment le blog de Soph, les Toujours Ouvrables. Si vous ne connaissez pas, allez voir, c'est à mourir de rire.

4 écrivains que je relirais encore et encore

Patrick Cauvin, bien sûr.

Stephen King. Ah tiens c'est curieux, je n'ai pas encore parlé de lui ! J'aime surtout les livres de la maturité, comme on dit, ceux qui ont comme personnage central une figure emblématique de femme bafouée et courageuse : Dolores Claiborne, Rose Madder, et surtout Jessie. Stephen King est un écrivain extraordinaire, ses bouquins sont foisonnants, son écriture toujours juste.

Patricia Cornwell. Les deux derniers tomes de la série des Scarpetta sont plus faibles que les autres, mais c'est une saga que j'adore.

Alison Lurie, donc.

4 écrivains que je ne relirai sûrement jamais

Douglas Kennedy. J'en ai lu deux, et j'ignore encore pourquoi je ne me suis pas arrêté au premier... je ne comprends pas pourquoi on présente cet homme comme un écrivain. Ses sujets n'ont aucun intérêt, son écriture est plate, vraiment, les raisons de son succès m'échappe.

Zola et compagnie, c'est à dire Balzac, Stendhal et tous ces romanciers poussiéreux du 19° auxquels j'ai miraculeusement échappé, merci Lagarde et Michard. En fait je n'ai lu que L'assommoir, duquel j'ai pensé qu'il portait bien son nom... j'ai horreur de tous ces classiques, même sans les avoir lu, c'est vous dire comme je suis bornée. Mes proches m'ayant tous seriné que Maupassant faisait notablement exception à la règle, je viens de commencer Une vie. Pour l'instant je ne saute pas précisément au plafond, mais je vais essayer de le finir.

Dan Brown. Je suis obligée de vous l'avouer, j'ai lu Da Vinci Code, oui j'ai honte, oui je me repens. Ca m'aura au moins servi à prendre la décision de ne plus jamais lire de bouquin semblant avoir été écrit par un ordinateur.

Paulo Coelho. Cette fausse philosophie de pacotille, c'est carrément un scandale international.

4 premiers livres de ma liste à lire

Un corps parfait, d'Eve Ensler. J'ai vu récemment Les monologues du vagin, je pense que je ne m'en remettrai jamais tellement j'étais bouleversée. Je suis très sensible à tout ce qui touche de près ou de loin à la condition des femmes, en ce moment.

Tout est illuminé, de Jonathan Safran Foer. Ma soeur est dithyrambique à son propos ; nous avons rarement les mêmes goûts en matière de livres (normal, elle a fait des études de lettres, et elle sait mieux que moi ce qui est bon. Non, ce n'est pas ironique, Toto. Oui, j'appelle parfois ma soeur Toto, et alors ?) Bref, sur ce coup-là je sens qu'elle a raison, donc je vais le lire.

XY, de l'identité masculine, d'Elisabeth Badinter. C'est pas que je meure d'envie de comprendre les hommes, notez. Mais bon, ce livre traîne sur mes étagères depuis des années, et je ne l'ai jamais que survolé, alors je me dis qu'il faudrait tout de même que je le lise. Je ne suis pas convaincue, mais enfin il paraît que c'est vraiment très bien, donc...

La mariée mise à nu, de Nikki Gemmell. Quand je vous dis que je suis monomaniaque ! Sans blague, on m'a dit que c'était excellent.

4 livres que j'emporterais sur un île déserte

Un dictionnaire, évidemment. Il est impossible de s'ennuyer quand on a un dictionnaire.

Des romans historiques. N'importe lesquels, j'adore tous les romans historiques. Et des biographies aussi, plein. Je recommande chaleureusement L'irrégulière, d'Edmonde Charles-Roux, le récit passionnant de la vie de Coco Chanel, cette héroïne.

A la recherche du temps perdu : si j'ai bien compris, il faut vraiment n'avoir que ça à faire pour arriver à bout des sept tomes.

Les textes de Brel, Brassens, Renaud, Aznavour, Desproges. De la littérature en soi, vraiment. Ca me servirait à me rappeler à la fois de la beauté du monde et de sa laideur, aussi. Et puis ça me ferait rigoler, c'est toujours ça de pris.

Les derniers mots d'un de mes livres préférés

« ... Mais la surprise de Gladys était dans la chambre à coucher, elle tira Norma Jeane par la main, & la souleva de terre pour qu'elle regarde dans un cadre le bel homme souriant qui sembla en cet instant lui sourire. « Tu vois, Norma Jeane ?... Cet homme est ton père. »

Ce sont les derniers mots de Blonde, de Joyce Carol Oates, une biographie libre et hallucinée de Marilyn, adorable poupée sexuelle désespérément en quête d'amour. On voit où ça mène...

 

EDIT : alors bien entendu, il me revient progressivement à l'esprit nombre de livres dont j'aurais aimé parler.

D'abord, Garcia Marquez, Cent ans de solitude, il FAUT le lire, cherchez pas à comprendre. Du même continent, Isabel Allende, c'est formidable.

Ensuite les écrivains anglais contemporains : Hornby, Lodge, Connolly, et Amis, mais moins.

Une auteure américaine découverte récemment, Dorothy Allison, et un auteur, américain aussi, mais découvert il y a longtemps, Pat Conroy. 

Enfin un écrivain et journaliste français qui me fait hurler de rire : François Reynaert, éditorialiste au Nouvel Observateur (mais je ne lis pas le Nouvel Observateur, je devrais tant cet homme est drôle), auteur notamment de Une golden en dessert, un petit bijou.

Voilà, si je me souviens d'autre chose, je referai un edit. J'aime l'exhaustivité ;-) 

28/05/2007

Jamais contente

Râler tout le temps, c'est pas très constructif, c'est vrai. Cela dit, être sempiternellement satisfaite, on peut pas dire que ça fasse beaucoup avancer non plus. Quoiqu'il en soit, je me classe naturellement et sans aucun effort dans le camp des jamais contents.

Et il se trouve qu'en ce moment, des tas de petites agaceries viennent alimenter la longue cohorte de mes sujets de récrimination. Le point commun à tout ce qui me fait râler, c'est l'instabilité insupportable à laquelle sont soumis des phénomènes très banals. Tellement banals que la plupart du temps, il ne nous vient même pas à l'esprit de nous en plaindre, mais ma névrose de protestation trouve toujours de quoi s'auto-alimenter.

Tout d'abord, la vaste et épineuse question capillaire. Si vous lisez ce blog depuis un certain temps, vous savez déjà que je suis la personne qui a le moins de cheveux au monde. En tout cas je l'étais, et je faisais avec, étant donné que je n'étais pas assez riche pour tenter les implants, ni même pour m'acheter une perruque (c'est hyper cher, les perruques). Or, depuis quelques temps, suite à une mystérieuse mutation hormonale (non, je ne suis pas devenue un homme), mes cheveux sont revenus en force sur mon crâne. A la base, c'est une bonne nouvelle ; non que je compte un jour ressembler à Bettina Rheims, mais tout de même, j'aime autant ne plus être capable de compter mes tifs. Le problème évidemment, c'est que cette profusion nouvelle commence à me courir. Déjà, quand on a les cheveux courts, on est obligé d'aller chez le coiffeur très régulièrement, mais si en plus votre tignasse reprend de la vigueur au point de vous donner l'impression d'avoir une boule afro (il ne m'en faut pas beaucoup, je l'admets), c'est le drame. Habituée à vivre comme si j'étais chauve, je me retrouve soudain avec pleins de petits cheveux de partout, une masse de tifs sur le sommet de la tête, et toujours aussi peu envie d'aller chez le coiffeur tous les mois. Je recule systématiquement l'échéance, et je me transforme donc au fil des jours en créature hirsute avec des cheveux dans les yeux, ce qui pour moi représente une certaine idée de l'enfer. Après avoir examiné la situation sous tous les angles, j'en suis arrivée à une conclusion implacable : il faudrait que les êtres humains soient pourvus, à l'arrière du crâne par exemple, d'un bouton on-off commandant la pousse des cheveux. Réfléchissez deux minutes, ce serait le pied, non ? Et inutile de me dire que ce n'est pas possible, si c'est susceptible de rapporter du pognon, tout est possible. Je songe donc très sérieusement à faire part de ma suggestion géniale à Floréal, je suis sûre qu'ils seraient ravis. Et j'ajoute que le même système devrait être disponible pour les ongles, vu que je suis limite à couper les miens avec une tronçonneuse.

D'une façon générale, le changement incessant me fatigue et m'irrite, j'ai besoin d'un environnement stable, calme et linéaire. Et tempéré. C'est dire si en ce moment, les caprices de la météo me portent sur le système. Je ne supporte pas la chaleur, mais pas le froid non plus ; je hais la pluie, mais pas autant que le vent ; et surtout, j'ai horreur que le temps tourne aussi facilement qu'il le fait en ce moment. A l'heure où j'écris ces lignes, il a plu tout le week-end, et je n'arrive pas à laisser la fenêtre ouverte tant l'air qui entre dans la pièce est frigorifiant. Je rappelle à toutes fins utiles que nous sommes le 28 mai, et que la semaine dernière, j'ai failli mourir d'une hyperthermie foudroyante puisqu'il a fait 30° pendant trois jours. Alors je sais, il faut qu'il pleuve pour éviter la sécheresse, il ne faut pas qu'il fasse trop chaud parce que c'est mauvais signe pour le réchauffement de la planète, mais moi je demande juste que le temps soit un peu plus constant, pour ne plus perdre 20 degrés d'une semaine à l'autre. J'estime que ce voeu est tout à fait raisonnable, et qu'il devrait se matérialiser sous la forme d'un régulateur météo, un système ingénieux qui permettrait de régler le temps, selon la saison bien sûr, et en évitant tous ces changements brusques et traumatisants pour ma petite personne. Je propose donc un ciel légèrement couvert et une quinzaine de degrés d'octobre à avril, et un beau soleil avec 22° maximum le reste du temps. C'est vrai que normalement il y a quatre saisons, mais de toute façon elles sont devenues totalement théoriques, donc autant en avoir deux seulement, et bien différenciées.

Et puis il faudrait aussi que les voitures (la mienne, en particulier) arrêtent d'être en panne à tout bout de champ, ça me ferait des vacances. Depuis que j'ai failli brûler vive dans ma bagnole l'été dernier, je suis poursuivie par les problèmes mécaniques. Le dernier en date, c'est que le moteur de mon tas de boue continue à tourner lorsqu'on coupe le contact. Sans blague, c'est parfaitement vrai, ça ressemble un peu à un roman de Stephen King, mais c'est la pure réalité. On va voir ce que vont en dire les spécialistes qui vont s'oocuper de cet étrange avarie... Et puis les feux-stop ont décidé de ne plus marcher, ce qui a donné lieu à une hilarante séance de changement d'ampoules avec un ami qui lui, a la chance de s'y connaître en voitures. Et puis on m'a piqué mon antenne, aussi. Bref, si mon véhicule pouvait rester intact pendant plus de trois semaines, ça serait franchement pas de refus. J'ai donc une suggestion à faire aux constructeurs automobiles : fabriquez donc des voitures qui ne tombent pas en panne, et munis d'une antenne non amovible tant que vous y êtes. Une fois qu'elles sont trop usées, elles deviennent inutilisables et basta, on en rachète une autre. Parce que bon, devoir les amener au garage trois fois par mois, ça coûte tellement cher qu'on se demande si vous feriez pas exprès, hein. Ca serait nettement plus rentable, pour les conducteurs en tout cas, de se payer un nouveau modèle au premier problème, c'est dire. En revanche, pour les industriels, ça risque d'être moins intéressant d'un point de vue financier, du coup j'ai bien peur que mon idée de génie ne soit jamais retenue.

Une idée reçue très répandue veut que le sel de la vie réside dans le changement, l'évolution, les surprises. Mmmoui, moi je veux bien, mais trop de surprise tue la surprise. Moi, je veux de la constance, de l'équilibre, du rassurant. Je veux que les Twix s'appellent à nouveau des Raider, qu'il neige à Noël, et que le Tang existe toujours (non, je déconne, c'était vraiment infâme le Tang). J'en ai marre que tout change tout le temps, de la météo à ma taille de vêtements, du goût des yaourts au nom des pays, de la longueur de mes ongles au prix du kilo de patates. Ou alors, puisque que tout doit changer tout le temps, au moins, que ça change vraiment. Que ça serve à quelque chose, tous ces chamboulements incessants. Que je râle pour une bonne raison !

Vous ne comprenez pas ? Je crois que moi non plus... je dois avoir besoin de vacances.

 

 

21/05/2007

Dis-moi de quoi tu as peur...

... je ne te dirai pas forcément qui tu es, mais je crois que ce serait quand même très révélateur.

Partant de ce postulat irréfutable, et armée d'une furieuse envie de me bidonner en travaillant (ce qui pour moi, je vous le rappelle, est une sorte d'idéal totalement hors de portée), j'ai accepté d'écrire un deuxième bouquin pour mon cher éditeur. Il sortira le 13 juin et s'appelle... je vous laisse lire vous-même sur la photo, je le trouve très compliqué à écrire, ce titre.

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Comme vous le constatez il traite des phobies, sous un angle complètement fantaisiste, ça va de soi, étant donné que je ne pouvais guère prétendre avoir les compétences pour en parler sérieusement. Mais comme je suis une élève appliquée, je me suis documentée longuement (= une demi-journée à la bibliothèque. Ben quoi, je lis très vite !) pour ne pas raconter trop de fadaises, et normalement j'ai évité de tomber dans le grand n'importe quoi.

Si vous êtes en train de lire ceci, et que vous souffrez d'une (ou plusieurs, ça peut arriver) phobie(s), il faut donc que vous soyez avertis que mon oeuvre ne vous aidera pas à guérir. En revanche, elle peut vous faire rigoler un bon coup (du moins je l'espère, vu que c'est le but), ce qui est toujours bon à prendre, qu'on soit phobique ou non. Du reste nous le sommes tous un peu, me suis-je laissée dire. A différents degrés, certes, mais qui peut se vanter de ne jamais ressentir de peur irraisonnée et incontrôlable ?

Bon, c'est sûr, si vous avez peur qu'un canard soit en train de vous regarder, ou si vous êtes terrorisé par les nains de jardin à brouette (ces deux phobies sont répertoriées, parfaitement), votre cas est épineux. Mais si vous avez peur du noir, de l'avion ou des majorettes, votre pathologie est totalement banale, je suis désolée de vous l'apprendre. Quelle que soit votre situation, vous avez le devoir moral de ne pas laisser vos peurs les plus enfouies prendre le dessus. La peur, c'est mal. Et il me semble qu'en rire est un premier pas plutôt agréable sur l'éventuel chemin de la guérison. La seule prétention de ce livre réside là.

Et après ? L'envie d'écrire pour moi. Ou du moins, d'écrire librement, sur un sujet que j'ai choisi, de la façon qui me plaît, en donnant un sens qui me semble important, sans penser à des stratégies, sans cadre imposé, sans but commercial, pour être tout à fait franche. Ca murit... on verra si ça finit par aboutir. J'ai bon espoir. Et surtout, je n'ai pas peur du travail qui m'attend, ce qui chez moi est si nouveau que j'ai toute la peine du monde à le réaliser vraiment... être libérée de la peur, c'est inédit pour moi. C'est peut-être pour ça que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce petit inventaire rigolard ; je ne peux qu'espérer que vous en aurez autant si vous le lisez.

EDIT : L'admin de mon blog est toute cassée, je n'arrive pas à justifier ce billet. Ma psychorigidité est mise à rude épreuve, c'est peu de le dire. Et je suis désolée pour le désagrément à la lecture ;-)

EDIT 2 : Voilà qui est mieux ;-) 

15/05/2007

Derrière le comptoir

Un jour, un être cher à mon coeur m'a dit : "Tu as une voix de fille de café". Ca reste un des plus beaux compliments qu'on m'ait fait, tout simplement parce que je suis une fille de café. De bar, de bistrot, de rade, quoi.

Comme je l'évoquais ici, je suis une fille de café puisque j'ai été à la tête d'un glorieux établissement de nuit, ayant péréclité pour cause de nullité en gestion et d'envie dévorante de faire la fête plutôt que les comptes. Mais en vérité, je suis une fille de café depuis bien plus longtemps que ça. J'avais huit ans lorsque mes parents se sont improvisés du jour au lendemain bistroquets-restaurateurs-hôteliers. C'est dans un petit boui-boui de quartier qu'a commencé ma vie derrière le comptoir.

Ce sont des souvenirs compliqués à évoquer car ils sont foisonnants, contradictoires, désordonnés. Nous habitions à l'époque à l'intérieur de l'établissement ; c'est là que j'ai compris que cette activité n'était pas un choix professionnel mais un choix de vie. Le choix de ne pas avoir de week-ends ni de vacances, le choix d'être en permanence confronté à des gens qui estiment que le client est roi, le choix d'être sempiternellement accablé de soucis techniques, financiers ou familiaux, le choix de se coltiner avec tout ça parce qu'on veut réussir dans la vie, mieux que ce qu'on vous a prédit. J'ai vécu tout ça avec l'intensité que peuvent avoir les terreurs enfantines, comme si tout tenait à un fil prêt à casser à chaque instant. Cette vie m'a probablement dicté la fuite devant l'instabilité et la dépendance, mais elle m'a surtout laissé des bribes de moments merveilleux.

J'ai été une gamine émerveillée de pouvoir jouer à la marchande pour de vrai. Emerveillée d'apprendre à faire un café avec une grosse machine ronronnante, de rendre la monnaie à des clients hilares ou attendris, d'essayer des centaines de fois de tirer correctement une pression, les pieds arc-boutés sur le fût de bière. Je me souviens de ma mère obligée de demander à un client assoiffé comment faire le diabolo-menthe qu'il lui réclamait. Je me rappelle l'odeur reconnaissable entre mille d'un bar au petit matin. Je n'oublierai jamais ces soirées à traîner entre les tables avant d'aller au lit, ni ma petite soeur se trémoussant sur la Danse des Canards, le hit des juke-box, en secouant adorablement ses longues anglaises. Mon esprit est marqué à jamais par l'image de mon père cachant sous des lunettes noires un coquard, parce qu'un client mécontent, ou saoûl, ou les deux, lui avait cassé une bouteille sur la tempe. C'est là que se sont fixés mes goûts et mes dégoûts, de l'odeur du pastis que je n'ai jamais pu supporter, à ma passion pour l'expresso brûlant tout juste sorti du piston. C'est là aussi que s'est formée ma manière d'être avec les autres, rigolarde et empreinte d'une pointe de vulgarité que j'aime, bêtement, à revendiquer. Je me souviens surtout de la satisfaction éprouvée à trôner derrière le comptoir, à contempler les impeccables alignements de bouteilles, les rangées étincelantes de verres et le tas de sous-bocks. J'étais chez moi.

Et puis il y avait la cuisine, un recoin exigu où mon père avait tout juste la place de s'agiter. Ca aussi c'était rigolo, la friteuse bouillonnante, le vieux piano débordant de gamelles, les torpilleurs et les couteaux. J'ai passé beaucoup de temps en cuisine, à le regarder faire, pleine de l'adoration que seule une enfant peut éprouver pour son père, et parfois à l'aider, même si je crains que ça ne soit pas le mot juste. Je suppose que mon enthousiasme devait le contraindre à se prêter au jeu... mais on sentait de la fierté chez lui, aussi.

Enfin il y avait la vie, tout autour... la volonté, malgré tout, des mes parents, de nous préserver de cette vie de patachon. Je crains que ça n'ait échoué ! L'école où il fallait briller, la catéchisme où je ne voulais pas aller, les copines qu'il fallait inviter à une table de bistrot. Un samedi matin, ma mère et moi prenions le petit déjeuner dans la salle, lorsque le rideau masquant la vitrine s'est soudain décroché dans un long feulement d'étoffe. Nous nous sommes retrouvées toutes les deux en tenue de nuit devant le regard éberlué des passants. Ca fait longtemps que nous n'en avons pas parlé, mais je suis sûre à cette occasion de piquer un nouveau fou rire avec elle... La vie dans un bar est une vie à part entière ; je crois avoir été moins préservée du monde, à y passer mon enfance. Et c'est probablement ce que j'en retiens d'abord : les gens, les sourires, les fatigues, les blagues, les réparties, les fâcheries, les amitiés. Les gens, toujours. Et la vie qui continuait d'exister à l'extérieur me semblait souvent bien fade.

Aujourd'hui encore cette intensité me manque... parfois, accoudée à un bar, j'observe celui ou celle qui veille derrière le comptoir, et si je laissais mon coeur faire, il ressentirait un pincement.

Je suis depuis retournée dans le bar de mon enfance... la place de l'ancienne cuisine est à présent occupée par d'immenses toilettes, le bar fait trois mètres de plus et l'hôtel du premier étage n'existe plus. Tout l'endroit est méconnaissable, mais au détour d'un regard j'ai parfois aperçu des fantômes qui me faisaient un clin d'oeil. De derrière le comptoir...

 

08/05/2007

Ce monde-là

En février 2005, interviewé pour l'émission Campus, Claude Lévi-Strauss a dit ceci : « Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime. » (source Wikipédia)

 

Aujourd'hui, je me sens presque aussi vieille que Claude Lévi-Strauss. Pas nécessairement pour les mêmes raisons ; même si bien sûr je déplore les ravages dont il parle, je partage son sentiment sur le monde actuel pour d'autres motifs. Des motifs politiques, j'en ai peur...

Je suis encore jeune, mais j'ai le sentiment d'avoir commencé ma courte vie dans un autre monde. Ce sentiment est probablement injustifié, mais comme tout un chacun je n'ai pas et n'aurai jamais le recul nécessaire pour me défaire de cette impression si étroitement liée à mon ancrage dans une époque.

 

Je me souviens d'un monde où les gens fumaient pendant les émissions de télé.

Je me souviens d'un monde où être conforme ne constituait pas un impératif personnel.

Je me souviens d'un monde où on se garait en double file, et où les voitures ne conduisaient pas à la place des gens.

Je me souviens d'un monde où les enfants n'étaient pas la cible privilégiée des annonceurs.

Je me souviens d'un monde où les jeunes couples pouvaient raisonnablement espérer acheter un appartement ou une maison, ailleurs qu'à 50 km des centres-villes.

Je me souviens d'un monde où on pouvait acheter de la nourriture sans penser qu'on allait prendre dix kilos, attraper la salmonellose ou exploser son taux de cholestérol.

Je me souviens d'un monde où on pouvait se réaliser sans avoir le sentiment d'être un boulet pour le corps social.

Je me souviens d'un monde où pour paraître sensé, il ne fallait pas avoir une calculette à la place du coeur.

Je me souviens d'un monde où on pouvait se revendiquer d'extrême-gauche sans passer pour un dangereux asocial ou un doux rêveur avec 35 de QI.

Je me souviens d'un monde inégalitaire, déjà, mais moins injuste.

Je me souviens d'un monde où l'argent était une valeur importante, mais pas la valeur suprême.

Je me souviens d'un monde plus humain... je m'en souviens même si je n'y ai pas vraiment vécu.

 

A écrire tout ça, je réalise être aussi réactionnaire que certains discours que je vomis ; ça ne fait que renforcer mon amertume même si je ne peux m'empêcher de le penser. De la même façon que les résultats électoraux de dimanche ne font qu'entériner la tendance qu'a le monde à se replier sur lui-même, à renforcer les positions dominantes, à étouffer les contestations, à laisser crever ces salauds de pauvres. L'efficacité du discours du nouveau Président de la République a été celle-là : aller dans le sens du vent. Dire aux gens ce qu'ils avaient envie d'entendre, pour qu'ils aient l'impression de faire partie du camp de la raison et du réalisme, de se rendre à l'évidence, de se mettre à l'abri sous l'aile des puissants. Pour qu'enfin ils cessent d'avoir peur des épouvantails qu'on leur agite conscencieusement devant les yeux à longueur de temps, et de craindre un monde qu'ils ne comprennent pas, pour la bonne raison qu'il est incompréhensible.

Malheureusement, la prise de position en faveur de Nicolas Sarkozy motivée par ce type de raisons n'est qu'un leurre, puisqu'elle revient évidemment à se jeter dans la gueule du loup. A mon sens, ça fait bien longtemps que les décisions concernant la vie des gens comme vous et moi ne se prennent plus dans les bureaux feutrés des ministères. Il ne me semble pas particulièrement hardi d'affirmer que tout ça se joue plutôt dans les conseils d'administration des multinationales, pendant des discussions joviales entre actionnaires multi-milliardaires se congratulant d'être les maîtres du monde, ou dans des locaux à la géographie tenue secrète où cogitent des intrigants n'ayant pas d'identité définie, pour que leur gouvernement n'ait pas à répondre de leurs actes si le scandale éclate au grand jour. De toute façon, le scandale n'éclate jamais. Et si d'aventure il menace de le faire, il suffit d'effrayer un peu deux ou trois journalistes, ou de les faire passer pour des échappés de Sainte-Anne. Pendant ce temps, tous les bons petits soldats acquis à la cause des puissants au mépris de leurs intérêts fondamentaux deviendront la chair à canon consentante des prochains licenciements d'une entreprise aux comptes outrageusement excédentaires, parce qu'ils ont cru l'espace de quelques mois qu'eux aussi, ils devaient participer à la réhabilitation de la valeur travail. L'ironie du suffrage universel est bien cruelle.

C'est ce monde-là qui se dessine depuis quelques décennies, et à cela l'élection d'un Rastignac vaguement populiste ne changera rien, elle ne servira qu'à l'accompagner. Parallèlement, et même si ça me fait mal de le dire, l'élection de Ségolène Royal n'aurait certainement pas été un garde-fou capable d'endiguer cette tendance. Malgré toute sa bonne volonté, dont je ne veux pas douter, et le courage que je lui reconnais, notamment dans la dernière ligne droite, je ne vois pas en quoi son accession au pouvoir aurait pu renverser la marche du monde.

La politique n'est pas nécessairement ce qu'on essaie de nous faire croire. La politique telle qu'on nous la présente aujourd'hui n'est qu'un saupoudrage de miettes idéologiques pour nous occuper pendant que la World Company assoit sa position dominante. Quand les journaux titrent pendant des mois sur les trois sondages divergents du jour, ils ne pensent pas à parler de l'émergence de ce monde-là, qui de toute façon ne pourra jamais être contrecarrée par l'expression démocratique d'un peuple qui passe son temps à râler. Mais au moins, pendant quelques mois, au lieu de faire grève parce qu'on cherche à l'affamer un peu plus, ce peuple pense à autre chose, et les politiques se gobergent de l'intérêt formidable des gens pour la chose publique. Il faut bien défendre sa légitimité...

Non, pour moi, la politique ce n'est ni ne sera jamais ça. Je verrais plutôt ça comme un combat à une échelle plus individuelle, notamment dans un monde qui cherche plus que jamais à nous faire entrer dans des cases toujours plus étroites, nous obligeant au passage à nous écorcher sur leurs bords tranchants. Ce monde-là, où être soi-même devient un défi, à moi aussi il me fait peur.

 

J'ai peur d'un monde qui nous fait croire que nous décidons pour nous-mêmes, alors que c'est manifestement faux.

J'ai peur d'un monde qui voudrait nous contraindre à être utile, à toute force et au mépris de nos aspirations personnelles.

J'ai peur d'un monde trop compliqué, dont il me semble qu'on le complique à dessein pour nous empêcher de penser en connaissance de cause.

J'ai peur d'un monde où nous ne serions que les maillons d'une chaîne de profit.

J'ai peur d'un monde où il faudrait prendre parti pour les bons ou les méchants.

J'ai peur d'un monde où le règne du réalisme annihilerait toute possibilité d'utopie.

J'ai peur d'un monde où la pensée unique tiendrait lieu de catéchèse.

J'ai peur d'un monde duquel nous ne pourrions plus nous extraire, ne serait-ce que pour un moment.

J'ai peur d'un monde où la notion si réconfortante d'intimité serait un cadre au lieu d'être un refuge.

J'ai peur d'un monde où la moindre parcelle de notre esprit serait soumise à la nécessité de servir la société dans le sens où elle l'entend.

J'ai peur d'un monde dont la dureté, l'injustice et l'inhumanité s'immisceraient dans tous les recoins de notre âme comme pour mieux l'y soumettre.

J'ai peur d'un monde où nous serions obligés de renoncer à notre personnalité sous peine d'être ostracisé, banni ou embastillé.

J'ai peur d'un monde où ce qu'ils appellent politique ne serait qu'un stratagème de plus pour nous déshumaniser, en pénétrant jusqu'au plus profond de notre être sans que nous y puissions rien.

 

Ce monde-là, j'en ai peur même si hélas je n'ai pas de solution pour en empêcher l'avènement. Mais il me reste la possibilité d'en définir les contours.

Dans la taxinomie qui m'est très personnelle, il porte un nom.

Le fascisme.

 

03/05/2007

Je t'ai vue à la télé !

Ca y est, je suis sortie du placard. France 3 Toulouse a diffusé un mini-reportage sur moi, et aujourd'hui une collègue m'a annoncé triomphalement qu'elle m'avait vue. Je suis restée là à sourire comme une idiote, je ne savais pas du tout quoi lui dire.

Cela dit je l'ai bien cherché, pour éviter ça je n'avais qu'à faire taire mon ego démesuré et refuser cette exposition médiatique internationale, la bonne blague. Mais au fond ça m'est un peu égal... je n'avais pas spécialement envie de parler de tout ça au bureau, et dans le même temps je n'ai à rougir de rien.

Au point où j'en suis, je vous livre à vous aussi mon intimité. Ou presque : le sujet a été tourné chez moi, sachez que je ne tolèrerai aucune remarque ironique sur mon intérieur délicieusement coloré. Le commentaire de la journaliste est, comment dirais-je, approximatif : par exemple je récuse énergiquement toute parenté proche ou lointaine avec cette gourde de Bridget Jones. Je préfère passer sur la forme, contrairement à l'émission de Direct 8 où, pour un peu, je me serais trouvée pas mal, dans cet extrait j'ai été légèrement horrifiée par mon apparence. Mais bon, c'est comme ça que je suis, et je ne songe pas une seconde à ne pas l'assumer.

D'autant que ça reste incroyablement flatteur de passer à la télé. Ca me va bien de dire ça, vu que je déteste la boîte à cons, mais j'avoue, c'est fun d'être dedans ;-)

 

 

Si, comme moi, vous ne trouvez pas comment ça marche, cliquez droit sur le carré noir et sélectionnez Lecture/Pause. Sous Firefox en tout cas, parce que sous IE ça a l'air de rouler tout seul. Saloperie d'informatique !
 
Edit (technique bien sûr, une fois de plus les machines se rebellent) : si ça marche pas au-dessus, vous devriez pouvoir visionner en cliquant sur ce lien. Et au pire, laissez tomber, il n'y a pas non plus de quoi se rouler par terre ;-)

01/05/2007

L'hôpital de la mort, le retour de la vengeance

Résumé de l'épisode précédent : prise de violents maux d'estomac, Pomme, de Charybde en Scylla, échoue dans les urgences d'un petit hôpital toulousain où elle vit une expérience cauchemardesque digne de Stephen King. La douleur résistant à tous les traitements, elle va en urgence consulter un Spécialiste du Bidon (autrement appelé gastro-entérologue) qui lui colle une autre tartine de médicaments, se révélant aussi inefficaces que leurs prédecesseurs, et qui lui donne rendez-vous pour un examen barbare. Sagement, Pomme rentre chez elle pliée en deux et attend impatiemment le verdict du tuyau dans le bide...

 

Promis, ce sera la seule fois où je parle de moi à la troisième personne.

Or donc, je quitte le cabinet de ce médecin pleine de doutes. Et il se trouve que j'ai bien raison, car le week-end suivant, la douleur s'intensifie tellement qu'elle irradie dans mon bras gauche, pendant une trentaine de minutes j'ai bien cru que je faisais un infarctus. Oui, je sais, on n'a pas d'infarctus à 33 ans, en général, mais j'aurais bien voulu vous y voir.

Quelques jours plus tard, exsangue, totalement déprimée par la souffrance et follement angoissée par l'éventualité d'être atteinte d'un mal inconnu et incurable, je retourne chez mon généraliste. Mon état lui donne manifestement l'irrépressible envie de se gratter la tête, traduisez « Mais qu'est-ce qu'elle peut bien avoir celle-là ». En effet, c'est une excellente question, avouez qu'y trouver une réponse serait du meilleur goût. Mais faut pas rêver, aucun diagnostic ne saurait être donné avant l'exploration de mes entrailles. Me voilà donc repartie avec une nouvelle ordonnance.

Et là ! Le miracle, l'inespéré, l'inouï : ces nouvelles saloperies chimiques finissent par me soulager !!! Je n'ose croire à tant de bonheur, je passe deux ou trois jours à me tâter nerveusement l'estomac pour vérifier que je ne rêve pas, mais non, c'est bel et bien la vérité, je n'ai plus mal. Je me fais violence pour ne pas courir à l'église la plus proche allumer un cierge. Et je fête ça à grandes lampées de Tariquet, ce qui, je vous l'accorde, est lamentable.

Arrive une nouvelle semaine qui cette fois, m'amène une crève carabinée. Cette fois mon corps fait sécession, c'est sûr, je suis au fond du gouffre. Comme à chaque fois que j'attrape un banal rhume, je me mets à tousser comme une perdue, c'est moi qu'Alexandre Dumas aurait dû prendre comme muse quand il a écrit La dame aux camélias. Du coup je retourne chez le médecin, furieuse d'engraisser avec libéralité cette corporation qui n'a pourtant pas besoin de mon argent, tout ça pour entendre un enième sermon sur la cigarette-responsable-de-tous-les-maux-de-la-terre, oui Madame, les sept plaies d'Egypte sont nées dans un champ de tabac. Passe encore, je suis habituée, et puis c'est son métier hein, il va pas me dire de me mettre aux Gitanes maïs. Le problème, c'est qu'il me déconseille formellement d'aller passer mon examen dans cet état, rapport à une possible perforation de l'estomac ou chais pas quoi, bref un truc qui fait pas envie.

Malgré les apparences, ça devait être mon jour de chance, car j'arrive à déplacer le rendez-vous cinq jours plus tard seulement...

Déjà il faut arriver à 10 heures du mat à jeûn. Donc sans manger ni boire, même pas de l'eau, alors que je suis réveillée depuis 7 h. C'est donc dans une humeur EXQUISE que j'arrive à l'hôpital. On me colle dans une chambre en me disant qu'on viendra me chercher vers midi. Oui parce qu'il faut venir à 10 h, mais l'examen a lieu vers 13 h. Là encore j'abandonne sur le champ l'idée de demander une explication à ce décalage horaire, je suppose que pour comprendre il faut avoir fait dix ans de médecine.

Je pourris donc sur pied pendant presque trois heures, dans une chambre où bien entendu il fait 35°, en crevant de faim et de soif. On vient finalement me chercher, pour m'emmener au bloc, le tout bien sûr en faisant rouler le lit sur lequel je gis, à moitié insconsciente tant mon corps entier réclame de la nourriture. Une infirmière se pointe avec l'inévitable cathéter à la main. Mais je suis résignée, je n'ai même plus la force de me révolter contre la possible répétition du charcutage récent dont j'ai été victime. Je tends mon bras gauche comme on irait au bûcher... nouveau miracle, en cinq sec et sans douleur, l'affaire est faite. Je suis sidérée, j'ai presque envie de demander à la dame si elle est bien certaine que ça a marché. Mais apparemment, oui, donc je reste coite et je commence à attendre.

J'ai attendu deux heures. Oui, deux heures, dans l'entrée du bloc opératoire, avec près de moi des compagnes d'infortune, allongée sur mon lit de douleur, l'estomac dans les talons, la bouche sèche et les néons dans les yeux, avec une migraine mémorable qui enfle entre mes tempes. Le médecin a eu un contretemps (c'est le moins qu'on puisse dire) et il a deux heures de retard. Sans blague ? Si si. On nous jure que c'est la première fois que ça arrive, le docteur est hyper ponctuel, vraiment vous n'avez pas de chance ! Merci de me le signaler, je n'avais pas remarqué. Ma malchance me vaut donc deux heures dans ce couloir, avec autour de moi un ballet affairé d'infirmières et de médecins, qui très rapidement ne semblent même plus s'apercevoir de ma présence. A la fin, j'étais à deux doigts d'arracher ma perfusion pour cavaler dans ma chambre récupérer mes affaires et rentrer chez moi avec mon alien dans le bide.

Mais bien évidemment, c'est le moment que choisit le médecin pour arriver, la gueule enfarinée. C'est moi qui doit y passer en premier, et là c'est le trou noir : l'anesthésie a bien marché, rassurez-vous, pour une fois ma scoumoune m'a abandonnée. Je me réveille un quart d'heure plus tard, sans difficulté, j'ai l'impression d'être intacte, tous mes membres sont présents, et je ne suis ni aveugle ni sourde. Voilà mon docteur qui se radine et qui me dit texto « Vous avez une gastrite, mais je n'ai rien trouvé. »

Ah ben c'est sûr que si tu t'attendais à trouver une chaîne de vélo, t'as dû être sacrément déçu, parce que je me rappelle pas en avoir mangé récemment. Et si tu sous-entends (oui je tutoie les gens dans ma tête quand je suis énervée) qu'une gastrite, c'est RIEN, c'est que tu n'en a jamais eu, gros malin. Depuis, je cherche désespérément quel sens cette phrase sybilline peut bien avoir, mais rien à faire, je ne trouve pas. Ca doit être du jargon médical, je vois que ça. Ou alors il était dépité que j'aie pas un truc grave, je suis peut-être pas une patiente intéressante ? A l'heure qu'il est je n'en sais pas plus, j'attends le compte-rendu écrit de l'examen.

Mais la journée est loin d'être terminée. On me ramène dans ma chambre, où sitôt arrivée je demande à l'infirmière, les yeux brillants d'espoir, si je peux me BARRER. Elle élude habilement ma question et me propose à manger et à boire. Etant donné qu'il est presque 16 h et que je n'ai rien avalé de la journée, je tombe dans son piège sournois et j'accepte avidement. Je boulotte le somptueux repas qu'on m'apporte, un truc digne des plus grands chefs étoilés, et je finis par exprimer à nouveau mon ardent désir de rentrer chez moi, bordel de merde (oui je suis vulgaire, ça fait du bien. Mais j'ai pas dit ça à l'infirmière, je suis bien élevée quand même). Elle me regarde d'un air surpris et me dit que non, pas du tout, il faut AB-SO-LU-MENT que je voie l'anesthésiste avant de partir. Pourquoi, comment, ça, je ne le saurai jamais. Après l'avoir quasiment suppliée de m'enlever au moins ma perfusion, je me résigne donc à attendre.

L'anesthésiste débarque à 17h30. Je suis alors dans un état de nerfs indescriptible, je me demande comment j'ai fait pour pas me transformer en Hulk. M'attendant à un examen rapide, ou au moins à quelques questions, j'essaie de contenir ma fureur, mais peine perdue, le médecin daigne à peine me jeter un regard et m'annonce qu'elle va signer ma fiche de sortie. Ben j'aurais pu la signer aussi, à ce compte-là ! J'ai juste le temps de lui arracher une ordonnance pour mon médicament miracle, sans quoi je vais probablement recommencer à souffrir mille morts, et je pars de cet endroit maléfique en me retenant de courir comme une dératée (non, c'est pas vrai, je ne sais pas courir, c'est juste pour vous donner une idée de ma détresse).

Voilà. J'en suis là, c'est-à-dire nulle part. Peut-être les résultats de cette journée horrifique m'aideront-ils à avancer sur la piste de la mystérieuse maladie, mais franchement, j'en doute. Et je ne sais même pas si j'en toujours envie, vu les conditions dans lesquelles il faut s'attendre à être pris en charge médicalement. Je mesure, malgré tout, le chance que j'ai d'être soignée, par rapport à tant d'autres qui sont condamnés à crever sans se plaindre ; mais tout de même, je voudrais pas dire, il y a comme un grain de sable dans le mécanisme hospitalier. Un peu d'humanité ne nuirait pas, si vous voulez mon avis.

Et comme à chaque fois que je me révolte contre la médecine (à chaque fois que j'y suis confrontée, donc), j'ai décidé d'arrêter de me gaver des substances toxiques qu'on nous vend comme des pilules miracle. De toute façon ce médicament me donnait des vertiges, avoir l'impression qu'on a bu du Cognac au petit déj, ça va deux minutes. Je vous le donne en mille, je n'ai plus mal nulle part. Ca serait un peu freudien que ça m'étonnerait pas.

 

Edit de quelques jours plus tard : j'ai reçu les résultats ! Alors alors, votre verdict ? Vous avez deviné : je n'ai rien. Rien de rien, pas la moindre petite pathologie. J'ai mal à l'estomac, c'est la faute à Nicolas (Sarkozy, bien sûr, mais avec son nom ça rime pas). La bonne nouvelle, c'est que je vais enfin pouvoir cesser de me faire brutaliser par le système hospitalier et médical. La mauvaise, c'est que la seule solution en cas de douleur, c'est de me gaver de saloperies chimiques qui me feront mal ailleurs qu'à l'estomac. Je commence à comprendre les gens qui prient... je ne suis pas sûre de m'y mettre, mais je commence à comprendre.

 

23/04/2007

En vrac

Ceci est une note totalement décousue.

Un mot, simplement, à propos des élections, comment y échapper : malgré ma mauvaise foi sans bornes, je me dois de reconnaître que ce premier tour est globalement satisfaisant. Finalement, ce que je retiens le plus est le plaisir quasi orgasmique à l'annonce du score du faux borgne. Des moments de bonheur pur comme ceux-là, on n'en éprouve pas tous les jours, il faut les savourer.

En ce moment je suis à Paris, ce qui signifie que je suis heureuse, comme à chaque fois que j'y suis, mais aussi que je serai là mercredi soir pour fêter dignement la sortie du livre de Caro. Comme la dernière fois, j'espère ardemment que vous nous rejoindrez pour boire un coup, discuter de tout et de rien et surtout rire à gorge déployée. Surtout n'hésitez pas, venez ! Les modalités pratiques sont .

Si vous vous inquiétez de ma santé, rassurez-vous, tout va bien, ou presque : je vous expliquerai l'évolution des choses dans un prochain billet, mais là, je suis en vacances, il fait un temps splendide et quand je me penche à la fenêtre, j'aperçois le Sacré Coeur : ne m'en veuillez pas, mais j'ai envie de faire tout autre chose que de rester devant mon écran... 

A mercredi pour les uns, et à bientôt pour les autres...

EDIT : il fallait bien que ça arrive, je suis rentrée. Mais j'ai fait des provisions de rires, de complicité et de bonheur. Et Paris est toujours aussi beau, même par temps caniculaire. Spécial merci à tous les participants de la soirée d'hier, je me suis régalée. La tenancière des lieux a d'ores et déjà publié des photos compromettantes (rubrique agenda, en date du 25 avril).

Et juste une petite précision avant d'aller défaire mes valises : le premier paragraphe de ce post me semble tout à coup affreusement trompeur. Je n'ai pas particulièrement envie de prendre parti dans la campagne électorale, mais vous devez avoir compris que je ne suis pas à proprement parler fan d'un certain petit homme très énervé et juché sur des talonnettes. Je voulais simplement dire que les résultats de ce premier tour, malgré tout, sont moins terrifiants que ceux de 2002... même si le résultat risque finalement de l'être plus.